[Val] Mes Critiques en 2015

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Re: [Val] Mes Critiques en 2015

Messagepar Mr Jack » Mar 02 Juin 2015, 21:24

Putain tes screenshots vendent du rêve :love:
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Re: [Val] Mes Critiques en 2015

Messagepar angel.heart » Mar 02 Juin 2015, 21:28

J'avoue que le style très giallesque ne me laisse pas insensible. :oops:
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It follows - 8,5/10

Messagepar Val » Sam 06 Juin 2015, 23:42

IT FOLLOWS
David Robert Mitchell - 2014

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ATTENTION : SPOILERS !!!

David Robert Mitchell s'était fait remarquer dans les festivals avec son premier film, The Myth of the American Sleepover, qui, s'il ne se démarquait pas par son scénario assez classique, sortait du lot par sa mise en scène inspirée créant une ambiance atmosphérique et à la lisière du fantastique ainsi que par la justesse et la tendresse de son regard sur ces quelques adolescents à une période charnière de leur existence. Le genre de premier film sorti de nulle part et qui laisse entrevoir de futurs réussites. Quelques années après, Mitchell revient avec It Follows, film d'horreur dans la plus pure tradition du genre et qui lui permet de franchir un nouveau pas en tant que cinéaste.

Jay, jeune femme tout juste sortie de l'adolescence, trompe son ennui avec ses amis et sort avec des garçons. Après avoir couché avec l'un d'eux, ce dernier lui révèle qu'elle est désormais la cible d'une malédiction prenant la forme d'une personne marchant lentement et la poursuivant où qu'elle se cache. Sur ce postulat de base assez simpliste, le cinéaste réussit à nouveau à se démarquer par sa mise en scène. Le film s'ouvre sur un plan séquence magistral suivant une jeune fille apeurée s'échappant de sa maison pour échapper à une menace invisible. Ce plan associé à la bande son angoissante permet de mettre immédiatement le spectateur dans l'ambiance, le tout étant renforcé par un plan suivant, rare insert gore du film et d'une beauté macabre saisissante. La suite du film est un modèle de mise en scène, où l'on sent déjà la patte du cinéaste qui s'inscrit dans la continuité de son précédent film avec cette banlieue ennuyante et dépeuplée par les adultes. Pas d'effets gratuits destinés à faire sursauter son public ou d'effets gores pour faire ricaner quelques adolescents en manque de sensations fortes. Mitchell préfère faire confiance à son public et à sa capacité à jouer le jeu en distillant une atmosphère angoissante à défaut d'être effrayante. Le choix de la forme prise la « la Chose » est en ce sens une réussite combinant économie de moyen et efficacité (l'identification aux personnages est alors totale).

Mitchell est un cinéaste sous influence, cela ne fait aucun doute. Mais, chose rare, chacune de ses influences semblent être digérée et utilisée avec intelligence, n'encombrant jamais le récit et ne se limitant à aucun moment à une simple référence pour happy few. On pense évidemment, cela avait déjà été noté pour son premier film, à John Carpenter, référence majeure et avouée du film. La manière de filmer les quartiers résidentiels, l'utilisation d'une ritournelle entêtante (essentielle à l'ambiance du film), le côté très premier degré du film (sans pour autant se prendre au sérieux) et l'intemporalité du film font constamment penser à l'illustre Big John. On perçoit aussi des références à Brian de Palma ou au Suspiria de Dario Argento.

Mais, également, le film est aussi un regard assez juste et loin d'être aussi simpliste qu'il le laisse croire sur la jeunesse et le rapport au sexe dans notre société. David Robert Mitchell utilise et détourne le côté un peu puritain que certains pointent parfois dans le cinéma d'horreur en montrant la schizophrénie dans laquelle les adultes plongent leurs enfants. Par des propos en apparence insignifiants, nous apprenons que chacun des protagonistes ont, enfants, reçus des leçons de morales après avoir joués avec des revues porno. « La Chose » devient alors une métaphore de la crainte de la punition qui suit l'acte sexuel. Partagés entre exprimer leur désir sexuel et le réprimer par peur de la punition (par le jugement de la société, par la maladie,...), les personnages sont condamnés à coucher encore et encore pour tenter de fuir (d'oublier?) la punition qui menace. Il n'est alors pas étonnant que la menace apparaisse sous la forme du père de Jay lors de la séquence finale. Ainsi, la fin n'est peut-être pas aussi naïve que certains l'ont perçu : enfin en couple, forme acceptable socialement de sexualité, Jay échappe à la menace tandis que son compagnon va refiler la « Chose » à des prostituées (forme condamnée). Mais aucun des deux n'a vraiment l'air heureux, la banlieue est toujours aussi triste, vide et la malédiction semble menacer toujours.

Avec It Follows, David Robert Mitchell confirme donc être l'un des jeunes cinéastes les plus intéressants (avec Jeff Nichols entre autres) parmi le cinéma américain actuel. Le film est une grande réussite qui en laisse présager d'autres et c'est avec une grande impatience que l'on attend la prochaine œuvre de ce cinéaste déjà atypique.


8,5/10
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Re: [Val] Mes Critiques en 2015

Messagepar Jimmy Two Times » Dim 07 Juin 2015, 06:45

Une des rares réjouissances de ce premier semestre 2015. :super:
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Re: [Val] Mes Critiques en 2015

Messagepar Scalp » Dim 07 Juin 2015, 08:45

Un film approuvé par l'amical des aigris.
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Re: [Val] Mes Critiques en 2015

Messagepar Jimmy Two Times » Dim 07 Juin 2015, 08:59

C'est vrai :eheh:
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Re: [Val] Mes Critiques en 2015

Messagepar Mark Chopper » Dim 07 Juin 2015, 09:15

Le film aurait été mieux si l'héroïne portait une casquette et zozotait quand même :?
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Re: It follows - 8,5/10

Messagepar Mr Jack » Dim 07 Juin 2015, 22:39

Val a écrit:On pense évidemment, cela avait déjà été noté pour son premier film, à John Carpenter, référence majeure et avouée du film. La manière de filmer les quartiers résidentiels, l'utilisation d'une ritournelle entêtante (essentielle à l'ambiance du film), le côté très premier degré du film (sans pour autant se prendre au sérieux) et l'intemporalité du film font constamment penser à l'illustre Big John.


J'ai très vite pensé à Halloween. :super:
Super film et super analyse :super:
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Re: [Val] Mes Critiques en 2015

Messagepar Val » Mer 01 Juil 2015, 18:17

Un mois peu chargé, pour cause d'examens :

Juin 2015
Films vus : 10
Découvertes : 7
Revus : 3

076) La Prisonnière de Henri-Georges Clouzot (1968) [DVD] : 7/10
077) It Follows de David Robert Mitchell (2014) [Blu-Ray, VOST] : 8,5/10
078) La Soufrière de Werner Herzog (1977) [DVD, VOST] : 8/10
079) Fitzcarraldo de Werner Herzog (1982) [Blu-Ray, VOST] : 8/10
080) Burden of Dreams de Les Blank (1982) [Blu-Ray, VOST] : 7/10
081) Breakfast at Tiffany's (Diamants sur canapé) de Blake Edwards (1961) [Blu-Ray, VOST] : 6/10
082) Inside Out (Vice-versa) de Ronnie del Carmen et Pete Docter (2015) [Cinéma, VF] : 8/10
083) Il Conformista (Le Conformiste) de Bernardo Bertolucci (1970) [Arte HD, VOST] : 8/10
084) Southern Comfort (Sans Retour) de Walter Hill (1981) [DVD, VOST] : 7/10
085) Duel de Steven Spielberg (1971) [Blu-Ray, VOST] : 8/10

Découvertes marquantes :

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Re: [Val] Mes Critiques en 2015

Messagepar Mr Jack » Mer 01 Juil 2015, 23:10

083) Il Conformista (Le Conformiste) de Bernardo Bertolucci (1970) [Arte HD, VOST] : 8/10


Merde alors, je voulais découvrir du Bertolucci et j'ai pas vu qu'il passait sur Arte :chut:
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Re: [Val] Mes Critiques en 2015

Messagepar Alegas » Mer 01 Juil 2015, 23:14

On peut avoir une critique pour celui là d'ailleurs ? :D
Et pour Duel aussi ? :mrgreen:
"Our films were never intended for a passive audience. There are enough of those kinds of films being made. We wanted our audience to have to work, to have to think, to have to actually participate in order to enjoy them."

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Re: [Val] Mes Critiques en 2015

Messagepar Val » Mer 01 Juil 2015, 23:24

Mr Jack a écrit:
083) Il Conformista (Le Conformiste) de Bernardo Bertolucci (1970) [Arte HD, VOST] : 8/10


Merde alors, je voulais découvrir du Bertolucci et j'ai pas vu qu'il passait sur Arte :chut:


D'après le site de la chaîne, rediff le mercredi 22 juillet à 2h10. :wink:

Alegas a écrit:On peut avoir une critique pour celui là d'ailleurs ? :D
Et pour Duel aussi ? :mrgreen:


Je vais essayer, malgré le fait que je ne sois guère inspiré ce soir mais je vais voir, ça viendrait peut-être. :mrgreen:
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Il était une Fois la Révolution - 9/10

Messagepar Val » Jeu 02 Juil 2015, 01:38

IL ETAIT UNE FOIS LA REVOLUTION
Giù la testa
- Sergio Leone - 1971

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Il est d'usage de laisser de côté Il était une fois la révolution lorsque l'on évoque la filmographie – pourtant courte – de Sergio Leone. Enième western réalisé dans l'attente du financement de son autobiographie proustienne et cinéphile (Il était une fois en Amérique), cette révolution n'est clairement pas le film le plus aimable du cinéaste. Je dois pourtant admettre qu'il s'agit probablement de mon préféré. Alors oui, je prends sans doute plus de plaisir à revoir Le Bon, la Brute et le Truand dont le côté film d'aventure superbement rythmé le rend beaucoup plus divertissant mais Il était une fois la révolution est celui qui m'émeut le plus et me semble le plus aboutit.

Le film s'ouvre sur le braquage d'une diligence mené par Juan, comme un rappel des précédents westerns comiques de Leone, pour mieux dévier dès la rencontre avec John vers quelque chose de totalement différent. Obsédé à l'idée d'utiliser la dynamite que possède John pour pénétrer la banque de Mesa Verde, Juan se retrouve embarqué malgré lui, avec toute sa famille ainsi que John, dans des événements historiques bien trop grands pour eux du côté des révolutionnaires mexicains. Alors que le cinéma italien est en plein essor et qu'il se fait l'écho de la situation sociale de l'époque marquée le souffle révolutionnaire, Leone, plutôt que de suivre le pas, réalisé un film en total décalage avec son époque, ce qui n'est sans doute pas étranger à son impopularité. Ici, pas de révolution glorieuse, de libération des peuples ou de grandes idéologies. Il montre l'envers du décor, la réalité du terrain. Comme le dit Juan, reformulant ainsi plus ou moins la citation de Mao placé en exergue, la révolution consiste toujours à voir certains lettrés demander aux plus faibles de se faire massacrer pour la bonne cause, les premiers finissant toujours pas régler cela tranquillement autour d'une table.

Leone utilise sans doute son expérience personnelle dans le personnage de Juan et son enfance durant la seconde guerre mondiale. D'ailleurs, les multiples références au nazisme et au fascisme qui parsèment le film, que ce soit dans les tenues ou les scènes d'exécution, ne sont certainement pas fortuites. Il refuse constamment d'héroïser le moindre comportement dépeint. L'exemple le plus frappant est celui du personnage de Romolo Valli. Leone refuse de le condamner moralement malgré sa trahison mais refuse également de valoriser son sacrifice. Pas de héros, pas de rachat possible, pas vraiment de salaud, le monde dépeint par Leone est un univers incertain où chacun finit broyé par l'Histoire, qu'il le veuille ou non.

Mais au delà de ce contexte mis en scène, c'est bien sûr l'évolution des deux personnages principaux qui est la plus intéressante. A travers cette amitié virile, aussi vite détruite qu'elle aura mis du temps à se bâtir, Leone montre comment la grande Histoire finit toujours par recouvrir la petite. Malgré ses refus incessants, Juan se retrouve enrôlé parmi les insurgés et fini par se prendre au jeu, devenant, par un jeu de circonstances, un héros de cette révolution qu'il exècre. Mais cela se fera au prix d'énormes sacrifices.

Et il y a John, le personne de James Coburn, clairement le plus intéressant et le plus émouvant. Révolutionnaire irlandais engagé dans l'IRA et qui tente de se faire oublier et d'oublier son passé après que celui-ci ait mal tourné, il se retrouve embarqué à nouveau dans une révolte et semble revivre la même histoire. Chaque fois qu'il tente de fuir la situation, un événement semble lui barrer la route. Hanté par le souvenir de l'amour et de l'amitié perdu, il finit lui aussi par se laisser (re)prendre au jeu, comme pour conjurer le sort et se libérer des souvenirs qui le hantent.

Mais encore une fois, pas de rédemption possible pour Leone dans ce qui est sans doute son film le plus pessimiste. L'Histoire détruit tout : femme, enfant, idéaux, amours et amitiés, et il est impossible de lui échapper. Que ce soit Juan, le bandit anarchiste ou John, le terroriste rangé des affaires, tous sont rattrapés par le cours des événements.

Le film s'achève sur ce qui est sans doute la plus belle séquence de l'oeuvre de Leone, le flashback final de John. Totalement ambiguë, il nous montre John, la femme aimée et son ancien ami révolutionnaire, Sean, ensemble et heureux dans une sorte de ménage à trois consenti. On ne sait que penser de cette scène au ralenti exagéré et qui semble presque fantasmée, sensation renforcée par le sourire énigmatique de Coburn qui la clôture. Ultime sourire face au souvenir d'un temps heureux révolu ou pensée émue face à ce que la vie aurait pu être si les choses avaient été différentes ? Rien que pour cette scène, le film mérite d'exister.

Un dernier mot enfin sur le titre du film. Leone voulait l'appeler « Il était une fois la révolution », ce qui ne lui sera permis qu'en France. En Italie, le film se nomme « Giù la testa », soit « baisse la tête ». Il s'agit pourtant d'un meilleur titre, totalement en accord avec le film. Comme Leone lui même l'a expliqué en interview, Giù la testa a un double sens. Il se réfère bien sûr à ce que dit Coburn à Steiger avant de faire exploser la diligence, mais l'expression signifie aussi « courber l'échine ». Comme si Leone donnait sa solution, cynique, face à des événements comme ceux qu'ils dépeints. Il n'y a rien d'autre à faire que de courber l'échine, et d'attendre que ça passe.




9/10
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Re: [Val] Mes Critiques en 2015

Messagepar Alegas » Jeu 02 Juil 2015, 11:16

Il rentre dans le Top du coup.
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Re: [Val] Mes Critiques en 2015

Messagepar dagokhiouma » Jeu 02 Juil 2015, 16:24

Il était temps !

merci Val pour cette belle critique qui exprime un ressenti différent de l'habituel et attendu mais totalement compatible et approprié. :super:
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