[alinoé] Mes Critiques en 2011

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Re: [alinoé] Mes critiques en 2011

Messagepar Hannibal » Mer 23 Mar 2011, 10:12

Alinoé : MERCI! :super:
Mark Chopper a écrit:La mode des années 2010 consiste à faire des suites de merde qui permettent de réévaluer des purges.
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Re: [alinoé] Mes critiques en 2011

Messagepar Scalp » Mer 23 Mar 2011, 14:32

Pfff je crois bien que j'en ferais pas de critique tant Alinoé à tout dit là.

Et bien entendu si y a un seul film qui mérite le label prestigieux de Image c'est bien celui là.
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Re: [alinoé] Mes critiques en 2011

Messagepar alinoe » Mer 23 Mar 2011, 20:06

Je savais bien qu'avec cette critique, j'aurai droit au génial label rose bonbon Scalp Approved :super:
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World Invasion: Battle Los Angeles - 7/10

Messagepar alinoe » Jeu 24 Mar 2011, 19:38

World Invasion : Battle Los Angeles
Réalisé par Jonathan Libesman
Avec Aaron Eckhart, Michelle Rodriguez, Bridget Moynahan, Ramon Rodriguez
(2011)



N’ayant pas suivi le battage médiatique et n’ayant vu aucune bande annonce, je ne savais pas à quoi m’attendre avec ce film. En fait, j’ai découvert qu’il s’agissait d’un film sur une invasion extra-terrestre, lorsque Heatman l’a proposé dans la liste de son topic « Vos attentes en 2011 [pronostiques Inside] ». Comme j’aime bien presque tous les films que j’ai vu à ce jour, qui ont pour sujet des invasions extra-terrestres , ce film était logiquement fait pour moi et je n’ai franchement pas été déçue.

Un film caméra « embarquée », qui plonge le spectateur au cœur du conflit, les informations que nous avons sont les mêmes que celles qui sont données à ce groupe de Marines. Nous tressaillons avec lui, nous découvrons en même temps que lui, la teneur de la menace. Des informations qui nous parviennent depuis des moyens détournés (radios, télés restées allumées, reportage live, plans…), le spectateur n’est pas dans la position de celui qui sait, qui a vu la menace arrivée, il est juste dans la même situation que les soldats, paumé au milieu du chaos… Un film en temps réel. Pas de présentation de l’arrivée des vaisseaux, des enjeux, des raisons, pas de discours politiques…. De l’action, des décisions à prendre pour survivre et des ordres à suivre auxquels se raccrocher, rien que ça, ni plus ni moins. Deux jours dans la vie de Marines qui se retrouvent au cœur d’une guerre d’invasion et pour la première fois dans la position des colonisés, attaqués sur leur propre sol. J’ai trouvé ce traitement crédible (si tant est qu’il existe d’autres civilisations plus évoluées que la notre dans l’univers). Si la terre devait être un jour envahie, je pense que ça pourrait très bien se passer ainsi, sans alerte et brutalement. Tout reposerait alors sur de simples soldats et sur leur capacité à se dépasser ou pas. La nécessité d’abandonner le terrain pour mieux se regrouper et pouvoir contre attaquer, c’est la tactique courante de ceux qui subissent les attaques et se font massacrer.

Pas de grands vaisseaux qui détruisent tous les monuments du pouvoir sur leur passage, pas d’états-majors prêts à nous faire exploser des bombes atomiques partout, pas de «et si c’était des Russes ou des Chinois »… Juste une guerre urbaine contre des aliens, cette guerre qui s’est généralisée à la fin du XXème siècle et au début du XXIème siècle devenant la principale forme des combats de notre époque. J’ai trouvé ce parti pris assez réaliste. Alors, oui les scènes de combats ne sont pas toujours très lisibles et ça bouge dans tous les sens. C’est un peu comme si le spectateur portait la caméra et qu’il était dans la peau d’un correspondant de guerre qui suivait une unité au cœur de l’action. Une sorte de témoin des évènements dramatiques qui se déroulent. Une histoire simple, efficace et prenante de bout en bout. J’ai vraiment vibré avec ce groupe de Marines et civils qui tentent de s’en sortir dans les décombres de cette jungle urbaine enfumée. On ressent l’urgence de la situation, les affrontements violents, on passe par de nombreuses émotions, au milieu du champs de bataille qu’est devenu Los Angeles, panique, désespoir, peur et l’adrénaline qui permet de trouver les ressources de survivre.

S’ajoutent des effets spéciaux et sonores très réussis avec ces soldats aliens dont les armes sont greffées et ces drones bien conçus. Leur logistique, leur matériel, leur tactique est assez semblable à celle des hommes, c’est la surprise et la violence de l’attaque et surtout leur origine qui tétanisent et déroutent d’abord les armées. Ce ne sont pas des super-extraterrestres invincibles et technologiquement ultra supérieurs qu’on arriverait par miracle à vaincre grâce à un virus. Passé le choc de la découverte, la tactique militaire reprend le dessus, trouver la faiblesse de l’adversaire pour tenter de reprendre l’avantage. Des aliens plutôt réalistes finalement, dont les méthodes de colonisation sonnent justes : invasion d’un monde dont les ressources naturelles sont en accord avec les besoins de l’espèce. Pas comme les aliens de Signs pour lesquels l’eau est fatale et qui décident d’envahir une planète couverte à 70% d’eau !!

Un film vu du point de vue et à travers le regard des combattants. La Guerre des mondes avait positionné le public, dans la situation des civiles, de ces gens ordinaires, victimes de l’attaque Alien, World Invasion nous place dans la peau des « rangers », de ces soldats qui se retrouvent en première ligne. J’ai trouvé cette optique intéressante.

Certes, le film n’est pas exempt de défauts. Forcément, il y a une introduction (somme toute assez courte) des différents protagonistes. La présentation des personnages, c’est le passage obligé de tout film, celui là ne déroge pas à la règle. Il est certain que dans le cas présent, si la présentation n’est pas trop envahissante, elle ne fait pas dans la dentelle question pathos. On a le bleu de service obligatoirement puceau, les blagues vaseuses dans la plus pure tradition des Marines (quoique moi, les punchlines des Marines, ça me fait toujours rire, surtout dans Predator), la première mission du lieutenant, celui qui va se marier, celui qui a perdu son frère et qui se retrouve sous les ordres du sergent qu’il juge responsable de cette perte et bien évidemment le sergent qui ne se remet pas de la perte de ses hommes en Irak et dont les soldats se méfient pour cette raison. Il fut un temps où les héros, soldats ou ex-soldats étaient obligatoirement des traumatisés du Vietnam, maintenant ce sont des traumatisés de l’Irak. Malgré l’accumulation de clichés, j’ai trouvé que dans ce registre vu cent fois, les acteurs étaient plutôt bons. J’ai apprécié la prestation d’Aaron Eckhart dans le rôle du sergent Nantz, tout en sobriété et retenue avec juste un petit moment « John Wayne ». Idem pour Ramon Rodriguez qui incarne le Lieutenant Martinez, conscient de ses limites, de son inexpérience et qui fait ce qu’il peut vu les circonstances et puis Michelle Rodriguez toujours impeccable dans ce genre de rôle.

Alors, oui le final du film est discutable, un petit café et ça repart, car il est peu probable qu’un soldat qui vient d’échapper à l’enfer retourne immédiatement au combat. Même l’esprit de corps, ne pousserait probablement aucun soldat à tant de dévouement. Le discours de Nantz, au gamin après la mort de son père est risible et propagandiste, mais là par contre, il est tout à fait dans le ton de ce que certains militaires (parmi mes connaissances) seraient capables de dire. Que de temps en temps, un film s’oriente vers l’apologie des trouffions et du patriotisme, veuille redorer le blason bien terni ces derniers temps, de l’armée américaine, ça ne me dérange pas plus que tous les films qui critiquent, qui dénoncent, qui vilipendent ou se moquent de cette même armée. Ça me fait juste sourire de manière ironique, mais ça ne risque pas en tout cas de me gâcher le film.

Pour ma part, un film divertissant et immersif, bourré d’actions, dans lequel on ne s’ennui pas une seconde, dont le sujet est traité de manière un peu plus réaliste qu’a l’accoutumé. Pour moi, le spectacle fut suffisamment prenant et à la hauteur pour faire passer à la trappe, le côté film à la gloire du corps des Marines (honneur, obéissance, devoir, sacrifice).


7/10

C'est le genre de film avec lequel je suis bon public et j'assume complètement :mrgreen:
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Re: [alinoé] Mes critiques en 2011

Messagepar Heatmann » Jeu 24 Mar 2011, 19:59

:super: et en plus tu a pris le temp d argumenter et defendre ton coin :love: j arrive en soutient avec mon avis d ici quelque jour :mrgreen:
en gros jsui d accord avec tout 8)
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Re: [alinoé] Mes critiques en 2011

Messagepar jean-michel » Ven 25 Mar 2011, 08:53

:mrgreen: et bien le moin que l'on puisse dire c'est que les avis sont mitigés ici comme autour de moi sur ce film!! :eheh:
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Nuit du chasseur (La) - 9/10

Messagepar alinoe » Mar 29 Mar 2011, 23:08

La Nuit du chasseur

Réalisé par Charles Laughton

Avec Robert Mitchum, Shelley Winters, Lillian, Peter Graves, Billy Chapin

Drame-Film-noir, USA, 1h33- 1955

9/10

Résumé : Tiraillé entre le Bien et le Mal, le pasteur Harry Powell parcourt les chemins assassinant des veuves et des « tentatrices ». Arrêté pour vol de voiture, il se retrouve en prison, pour purger sa peine. Là, il fait la connaissance de Ben Harper, un condamné à mort qui a commis un hold-up. Harper, révèle dans son sommeil, qu’il a caché un magot de 10 000 dollars dans un endroit seulement connu par ses deux jeunes enfants. À sa sortie de prison, Powell se rend à la ferme des Harper, se rapproche de la veuve, et l’épouse. Il tente, d’abord par la séduction puis par la ruse et enfin la violence, de contraindre les enfants à lui révéler leur secret …

La Nuit du chasseur est un voyage poétique, à nul autre pareil, dans l’univers des enfants peuplé d’ombres inquiétantes, de figures protectrices, d’animaux, de rêves et de cauchemars. Une oeuvre qui oscille entre le western et le film noir, entre surréalisme et onirisme, entre légendes et peurs enfantines. Autant de genres qui s’entrecroisent et donnent à l’histoire de Pearl et John, une touche intemporelle et universelle, même si ce conte cruel emprunt de noirceur et de cynisme se déroule au temps de la Grande Dépression. La corruption, l’aveuglement, le désespoir, le puritanisme, la cupidité, l’abandon ne sont pas l’apanage des années 30, mais des maux qui rongent le cœur de certains hommes et dont les enfants sont les innocentes victimes, quelque soit l’époque et le lieu.

Il était une fois, deux enfants perdus, un frère et une sœur qui fuyaient sur une barque au fil de l’eau, pourchassés par un ogre qui convoitait leur trésor. Au détour de la rivière ils croisèrent le chemin d’une bonne fée qui les accueillie en sa demeure où ils vécurent heureux. Une histoire toute simple de la lutte du Bien contre le Mal, vu à travers des yeux d’enfant. Charles Laugthon réalise une fable touchante et émouvante, car il parvient à saisir tout l’ambigüité de l’imaginaire fertile de l’enfance. Ainsi, ce « monstre » qui s’insinue dans la vie de John et Pearl et qui les poursuit, c’est bien plus qu’un homme. C’est une ombre fantasmagorique, parfois gigantesque, parfois lointaine, à l’emprise surréaliste qui se projette sur un mur, qui se détache dans la lumière ou qui se profile à l’horizon, accompagnée d’une sempiternelle complainte « Les enfants » et du refrain murmuré à l’infini, d’un cantique faussement angélique. Ainsi, La barque sur la rivière devient un refuge, que John croit inatteignable, au milieu de cette nature bienveillante et bucolique, sous le ciel constellé d’étoiles, mais cette toile d’araignée posée sur une branche, vient rappeler la détresse de ses enfants pris au piège depuis qu’ils portent le secret de leur père et le poids de son péché. La rivière, lieu de refuge des enfants bercés par les eaux et lieu de repos éternel de Willa.


Une dichotomie magnifiée par les jeux d’ombres et de lumières contrastés à l’excès, de Stanley Cortez, qui nimbent le film d’une tonalité expressionniste et gothique. Rêves et cauchemars éveillés s’imbriquent, lueurs ténébreuses et lumières angéliques s’affrontent, dans ce duel engagé entre l’obscurantisme et l’humanisme. Car la foi peut être lumière ou obscurité, amour ou haine, à l’image de ce cantique fredonné par Harry Powell puis par Rachel ou des deux inscriptions Love-Hate, tatouées sur les phalanges d’Harry Powell. Car la Nuit du chasseur, c’est aussi une pastorale racontée par Rachel aux enfants. Ne vous laissez pas abuser comme les adultes, par les paroles et les manières séductrices des faux prédicateurs qui ne cherchent qu’à corrompre et détruire.


Robert Mitchum incarne avec intensité et magnétisme, ce prédicateur fanatique, refoulé et frustré, misogyne et meurtrier dont la voix et les manières fascinent toutes les femmes, même les plus jeunes (Pearl). Entre séduction et révulsion, terreur et pitié, son hurlement de frustration résonne bien après que ce soit refermée la dernière page du conte. Lillian Gish incarne avec force et conviction, cette vieille nourrice qui recueille et protège les enfants, sorte de double de la « Bonne Marraine » des contes et légendes. Elle écarte le démon et permet à John de se délester du fardeau de son père et de redevenir un enfant.

Un film unique en son genre, un chef-d’œuvre d’esthétisme.
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Re: [alinoé] Mes critiques en 2011

Messagepar Heatmann » Mer 30 Mar 2011, 10:58

:super: encore brave , ca devient une habitude
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Re: [alinoé] Mes critiques en 2011

Messagepar Kakemono » Mer 30 Mar 2011, 19:55

J'ai hâte d'avoir un peu de temps libre pour me le remater celui là! Belle critique, as usual! :super:
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Re: [alinoé] Mes critiques en 2011

Messagepar alinoe » Ven 01 Avr 2011, 07:58

Merci à vous deux. :wink:
Merci au Challenge sans lequel je n'aurai pas découvert ce film sublime.
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Re: [alinoé] Mes critiques en 2011

Messagepar alinoe » Ven 01 Avr 2011, 08:01

Bilan mars 2011

Films vus : 18 dont 14 découvertes.

Moyenne : 6,2

Découvertes :


100 dollars pour un shérif (Blu Ray) : 5/10
L'Ombre de l'introuvable - Collection The Thin Man (DVD) : 8/10
Sherlock Holmes : le train de la mort (DVD) : 6/10
La Cinquième colonne (DVD) : 5,5/10
Meurtre au chenil (DVD) : 6,5/10
La Nuit du chasseur (TV) : 9/10
Scott Pilgrim vs the World (DVD) : 7/10
Rango (Ciné) : 8,5/10
Planète des vampires (DVD) : 5/10
Red - version de 2010 (Blu Ray) : 7/10
Very Bad Cops (Blu Ray) : 5/10
Le Chasseur de primes (Blu Ray) : 5/10
World Invasion : Battle Los Angeles (Ciné) : 7/10
PAUL (Ciné) : 6/10


Films revus :


Fight Club (Blu Ray) : 6,5/10
Princess Bride (Blu Ray) : 8,5/10
Le Chien des Baskerville - version de 1959 (DVD) : 8,5/10
Le Train de 16h50 (DVD) : 6/10



Coup de coeur découvertes du mois
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18 critiques de retard :oops:
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Re: [alinoé] Mes critiques en 2011

Messagepar francesco34 » Ven 01 Avr 2011, 08:03

Bah 18 de retard... moi y'a longtemps que j'ai abandonné l'idée de faire une critique de chaque fim que je vois ou revois!

Sinon beau palmarès, et pis Princess Bride :love: il est bien le blu-ray?
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Re: [alinoé] Mes critiques en 2011

Messagepar alinoe » Ven 01 Avr 2011, 13:15

L'image du Blu Ray de Princess Bride est très largement supérieure à celle de mon édition DVD Zone 1 , par contre, Les bonus sont exactement les mêmes.
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Re: [alinoé] Mes critiques en 2011

Messagepar zack_ » Sam 02 Avr 2011, 08:15

Sinon faut réduire un peu les écrits ;) Pour ma part ça va j'en ai que deux de retard :dents:
zack_
 

Conan le barbare - 9,5/10

Messagepar alinoe » Sam 02 Avr 2011, 17:07

Conan
le barbare

Réalisé par John Milius

Avec Arnold Schwarzenegger, James Earl Jones, Sendahl Bergman, Max Von Sidow, Gerry Lopez

Heroic Fantasy, USA, 2h09- 1982

9,5/10


Conan le barbare fut pendant près de deux décennies, le meilleur film « d'heroic fantasy » du 7ème art, celui qui porta très haut l’étendard de tout un genre trop souvent malmené et ridiculisé par l’adaptation cinématographique, proposant rarement de bons films, parfois des films moyens ou nanars sympathiques et malheureusement trop fréquemment des navets incommensurables.

Conan le barbare, reste aujourd’hui encore, cette oeuvre majeure, ce fleuron qui prouva que le genre « heroic fantasy » pouvait franchir le cap du grand écran avec réalisme, force et crédibilité, sans pour autant verser dans le grotesque. Oui, il devenait possible de voyager, au cinéma dans des mondes imaginaires et fantastiques, de suivre les aventures héroïques d’un guerrier primitif sans que cela semble absurde ou risible. Il ouvrit indéniablement la voie au Seigneur des anneaux, il fallait juste attendre encore un peu que les sorciers des effets spéciaux peaufinent leur art.

Cette adaptation cinématographique parvient à rendre un superbe hommage à l’univers créé par Robert E. Howard. Fresque barbare, violente et sanglante des temps anciens, superbement mise en image dans des étendues et steppes désertiques de toutes beautés, au milieu d’îlots de civilisations primitives, parsemée de scènes d’anthologie (Roue de la douleur, Arbre de la mort aux allures de peinture surréaliste, attaque du temple …) et transcendée par la musique de Basil Poledouris, tout à la fois baroque, féroce, primale et d’une majesté infinie, notamment lors de la scène d’introduction, lorsque s’harmonisent percutions et choeur pour donner corps à la tragédie qui se joue devant nos yeux. Dans un mélange d’influences, se croisent les voleurs échappés de l’univers des jeux de rôles popularisés par la franchise Donjons & Dragons, une guerrière véritable incarnation de la valkyrie scandinave, les cultes païens et les forces chtoniennes (serpent), quelques valeurs du « buchido » , un zest de sagesse bouddhiste, la sorcellerie, les rois, les princesses et les guerriers redoutables de l’heroic fantasy qui donnent littéralement « vie » à l’âge Hyborien, ce temps du chaos, de la diversité des cultures et des cités où la loi du plus fort l’emporte.

Ce chroniqueur (sorte de cousin éloigné de l’aède d’Homère) qui nous narre les aventures de Conan, donne de l’ampleur à l’histoire et une véritable dimension épique. Il y a assurément une touche mythologique dans le Conan de John Milius. Crom, le dieu des Cimmériens ressemble au Zeus des Grecs, l’un détient le secret de l’acier et l’autre le secret du feu. Un soupçon aussi des mythes de Gilgamesh et de Prométhée qui placent l’homme capable de dépasser sa condition, de puiser sa force dans les aléas de la vie, pour prendre son destin en main, au cœur de l’aventure. « Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort », telle est la parabole de Conan.

Histoire simple et brutale de l’accomplissement d’un anti-héros et de sa vengeance qui atteint le statut de film culte, grâce à la convergence d’ indéniables qualités narratives, rythmiques, musicales et cinématographiques, avec le casting parfait. Car Conan, c’est aussi l’histoire d’une rencontre, celle de ce monsieur muscles, de cette étoile du biceps, qui fit une entrée fracassante au firmament des étoiles d’Hollywood. Arnold Schwarzenegger n’interprète pas Conan, il EST Conan. Ce monolithe de muscles, au visage à la fois inexpressif et au regard fou, qui ne parlent quasiment pas est devenu l’image même du barbare, à tel point, qu’il a éclipsé les traits de caractère et le physique de son homologue littéraire pourtant quelque peu différent. Sendahl Bergman est à tout jamais, l’incarnation idéale de cette guerrière farouche, tenace et rusée, véritable image de la valkyrie, nombre de fois imitée, plus ou moins lamentablement (Brigitte Nielsen et Cie), mais jamais égalée. James Earl Jones apporte toute la profondeur de sa voix et l’intensité de son regard, au personnage de Thulsa Doom, guerrier sans pitié en quête du pouvoir de l’épée, puis chef charismatique et fanatique du culte du dieu serpent, en quête du pouvoir de l’esprit, le seul croit-il, capable d’asservir le plus grand nombre.

Le Conan de John Milius est une quête de la vengeance, une quête du pouvoir, une victoire de la force et de l’épée, sur l’esprit de l’asservissement. Une peinture d’un monde barbare du fond des âges, inégalée à ce jour et je souhaite bien du courage à Marcus Nispel, car le film parfait à déjà été réalisé et il ne sera pas facile à détrôner.
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