[Jack Spret] Mes critiques en 2012

Modérateurs: Dunandan, Modérateurs du forum

Point de non-retour (Le) - 9/10

Messagepar Jack Spret » Ven 14 Juin 2013, 19:19

Le point de non-retour


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Le parallèle avec Payback est vraiment étrange. D’un côté le remake de Brian Helgeland tire vers la comédie mafieuse, avec de l’humour noir omniprésent et de l’autre la perle de John Boorman est frontale, brutale et jamais drôle. le scénario, minimaliste, permet au réalisateur de s’exprimer artistiquement avec des trouvailles visuelles étonnantes et une narration déstructurée encore jamais vue au cinéma (mais que c’est largement réapproprié Tarantino).

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Scénario minimaliste, Lee Marvin cherche à toux prix à remettre la main sur l’argent qui lui a été volé. Sa persévérance fait peur, son visage crispé décuple son charisme et son intelligence fait froid dans le dos. L’Organisation a entubé le mauvais gars et le paye au centuple. Cependant, si on avait accédé à sa demande, y aurait-il eu autant de morts sur son passage ? Car le génie du personnage, c’est de ne tuer personne tout au long du film. Telle la Faucheuse, les gangsters trépassent lors de leur rencontre avec Walker.

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- "Walker, je sais que ton frère est Texas Ranger mais s'il te plaît, ne fais pas appel à lui. On peut s'arranger entre nous, non ? Pitié !"


Faut-il y voir une quelconque parabole, les flashbacks de ses actes post-mortem ressemblant à un kaléidoscope de violence. Walker est un ange déchu, cherchant le repos éternel en se vengeant des hommes responsables de son meurtre et retournant au royaume des ombres dans un final sous pression. Boorman a encore frappé là où ça fait mal !

9/10
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After hours - 10/10

Messagepar Jack Spret » Ven 14 Juin 2013, 19:21

After Hours


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Incroyable ! C’est ce que j’ai pensé quand je me suis rendu compte que Scorsese était aussi à l’aise avec la comédie qu’il l’est avec les films de gangsters. J’ai tout simplement halluciné face à sa définition ultra réaliste de ce à quoi peut ressembler une soirée merdique. On sent l’amour du travail bien fait dans l’ensemble de ses plans (les travellings rapides sont juste époustouflants !), le mélomane dans le choix de son ambiance sonore et le New-Yorkais pur et dur sur le regard qu’il porte sur sa ville et ses petites choses du quotidien qui l’enquiquinent (le prix des tickets de métro en est un bon exemple).

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D’emblée, on s’attache au sort de Paul, cherchant à échapper à la monotonie de son travail par le biais de la lecture et des rencontres. Dont une en particulier qui va lui attirer tout un tas de problèmes. En temps normal, y’a souvent des creux dans ce genre de comédie où l’espace temps est limité ainsi que le nombre de personnages. Ici, c’est kafkaïen en diable et on ne s’ennuie pas une seule seconde. La galerie de personnages est juste démente et les situations cocasses s’enchaînent le plus naturellement du monde, plongeant le pauvre hère dans un tourbillon de folie nocturne dont il ne parviendra pas à s’échapper.

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Car du moment où il perd son argent au tout début du film, il est contraint de rester dans le quartier de Soho, multipliant les rencontres inimaginables et les mauvaises surprises. Lessivé, trimballé d’une rue à une autre dans une ville qu’il ne reconnaît pas, Paul (incarné à la perfection par Griffin Dunne) semble tout droit sorti d’un livre de contes psychédélique, d’une fable décalée où le final est une vraie claque et nous rappelle, à grands renforts de scènes hilarantes, qu’il y a une vie après le travail, mais que cette vie peut ne pas être compatible. A choisir, je préfèrerais être un papillon de nuit dans une jungle urbaine déjantée.

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Je met très rarement la note maximale. Cette récompense ne s’obtient que si un film renoue avec des sentiments que j’ai déjà partagés, si le film me touche au plus profond de moi et si je suis persuadé que la révision sera un véritable plaisir. After Hours fait carton plein !

10/10
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Révoltés de l'an 2000 - 9/10

Messagepar Jack Spret » Ven 14 Juin 2013, 19:24

Les révoltés de l'an 2000


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Titre ridicule s’il en est, le film de Serrador ne l’est pas pour autant. Malgré un scénario minimaliste, il parvient à insuffler à sa pellicule une imagerie léchée et une ambiance malsaine, s’imposant dans la cour des grands, au côté d’Argento et de Carpenter. Le fantastique est ici amené de manière documentaire. Le générique, balayant bon nombre de conflits, nous montre sous un jour nouveau la principale victime de ces vagues de violence: les enfants. Et il ne fait pas que nous les montrer mais nous explique en détail chaque situation afin de malmener son spectateur et lui faire prendre conscience que ce qui va suivre n’est en réalité qu’une simple justice et qu’au regard du nombre de tués durant les guerres, ce qui se passe sur l’île d’Almandora est ridicule, faussant ainsi notre jugement sur la cruauté des actes qui vont s’y dérouler.

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Rappelant étonnamment Le village des damnés, Serrador opte pour un choix des plus couillus: tourner son film en plein jour, évitant ainsi les pires clichés mais s’imposant une ligne directrice différente de ce que l’on connaît. La maîtrise de sa caméra est donc sa meilleure alliée et le film gagne ainsi en idées géniales ce qu’il perd en suspense gratuit. Un mal pour un bien donc car les enfants paraissent si monstrueux le jour qu’une fois la nuit tombée, le palpitant s’excite et la tension gagne en intensité. Le couple au centre de ce jeu du chat et de la souris macabre nous est présenté comme quelqu’un de sympathique et apte à porter un jugement sur ce qu’ils devoir décider, eux même parents de deux enfants.

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S’aidant du contraste entre les visages ingénus et attendrissants des enfants et la violence et la cruauté de leurs actes, le spectateur se sent obligé de plonger dans la réflexion qui est l’âme même du film (et le titre original) et d’y apporter sa réponse: serait-on capable de tuer un enfant ? Tant qu’il reste une victime collatérale, leurs morts semble n’être qu’une vulgaire statistique. Mais lorsque la question est posée de manière frontale, Les révoltés prend une tournure morale soulevant des enjeux délicats et brisant un tabou auquel tout spectateurs est amené à réfléchir, parents ou non.

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La fin, d’un pessimisme sans bornes, finit de consacrer le film comme une merveille du cinéma fantastique espagnol, ne prenant pas de gants avec le public en lui administrant des scènes chocs et perturbantes. On regrettera juste que le mari, au courant des agissements des enfants, ne s’arme pas plus tôt, permettant ainsi de montrer combien de temps il pouvait tenir avant d’en faire l’usage.

9/10
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Infidèles (Les) - 7/10

Messagepar Jack Spret » Ven 14 Juin 2013, 19:26

Les infidèles


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A boire et à manger ! Voila ce qu’il y a dans ce film. Après l’american dream de Jean Dujardin dans les nombreux festivals du monde entier des Etats-Unis d’Amérique planétaire, on aurait pu penser qu’il se ferait discret avant de retourner. Et ben non ! Modestie française oblige, il est du coup à l’affiche de deux films en même temps en salles: The Artist, qui ressort pour faire gonfler les recettes parce qu’ils ont pas eu assez de sous après avoir fondu les statuettes des Oscars et des Cesars et Les Infidèles, qui est à peu près tout ce que ne prône pas les Etats-Unis d’Amérique (fidélité, valeurs familiales et tout le toutim) alors qu’ils l’ont si gentiment récompensé en pensant qu’il était le nouveau porte-étendard d’un cinéma mignon et sans artifices. Un retour aux sources en quelque sorte. Sauf que le retour aux sources, Dujardin l’effectue à merveille en signant pour ce film à sketches.

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Et dans un film à sketches, ce qui est bon, c’est qu’on est sûr de pas s’ennuyer, sauf si les sketches sont tous mauvais auquel cas, ça aurait été une purge. Sauf qu’avec un panel de réalisateurs pareils, les surprises s’avéraient alléchantes. Le concept est simple: donner une définition de l’infidélité en plusieurs courts-métrages, chacun entrecoupés de sketches d’une à deux minutes. Le procédé a du mal à décoller et après un prologue très drôle, on se demande où on est. Quand certains ont choisis l’humour pour parler de ce phénomène social d’actualité (ben ouais, quand le Français moyen est en crise, il baise, c’est bien connu),d’autres préfèrent l’aborder de manière frontale, utilisant un ton dramatique où le cynisme pointe le bout de son nez, ce qui rend la chose drôle. Et ce qui est étonnant, c’est que les morceaux les plus réussis sont particulièrement ceux là (même si j’avoue que la réunion est hilarante).

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Ca reste donc assez mitigé car on rit puis on est ému puis ont rit plus trop et enfin on rigole. Ca n’est peut être pas la comédie de l’année mais ça a le mérite de se réapproprier le film à sketches qui avait disparu des écrans avec panache. La qualité d’écriture n’est pas toujours au rendez-vous (certains dialogues sombrent dans le vulgaire un peu trop facilement) mais il faut se laisser pénétrer par l’expérience.

7/10
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Square (The) - 9,5/10

Messagepar Jack Spret » Ven 14 Juin 2013, 19:28

The Square


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Nash Edgerton, je l’ai donc connu par l’intermédiaire de ses courts métrages, où l’on retrouvait déjà cette envie de faire un cinéma réaliste, frontal et teinté d’humour noir. Maîtrisant de manière incroyable sa caméra, toujours à l’affût de trouvailles visuelles intéressantes et de raccourcis sympathiques pour l’amateur, The Square représente donc son bac à sable (ok, elle était facile celle-là) où il a entassé tous ses jouets (son frère, son humour, son Australie natale,…) et où il s’amuse à nous prouver avec brio que le pays des kangourous recèlent de merveilleuses pépites, à l’instar d’un Wolf Creek.

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D’emblée, on pense aux frères Coen et à leur premier film, Blood Simple, tout aussi noir et poisseux que celui-ci. The Square poursuit la route de ses prédécesseurs, suivant prudemment les balises disposées ça et là pour éviter de sombrer ou dans le pathos, ou dans le ridicule ("pléonasme", me dit-on à ma droite…). Utilisant intelligemment les procédés du film choral, chaque personnage entremêle son destin à celui qui fait figure de protagoniste, Ray, un mari infidèle qui tente de refaire sa vie avec une jeune femme. Leur liaison sera la cause de tout un enchevêtrement de situations tragiques, où plus on avance et plus on s’enfonce dans les ennuis. Mais la solution de l’immobilisme n’est pas la meilleure non plus et Ray devra faire des choix complexes pour s’en sortir.

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Le scénario, aux petits oignons, aligne les bonnes idées et ne fait jamais fausse route, malgré de nombreux rebondissements. J’ai adoré l’image du chien qui meurt en traversant la rive, véritable allégorie de ce qui arrive au personnage principal. Un véritable coup de cœur car j’ai écrit il y a de ça quelques années une nouvelle dans le même genre, mais où le nombre de personnages et de situations était tout de même plus restreint. Alors peut être que je ne suis pas assez objectif quand à la qualité de ce film mais pour ma part, c’est une excellente bobine à ranger bien au chaud.

9,5/10
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Zombie King & the Legion of Doom - 1/10

Messagepar Jack Spret » Ven 14 Juin 2013, 19:29

Zombie King & the legion of Doom


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Bon ok là, je l’ai un peu cherché. Avec un titre comme ça, j’aurais du me douter que ça casserait pas trois pattes à un canard. Mais pour ma défense, y’a marqué "Georges A. Romero présente…" et je me suis dit que si le père des zombies avait posé les yeux sur ce projet, il pouvait en ressortir quelque chose d’assez jubilatoire. Le pitch étant des catcheurs luttant contre une armée de zombies, y’avait moyen de se taper une bonne tranche de rigolade. Mais il n’en est rien. La faute à un casting qui ferait pâlir d’envie les producteurs de Plus belle la vie (ouais, je sais, je tape toujours sur eux mais bon ils le méritent non ?), à des dialogues écrits sur du papier toilette usagé et à des plans complètement what the fuck que ne renierait pas Gaspard Noé. Du navet de compet !

1/10


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Pusher - 7,5/10

Messagepar Jack Spret » Ven 14 Juin 2013, 19:30

Pusher


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Nicolas Winding Refn, beaucoup l’ont découvert par le biais de Drive, chef d’œuvre rassembleur de toute une génération nourrie à la culture pop. Mais il faut savoir que le gusse a été nourri à la bonne péloche. Au vu de la qualité d’écriture du scénario et du développement des personnages, on pense automatiquement à Scorsese et ses galeries de gangsters qui cache un cœur comme tout le monde. La magnificence en moins. Car là où tonton Marty dépeignait des hors-la-loi plutôt classes et auquel on aurait presque envie de ressembler, Refn fait dans la le réalisme craspec. Ses gangsters ont la vie dure, accumulent les petits deals pour survivre et n’ont quasiment pas de domicile fixe.

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On est donc loin de l’image du dealer embourgeoisé entouré de jolis minois. Les négociations se font à l’arrière d’un kebab et les deals sont faits sous le manteau, dans des ruelles étroites ou des banquettes arrière de voiture. Cette volonté de coller au réalisme du quotidien de Frankie est d’autant plus mis en avant que le réalisateur filme le tout caméra à l’épaule. Les scènes dialoguées acquièrent donc une tension incroyable, qui n’aurait pas opérée s’il avait choisi une mise en scène classique. On ressent déjà chez Refn un réel talent dans la direction d’acteurs. Aucun jeu mineur et la rythmique des dialogues est pensée à la seconde près. On regrettera juste la disparition trop soudaine de Mads Mikkelsen qui apportait une touche supplémentaire de folie à l’histoire.

7,5/10
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Entre le ciel et l'enfer - 9,5/10

Messagepar Jack Spret » Ven 14 Juin 2013, 19:32

Entre le ciel et l'enfer


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Entre le ciel et l’enfer, il y a les hommes. Et c’est cette nature humaine que dépeint avec justesse Kurosawa. En personnifiant la richesse et la pauvreté, l’opulence et la misère, il arrive à créer un climat de tension entre ses deux forces que tout oppose. A l’instar du titre du film, les hommes assistent, impuissants, à cette bataille qui les dépasse mais, par pur choix moral, se doivent de choisir un côté. Les hommes, représentés par l’inspecteur Tokura en chef de file, se rangeront du côté du plus riche.

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Mais le génie du scénario, c’est que le riche se transformera au fur et à mesure en pauvre. Et c’est tout un combat de conscience qui se joue: la victime, aussi riche soit-elle au départ, représentait-elle le Ciel ou l’Enfer ? Et une fois le choix fait, est-ce que son appartenance change en fonction de sa fortune ? Kurosawa amène toute une problématique évangélique, dissimulée derrière une intrigue policière aux petits oignons. Scorsese ne tarit pas d’éloge sur le réalisateur et on comprend facilement pourquoi. La précision des mouvements de caméras, les choix de mise en scène, la qualité des plans et des arrières plans. Kurosawa est un véritable artiste et à la hauteur de ce que j’ai aperçu du bonhomme, ces films semblent être des toiles de maître. Des toiles avec des fonds historiques, sociaux ou culturels.

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Derrière l’aspect de pur polar se dessine un portrait du Japon de l’époque. Un Japon qui n’accordait que peu d’intérêt aux affaires de kidnappings et où la crasse et la déchéance côtoyait ouvertement le luxe. Il suffit de voir la ville dans laquelle se situe l’action, la maison du riche industriel surplombant la misère et narguant le petit peuple. Le film se découpe en deux parties bien distinctes. L’une, théâtrale à souhait et se déroulant en huis-clos, oppose le kidnappeur à sa victime par appels téléphoniques. Appels entrecoupés de questionnements moraux et de choix psychologiques. La seconde partie voit l’entrée en scène de la police, transformant ainsi un huis-clos dramatique en polar urbain, redonnant dès lors un second souffle à l’œuvre (2h20 de parlotte dans un appartement, ça aurait été trop long).

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Mais alors que l’enquête semble aboutir à une fin heureuse, le dernier dialogue fait naître un sentiment de culpabilité envers l’industriel: coupable d’être riche, d’avoir réussi, de n’être tourné que sur soi même. En agissant de la sorte, le kidnappeur a fait naître un sentiment jusqu’alors inconnu à sa victime: la compassion. Cette dernière scène, clôturée par un plan final d’un pessimisme violent, range ce film parmi l’un des plus grands qu’il m’ait été donné de voir.

9,5/10
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Re: [Jack Spret] Mes critiques en 2012

Messagepar angel.heart » Ven 14 Juin 2013, 19:35

Pense à indiquer les titres, autrement Zack va galérer pour le référencement... :wink:
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Re: [Jack Spret] Mes critiques en 2012

Messagepar Dunandan » Ven 14 Juin 2013, 19:40

Bien ta critique du Kuro :super:. Encore une note pour qu'il se distingue dans le Top 200...
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Crocodile de la mort (Le) - 6,5/10

Messagepar Jack Spret » Ven 14 Juin 2013, 20:03

Le crocodile de la mort


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Avec un titre pareil (absurde par rapport au titre original Eaten Alive qui laissait planer un mystère cannibale), on est en droit de s’attendre à ce que le boogeyman soit le crocodile. Mais il n’en est rien, c’est juste le sidekick du gérant de l’hôtel, complètement déglingo et adepte de la faucille. Malin ou pas, Tobe Hooper transforme son croque-mitaine en tueur d’adultes, l’enfant échappant à ses griffes à chaque reprise. La lumière est sale et blafarde, le décor est dépouillé mais atmosphérique et les musiques au synthé ne valent pas celle de Carpenter mais installent une ambiance électrique. Bien que le crocodile soit en carton pâte, la mise en scène empêche de voir véritablement le trucage et permet au monstre de jouir de toute son aura mortelle. C’est assez mal joué, on tombe rapidement dans le cliché sudiste mais c’est ce qui fait le charme redneck de cette bobine.

6,5/10
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Lock Out - 8,5/10

Messagepar Jack Spret » Ven 14 Juin 2013, 20:07

Lock Out


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Voir un film qui semble tout droit sorti des années 80, en 2012 et en salles, c’est encore possible. Et grand bien nous en fasse car c’est la période la plus cool de l’histoire du cinéma. C’est donc avec un grand sourire nostalgique que Lock Out doit être envisagé car c’est une véritable machine à remonter le temps. Très peu de réalisateurs font référence à cette période charnière, bénie par tous les fans de films de genre. Se pencher vers l’avenir est sain pour l’évolution du cinéma mais un tel plaisir coupable ne peut pas faire de mal. Et s’il est si jouissif, c’est justement du au fait qu’ils sont rares.

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Aussi rare que les films de John Carpenter dont les réalisateurs semblent être de grands fans. Lock Out est le rejeton de New York 1997. Même idée scénaristique (une prison gigantesque), même unité de lieu (un vrai/faux huis-clos) , même personnage nihiliste et charismatique (Snow/Snake) et même amour pour le genre. Les effets spéciaux semblent tout droit sortis d’une boîte à souvenirs, entre les maquettes de véhicules au dessus d’un faux Washington ou des explosions artisanales.

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Luc Besson oblige, on a encore une poulette en détresse à sauver des griffes des méchants. Sauf que même cet élément ne gâche pas le scénario copier/coller car au même titre que le Président qui était pris en otage dans le film de Big John, il s’agit ici de la fille du président (voyez la finesse du truc). On reste donc en terrain balisé et on assiste à une refonte totale de tout ce qui a bercé notre enfance. Et même si les novices y verront un film d’action SF bien badass, les fans de la première heure y chercheront tous les éléments coïncidant avec son ainé.

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On évite également les références sexuelles habituelles car comme nous le savons tous, les femmes chez Luc Besson sont obligatoirement des putes ou en passe de le devenir (vous avez vu un peu le jeu de mots). C’est en ça que le choix de Maggie Grace, qui apparaissait déjà dans Taken, est ingénieux car il l’utilise à contre emploi, en en faisant une femme qui a des couilles, ne piquant jamais la vedette mais permettant d’ajouter un peu de sel aux répliques de Snow. A malin, malin et demi car c’est sans compter sur l’avidité du producteur qui, grâce à ce stratagème, s’assure une suite probable suivant les résultats du box-office.

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C’est donc sur de bons rails que se profile la carrière des deux réalisateurs, élevés à la bonne péloche et aux punchlines salés. Espérons qu’ils ne prendront pas la grosse tête et nous soumettront d’autres films dans la même veine que ce Lock Out. Wait & see !

8,5/10
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Hors de contrôle - 6,5/10

Messagepar Jack Spret » Ven 14 Juin 2013, 20:10

Hors de contrôle


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Je voulais voir Mel Gibson renaître de ses cendres. J’ai repoussé l’échéance aussi longtemps que possible. J’avais lu beaucoup trop d’avis négatifs pour les prendre véritablement au sérieux car dans chaque critique, il y a une part de jalousie. Mais en fait, je me suis fourvoyé. C’est bel et bien le mauvais film annoncé. Enfin mauvais, tout est relatif. Il y a tout de même de bonnes idées et un amour du travail bien fait. Sauf que c’est également le problème de fond. Les bonnes idées ne se bousculent pas, ça a une allure de déjà vu (une sorte de mix de tout ce qui s’est bien fait dans le genre) et la mise en scène est sans âme.

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Loin de moi l’idée de vouloir voir un siamois de Death Sentence, ce film manque tout de même de cojones. Imperméable gris taupe et sa carrière derrière lui, Mel enchaîne les interrogatoires à la manière de Derrick avant qu’un éclair de violence vienne chatouiller nos rétines. Puis deux. Et enfin un troisième. Mais le tout est entrecoupé de bavardages bien patauds qui m’ont rappelé toute la lourdeur d’un Millenium. On assiste impuissant (quoi que j’aurais pu faire avance rapide) à un film d’enquête somme toute assez basique, parsemé de quelques plans incroyablement riches (l’ascenseur du parking, la tour).

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Martin Campbell tente de se démarquer par ces scènes d’action mais leurs réalismes est tellement cru et elles sont si courtes et si tendues qu’on se demande si on a pas changé de film entre temps. Le contexte politique est traité par dessus la jambe et semble juste présent afin d’augmenter le bodycount de la quête vengeresse de Craven, le personnage incarné par Gibson. Si ça n’était que ça, ça serait déjà pas mal et ça ne gâcherait pas tout le film. Sauf qu’on a droit à des scènes nostalgiques sous formes de visions ou de flash-backs de la fille de Craven et qu’elles sont particulièrement mauvaises (je ne reviendrais pas sur la scène du rasage qui semble faire l’unanimité).

Image


Pas de quoi se réveiller la nuit, hormis deux ou trois scènes bien troussées et un Mel qui montre qu’après quelques kilomètres au compteur, il peut en remontrer à la jeune génération.

6,5/10
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Re: [Jack Spret] Mes critiques en 2012

Messagepar zack_ » Ven 14 Juin 2013, 21:30

Jack se lache! :super:
zack_
 

Re: Lock Out - 8,5/10

Messagepar Scalp » Sam 15 Juin 2013, 09:07

Jack Spret a écrit:
Lock Out

C’est donc sur de bons rails que se profile la carrière des deux réalisateurs, élevés à la bonne péloche et aux punchlines salés. Espérons qu’ils ne prendront pas la grosse tête et nous soumettront d’autres films dans la même veine que ce Lock Out. Wait & see !

8,5/10


:shock:
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