[Alegas] Mes Critiques en 2018

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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

Messagepar Jed_Trigado » Ven 05 Oct 2018, 15:12

Alegas a écrit:il y a un lot de séquences proprement terrifiantes (la femme brûlée

J'étais le seul a rire dans la salle pourtant c'était tellement ridicule. :eheh:
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Manon des sources - 7,5/10

Messagepar Alegas » Lun 08 Oct 2018, 15:35

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Manon des sources de Claude Berri
(1986)


Conclusion de l’histoire commencée avec Jean de Florette, Manon des sources paraît être au premier abord une suite moins tragique que le premier film, puisqu’une grande partie du récit va consister en une revanche pour mettre en lumière les actions immorales de César et Ugolin. Une impression qui va se révéler fausse car quand bien même le film n’est pas construit comme son prédécesseur sur un crescendo de scènes de plus en plus fortes, c’est clairement l’opus qui possède les conclusions les plus marquantes, notamment parce qu’il est le film qui va rajouter énormément de nuances aux deux antagonistes qui, du coup, deviennent les véritables héros du film (le film a beau s'appeler Manon des sources, cette dernière est finalement assez peu mise en avant du côté de l’écriture).

Au contraire donc du premier film où il se passait énormément de choses, cette suite se veut plus posée, plus centrée sur les personnages que l’on connaît déjà, et ça donne un film un poil inférieur à Jean de Florette, notamment à cause d’un rythme moins bien géré (il faut attendre presque la moitié du film avant que Manon trouve la source). Tout ce qui touche à Manon à tendance à faire baisser la qualité du récit, sa relation avec l’instituteur étant loin d’être passionnante, et finalement c’est sa relation avec Ugolin, ou plutôt la relation de ce dernier avec elle, qui fait remonter la qualité du métrage. Là où on avait avant un perso qui doutait avant de faire l’inéluctable, ici on a un homme habitué à vivre dans l’aisance, et dont l’amour pour une femme va lui faire rendre compte peu à peu de son caractère misérable. Et puis il y a César, de loin le personnage qui vole le film, et tout le dernier acte qui lui est dédié c’est juste déchirant en terme d’émotions (et Berri a le mérite d’arrêter son film exactement au moment où il fallait).

Forcément, ça doit beaucoup au casting, et vu que Depardieu n’est plus là ça permet au duo Montand/Auteuil de voler la moindre scène dans laquelle un des deux apparaît. Auteuil confirme qu’il peut être vraiment très bon et pourtant c’est lui qui a les scènes les plus compliquées (jouer l’amoureux transi sans tomber dans la fausse note, ce n’est pas donné à tout le monde, et puis Montand comme d’habitude il lui suffit de faire un regard pour tout dire (la scène sur le banc avec la révélation, c’est absolument dingue, tout en émotion et pourtant tout en retenue :cry: ). Béart par contre c’est pas tout à fait ça, j’ai jamais été fan de son jeu mais là on sent bien qu’elle était débutante, mais bon au final c’est pas si gênant car c’est loin d’être un miscast : à l’époque c’était vraiment l’une des plus belles femmes du monde :love: , et il suffit de voir son regard ou son corps dénudé au détour d’un plan furtif pour comprendre l’obsession d’Ugolin. Côté seconds rôles, les villageois font vraiment l’affaire, et on a Ticky Holgado le temps d’une scène, et ça c’est toujours un bonus.

Enfin, la musique est toujours aussi belle et adaptée à l’aspect tragique du récit, et la mise en scène de Berri fait toujours ce qu’il faut pour que ça marche. Encore une fois, je dirais pas que c’est de la grande mise en scène, loin de là, mais dès qu’il s’agit de recréer l’ambiance de la Provence ou de laisser les personnages s’exprimer à l’écran, ça fonctionne complètement. Une belle suite, moins marquante sur la longueur que Jean de Florette, mais la dernière demi-heure est peut-être bien le meilleur moment du diptyque.


7,5/10
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

Messagepar Val » Lun 08 Oct 2018, 18:57

La lettre que le Papet laisse à Manon à la fin est aussi un grand moment d'émotion qui fonctionne à chaque fois pour moi.
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

Messagepar Alegas » Lun 08 Oct 2018, 21:48

Mais tellement ! C'est d'une simplicité totale mais la lecture en voix-off + Montand qui s'occupe du ruban ça pince effectivement bien le cœur.
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Leave no trace - 7,5/10

Messagepar Alegas » Mer 10 Oct 2018, 15:01

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Leave no trace de Debra Granik
(2018)


J’avais bien aimé, sans plus, Winter’s Bone, mais pas au point d’attendre son long-métrage suivant, qui sort huit ans plus tard. Pour le coup, compte tenu du fait que j’ai entendu parler pour la première fois de Leave no trace deux ou trois jours avant sa sortie, c’est vraiment une excellente surprise, et clairement l’un des métrages les plus émouvants dans cette année 2018 décidément bien pauvre. Debra Granik continue sur sa lancée, et filme à nouveau une Amérique peu mise en avant : celle des laissés pour compte, de ceux qui ne se reconnaissent pas dans la société d’aujourd’hui, et qui préfèrent donc vivre en marge. Comme Winter’s Bone, on a un regard assez juste sur les personnages qu’on nous présente, on sent qu’il y a un véritable souci d’authenticité, et ça rend le film d’autant plus passionnant que ça a limite une vision presque documentaire par moment.

Néanmoins, c’est loin d’être juste un portrait d’une facette de l’Amérique, et là où Winter’s Bone se perdait un peu dans un script pas toujours convaincant sur la durée, là on a un beau récit qui se tient très bien alors que ça ne raconte finalement pas grand chose. La relation père/fille est clairement l’une des choses les mieux écrites que j’ai pu voir au cinéma cette année, l’évolution des deux personnages dégage du sens et un véritable crescendo d’émotion, et même du côté des personnages secondaires on sent une volonté de ne pas tomber dans le cliché redneck, et il y a toujours un petit quelque chose dans la mise en scène ou l’écriture qui va contrebalancer une vision simpliste qu’on aurait au premier abord. De ce côté là donc, c’est vraiment bien géré et on ressent une grande sincérité dans ce que la caméra nous montre, sans artifices.

Et puis l’interprétation est au top : si je savais d’avance que Ben Foster, acteur que j’aime décidément beaucoup, allait me convaincre, je ne pensais pas qu’il se ferait voler le film par une jeune fille de dix-huit ans avec peu de films au compteur. Pour le coup, Thomasin McKenzie est à Leave no trace ce qu’était Jennifer Lawrence à Winter’s Bone : une pure révélation et une possible future grande actrice. L’alchimie entre les deux acteurs fonctionne complètement, et permet au film d’atteindre de très beaux moments de cinéma, à l’image de ce dernier face à face où tout est dit en quelques mots et de longs regards :| . Vraiment un beau film qui fait plaisir à voir, et en ce qui me concerne la plus belle surprise de cette année 2018.


7,5/10
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15h17 pour Paris (Le) - 0/10

Messagepar Alegas » Jeu 11 Oct 2018, 18:05

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The 15:17 to Paris (Le 15H17 pour Paris) de Clint Eastwood
(2018)


J’avoue que celui-là, depuis l’annonce du projet, je n’y ai jamais cru. L’obsession qu’a Eastwood sur le mythe du héros américain devient de plus en plus gênant au fur et à mesure de ses projets, et celui-ci on pouvait sentir dès la bande-annonce que ça serait le film qui va trop loin. L’existence même du projet est fascinant tant ça ne mérite pas un film, ou comment Eastwood, d’une action de quelques minutes dans un train, va en tirer un métrage de 1H30 qui va expliquer que les actions décisives des personnages ont été le résultat de choix précis faits durant leur existence :roll: . Sur ce point, le script va tellement loin que ça a provoqué chez moi des rires nerveux, entre les dialogues du style “il faut passer par la France car mon intuition me dit de le faire, et je ne dois pas résister à la force du destin qui me pousse à aller là-bas” et la scène de la prière du gamin de six ans qui vient de décevoir sa mère, où il demande à Dieu de faire de lui un défenseur des bonnes causes, c’est puant à l’extrême et ça témoigne d’une absence de recul total sur le sujet.

On me dirait que le film a été écrit à l’arrache en quelques jours que je ne serais pas surpris (et c’est le premier travail d’une scénariste, autant dire que la nana a zéro avenir dans le ciné :mrgreen: ). En fait, dès les premières minutes le film pose le niveau de ce qui va suivre, avec une scène où une prof convoque deux mères en leur disant que leurs gosses respectifs doivent prendre des médocs pour soigner un trouble de l’attention. L’espace d’un instant, on se dit que Eastwood en profite pour critiquer l’éducation aux States, mais à partir du moment où l’une des pères rétorque “mon Dieu est plus grand que vos statistiques” :shock: on sait qu’on navigue dans le délire conservateur simplet le plus complet, aux accents de propagande religieuse, mais aussi militaire (le salut militaire pour se dire au revoir des deux gosses de dix ans lorsque l’un d’entre eux doit déménager, c’est complètement gênant :eheh: ).

Eastwood essaie vaguement de raconter une histoire d’amitié au début, mais même dans cette partie qui est la moins insupportable du film ça sonne complètement faux entre les gamins à la ramasse, les dialogues insipides et les moments où tu te demandes comment quelqu’un a pu approuver ça (tu veux devenir ami avec un black : tu vas en colle avec lui, tu lui fais un check, il fait un check à ta mère, et le tour est joué :lol: ). La partie militaire n'arrange clairement pas les choses : ça a beau ne pas tomber dans le sucage de l’institution militariste, Eastwood ne sait toujours pas quoi raconter en enchaînant les séquences sans intérêt. Dans cette partie, qui dure un bon gros tiers du métrage, la seule chose utile qu’on apprend est que l’un des héros a appris à arrêter une hémorragie et à maîtriser un adversaire au corps à corps chez les Marines, merci Eastwood il me fallait vraiment quarante-cinq secondes noyées dans vingt minutes sans intérêt pour le comprendre… :eheh:

Et puis vient le coup de grâce : le voyage en Europe. Pour le coup c’est bien simple, c’est Eastwood qui se paye des vacances à Venise, Amsterdam et Gennevilliers (bah oui c’est le meilleur endroit pour y tourner une scène berlinoise, c’est bien connu :lol: ), et qui filme par moment ses personnages en train de prendre des selfies, de boire des bières, de manger des pizzas ou de danser en boîte. Là aussi, le niveau des dialogues est de haute volée avec des trucs du genre “il est cool ton selfie, le mien est un peu trop flou, je vais recommencer” :shock: et ça pendant vingt minutes :shock: . A ce stade, c’est vraiment du non-cinéma, et de la part d’un gars qui représente à lui seul une grande partie du cinéma américain contemporain, c’est quand même la loose ultime. Et puis mention spéciale au final avec François Hollande, ça aura au moins eu le mérite de nous rappeler que le monde entier avait de quoi rire en voyant la gueule de notre président :mrgreen: . Très sincèrement, quand j’avais vu Au-delà, je pensais que Eastwood avait touché le fond, mais le mec a réussi à faire encore pire, et ça c’est pas un mince exploit. Comme quoi vieillir ça ne réussit pas à certains.


0/10
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Duellistes (Les) - 7,5/10

Messagepar Alegas » Dim 14 Oct 2018, 16:02

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The Duellists (Les Duellistes) de Ridley Scott
(1977)


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Revision un peu à la baisse de ce premier film de Ridley Scott qui m’avait bien marqué lorsque je l’avais découvert il y a une dizaine d’années. Encore aujourd’hui, ce premier essai me fascine par le fait que jamais on a l’impression que c’est un premier essai au long-métrage. Scott, fier d’une longue expérience dans la publicité qui lui permet d’avoir le soucis de la belle image, livre là un métrage au budget ridicule mais qui se permet pourtant de s’attaquer à une période coûteuse à reproduire. The Duellists est un film que je conseillerais aisément à quiconque souhaite faire du cinéma, tant on y trouve le résultat de choix ingénieux qui vont camoufler le manque de budget pour permettre au film d’obtenir un visuel que beaucoup de réalisateurs souhaiteraient un jour atteindre une fois dans leur carrière. On fait souvent la comparaison entre ce film et Barry Lyndon, sorti deux ans avant, et le film de Scott n’a guère à rougir sur le plan visuel : les choix limités de tournage dus au budget font que la production doit choisir deux lieux simples mais évocateurs, et c’est vers la Dordogne que Scott se tourne, y trouvant à la fois des lieux architecturaux qui font l’affaire (ce château abandonné en pleine forêt où se déroule le dernier duel, ça donne envie d'aller là-bas pour retrouver les lieux) mais aussi une nature sauvegardée qui est magnifiée par la photographie et les cadres simples.

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Visuellement donc, le film est une petite tuerie, on sent que Scott vient des Beaux-Arts avec notamment un goût particulier pour la peinture d’époque qu’il reproduit de manière assez dingue, jusque dans les gros plans. Forcément, on sent les limites budgétaires sur quelques plans (notamment lors de la campagne de Russie) mais globalement ça ne gêne vraiment pas, Scott faisant appel à son sens de la composition pour dissimuler la pauvreté de la production (moins d'un million, et pourtant le film donne l'impression d'avoir coûté au moins le triple). Côté script, ça se veut plutôt épuré en racontant l’histoire de deux hommes qui, d’une dispute idiote, vont se déclarer une guerre sans merci en se provoquant en duel dès qu’ils auront l’occasion de se rencontrer. Sur la longueur, c’est pas toujours ce qu’il y a de plus captivant, notamment à cause d’un montage qui donne l’impression de voir une succession de scénettes par moment, mais ça reste vraiment intelligent, d’autant que ça s’impose aussi comme une métaphore du déclin napoléonien et de ce côté là c’est franchement réussi (j’aurais presque envie de dire que c’est un des meilleurs films sur Napoléon alors qu’on ne le voit jamais).

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Sur la réal, Scott signe un premier long exemplaire : c’est propre, souvent très bien composé, ça met en valeur autant la diversité des affrontements que les décors naturels, et on trouve même quelques idées de montage sympathiques (l'alternance entre la charge et les moments décisifs passés). Pour un film qui a sûrement été tourné avec moins de préparation qu’une grosse production, ça arrive à un niveau de qualité visuelle impressionnant. Et puis le casting en impose : Keitel vole chaque scène où il apparaît (dommage que son perso soit seulement esquissé, j’aurais pas craché sur un peu plus de développement), Keith Carradine trouve ce qui est sûrement le rôle le plus marquant de sa carrière, et on a même des apparitions de Albert Finney et Pete Postlethwaite (dans un rôle muet pour ce dernier malheureusement). On retrouve même Gay Hamilton dans un rôle très similaire à celui qu’elle a dans Barry Lyndon (et vu que Scott aimait bien le film de Kubrick, je suis pas sûr que ce soit une coïncidence). Un premier film exemplaire qui, malgré ses quelques défauts de narration, annonçait un réalisateur aux ambitions marquées.


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7,5/10
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Fièvre du samedi soir (La) - 7/10

Messagepar Alegas » Jeu 18 Oct 2018, 10:29

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Saturday Night Fever (La Fièvre du samedi soir) de John Badham
(1977)


Un poil moins bien que dans mes souvenirs, mais ça reste quand même à mes yeux LE film générationnel des 70’s. On a un peu trop souvent tendance à catégoriser de façon très simpliste Saturday Night Fever comme un film sur le disco : il n’en est pourtant rien. Certes, le mouvement musical et la mode qu’il a déclenché occupent une place omniprésente dans le film, mais ça reste surtout une toile de fond pour un récit qui va se concentrer sur une jeunesse américaine complètement paumée. On y suit donc Tony Manero, jeune new-yorkais dont l’existence, de son boulot jusqu’à ses relations familiales, tourne autour de ses soirées de week-end, où il peut s’exprimer à travers la danse.

On est loin du portrait rêveur du disco que laisse souvent présager la réputation du métrage, et pour le coup on est plutôt face à une analyse peu reluisante des jeunes qui profitent du mouvement pour s’empêcher de passer à la vie adulte et d’endosser les responsabilités. Du coup, le récit possède un côté universel évident, dans lequel à peu près tout le monde peut se retrouver, et c’est réellement cette captation du mal-être générationnel qui rend le film captivant. En ce sens, le film se rapproche beaucoup d’un film qui a l’air d’être une influence directe, puisque directement citée, à savoir Rocky, avec qui il partage une histoire très similaire (notamment au niveau de la love story). Alors clairement, dans le genre films générationnels, on est pas au niveau d’un The Graduate, il manquerait pour ça une rigueur dans la mise en scène qui n’existe pas ici (Badham fait quelques rares plans inspirés, mais majoritairement la réalisation est très basique), mais le film arrive à exister par son script, mais aussi par son ambiance unique.

Qu’on aime ou pas le disco, il y a vraiment de quoi être fasciné par cette captation d’une époque où les mœurs changeaient radicalement, pour le meilleur (le frère prêtre qui décide de tourner le dos à la religion contre l’avis de sa famille) comme pour le pire (le viol d’une jeune fille par une bande d’amis à l’arrière d’une voiture), et puis musicalement le film envoie du lourd avec la BO majoritairement composée de titres des Bee Gees, mais aussi du Kool and the Gang et du KC and the Sunshine Band. John Travolta trouvait là son premier grand rôle, et autant c’est pas spécialement un acteur que je qualifierais de génial, autant là sa prestation est vraiment honorable, autant sur le jeu lui-même sur les séquence de danse où il est véritablement impressionnant. Bref, c’est un beau portrait de jeunesse paumée, dans la droite lignée de Rebel without a cause, et c’est dommage que le métrage soit catalogué comme un simple film sur le disco, alors qu'il est quand même bien plus que ça.


7/10
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Bons baisers de Bruges - 7,5/10

Messagepar Alegas » Sam 20 Oct 2018, 12:59

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In Bruges (Bons baisers de Bruges) de Martin McDonagh
(2008)


Très sympa ce film qui me donne l’impression d’avoir été très mal vendu à sa sortie, entre son titre français improbable et le marketing en général qui vendait une comédie british, alors qu’au final, quand bien même le film soit drôle, on est plus devant un drame mélancolique qu’autre chose. D’une idée de départ assez basique (deux tueurs à gages se posent quelques jours en Belgique après un contrat qui a mal tourné) Martin McDonagh livre quelque chose d’assez inédit : une comédie noire existentielle sur des hommes qui ont fait de la mort des autres leur métier, et le plus dingue est de constater que c’est toujours traité avec une certaine justesse, les personnages ne rentrant jamais dans des clichés éculés. Pendant une heure, le métrage se veut être quelques chose d’assez lent, posé dans sa façon de faire découvrir les personnages au spectateur (la façon dont on comprend peu à peu ce qui a pu se passer auparavant marche vraiment très bien), mais aussi ponctué de moments vraiment très drôles et de répliques cinglantes, qui arrivent toujours de façon très soudaine, sans prévenir. Clairement on sent une maîtrise d’écriture dans cette partie là, et c’est dommage que dès que le personnage de Ralph Fiennes entre en jeu on sent une légère baisse de régime avec quelque chose d’un peu plus gratuit, notamment en ce qui concerne la violence. Heureusement, le film arrive jusqu’au bout à être particulièrement imprévisible, et pour le coup le final ça va quand même assez loin dans la noirceur, on est très loin de rigoler devant.

Côté réal, c’est vraiment très maîtrisé pour un premier film, et la ville de Bruges est bien mise en valeur, devenant un personnage à part entière du film. Enfin, le gros point fort du film à mon sens tient dans le casting et la direction d’acteur : tout le monde est excellent. Brendan Gleeson c’est le genre de mec qui mériterait plus souvent un premier rôle, là il est vraiment magistral, Colin Farrell généralement ça passe ou ça casse, et là ça passe tellement bien que j’aurais presque envie de dire que c’est un de ses meilleurs rôles, et puis Ralph Fiennes en tueur au juron facile et au code de l’honneur très poussé c’est particulièrement jubilatoire :mrgreen: . Clémence Poésy dans le peu de films où j’avais pu la voir je la trouvais quelconque, et là non seulement elle joue bien mais en plus elle est particulièrement bien mise en valeur :love: , et puis on a droit à des petits rôles pour Ciaran Hinds et Jérémie Renier (que j’avais pas du tout reconnu jusqu’au générique de fin). Une jolie comédie dramatique qui fait carrément relativiser sur la qualité de Three Billboards tant In Bruges est clairement deux crans au-dessus.


7,5/10
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King of New York (The) - 5,5/10

Messagepar Alegas » Dim 21 Oct 2018, 22:11

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King of New York (The King of New York) de Abel Ferrara
(1990)


Bon bah c’est pas non plus avec ce film que je vais être convaincu du boulot d’Abel Ferrara, et pourtant c’est pas faute d’avoir opté pour ses deux films les plus réputés et accessibles en guise de porte d’entrée. Alors pourtant le film démarre vraiment bien avec cette introduction muette, le générique pose direct l’ambiance du métrage avec un New York à la fois sublimé mais jamais montré dans un délire carte postale : ici ce qui intéresse Ferrara c’est les bas-fonds, les ruelles sombres, pour contrebalancer avec les prestigieuses chambres d’hôtel des dizaines d’étages plus haut. Assez vite, le film montre rapidement ses points forts : l’ambiance évidemment, mais aussi et surtout Christopher Walken qui vole le moindre plan. J’irais pas jusqu’à parler de grande performance, mais on sent Walken impliqué dans son rôle, et il y a vraiment quelque chose de fascinant dans ce personnage qui veut juste améliorer sa ville mais qui ne s’y prend pas de la manière la plus légale et la moins violente.

Voilà, entre ça, des morts qu’on ne voit pas venir (le coup de shotgun à l’enterrement 8) ) et les quinze dernières minutes, on a vraiment les bons points de ce King of New York, le reste malheureusement, sans être catastrophique, loin de là, c’est pas spécialement la joie non plus. Déjà autant le film a un certain cachet visuel, autant la mise en scène de Ferrara est loin de m’en boucher un coin : c’est très fonctionnel, et dès que ça part dans l’action le montage devient rapidement incompréhensible (la séquence de fusillade dans le squat éclairé en bleu c’est impossible de comprendre qui tue qui). Pire encore, il y a des moments où on sent tellement les limites du budget que ça donne un côté hyper télévisuel, je pense notamment à la fusillade dans les quartiers de la Triade où on sent que c’est fait en studio vite fait mal fait. La photo est jolie, et permet de livrer quelques beaux plans, mais bon globalement c’est pas un film que je qualifierais de particulièrement bien mis en scène.

Et puis côté script, c’est un peu la cata par moment : dès qu’on s’éloigne du perso de Walken on tombe soit dans des arcs rushés (les asiatiques décimés en cinq minutes, mais bien sûr… :lol: ) soit dans des storylines complètement pétés (les flics ne servent à rien à part donner des scènes clichés au possible). Même les acolytes de Frank White sont pas super bien traités : Laurence Fishburne sont perso fait illusion quelques minutes mais après c’est un énième dérivé du gangsta black surjoué qu’on a déjà vu mille fois, c’est pas parce qu’il tient deux guns lors des fusillades que ça le rend meilleur. Enfin voilà, comme Bad Lieutenant je suis clairement pas convaincu, surtout vu la réputation assez prestigieuse, et pour le coup le seul film qui me fasse encore envie dans la filmo de Ferrara c’est son Body Snatchers, le reste je suis pas certain que ce soit pour moi.


5,5/10
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

Messagepar Dionycos » Lun 22 Oct 2018, 10:40

Alegas a écrit:
In Bruges (Bons baisers de Bruges) de Martin McDonagh
(2008)

Une jolie comédie dramatique qui fait carrément relativiser sur la qualité de Three Billboards tant In Bruges est clairement deux crans au-dessus.[/justify]


Non, c'est au même niveau 8)
Par contre, son 7 Psychopaths, c'était bien merdique.
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Birdy - 6/10

Messagepar Alegas » Mer 24 Oct 2018, 14:05

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Birdy de Alan Parker
(1984)


Je me souviens que j’avais été assez déçu par ce film à la découverte, moi qui découvrait à l’époque le cinéma d’Alan Parker avec le doublé Midnight Express/The Wall, et du coup voir ce film qui se range plutôt dans les œuvres mineures du bonhomme avait forcément créé la déception. Le sujet a pourtant énormément de potentiel : deux amis d’enfance rentrent du conflit vietnamien, chacun marqué à sa façon : l’un avec le visage défiguré, l’autre avec l’esprit durablement marqué au point de créer le mutisme. Alors que les deux se retrouvent dans un hôpital psychiatrique militaire, les deux se rappellent leur enfance pour tenter de s’aider mutuellement à traverser cette épreuve. Forcément, une telle base entre les mains d’un réalisateur habitué aux films centrés sur la psychologie des personnages, et avec généralement une tendance à critiquer l’ordre établi, ça aurait pu donner un excellent métrage, et malheureusement, assez vite, ce dernier montre ses limites.

Déjà, le gros point faible de Birdy se trouve à mon sens dans sa durée : il a beau durer seulement deux heures, on sent néanmoins quelques longueurs dans le récit, en particulier dans les souvenirs qui s’avèrent assez inégaux en terme d’intérêt sur la progression psychologique des personnages. Pour le coup, je pense sincèrement que quelques coupes auraient pu faire du bien au film sans pour autant le dénaturer. Et puis vient l’ambiance, qui me rend assez mitigé : il y a clairement un truc qui rend le métrage très atypique, entre la photo de Michael Seresin (habitué des films de Parker et dont on reconnaît très vite la patte), la musique de Peter Gabriel (dont c’est la première BO) ou les élans de Parker lorsqu’il s’agit de filmer les rêves (super scène où la caméra s’envole en épousant le point de vue fantasmé de Birdy :love: ) ou les cauchemars (j’ai rarement vu des scènes aussi glauques sur le Vietnam, et le fait que ce soit montré de façon très limitée doit sûrement jouer dans ce ressenti). Mais à côté de ça, le métrage manque singulièrement d’émotion, jamais je n’ai ressenti de vraie empathie pour les deux personnages, et du coup le film global me donne une impression de glaceur, comme si les ambitions artistiques de Parker prenaient le pas sur l’efficacité de l’histoire, et qui porte donc préjudice à un récit qui se prête pourtant bien à quelque chose de déchirant.

Et puis ce final, comme à la découverte, me choque réellement par l’impression de bâclage qu’il me donne : il y avait tout pour avoir quelque chose d’aussi marquant que le final de Vol au-dessus d’un nid de coucou, et on se retrouve avec un simili-gag en guise d’image finale :shock: , sans avoir réellement de conclusion scénaristique à ce qui a précédé :evil: . En revanche, le film réussit plutôt bien son pari côté casting : c’était l’époque où Nicolas Cage avait tout à prouver et où il donnait tout ce qu’il avait, et puis Matthew Modine trouvait là le rôle de sa vie, qui lui a certainement ouvert les portes pour Full Metal Jacket. Pas un mauvais film donc, mais quand même un sacré potentiel gâché.


6/10
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Vampires (Les) (1915) - 6/10

Messagepar Alegas » Jeu 25 Oct 2018, 19:59

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Les Vampires de Louis Feuillade
(1915)


Un film français muet réalisé dans la première décennie de l’histoire du cinéma, avec une durée de 7H30 ? Même pas peur ! 8) Après une telle épreuve, je pourrais mater n’importe quel Griffith ou Murneau sans que ça ne me fasse ni chaud ni froid, mais il faut quand même avouer que le fait que Les Vampires soit découpé en plusieurs épisodes (dix au total) aide beaucoup dans le visionnage. D’ailleurs, cette conception du film m’aura fait réfléchir à bien des égards sur la notion de ce qu’on conçoit généralement comme un film. A l’heure où des séries contiennent parfois plus de cinéma que certains films et où les blockbusters sont de plus en plus longs, il est bon de se rappeler que le cinéma avait aussi commencé avec le format des serials, à savoir plusieurs épisodes d’une même histoire tournés et projetés généralement à quelques semaines d’intervalle. A l’heure d’aujourd’hui, on appellerait ça majoritairement une série (ce qui ne serait pas complètement faux vu que les serials étaient finalement là pour combler un manque que la télévision remplirait un demi-siècle plus tard, de la même façon que les actualités avant les films étaient les ancêtres des JT ou des reportages), mais pourtant encore aujourd’hui on considère ça comme une forme assez pure de cinéma.

Mais mettons ça de côté et parlons du film lui-même, qui aura donc été ma première incursion dans le cinéma de Feuillade, qui s’avère être un peu la base du cinéma de genre en France, et qui aura engendré des successeurs spirituels comme Franju, qui engendrera lui-même des mecs comme Gans ou Dupontel. Bref, c’est un gros héritage de cinéma que voilà, et pour un film de 1915 ça m’a assez surpris sur bien des aspects, que ce soit dans sa volonté de filmer très souvent quelque chose d’authentique (Feuillade filme réellement le Paris des années 10) ou encore dans sa manière de réinventer des formes de narration qui, justement, rappelle ce que la série fera par la suite. Changements de points de vue, cliffhangers, deux ex machina, climax, autant de concepts qui sont utilisés ici de façon assez innovantes pour l’époque et qui impressionne encore aujourd’hui. Alors forcément, ce n’est pas sans défaut, l’expérimentation laissant parfois la place à des errements narratifs (le surjeu des acteurs pour souligner les actions), quand ce n’est pas de la répétition pure et simple (il faut voir le nombre d’épisodes où on se tape la fausse-mort du chef des Vampires ou le sauvetage in-extremis du héros par son sidekick comique, souvent dans des conditions WTF :mrgreen: ), on sent que ça s’adressait à un public moins exigeant car moins habitué à des codes de narration cinématographique, et pour un spectateur de 2018, aussi compréhensif soit-il, ça gêne forcément un peu par moment.

De ce fait, et c’est normal sur une durée aussi longue, on a un spectacle assez inégal qualitativement : autant certains épisodes sont vraiment sympathiques à suivre, autant certains, souvent ceux tournant autour d’Irma Vep, sont clairement plus pénibles. Il faut dire aussi que la tendance de Feuillade à étirer ses scènes joue beaucoup, mais difficile de lui en blâmer étant donné que c’était une habitude de l’époque : on ne connaissait pas alors le pouvoir d’un montage bien réglé pour gérer le rythme, et de ce côté là il faudra attendre le cinéma burlesque américain pour faire réellement changer les choses. Néanmoins, ça reste un objet filmique assez passionnant, que ce soit par ses images parfois documentaires, glauques, inspirantes (les arrivées des Vampires sont souvent soignées) ou encore son récit qui se prêterait plutôt bien à un remake (il y aurait vraiment de quoi faire). Prochaine étape pour la découverte du travail de Feuillade : ses Fantomas.


6/10
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Hatchi - 5/10

Messagepar Alegas » Ven 26 Oct 2018, 17:49

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Hachi : A dog's tale (Hatchi) de Lasse Hallström
(2009)


Je continue ma lancée des films du Top 250 IMDB, et là on tient une sacrée arnaque dans le genre :shock: . J’ai rien contre le fait qu’un film simple puisse émouvoir son public au point de passer sur quelques défauts, mais là c’est ni plus ni moins qu’un téléfilm du dimanche soir en terme d’ambition cinématographique. Non pas que je demande un sous-texte ou une mise en scène pensée à chaque plan, mais là sérieux c’est le niveau zéro de la réalisation fonctionnelle, quasiment que du plan fixe et du panoramique, avec parfois deux mouvements de grue et des idées mal foutues (le point de vue du chien en noir et blanc, qui ne sert strictement à rien). Donc encore une fois, je n’ai rien contre une mise en scène simple, mais là c’est de la mise en scène simpliste (comme toujours avec ce réal) qui pourrait être produite par France Télévisions qu’on n’y verrait que du feu.

C’est con car au-delà de ça, le mélodrame fonctionne pas trop mal. Certes c’est tire-larmes à souhait et ça use de grosses ficelles pour y arriver, mais le fait est que sur son dernier tiers le film a vraiment un côté émouvant qui fonctionne, et qui tranche avec ce qui a précédé qui était bien plus plat (la mort de Richard Gere ça donne l’impression d’être un incident de parcours dans la façon dont c’est montré). N’ayant pas vu l'original, je ne pourrais pas jouer le jeu de la comparaison, mais la façon dont c’est installé aux States à notre époque ne dérange jamais. Voilà c’est pas un mauvais film, mais c’est pas un bon non plus, sans la fin qui broie le cœur des amis des animaux ça aurait clairement pas eu la moyenne. En attendant, la moyenne de ce film sur IMDB (et un peu partout ailleurs) montre bien que les cinéphiles sans aucun recul sont légion, car filer 9 ou 10 à ça juste parce que ça fait pleurer c’est l’hallu totale.


5/10
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

Messagepar lvri » Ven 26 Oct 2018, 19:15

Alegas a écrit:N’ayant pas vu le remake, je ne pourrais pas jouer le jeu de la comparaison


L'original tu veux dire ?
En relisant ta critique, dans laquelle je te rejoints, je me rend compte que je suis plutôt généreux sur ma note... C'est clairement telefilmesque ! L'original est mieux réussi, mais il est aussi plus dur... (Bon toute façon, dès qu'il y a des animaux, je pleure... :oops:).
Ça me fait penser que je n'ai jamais vu le remake d'Antarctica... mais je vais éviter :mrgreen:
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