[Alegas] Mes Critiques en 2012

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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2012

Messagepar Jed Trigado » Mar 03 Juil 2012, 13:12

The Hunger, les mecs, le meilleur film de vampire 80's faut pas l'oublier.
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2012

Messagepar Scalp » Mar 03 Juil 2012, 13:13

Ah non lui il est pas top :mrgreen:
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2012

Messagepar Mark Chopper » Mar 03 Juil 2012, 13:13

Revenge est excellent et son premier film, Les Prédateurs, a d'excellents échos.

Un réal' bien sous-estimé.

Jed Trigado a écrit:The Hunger, les mecs, le meilleur film de vampire 80's faut pas l'oublier.


Mieux que le Bigelow ? Je demande à voir.
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2012

Messagepar Scalp » Mar 03 Juil 2012, 13:14

Bein Tony il a moins de merdes que Ridley dans sa filmo.
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2012

Messagepar Jed Trigado » Mar 03 Juil 2012, 13:17

Mark Chopper a écrit:
Jed Trigado a écrit:The Hunger, les mecs, le meilleur film de vampire 80's faut pas l'oublier.


Mieux que le Bigelow ? Je demande à voir.

Il était chiant et bien moins classe pour ma part.


:love:
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2012

Messagepar angel.heart » Mar 03 Juil 2012, 13:37

Mark Chopper a écrit:Revenge est excellent et son premier film, Les Prédateurs, a d'excellents échos.

Un réal' bien sous-estimé.

Jed Trigado a écrit:The Hunger, les mecs, le meilleur film de vampire 80's faut pas l'oublier.


Mieux que le Bigelow ? Je demande à voir.

Perso j'aime autant les 2. Une approche très différente bien-sûr mais selon moi 2 des meilleurs films de vampires jamais tournés.
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Psychose - 9/10

Messagepar Alegas » Mar 03 Juil 2012, 15:31

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Psycho (Psychose) de Alfred Hitchcock

(1960)


Énième vision de ce qui se confirme comme l'un de mes Hitchock favoris, Psycho est de ce genre de films qui, grâce à la modernité de leur mise en scène, arrivent à conserver leur total impact sur les spectateurs d'aujourd'hui. Tourné avec un budget misérable (moins d'un million), Pyscho est avant tout une destruction massive des codes du film de suspense, sacrifiant une star de cinéma au beau milieu du métrage pour s'intéresser à son tueur, multipliant les morceaux de bravoure pourtant constitués de techniques enfantines et surtout arrivant à garder une certaine simplicité dans son récit malgré l'addition des enjeux. On pourrait écrire des livres entiers sur le script du film tant son contenu est d'une richesse étonnante sur la forme, démarrant comme un film un film d'arnaque, continuant tel un film d'enquête pour finir sur un twist psychanalytique intelligemment amené, tout cela sans jamais perdre l'attention du spectateur malgré les nombreux personnages sur lesquels l'intrigue se recentre avant de les abandonner, en cela Psycho est définitivement un film majeur ainsi qu'un précurseur formel indéniable. En terme de mise en scène, le film est aussi l'un des plus riches d'Hitchcock sans être toutefois le plus marquant, bien entendu la scène de la douche, le meurtre du détective ou le twist final resteront à jamais dans les mémoire des cinéphiles ayant découverts le film, mais toujours est-il que la réalisation est d'une simplicité étonnante, restant toujours au service de son récit et arrivant à faire accepter au spectateur les changements abrupts dans l'intrigue (le coup de la voiture dans les marais pour faire comprendre au spectateur qu'il possède une empathie envers Norman Bates, un passage court et subtil qui résume parfaitement la maîtrise totale du métrage sur son public, du génie à l'état pur). Anthony Perkins et Janet Leigh trouvent là le rôle de leur vie, dommage que le couple de l'amant et de la sœur ne soit pas assez charismatique, mais là encore c'est une volonté d'Hitchcock, Norman étant le véritable héros du film. La musique de Bernard Hermann restera à jamais dans les mémoires, et à juste titre. Maintes copiés, jamais égalés (même De Palma, malgré toutes les qualités qu'on peut lui trouver, n'a jamais signé un film aussi intelligent et profond sur sa forme, et je ne parle même pas de Gus Van Sant dont le remake prouve que le talent ne s'obtient pas par un bête copier-coller), Psycho est sans aucun doute l'un de ces films qu'il faut avoir vu au moins une fois avant de mourir. Une très grande œuvre filmique dont l'intelligence subtile arrive encore à damer le pion à la majorité des films qui tentent de se frotter à son génie.

NOTE : 9/10
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2012

Messagepar Dunandan » Mar 03 Juil 2012, 19:51

Normal :super: . Puis quels frissons quand je l'ai vu la première fois (j'avais 12 ans) :eheh:
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2012

Messagepar Killbush » Mar 03 Juil 2012, 20:20

Ah bien les dernières critiques, True Romance mon Scott préféré avec Man On Fire et Le Dernier Samaritain (et Revenge juste derrière) :super:
Starting to see pictures, ain't ya?
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2012

Messagepar Jimmy Two Times » Mar 03 Juil 2012, 21:07

True Romance! Putain, je l'ai flingué ma VHS à l'époque! Nettement au dessus du dernier samaritain ou de man on fire en ce qui me concerne.
I'm the motherfucker who found this place!
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2012

Messagepar Dunandan » Sam 07 Juil 2012, 02:43

Je vois que tu te fais plaisir avec la trilogie du SDA :mrgreen: . S'il n'y avait pas d'interludes comiques dans le 2 & 3, ce serait un 10/10 aussi pour moi pour ces deux-là.
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3 Royaumes (Les) - 8,5/10

Messagepar Alegas » Sam 07 Juil 2012, 02:48

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Red Cliff (Les Trois Royaumes) de John Woo

(2008)


Après quinze années passées à Hollywood pour le meilleur (Face/Off) comme pour le pire (Broken Arrow pour ne citer que lui), dire que le retour de John Woo dans son pays natal était attendu relèverait de l'euphémisme. Pourtant, Woo arrive tout de même à surprendre son public en décidant de réaliser un WXP, genre auquel il n'avait pas touché depuis la fin des années 70. Le projet surprend plus encore lorsque Red Cliff se révèle être non seulement le film le plus ambitieux de toute l'histoire du cinéma chinois (casting prestigieux, réalisateur attendu depuis des années, adaptation d'un récit épique sur l'une des plus grandes batailles de la Chine antique, durée titanesque, etc...) et donc forcément très risqué sur le papier. Sorti chez nous dans une version tronquée de 2H20, Red Cliff se posait finalement comme un film épique souffrant malheureusement de clarification concernant les enjeux ainsi que la psychologie des personnages, autant dire donc que ces défauts sont vite oubliés lorsque l'on regarde la version complète du métrage, divisé en deux parties de 2H30 pour l'exploitation en salles. La comparaison entre les deux versions n'a pas vraiment lieu d'être, on n'a tout simplement jamais l'impression de voir le même film, car si la version courte proposait la plupart des séquences marquantes de cette œuvre fleuve, il faut bien avouer qu'elle manquait tout simplement de cohérence et donnait plus l'impression d'une démo technique. Dans sa version complète, Red Cliff est finalement l'un des films épiques les plus impressionnants de ces dernières années, décidant de jouer à fond la carte du spectacle ambitieux et généreux envers son spectateur.

La première chose qui étonne à la vision du film, c'est bien entendu la maîtrise totale de John Woo en ce qui concerne la façon de raconter son histoire. Malgré la présence de très nombreux personnages importants, Woo arrive toujours à garder une clarté de tout les instants, caractérisant avec intelligence ses personnages, que ce soit par la façon de combattre (excellente première séquence de combats où les généraux ont chacun un style propre, ce qui fait fortement penser au travail de Tsui Hark sur son Seven Swords) ou par la façon d'aborder la guerre (le personnage du tacticien, certainement le personnage le plus intéressant du film puisqu'il se révèle être le seul à théoriser la bataille dans sa totalité). Enfin, les relations entre personnages sont travaillés de façon très intense, que ce soit celle reliant le personnage de Tony Leung au tacticien, celle de Cao Cao à la femme dont il rêve depuis des années, ou encore celle de Zhao Wei avec le soldat ennemi dont elle s'éprend, Woo donne à la totalité de ses protagonistes une profondeur telle que la durée du métrage se révèle justifiée dans sa globalité, Red Cliff devient alors un film de personnages avant d'être un film de guerre, et c'est grâce à ce détail important qu'il tire toute sa puissance dramaturgique, l’œuvre se révélant être d'une densité thématique étonnante venant de la part de John Woo qui préfère généralement les récits simples véhiculant ses thèmes personnels.

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Le seul reproche que l'on pourrait faire finalement au film est sa division en deux parties, ainsi la première est sensiblement mais clairement meilleure que la seconde, se concentrant bien plus sur ses personnages, clarifiant la stratégie guerrière avec succès et surtout arrivant à captiver le spectateur lors de cette longue préparation de guerre là où l'assaut final de la seconde partie repose sur une fausse tension basée sur le changement du vent ainsi que sur un twist stratégique qui se voit venir. Rien de bien méchant certes, la seconde partie étant très généreuse en terme de spectacle pur, mais on ne peut s'empêcher de penser que la bataille contre la cavalerie de Cao Cao est de loin la meilleure séquence de combat du diptyque, notamment en terme de mise en scène. Par ailleurs, Woo arrive à trouver avec ce film un équilibre certain dans sa façon de dépeindre l'action tout en gardant son style propre (on a même le droit à plusieurs auto-citations, notamment une d'Hard Boiled très sympa). Là où l'expérimentation du montage prenait un peu trop d'importance dans ses films d'action avant sa période américaine, il signe avec Red Cliff un modèle d'efficacité, et plus particulièrement sur les affrontements à grande échelle. Il reste bien entendu quelques défauts sur la longueur, notamment lors de l'affrontement final où le montage perd sa clarté lorsque les groupes de combattants dispersés se font trop nombreux, mais toujours est-il que le film fonctionne de bout en bout sur le plan visuel et jamais le spectateur ne se sent totalement perdu dans ces gigantesques batailles (là encore, cette lisibilité rappelle beaucoup certaines scènes de Seven Swords).

Mais c'est surtout dans la préparation de l'action que Woo signe quelques unes de ses plus belles séquences, notamment lors d'un duel psychologique à base d'instruments de musique, une séquence magnifique qui en dit long sur les personnages représentés, ou encore lors d'un plan-séquence étonnant qui suit l'envol d'une colombe au-dessus d'une flotte gigantesque. Le casting est juste magistral, Tony Leung et Takeshi Kaneshiro en tête, dommage que Chang Chen n'ait pas plus de séquences, son personnage ayant un charisme monstre. La bande-son, en revanche, est sympathique mais vraiment sans plus, la faute notamment à un thème principale trop redondant et pas forcément raccord avec les séquences qu'il accompagne. Red Cliff, c'est tout simplement le meilleur film de John Woo à ce jour ainsi qu'un des meilleurs films de guerre médiévaux toutes époques et nationalités confondues, une œuvre à découvrir absolument dans sa version longue, sous peine de passer à côté d'un conte épique d'une densité monstrueuse en terme de thématiques. Rien que pour ça, j'attends avec impatience le prochain film de Woo.

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NOTE : 8,5/10
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2012

Messagepar Dunandan » Sam 07 Juil 2012, 03:07

Encore une belle critique pour ce chef-d'oeuvre :super:
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Oiseaux (Les) - 7/10

Messagepar Alegas » Sam 07 Juil 2012, 15:47

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The Birds (Les Oiseaux) de Alfred Hitchcock

(1963)


Seconde vision qui me fait revoir le film à la baisse, de mémoire c'était l'un des meilleurs Hitchcock et finalement malgré un grand nombre de séquences marquantes, The Birds se révèle être une œuvre un peu trop inégale pour convaincre totalement. C'est bien simple, toute la partie exposition des personnages est souvent ennuyante à suivre avec de très nombreuses longueurs. Les scènes étirées dans la longueur ne sont pas forcément un problème chez Hitchcock lorsqu'elles sont justifiées, mais dans ce cas précis les relations entre personnages ne mènent à rien et on a vraiment du mal à comprendre où le cinéaste souhaite en venir avec des protagonistes tels que l'institutrice ou la mère possessive. C'est d'autant plus dommage qu'à partir de l'attaque de l'école, le rythme du film s'accélère pour ne jamais retomber jusqu'au final (on pourra peut-être chipoter sur la séquence du grenier mais techniquement elle est plutôt réussie) et Hitchcock nous offre un véritable film apocalyptique avec ce qu'il faut de sentiment paranoïaque, notamment sur les séquences de huit-clos qui sont de loin les plus réussies du métrage. D'ailleurs, il est étonnant de voir à quel point le film a fortement influencé tout un pan du cinéma contemporain, des réalisateurs comme Shyamalan citant ouvertement le film d'Hitchcock.

Sur la forme donc, le film ne peut subir que peu de reproches, bien entendu certains trucages fonctionnent moins bien aujourd'hui (les nombreux oiseaux empaillés notamment) mais dans l'ensemble l'impact visuel est toujours présent, notamment sur la monstrueuse dernière scène qui se base beaucoup sur la tension et l'ampleur visuelle. De tout les films d'Hitchcock, c'est certainement le plus démonstratif sur la violence, même si, bien entendu, ça joue beaucoup sur le hors-champ (la découverte du corps du fermier a du en surprendre plus d'un à l'époque). Tippi Hedren dans premier grand rôle est plutôt convaincante, c'est loin d'être la meilleure blonde hitchcockienne mais elle s'en sort admirablement bien (on pourra néanmoins préférer son rôle dans Marnie, bien plus étoffé). Le générique de Saul Bass est excellent, comme d'habitude, par contre grosse surprise que de constater que le film est totalement dépourvu de musique du début jusqu'à la fin. Malgré le fait que le film soit moins marquant après la première vision, ça reste tout de même un des indispensables d'Hitchcock, ne serait-ce que pour son ambition novatrice.

NOTE : 7/10
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Seigneur des anneaux : la communauté de l'anneau (Le) - 10/10

Messagepar Alegas » Mer 11 Juil 2012, 21:43

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The Lord Of The Rings : The Fellowship Of The Ring (Le Seigneur des Anneaux : La Communauté de l'Anneau) de Peter Jackson

(2001)


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Faire la critique d'un film qui prend une place importante dans votre vie de cinéphile n'est jamais chose facile. Dans le cas de Lord of the Rings, c'est d'autant plus compliqué que l'on pourrait discuter des heures sur les qualités d'un tel film, que ce soit sur les intentions de départ, les prises de risques énormes ou tout simplement le produit final. Mais qu'est-ce que Lord of the Rings plus de dix ans après sa sortie ? Un très grand film, tout simplement. La notion de classique instantané est souvent utilisé à tord et à travers mais elle n'a jamais été aussi bien emprunté qu'à la sortie de ce film qui confirme encore aujourd'hui sa place particulière dans l'histoire du cinéma, ayant acquis une notoriété en l'espace de quelques mois qui rappelait à beaucoup celle d'un certain Star Wars deux décennies auparavant. Tiré d'un roman fleuve en trois parties dans un univers qui aura nécessité une partie entière de la vie de son auteur en la personne de J.R.R. Tolkien, The Lord of the Rings avait donc la lourde tâche d'être à la hauteur du matériau original, base même du mouvement heroic-fantasy tel qu'on le connaît aujourd'hui, et donc de séduire à la fois une large communauté de fans ainsi qu'un public qui ignorait tout de l’œuvre.

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La genèse du projet étonne encore aujourd'hui, comment un studio comme New Line a pu donner 300 millions à un réalisateur talentueux mais qui n'avait jamais réalisé un réel succès au box-office, le tout pour trois long-métrages à la durée titanesque dans le but de transposer à l'écran un ouvrage réputé inadaptable depuis plusieurs années ? Beaucoup pensaient à l'époque à de la folie pure et simple, mais c'est justement cette folie qui donne aujourd'hui toute l'ampleur de ce film dont les qualités ne sont plus à prouver. Le premier opus avait la lourde tâche de poser l'univers et de le faire accepter à son public, d'instaurer une mythologie complète tout en abordant une histoire aux thèmes simples mais fondateurs, en cela, The Fellowship of the Ring était certainement le film le plus risqué de la trilogie. Pourtant, dès les premières minutes du métrage, force est de constater que Jackson prouve de façon efficace qu'il était l'homme de la situation. Via un prologue à la puissance visuelle et évocatrice impressionnante qui résume en quelques minutes des milliers d'années d'histoire de la Terre du Milieu. Une efficacité qui va finalement qui deviendra la clé du succès du film (et de la trilogie) car respectant de façon presque religieuse l’ouvrage adaptée tout en la rendant compréhensible à ceux qui n'auraient jamais approché de près ou de loin l’œuvre de Tolkien.

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Ainsi, en moins d'une heure de métrage, Jackson pose la totalité des enjeux qui vont parcourir la trilogie sans jamais oublier ses personnages ainsi que les lieux et cultures qu'il présente. La découverte de la Comté via le passage de Gandalf est ainsi une référence absolue en ce qui concerne l'imagerie merveilleuse, la grande force du film étant aussi de rendre la totalité de son univers crédible jusqu'au moindre élément fantastique. Cette première partie se rapproche plus du road-movie là où les deux autres opus sont finalement des épisodes guerriers, mais c'est véritablement dans cette découverte approfondie de la Terre du Milieu que le film puise toute sa force. Rarement au cinéma on a vu pareil enchantement via l'image (la découverte du Grand Hall de la Moria, la séquence de l'Argonath), qui doit par ailleurs beaucoup aux paysages de la Nouvelle-Zélande, choix étrange au premier abord mais qui se révèle être le meilleur tant la diversité des paysages permet de faire revivre l'univers européen de Tolkien, les effets visuels renforçant ensuite l'immersion dans l'aspect heroic-fantasy. Quand à l'adaptation en elle-même, elle est tout simplement renversante pour un livre d'une telle densité. Bien entendu, les fans de la première heure pourront toujours regretter l'absence de Tom Bombadil ou l'épisode des Galgals, mais toujours est-il que l'essentiel est là, avec quelques changements bienvenus qui permettent à des personnages comme Arwen (la fuite vers Rivendell) ou Gandalf (les séquences en Isengard) d'exister plus durablement à l'écran.

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Pourtant, là où Jackson frappe un grand coup, c'est dans la construction dramaturgique de son récit qu'il étoffe d'émotions là où Tolkien avait la fâcheuse tendance de rendre certains passages trop glacials. Écourter les ellipses inutiles, iconiser la mort de Boromir ou donner plus d'importance à la relation entre Aragorn et Arwen, autant de petits détails qui rendent la base émotionnelle de la trilogie bien plus solide et prenante à suivre, un excellent travail d'écriture donc, voire même l'une des plus belles adaptations d'un ouvrage au cinéma. Niveau mise en scène, le film n'a clairement pas à rougir. Non seulement la réalisation est bien plus recherchée que la majorité des blockbusters tout types confondus, mais il faut en plus remettre le contexte de tournage, avec trois films entiers au programme, c'est donc d'autant plus étonnant de voir la richesse de certains plans et notamment dans les séquences dialogués ou intimistes où l'on frôle souvent l'orgie de beauté visuelle, un sentiment renforcé par le travail considérable sur la production design et les effets visuels qui n'ont pas pris une seule ride en l'espace d'une décennie. Chose étonnante, la patte de Jackson en tant que réalisateur de films de genre est bien présente, que ce soit dans certains plans marqués de son empreinte (les quelques plongés zénithales notamment) ou via certains personnages (les Uruk-Hai).

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Sur les séquences d'action, si Jackson cède un peu trop sur la caméra à l'épaule, il garde néanmoins une maîtrise totale de la lisibilité de ses scènes, en témoigne le combat contre le Troll des cavernes où chaque personnage est placé clairement sur le champ de bataille (ça sera d'autant plus vrai sur le passage à Amon Hen, sans doute l'une des meilleures de la trilogie). Enfin, le film est certainement l'un des plus épiques qui soient, la séquence seule du pont de Kazam Dhum annihile toute la concurrence depuis ces dix dernières années, un divertissement de grande classe donc, qui redonne au cinéma toute sa dimension merveilleuse. Et que dire du travail de composition d'Howard Shore, sans aucun doute possible le plus beau de toute sa carrière. Chaque thème est beau à en pleurer, mention spéciale à celui concernant le pouvoir de l'anneau. Enfin, le casting avait vraiment de quoi faire peur avant sa sortie, notamment à cause d'un manque singulier de têtes d'affiche. Mais qu'importe, le film les a finalement créés, et si beaucoup d'acteur n'ont malheureusement pas eu la carrière qu'ils méritaient, d'autres comme Viggo Mortensen ont pu avoir une véritable bouffée d'air frais dans leur filmographie. Le casting est tellement bien choisi qu'il est tout simplement impossible de relire le livre sans avoir en tête les personnages du film, et ça, c'est assez rare pour être souligné.

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Que reste-t-il donc de The Fellowship of the Ring, plus de dix ans après sa sortie ? Le même film aux qualités immenses, avec exactement le même impact singulier qu'il provoque lorsqu'on le découvre la première fois. Peter Jackson signait là une introduction tout simplement parfaite, un film d'heroic-fantasy d'exception, le meilleur jamais réalisé, un film qui conservera pendant très longtemps sa grandeur et qui occupera sûrement une place particulière dans l'histoire cinématographique. Masterpiece ultime.

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NOTE : 10/10
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