[alinoe] Mes critiques en 2010

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Suspiria - 6,5/10

Messagepar alinoe » Mar 21 Déc 2010, 14:02

Suspiria

Réalisé par Dario Argento

Avec Jessica Harper, Stefania Casini, Alida Vali, Miguel Bose, Flavio Bucci, Barbara Magnolfi

Horreur, Italie, 1h39 - 1977

6,5/10


Résumé : Suzy, une jeune ballerine américaine, arrive à Fribourg afin de suivre des cours dans une académie de danse prestigieuse. A peine arrivée, l’atmosphère du lieu, étrange et inquiétante, surprend la jeune fille. Et c’est là qu’une élève est assassinée…


Pour ma part, Suspiria appartient à cette catégorie de film, qu’il vaut mieux avoir vu en son temps. Le découvrir aujourd’hui, après des décennies de critiques dithyrambiques laisse une profonde impression de déception, tant il ne dégage aucune impression d’angoisse ou de peur.

C’est donc ça le film culte du cinéma d’horreur italien, du Giallo , interdit au moins de 16 ans !!! Le chef d’œuvre de Dario Argento m’a laissé un goût d’amertume, au point que je ne pense pas voir ces autres films. Pourtant je ne suis pas une adepte blasée des films d’horreur, loin de là, je n’aime pas le gore, ni les films d’aujourd’hui à la surenchère malsaine, violente et sanguinolente. J’attendais de Suspiria des moments de sursauts, une impression d’angoisse et j’ai surtout vu des adolescentes histériques qui surjouent, des gros plans sur des regards qui génèrent plus un sourire que la peur, une sorte de comedia dell’ arte qui se voudrait horrifique.



Qu’on ne me dise pas que c’est une question d’époque, car j’ai découvert Rosemary’s Baby, Shining ou L’Exorciste, bien des années après leur sortie et pourtant ces films restent à tout jamais gravés dans ma mémoire comme des summums de la terreur. La folie paranoïaque de Jack et Rosemary, la déchéance physique de Regan, la croisade contre le mal des pères Karras et Merrin restent des moments incontournables et mémorables du cinéma, tant leurs interprètes sont habités par leurs personnages. Dans Suspiria tous les acteurs sont médiocres voir mauvais et peu convaincants. Les babillements effarés, les yeux exorbités et les gesticulations hystériques de ces demoiselles m’ont laissé de marbre.


Qu’on ne me dise pas non plus que c’est une question d’effets spéciaux. Je suis loin d’être hermétique au faux sang de couleur orangé et aux animaux en plastiques ou en cartons pâtes qui ont plus l’air empaillé que vivant. C’est tout simplement un problème de mise en scène. Le passage avec la chauve-souris dans la chambre est tout simplement risible, alors que l’on devrait être angoissé ; il en va de même pour l’attaque du chien. Les mêmes types de fausse chauve-souris et de faux chien sont utilisés dans les différents Dracula ou dans Le Chien des Baskerville de Terence Fisher et font beaucoup plus crédibles, car le réalisateur joue sur les ombres et les lumières, sur les effets de brouillard pour masquer les artifices, tandis que Dario Argento se moque que l’on remarque tout de suite qu’il s’agit d’une fausse chauve-souris ou d’un faux chien, il compte sur l’omniprésence de la musique pour imposer un sentiment d’angoisse. Et bien c’est loupé ! Car la musique du groupe The Goblins assourdissante, allant crescendo et accompagnée des murmures de la Mère des soupirs me donne une impression de soufflé au fromage. La tension générée par cette musique n’est généralement pas à la hauteur des évènements qui se déroulent. Il n’y a rien de plus désolant qu’un soufflé qui se dégonfle. La preuve la plus flagrante, cette scène où toutes les élèves dorment dans un dortoir commun, la musique va crescendo au rythme de la respiration de la Mère des soupirs et puis… rien, il ne se passe rien. C’est pourtant le principe même des musiques de l’horreur de faire monter la tension pour provoquer le sursaut au moment voulu. Jamais dans Suspiria, il n’y a de scènes de sursaut.



Ce qu’il reste vraiment de Suspiria aujourd’hui, c’est une esthétique, un décor d’opéra, une mise en scène graphique de la mort . Un film singulier nimbé de rouge, de jaune et de bleu. Une oeuvre visuelle. Chaque couloir, chaque pièce, de l’institut de danse concourent à une impression de mystère et d’étrangeté des lieux. Chaque effet de tonnerre, de lumière, de pluie semblent se mouvoir au gré des murmures et de la respiration de la Mère des soupirs. Sur ce plan là, Suspiria est une réussite. Un film envoutant sur le plan visuel.




Les images parviennent même à transcender un scénario banal. Certes, Suspiria n’est pas dénué de propos. Beaucoup d’éléments symbolisent le passage toujours délicat et plein d’imprévus de l’enfance-adolescence vers l’âge adulte : la douce mélodie de boîte à musique, jouet de l’enfance par excellence, les poignées de portent placées très hautes, la volonté d’émancipation des danseuses, de contrôler leur vie, d’avoir leur propre appartement et de ne pas être pensionnaire, le maquillage, l’exacerbation de la paranoïa, la volonté de braver les interdits. Il y a aussi une volonté de transgresser certains codes de la morale : un chien d’aveugle qui tue et dévore son maître. Quelques ébauches d’idées qui ne sont malheureusement pas approfondies.

On a l’impression que pour Dario Argento, Suspiria doit être une expérience visuelle et musicale, et que le reste importe peu. D’ailleurs le film se clôture par : « vous venez d’écouter « Suspiria ».


Donc 6/10 pour l’esthétique et 0,5/10 pour l’interprétation, le scénario et le manque de tension. Pour moi, Suspiria n’est en aucun cas un film d’horreur. Chaque mort est une œuvre d’art si esthétique et maniérée qu’elle en oublie de provoquer la peur. J’aurai certainement mieux jugé le film, s’il n’était pas précédé d’une si élogieuse réputation. Quant à l’interdiction au moins de 16 ans, elle me laisse vraiment perplexe, quand on sait que L’Exorciste ne fut interdit qu’au moins de 12 ans !!!
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Re: [alinoe] Mes critiques en 2010

Messagepar Scalp » Mar 21 Déc 2010, 14:24

Non c'est pas ça le chef d'oeuvre de Argento ( il a jamais fait de chef d'oeuvre de toute façon).
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Re: [alinoe] Mes critiques en 2010

Messagepar blackula » Mar 21 Déc 2010, 14:37

suspiria reste un film esthétiquement trés réussi, avec une ambiance assez psychédelique. mais ça reste loin quand même, à mon avis, des gialli des années 70, comme "le chat à neuf queues" ou " les frissons de l'angoisse", et même Ténébre dans les années 80(je l'aime bien celui là :oops: ).
Mais comme le dit scalp, il n'a jamais fait de chef d'oeuvre, mais soit des grands films, soit de sombres nanars où il arrive quand même à placer des scénes intéressantes.
Et à part, il y a"le syndrome de stendhal" que j'ai du mal à raccrocher aux autres, tellement le malaise qu'il distille est particulier dans la filmographie d'argento (qui est bien barrée quand même). je te conseille celui là, pour donner une autre chance, mais c'est quand même un peu particulier (sans dévoiler l'intrigue)
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Re: [alinoe] Mes critiques en 2010

Messagepar Scalp » Mar 21 Déc 2010, 14:44

Le syndrome de stendhal c'est vraiment le début de la fin pour Argento c'est mauvais de bout en bout, pour savoir si on aime vraiment Argento mieux vaut commencer par Profondo Rosso ou Ténèbres.
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Re: [alinoe] Mes critiques en 2010

Messagepar alinoe » Mar 21 Déc 2010, 14:54

Je ferai probablement un deuxième essai avec les Frissons de l'angoisse, par contre la bande annonce du Chat à neuf queues ne m'encourage pas à le voir. Je n'ai pas vraiment accroché en la voyant.
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Re: [alinoe] Mes critiques en 2010

Messagepar blackula » Mar 21 Déc 2010, 14:58

Scalp a écrit:Le syndrome de stendhal c'est vraiment le début de la fin pour Argento c'est mauvais de bout en bout, pour savoir si on aime vraiment Argento mieux vaut commencer par Profondo Rosso ou Ténèbres.



La fin d'argento avait déjà débuté avant, avec Opéra qui était bien nase. mais "le syndrome..", sans crier au chef d'oeuvre incompris (faut pas déconner non plus) reste un des films les plus personnels et profonds d'argento, avec une vision de la violence trés cathartique . Je trouve que depuis 20 ans, c'est le plus intéressant (sans trop de mal), mais quand même objectivement (waylander serait content), je comprends vraiment que l'on puisse le trouver raté.
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Re: [alinoe] Mes critiques en 2010

Messagepar Scalp » Mar 21 Déc 2010, 15:05

Me suis fait tout les Argento récemment et celui là autant sur le fond que sur la forme c'est du vent, mais c'est vrai que la chute d'Argento a commencer avec Opera ( film qui n'a un réel intérêt que pour 2 scènes ).
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Aliens, le retour - 9,5/10

Messagepar alinoe » Mer 22 Déc 2010, 01:20

Aliens

Réalisé par James Cameron
Avec Sigourney Weaver, Carrie Henn, Lance Heenriksen, Michael Biehn, Paul Reiser, Bill Paxton,

Science-Fiction, USA, 2h34 - 1986

9,5/10


Résumé : Depuis la disparition du Nostromo, Ripley et Jones, dérivent lentement à bord d'une capsule de survie. Cinquante sept ans plus tard, une navette spatiale les croise et les ramène sur Terre. Ripley est condamnée pour avoir détruit le Nostromo, car les membres de la commission ne croient pas à sa version des faits, d’autant que L-426 a été colonisée et est devenue une exploitation minière. Peu de temps après la colonie ne répond plus…


En succédant à Ridley Scott, James Cameron imprime sa marque sur la saga Alien : exit le huis-clos angoissant, le film d’horreur, bienvenue à la superproduction spatiale, au film de guerre dans l’espace.

Conter la même histoire et innover : tel est le tour de force réussi par James Cameron.

Il reprend l’histoire, là où l’avait laissé Ridley Scott. Il enrichit considérablement la trame narrative et nous propose sa propre vision du futur de l’humanité où dominent des enjeux commerciaux et militaires. Par sa maîtrise des effets spéciaux, du découpage des scènes et son sens du spectaculaire, il encre son film dans la science-fiction.




Pour Scott, le contexte futuriste n’était qu’un prétexte au service de l’angoisse. Dans l’espace pas d’échappatoire et pas de sauvetage possible face au monstre. Avec Cameron, le contexte devient essentiel. Aliens est un film de science-fiction dans lequel s’affronte deux mondes, deux sociétés. L’humanité en plein développement spatial, dans sa phase de colonisation qui a pour objectif l’exploitation des richesses et de toutes formes d’organisme rencontrées. Les aliens dont l’objectif principal est la survie de l’espèce. C’est la première réussite de Cameron, d’avoir su faire évoluer cet organisme parfait dans la défense comme dans l’attaque, d’avoir dépasser le simple statut de machine à tuer, pour en faire un maillon d’une société « ruche » où domine la figure matriarcale de la Reine. Qui est finalement le vrai prédateur ? Celui qui tue pour la survie de son espèce, ou celui qui détruit, capture et expérimente pour exploiter à son profit un organisme parasite ? En plaçant au cœur du film le thème maternel, Cameron change radicalement l’orientation de la saga. Ce n’est plus uniquement un survival, mais un affrontement des mères prêtes à tout pour défendre leurs progénitures respectives. L’affrontement de deux civilisations. Cameron à certes une vision très manichéenne, mais il ne manque pas non plus d’esprit critique sur l’humanité.


C’est aussi James Cameron qui donne au personnage de Ripley sa dimension iconique, en lui offrant un passé, une motivation autre que la simple question de sa survie. Ridley Scott en avait fait une femme forte qui l’emporte parce qu’elle a su éviter le danger et réfléchir. Cameron révèle son potentiel de leader qui va prendre les bonnes décisions et son côté maternel. Et l’instinct maternel devient l’arme la plus redoutable.



Lors de sa sortie, nombre de critiques avaient reproché au film sa dimension militaire, son apologie de l’armée. Je ne suis pas certaine que nous ayons vu le même film. Car s’il y a bien une constante dans la filmographie de Cameron, c’est son sens de la dérision à l’égard du corps des marines. Avec Aliens, il montre encore des personnages quelques peu sympathiques et attachants, ce sera loin d’être le cas avec Abyss et Avatar. Cette élite surentraînée et surarmée se fait quasiment massacrée dès son premier contact avec les créatures. La peur, la tension et le sentiment de désarroi de chacun des membres de ce commando d’élite sont bien palpables.




Avec Aliens, il n’y a plus une seule créature mais des centaines qui l’emportent par leur férocité, leur agilité, leur furtivité, mais aussi et surtout par leur nombre. Cela démystifie peut-être le côté invulnérable de la créature créée par Giger, mais c’est largement compensé par la majesté terrifiante de la Reine créée par Stan Winston. Sans conteste la plus belle créature de la science-fiction, mélange d’hyménoptère, d’arachnide et de mantoptère, protégée par une carapace de coléoptère. Une vision fascinante et cauchemardesque. La lutte psychologique entre les deux mères, le choix de Ripley de détruire le nid, la poursuite dans la base en feu, le combat titanesque entre la Reine et Ripley protégée par une « armure » mécanique, le démembrement de Bishop sont autant de scènes anthologiques dans des décors grandioses. Jamais les effets spéciaux ne prennent le pas sur l’histoire, au contraire ils la servent complètement.


Cameron prend sont temps dans la première partie pour nous présenter le contexte et les principaux personnages (à noter que je trouve Carrie Henn impressionnante de justesse dans le rôle de Newt). Il s’attarde même au coeur de la bataille sur les relations entres les différents protagonistes, il donne un passé à Helen Ripley et cela donne de l’ampleur à la dimension humaine du film. Avec Ridley Scott, il n’y avait que peu d’attachement aux personnages qui n’étaient finalement définis que par leur grade et leur nom. Il n’y avait pas même un prénom.


Cameron se paie même le luxe de ne faire apparaître les aliens qu’après plus d’une heure de film et ça fonctionne très bien. Il est vrai que le rythme s’accélère dès l’arrivée sur Acheron et que les scènes mémorables s’enchaînent avec frénésie. Un véritable jeu de massacre commence. Et même si cet opus est moins sombre, moins terrifiant que le précédent, la tension est toujours palpable, ainsi la scène des mitrailleuses où l’on prend conscience avec angoisse du nombre des assaillants, la poursuite dans les conduits de la station magistrale d’intensité ou encore cette créature qui surgit de l’eau derrière Newt et dont on comprend avec horreur qu’elle est aussi amphibie. Tout témoigne du sens du rythme, de la maîtrise de l’espace, des jeux de lumière, de fumée et d’explosion de James Cameron.



Pour ma part, Aliens est incontestablement un chef-d’œuvre de l’action et mon opus préféré de la saga, légèrement devant Alien et très largement devant Alien 3 et 4.
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Raiponce - 9/10

Messagepar alinoe » Ven 31 Déc 2010, 19:02

Raiponce (2010)
Film d'animation américain réalisé par Nathan Greno et Byron Howard ; musique d''Alan Menken

9/10




Résumé : Il était une fois dans un royaume lointain, une princesse vraiment pas comme les autres…

Lorsque Flynn Rider, le bandit le plus recherché du pays, se réfugie dans une mystérieuse tour, il se retrouve pris en otage malgré lui par Raiponce, une jeune fille à l’impressionnante chevelure dorée de 20 mètres de long. L’étonnante geôlière de Flynn cherche un moyen de sortir de cette tour où elle est enfermée depuis des années. Elle passe alors un accord avec le jeune brigand...


ATTENTION : SPOILERS !!!


Au cours des années 2000, le département animation des Studios Disney avait entamé, une traversée du désert avec des long métrages allant du « pas trop mal » (Kuzco, Lilo & Stitch, Bienvenue chez les Robinson) au lamentable (Dinosaur, La Ferme se rebelle ou The Wild). Il y avait quelque chose de pourrie au royaume de Disney, la magie, la féérie et le sens de l’imagination insufflées par Walt avaient fait leurs malles au profit du mercantilisme (pour preuve cette série de suites navrantes : Bambi 2, Cendrillon 2…) et des luttes d’influence au sein de la compagnie.
Le renouveau amorcé par Volt, Star malgré lui puis par La Princesse et la grenouille, se confirme avec Raiponce.


Pour leur 50ème film d’animation les studios Disney nous proposent donc un conte de fée magique, épique et romantique saupoudré d’une bonne dose de second degré. Une magistrale relecture empreinte de modernité du Conte des Frères Grimm issu du premier volume des "Contes de l’enfance et du foyer". Ne vous fiez pas au marketing très « shreckien » qui entoure la promotion du film, car Raiponce a définitivement tout d’un classique Disney. Et c’est tant mieux !



L’histoire oscille entre aventure, humour, poésie et émotion.
Un film rythmé par des scènes de poursuites et par des scènes d’évasion, dont la spectaculaire séquence du barrage, un véritable concentré d’aventure. S’enchaînent également une série de situations cocasses et de touches d’humour mais jamais vulgaires, nous ne sommes pas dans Shrek



Deux scènes mémorables : la scène des lanternes et le sacrifice de Flynn. De grands moments où se mêlent émotions et magie qui concourent à faire entrer le film au panthéon des meilleurs scènes Disney, à l’instar de la scène d’ouverture du Roi Lion, de la scène du bal de la Belle et la Bête ou de la ballade en tapis magique d’Aladdin.


Personnages principaux :

Raiponce : la naïveté et l’innocence de l’enfance et la folle témérité d’une jeune femme qui veut aller au bout de ses rêves. Ses réactions à la sortie de la tour où elle est enfermée depuis l’enfance, sont tout à la fois drôles et touchantes, oscillant entre l’euphorie de nouvelles découvertes, la volonté de se rebeller contre une mère trop protectrice et la déprime provoquée par la désobéissance à cette mère adorée. L’incarnation parfaite des affres de l’adolescence.

Flynn : charmeur, téméraire et un brin égocentrique. Doté d’un grand cœur qu’il masque par l’humour et la dérision, il a beaucoup d’Aladdin. Il n’est pas « un prince figurant », car Raiponce, n’est pas l’histoire d’une princesse, mais l’histoire de deux personnages que tout oppose, contraints de cheminer ensemble et qui vont découvrir l’amour.

Mère Gothel, symbole de l’obsession de bien des femmes d’aujourd’hui, celle de la quête de la jeunesse, de la traque de la moindre ride. La méchante la plus ambigüe, la plus complexe et la plus troublante de tous les grands classiques Disney. Manipulatrice et égocentrique. En constante représentation dans le rôle de la mère, elle mime l’amour maternel avec la plus parfaite hypocrisie pour conserver Raiponce sous sa coupe et surtout le pouvoir de jeunesse éternelle que procure sa chevelure. Certainement, l’un des plus cruels méchants de Disney. A la différence de beaucoup de méchantes Disney (Cruella , Medusa ou encore Ursula), son comportement et son physique ne reflètent pas sa méchanceté. Mère Gothel est une belle femme (sans être une beauté froide comme la Reine de Blanche Neige ou Maléfice dans la Belle au bois dormant), très douce, attentionnée et surprotectrice avec Raiponce. Pour conserver sa jeunesse elle se montre sans scrupules. Et plus que la violence physique, c’est la cruauté mentale dont elle fait preuve envers Raiponce qui choque véritablement. Mère Gothel est la plus charismatique des méchants Disney. Elle n’use pas de magie, elle joue simplement de la puissance que confèrent le pouvoir maternelle et les mots pour maintenir Raiponce en captivité.


Des mascottes et personnages secondaires attachants :

Pascal le caméléon de compagnie de Raiponce, l’animal facétieux et mignon par excellence que l’on retrouvera en peluche dans toutes les chambres des petites filles.
Maximus, le cheval opiniâtre qui prend très au sérieux son rôle de représentant de l’ordre. Il forme avec Flint un hilarant duo comique. Chacune de ses mimiques nous provoque des éclats de rire. Les brigands de la taverne, à l’apparence terrible sont en fait de joyeux drilles, aux rêves tous plus farfelus les uns que les autres.


De l’animation…à la musique
Raiponce est le premier conte de fées des Studios Disney en animation de synthèse et une réussite totale. On est frappé par la richesse des textures, le foisonnement des détails, le chatoiement des couleurs, les jeux de lumière, la luxuriance de la nature et la fluidité de l’animation. Que dire de ce Roi et de cette Reine qui par leur seul regard et sans aucunes paroles réussissent à nous transmettre toute leur tristesse et leur désespoir. Raiponce est un véritable émerveillement sur le plan visuel. A signaler que la 3D n’apporte qu’un zest de profondeur de champ et n’est pas indispensable. Le film s’apprécie tout autant sans cet artifice (vu 2 fois, avec et sans 3D).

Que serait un Disney sans ses chansons ? Pour certains, une tradition énervante, un moment insupportable, mais pour moi une tradition essentielle tant elle est liée à l’esprit Disney. La musique composée par Alan Menken et les chansons signées Glenn Slater, accompagnent harmonieusement l'histoire et nous proposent des numéros de chant passant de la comédie musicale de Broadway à des tonalités folk. « I see the light » est un petit joyau d’animation et de mélodie. A noter également, la sublime scène de danse sans aucune parole. Par contre, j’attends avec impatience de revoir le film en VO, parce que la traduction des chansons m’a semblé laborieuse et approximative par rapport au CD de la BO.


En alliant la tradition du conte de fées cher à Disney, à la technologie de l’animation de synthèse, le département animation réussi un retour spectaculaire sur le devant de la scène. Il faudra désormais, de nouveau compter avec Disney.
Un classique instantané. Disney est de retour !
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Megamind - 8/10

Messagepar alinoe » Dim 02 Jan 2011, 17:46

Megamind

Réalisé par Tom MacGrath

Avec les voix de Will Ferrer, Tina Fey, Brad Pitt, David Cross, Jonah Hilll

Animation, USA, 1h36 - 2010

8/10


Résumé : Megamind est le superméchant le plus génial de toute l’histoire de l’humanité…et le pire loser aussi... Depuis des années, il essaie par tous les moyens de conquérir Metro City. En vain : chacune de ses tentatives est mise en échec par l’invincible Metro Man


Enfin, le cinéma d’animation s’intéresse à nouveau au genre super-héros, après Les indestructibles, véritable joyau du Studio Pixar. Il était temps ! Certes, cette fois le super méchant est en tête d’affiche. Une idée originale déjà quelques peu développée cette année avec Moi, moche et méchant.

Megamind, m’a beaucoup fait penser à Incassable (en version comique) : interdépendance de la relation super vilain / super héros, ainsi bien sûr qu’au Superman de Richard Donner dont il est une copie humoristique, tant Metro Man ressemble à Superman, jusque dans sa faiblesse (plomb/kriptonite), sa relation avec la journaliste vedette (Roxanne/Loïs), sa relation avec le super vilain (Megamind/Luthor) et sa ville (Metro City/Metropolis). Il y a même le postulat de l’identité secrète, mais cette fois repris au profit du méchant (Megamind/Bernard) et pas limité au simple port d’une paire de lunette.

Au niveau de l’histoire, Megamind est donc un hommage comique à tous les codes du film de super héros, une parodie bourrée de clins d’œil au genre. J’ai franchement beaucoup rit pendant toute la séquence d’ouverture (enfance comparée de Metro Man et Megamind), ainsi que pendant la séquence de découverte du QG (forteresse de solitude) du super héros.

Un film qui se moque également de la culture geek, avec le personnage du caméraman, Hal censé être la nouvelle némésis (Titan) de Megamind. Sauf que c’est toujours plus facile et bien plus amusant d’être un méchant qu’un héros.

Il y a bien sûr comme dans tout film de super héros, ou plutôt de super vilain, l’incontournable romance, les combats spectaculaires, les rebondissements à foison, agrémentés cette fois de dialogues second degré qui font mouches et d’un twist vraiment bien pensé.

S’ajoute un casting vocal parfaitement bien choisi en version originale (J’ai eu le plaisir de le voir en VO) et une animation foisonnante de détails, de couleurs et d’une grande fluidité. Une mention spéciale au personnage facétieux de Minion interprété par David Cross, à la fois nounou et acolyte de Megamind.

Megamind est donc un très bon divertissement et une belle parabole, bourrée d’humour sur le libre arbitre.
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Laura - 9/10

Messagepar alinoe » Ven 07 Jan 2011, 23:25

Laura

Réalisé par Otto Preminger

Avec Gene Tierney, Dana Dana Andrews, Clifton Webb, Vincent Price, Judith Anderson

Film noir, USA, 1h23 - 1944

9/10


Résumé : Laura Hunt, jeune et jolie publiciste a été découverte abattue d'une décharge de chevrotine dans son appartement. Le lieutenant McPherson enquête auprès de ses proches, principalement Waldo Lydecker, un journaliste à la plume acide, qui a fait de Laura une femme du monde, et Shelby, un Apollon sans le sou qu'elle devait épouser…


Un classique du film noir porté par la grâce de Gene Tierney, dont le thème principal n’est pas tant « Qui as tué Laura ? », mais bien « Qui était donc Laura ? ».

Le film bénéficie d'un scénario astucieux mêlant rebondissements et dialogues incisifs, au cœur duquel, nous retrouvons, trois figures masculines, aux caractères radicalement différents fascinés par une femme : un détective, un gigolo, un pygmalion ET Laura. Un scénario qui oscille entre scènes de flashbacks et voix off pour nous révéler par petites touches la vie de Laura, au grè des interrogatoires des familiers de la jeune femme, tous suspectés par le détective en charge de l’enquête.


Le lieutenant McPherson est incarné par Dana Andrews, un acteur de premier plan dans les années 40. Sa prestance, son apparente décontraction, son calme et sa capacité à juger d’un regard font du détective, un atout pour la réussite de l’enquête... la seule qui parvient finalement à le troubler, c’est Laura. Cette disparue dont la figure envoutante domine le film. McPherson rôde dans son appartement, lit son journal intime, ses courriers, fouille ses tiroirs… moins pour les besoins de l’enquête que pour s’imprégner de son essence. Comme tous les autres, la jeune femme l’obsède. Sauf que son obsession tourne au morbide, car il est envoutée par la personnalité et la beauté lumineuse de cette jeune femme trop tôt disparue.


Waldo Lydecker, le pygmalion jaloux et tyrannique. Il a fait de Laura, la coqueluche de la haute société et le centre de son monde. Chroniqueur à la plume acérée et au verbe cynique, il est donc en toute logique le narrateur de l’histoire. Tels les empereurs romains, en perpétuelle représentation, il reçoit dans son bain, dans un appartement au luxe fastueux et pompeux. Clifton Webb apporte toute la fragilité de son physique et la profondeur inquiétante de son regard, à cet esthète hors du commun.


Shelby Carpenter, le gigolo attachant est interprété par Vincent Price. Il joue de sa carrure imposante et de son allure de playboy pour incarner à la perfection ce personnage plutôt pathétique, plus soucieux de trouver une manne financière que l’amour.

Laura, même absente, irradie de son aura mystérieuse et séductrice tout le film. Elle est au cœur de toues les pensées. Son portrait qui trône au dessus de la cheminée capte tous les regards. Gene Tierney illumine littéralement l’écran, nimbée de splendides jeux d’ombre et de lumière dans des décors presque exclusivement intérieurs. Cette photographie peu commune est l’œuvre de Joseph LaShelle, véritable magicien du noir et blanc sophistiqué et poétique.

Otto Preminger signe une œuvre élégante. Un mélodrame plein de suspens, sur le thème de l’amour immodéré, magnifié par la photographie de Joseph LaShelle, la mélodie de David Raksin et des interprétations magistrales.

“I shall never forget the week-end Laura died"
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Re: [alinoe] Mes critiques en 2010

Messagepar Kakemono » Ven 07 Jan 2011, 23:44

:super: Nos critiques sont unanimes : c'est un très grand film. :love:
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