L'écriture et vous

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Re: L'écriture et vous

Messagepar Jack Spret » Sam 01 Déc 2018, 12:25

Cool ! :super:
C'est bien de se lancer et de faire vivre ses griffonnages qui sinon, seraient perdus au fond d'un tiroir et à jamais ensevelis.
Ça fait toujours bizarre de partager une nouvelle la première fois, on se dit qu'on va se sentir jugé, on se sent mal à l'aise.
Mais après un certain nombre d'envois, tu verras que c'est comme envoyer un texto.
Parfois, on est même surpris d'avoir un retour quelques mois plus tard d'une nouvelle qu'on avait envoyé sans trop y croire.
Car oui, comme tu as mis "mes carnets de notes", je suppose que d'autres suivront :wink:

Je veux bien lire ta nouvelle, surtout que le sujet est libre, curieux de voir ce que tu as choisi comme thème :D


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Re: L'écriture et vous

Messagepar Mr Jack » Sam 01 Déc 2018, 16:52

Ouais c'est exactement ça. Un peu mal à l'aise, angoissé de coucher un truc qui vient des tripes, disons le, et de l'exposer publiquement, c'est vraiment un sentiment étrange. D'habitude je m'en fous un peu de ce qu'on pense de ce que je fais, dans le sens où du moment que j'ai l'assurance d'avoir donné ce que j'avais envie de donner, le reste m'importe peu. Là ça touche à quelque chose de personnel vu que tu vas piocher dans ton for intérieur des trucs que toi seul, à la base, comprends, ressens. Comme tu dis, ça viendra sûrement avec le temps et l'habitude. J'ai en effet plein de trucs par ci par là et surtout dans mon cerveau, ce gros bordel. :mrgreen:
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Re: L'écriture et vous

Messagepar Danette » Jeu 06 Déc 2018, 16:31

Cela me dirait également bien de la lire, si c'est envisageable ! :)
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Re: L'écriture et vous

Messagepar Mr Jack » Jeu 06 Déc 2018, 23:04

Si c'est pour me détruire impunément...il me faudra des preuves que t'as bien lu.

(mais oui, MP) :mrgreen: :super:
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Re: L'écriture et vous

Messagepar Waylander » Jeu 13 Déc 2018, 10:35

Waylander a écrit:Ma dernière nouvelle a été choisie (sur 55 textes) pour être publiée dans un recueil numérique. Bon, c'est un éditeur tout récent qui n'a encore rien publié mais ça motive. J'ai essuyé un refus de la part de la revue BIFROST qui a tout de même salué la chute de mon texte. En tout cas, c'est cool j'avance , je pense progresser un peu et je remercie encore ceux qui ont pu m'apprendre des trucs, les remarques et tout, même les pires. :super: Ca fait tout drôle d'avoir un contrat à signer... :shock: Mais sincèrement, cet éditeur ne survivra pas longtemps. Je ne sais même pas si le recueil sera vraiment publié. :cry:


J'avais vu juste, la nana qui s'occupait de tout ça a finalement tout abandonné à cause d'un décès dans sa famille si j'ai bien compris. Du coup je récupère les droits et ça m'arrange. :mrgreen:
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Re: L'écriture et vous

Messagepar Waylander » Dim 16 Déc 2018, 12:22

Pour ceux que ça intéresse, il y a quelques bouquins intéressants qui contiennent des conseils d'écriture comme :

Écriture, mémoires d'un métier de Stephen King
Comment écrire de la sf et de la fantasy ? D'orson Scott Card
Personnages et points de vue du même auteur

Je n'ai pas lu les derniers mais les deux premiers sont excellents bien que certains conseils valent uniquement
pour les auteurs qui souhaitent écrire à plein temps et vendre... Pour ceux qui le font par plaisir, pas sûr que
tout soit bon à prendre. King me parait tout de même un peu plus sévère que Card, un peu plus fermé aussi. Card il a des conseils logiques, il explique pourquoi ci et pa ça et c'est toujours cohérent et argumenté.
Et il a une vision trop professionnelle , comme si on écrivait tous pour la célébrité et le fric, comme si être écrivain était un métier etc...
Pour moi, l'art, c'est la liberté, et liberté, pour moi, est antinomique d'une quelque professionnalisation. Je m'explique : souvent, de nos jours, je trouve que les gens ont tendance à tout analyser, on est dans une époque d'analyses, de décryptage, on a l'impression que tout a été inventé et que donc, on DOIT forcément se baser sur ce qui a été fait pour faire soi-même. Sauf que c'est illogique : les premiers écrivains et les premiers récits ne se basaient sur aucune théorie, sur aucun savoir. L'art, ce n'est pas de la science. L'art c'est subjectif, c'est être libre de témoigner et de raconter à sa façon. (attention ; je sais bien que dans chaque art, il y a un langage propre et là on ne fait pas n'importe quoi : ex le solfège, la syntaxe, l'orthographe, le montage etc.. là je parle surtout de comment raconter, narration, histoire, message, originalité).

Hors le 19ème et le 20 ème j'ai parfois l'impression que ce sont des périodes de citations, de références, ça se touche la bite sur des noms, des codes et ça prend de flatent sans cesse ceux qui marchent dans le sillon des prédécesseurs. Sauf que, par exemple, le premier western à avoir été inventé ne se basait sur aucun code westernien puisque le genre n'existait pas. Et c'est justement e qui fait que ça a été la naissance d'un nouveau genre. Mais depuis, il y a des codes et si tu sors des codes, ton film n'est pas un western. Sauf que le mec qui a réalisé le premier western n'a , je pense, rien imposé par la suite (codes, techniques et j'en passe). En fait, on copie, puis on brode des techniques, on extrait des codes et c'est "comme ça qu'il faut faire"...J'ai du mal. Pour moi c'est de la branlette qui empêche justement toute originalité et c'est pas pour rien que souvent, quand un mec sort des clous on peut lire des " son film n'est pas un western" " il prend le genre de haut" etc... Ça me troue le cul ce genre de réflexions. Surtout que ça ne se base jamais sur autre chose qu'un pur ressenti personnel.

Et en gros, c'est un peu comme Astier une fois en interview qui disait " c'est comme ça qu'on doit raconter" une histoire en parlant d'un livre américain sur l'écriture. Je ne dis pas que ce n'est pas intéressant et faux de A à Z, je ne suis qu'un tocard, mais je trouve que ça brime énormément la liberté des artistes que de dire "c'est comme ça". Qui sont-ils ? Les arts sont des inventions, et les premiers mecs à avoir dessinés , composés, écrits etc... n'établissaient pas de codes et règles à suivre. Ça c'est venu après, par des mecs qui pompaient ou s'inspiraient, puis on a vu que des éléments ressortaient clairement.

Parfois, si t'écoutes les conseils de certains en fait on écrirait tous de la même façon. Et ça se voit partout actuellement et depuis un moment : quasi tout le monde raconte les histoires de la même manière. Alors certains auteurs arrivent (surtout via le format de la nouvelle, le meilleur à mon sens pour faire ce que l'on veut) à écrire des trucs très concepts et fascinants mais quand c'est un amateur qui le fait on lui dit " votre histoire n'a pas vraiment de récit malgré des bonnes idées". Ok sauf que des nouvelles sans récits j'en connais pleins d'auteurs réputés dans la SF justement. Mais un amateur, faut d'abord qu'il écrive des trucs plus classiques. Des fis ça me dépasse. Je fantasme sans doute, mais j'ai le sentiment que les meilleurs époques pour l'Art resteront les débuts de chacun, les prémisses, où on inventait sur la base de rien, sans codes, sans références, sans élites qui se branlent les couilles, sans "professionnalisation" d'un domaine qui pour moi tient de l'intime (il n'y a pas d'études pour devenir écrivain ou poète et beaucoup d'auteurs déconseillent les ateliers d'écriture qui peuvent être dangereux : ça peut "formater", et souvent, ils sont pas tenus par des gens qui ne sont pas écrivains Sic!).
La vraie liberté elle se trouve dans l'art, et à force de tout théoriser, de tout analyser, on en arrive à s'enfermer.

J'ai entendu récemment dans un podcast que Tolkien qui commencait par ouvrir le SDA par une description très longue des Hobbits, ça ne peut plus se faire des nos jours. Je comprends, mais ca me choque. En fait je ne m'en rendais pas compte mais il y a bien des modes et des styles qu'apparemment on ne peut plus avoir de nos jours car ça ne vendrait pas. Parait-il que depuis quelques années, faut que les histoires commencent d'emblée sinon le lecteur lâche. Misère. :roll:

Et la vraie question que je me pose et qui d'ailleurs a déjà été philosophé par certains dans des bouquins : quand on dit que telle ou telle histoire ne fonctionne pas -déjà c'est subjectif et ça ne fera pas forcément l'unanimité- on se base sur quoi ? Est-ce que justement, le fait que l'Humanité se répète pose des règles ne nous a pas influencé à n'être réceptif qu'à une ou quelques manières de raconter, et que du coup, dès qu'un mec sort des clous, on trouve ça chelou et donc imbuvable ? D'ailleurs, des auteurs imbuvables renommés ça existe , preuve que tout peut plaire à une frange des lecteurs.

Mais je me souviens d'une étude sur les récits à travers le monde et le mec confirmait bien une chose que je pensais : l'humain -qui reste une espèce dans sa globalité malgré les différentes cultures- ne serait vraiment réceptif qu' un quelques types d'histoires et narrations. Ca colle avec deux autres études qui disent que les castors de différents pays fabriquent leurs nids de la même façon, tout comme certaines inventions humaines furent crées quasiment en même temps sans diffusion du savoir (peuples trop éloignés, pas encore de bateaux assez puissants pour naviguer enter les océans etc...) ainsi que le fait que si toutes les langues écrites se ressemblent ce serait tout simplement du au fait que "
Différents à première vue, la plupart de nos systèmes d’écriture partagent des caractéristiques structurelles de base. Selon une nouvelle étude, des caractères à symétrie verticale et une préférence pour les lignes verticales et horizontales, par rapport aux lignes obliques, pourraient en être les raisons. L’explication semble trouver son origine dans le câblage même de notre cerveau

https://trustmyscience.com/pourquoi-les ... yVutMGEkGM


Disséquer mathématiquement l'écriture ? C'est une réflexion que propose Matthew Jockers, professeur de l'Université du Nebraska.

Il explique avoir analysé, via un outil informatique, la forme de l'intrigue de nombreuses oeuvres, et en avoir trouvé 6 ou 7 différentes que l'on retrouve dans tout roman. Il analyse également les thèmes des romans en fonction de la nationalité, du sexe etc des auteurs.

Pour en apprendre plus sur ses recherches vous pouvez voir la vidéo ci-dessous ou aller sur son blog.
source: elbakin



Je trouve ça très intéressant et ça peut aider à comprendre des mécanismes.

Pour finir, je ne parlerais que de SFFF, pas mal d'auteur reconnus actuellement (Leguin, Howard, Lovecraft et j'en passe) publient à une époque pour des revues. Bah j'ai appris que les directeurs de ces revues refusaient des textes pour ces raisons :

1- trop original (oui)
2- message trop en avance sur son temps (Leguin et le féminisme)
3- texte révolutionnaire les gens ne sont pas prêts
4- Narration et univers étranges , pas maintenant !

On a refusé des textes à Lovecraft, Hamilton, Leguin et Howard pour les publier 20 ans plus tard dans une autre revue plus tolérante, et ces textes sont parmi les plus réputés des auteurs.....C'est pour ça que quand King dit qu'un éditeur sait ce qu'il fait, qu'il faut l'écouter et cie, ça me fait rire. Le but pour la plupart c'est quand même de vendre. Moi ce dont je voudrais parler c'est d'art pur. Je m'en fous des ventes. Ça ne signifie pas grand chose sur la qualité. Les livres qui se vendent le plus (pas les plus vendus de l'Histoire) actuellement, ça reste quand même des livres simples à lire. King dit aussi à un moment qu'il ne comprend pas les auteurs qui écrivent peu (genre un livre tous les 10 ans). "Que font-ils le reste du temps ?" Bah je ne sais pas moi, ils ne sont surement pas très vendeurs, ils n'ont pas signés pour écrire à temps plein ? Ils n'écrivent que quand ils tiennent un truc bien perso qui les obsèdent ? Peut-être ont-ils un boulot à côté ? Pourquoi un écrivain devrait fournir 2 textes par an ? D'ailleurs, King, on le retiendra pour combien de romans sur l'ensemble de ce qu'il a pondu ?
L'art,depuis l'industrialisation du monde et cie, c'est devenu du pur business, une machine à fric où il faut produire et produire pour être du "métier". Oui c'est clair, pour faire partie de la chaine fast-food mondiale des arts ok (qui ne donnent pas que de la merde il faut l'avouer).

Ca fait coup de gueule de frustré là mais je vous assure que non. C'est juste que des choses m'échappent un peu parfois et que je me questionne. Et plus je m'intéresse à l'édition SFFF, et plus je lis sur des forums d'éditeurs, pour des appels à textes, plus je me dis en fait, tout est idéologique et subjectif. Donc les conseils c'est toujours bon à prendre, mais ce n'est pas parce qu'on applique tout ça qu'on sera publié car j'ai déjà vu des appels à textes qui demandaient clairement des récits originaux, même dans la forme, là où d'autres demandaient au contraire des trucs plus classiques, styles simples. J'ai même vu des appels qui demandaient obligatoirement un personnage LGBT ou perso féminin... :roll: :roll: :roll: :roll:
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Re: L'écriture et vous

Messagepar Jack Spret » Lun 17 Déc 2018, 22:04

Waylander a écrit:Pour moi, l'art, c'est la liberté, et liberté, pour moi, est antinomique d'une quelque professionnalisation.


Tu oublies que certains artistes, aujourd'hui reconnus, ont commencé et ont pérennisé leur pratique de l'art avant tout pour casser la croûte. Et ce parce qu'ils pensaient ne rien savoir faire d'autre. L'art, c'est un job comme un autre pour qui possède cette fibre. Il met juste son don naturel au service d'une rémunération et donc, ça se transforme en job. Alors ça peut effectivement tuer l'imagination dans l’œuf mais pas toujours, ça peut aussi être un élément motivant. Tout dépend du lien qu'on entretient avec l'argent je pense.

Waylander a écrit:Sauf que, par exemple, le premier western à avoir été inventé ne se basait sur aucun code westernien puisque le genre n'existait pas.


Ouais enfin ça a juste fait migrer les histoires de rônins et de clans au Far West, en réutilisant les mêmes codes (l'anti-héros à l'honneur bancal, grand méchant, les sous-fifres du méchant, la femme au milieu de l'intrigue,...)

Waylander a écrit:Parfois, si t'écoutes les conseils de certains en fait on écrirait tous de la même façon. Et ça se voit partout actuellement et depuis un moment : quasi tout le monde raconte les histoires de la même manière. Alors certains auteurs arrivent (surtout via le format de la nouvelle, le meilleur à mon sens pour faire ce que l'on veut) à écrire des trucs très concepts et fascinants mais quand c'est un amateur qui le fait on lui dit " votre histoire n'a pas vraiment de récit malgré des bonnes idées". Ok sauf que des nouvelles sans récits j'en connais pleins d'auteurs réputés dans la SF justement. Mais un amateur, faut d'abord qu'il écrive des trucs plus classiques.


L'âge d'or de la littérature SFFF est finie, dans le sens où des tas de concepts aujourd'hui ne sont que des réutilisations de concepts existants. Quand le terreau était fertile et que rien n'avait poussé, il y avait une énorme place à l'originalité, à la provocation, à la démesure, à l'épanouissement sous toutes ses formes de l'imagination. Aujourd'hui, c'est vrai qu'on assiste moins à ça et que les auteurs contemporains subissent le poids de leurs aînés, comme une épée de Damoclès au dessus de leurs têtes lorsqu'ils vont être comparés, par les critiques spécialisés, à leurs prédécesseurs.

Waylander a écrit:Disséquer mathématiquement l'écriture ? C'est une réflexion que propose Matthew Jockers, professeur de l'Université du Nebraska.
Il explique avoir analysé, via un outil informatique, la forme de l'intrigue de nombreuses oeuvres, et en avoir trouvé 6 ou 7 différentes que l'on retrouve dans tout roman. Il analyse également les thèmes des romans en fonction de la nationalité, du sexe etc des auteurs.
Pour en apprendre plus sur ses recherches vous pouvez voir la vidéo ci-dessous ou aller sur son blog.


C'est effectivement très intéressant mais est-ce qu'il faut théoriser l'art ? Est-ce que le rentrer dans une case n'est pas justement voué à le formater ? Le mec prouve quand même par son étude que des schémas se répètent et que c'est ce qui fonctionne. Du coup, ça va à l'encontre de ton envie de sortir du cadre.

Waylander a écrit:On a refusé des textes à Lovecraft, Hamilton, Leguin et Howard pour les publier 20 ans plus tard dans une autre revue plus tolérante, et ces textes sont parmi les plus réputés des auteurs.....C'est pour ça que quand King dit qu'un éditeur sait ce qu'il fait, qu'il faut l'écouter et cie, ça me fait rire. Le but pour la plupart c'est quand même de vendre.


Je me fais un peu l'avocat du diable, tu l'auras compris mais sans l'aide d'un éditeur, la voix d'un auteur ne porterait pas très loin. Il faudrait alors haranguer les foules et crier ton texte à qui veut l'entendre pour que l'art d'écrire que tu veux gratuit soit complet. Ou le distribuer gratuitement mais les frais d'impression vont vite te faire déchanter et te trouver que tu as besoin de pognon pour propager ton écrit.


Waylander a écrit:Donc les conseils c'est toujours bon à prendre, mais ce n'est pas parce qu'on applique tout ça qu'on sera publié car j'ai déjà vu des appels à textes qui demandaient clairement des récits originaux, même dans la forme, là où d'autres demandaient au contraire des trucs plus classiques, styles simples. J'ai même vu des appels qui demandaient obligatoirement un personnage LGBT ou perso féminin... :roll: :roll: :roll: :roll:


Bientôt, l'un de tes personnages devra obligatoirement porter un gilet jaune ou être binaire. Ou les deux :eheh:


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Re: L'écriture et vous

Messagepar Waylander » Lun 17 Déc 2018, 22:40

Jack Spret a écrit:
Waylander a écrit:Pour moi, l'art, c'est la liberté, et liberté, pour moi, est antinomique d'une quelque professionnalisation.


Tu oublies que certains artistes, aujourd'hui reconnus, ont commencé et ont pérennisé leur pratique de l'art avant tout pour casser la croûte. Et ce parce qu'ils pensaient ne rien savoir faire d'autre. L'art, c'est un job comme un autre pour qui possède cette fibre. Il met juste son don naturel au service d'une rémunération et donc, ça se transforme en job. Alors ça peut effectivement tuer l'imagination dans l’œuf mais pas toujours, ça peut aussi être un élément motivant. Tout dépend du lien qu'on entretient avec l'argent je pense.

Je suis d'accord, mais là moi je remonte à bien plus loin que ça. Préhistoire, antiquité etc... Socrate philosophe était avant tout un hoplite. Et je n'ai pas bien fouillé mais il me semble que plusieurs auteurs (ex : Tolkien, Kafka) bossaient en plus d'écrire, et ils écrivaient bien avant d'en vivre et sans même avoir eu la volonté d'en faire un métier. En fait, notre époque reflète parfaitement l'idéologie dominante capitaliste libérale. On veut tous faire ce qu'on veut mais surtout en vivre, en faire un "boulot". Hors la passion , dans un premier temps, ce n'est pas faire quelque chose en vue de gagner du fric avec. Le problème quand on tombe dans un métier artistique c'est que l'argent prend une part trop considérable et ça peut certes développer notre imagination, nous pousser à nous dépasser tout comme ca peut nuir puisque nos écrits seront soumis à des effets de modes, des nouvelles conventions dans l'écriture, des critiques aussi et les cahiers des charges d'éditeurs qui veulent avant tout "vendre". Pour moi, c'est un jeu dangereux dont pas mal d'auteurs ne se relèvent pas puisque quand tu entres dans le grand monde de l'édition on te colle une étiquette et c'est hyper dur d'en sortir surtout si tu rencontres un certain succès. En fait, je pense que chacun voit midi à sa porte. Certains veulent en faire leur boulot, d'autres non.

Il y a 4 voies possibles : écrire à temps plein, écrire et soumettre de façon ponctuelle, auto-édition, écrire pour soi et ses potes. Je pense que la meilleure solution c'est la seconde. Quand un auteur n'a pas d'éditeurs définis avec lequel il est sous contrat avec des délais etc...Tu écris quand tu veux, tu soumets quand tu veux. Pleins d'écrivains sont dans ce cas finalement. Cormac Mccarthy n'a rien écrit depuis 2006...et depuis 1965 il n'a pondu que 10 romans, 3 scénarios et deux pièces. Fut un temps, Malick ne réalisait qu'un film tous les 10 ans. En fait c'est de ça que je parle. Le problème n'est pas le métier, mais les contrats, les délai le temps plein. Disons que pour moi, si c'est ton "vrai" boulot, bah faut écrire comme King quoi, c'est à dire TOUS les jours. Les autres sont écrivains parce qu'ils écrivent, mais pas parce qu'ils en vivent (la majorité des écrivains ont 10 casquettes en plus de romanciers : scénariste pour le ciné, la bd, le jeu vidéo , jornaliste et j'en passe)



Waylander a écrit:Disséquer mathématiquement l'écriture ? C'est une réflexion que propose Matthew Jockers, professeur de l'Université du Nebraska.
Il explique avoir analysé, via un outil informatique, la forme de l'intrigue de nombreuses oeuvres, et en avoir trouvé 6 ou 7 différentes que l'on retrouve dans tout roman. Il analyse également les thèmes des romans en fonction de la nationalité, du sexe etc des auteurs.
Pour en apprendre plus sur ses recherches vous pouvez voir la vidéo ci-dessous ou aller sur son blog.


C'est effectivement très intéressant mais est-ce qu'il faut théoriser l'art ? Est-ce que le rentrer dans une case n'est pas justement voué à le formater ? Le mec prouve quand même par son étude que des schémas se répètent et que c'est ce qui fonctionne. Du coup, ça va à l'encontre de ton envie de sortir du cadre.

Je n'ai pas dit le contraire. Je reconnais moi-même qu'il y a une façon de faire qui marche "mieux". Je dis juste que ce n'est pas pour cela qu'il faut l'imposer et s'empêcher de faire autrement. Car comme je le dis, suite à cette étude qui ne conclut rien, on peut se dire deux choses :

1- soit on répéter les mêmes trucs depuis 4000 ans parce qu'on s'auto-influence les uns les autres (cultures, religions, langues, idées, techniques)
2- soit on pourrait ne pas se répéter, mais nous sommes une seule et même espèce avec un fonctionnement établi par la génétique, du coup, on refait inconsciemment les mêmes choses, on reprend les mêmes thèmes et on brode chacun à sa façon sur des sujets et des formules narratives qui datent.
De toute façon, on le voit grâce aux ventes. Ce qui vend par millions, c'est ce qui est souvent simple (pas simpliste), clair, fluide, pas trop complexe, divertissant. Lovecraft ne vendra jamais autant qu'un King ou un Werber vu le style lourd, parfois daté , sans dialogues etc...



Waylander a écrit:On a refusé des textes à Lovecraft, Hamilton, Leguin et Howard pour les publier 20 ans plus tard dans une autre revue plus tolérante, et ces textes sont parmi les plus réputés des auteurs.....C'est pour ça que quand King dit qu'un éditeur sait ce qu'il fait, qu'il faut l'écouter et cie, ça me fait rire. Le but pour la plupart c'est quand même de vendre.


Je me fais un peu l'avocat du diable, tu l'auras compris mais sans l'aide d'un éditeur, la voix d'un auteur ne porterait pas très loin. Il faudrait alors haranguer les foules et crier ton texte à qui veut l'entendre pour que l'art d'écrire que tu veux gratuit soit complet. Ou le distribuer gratuitement mais les frais d'impression vont vite te faire déchanter et te trouver que tu as besoin de pognon pour propager ton écrit.

Je suis d'accord mais aujourd'hui, que ce soit dans le jeu vidéo, les vidéastes, les courts-métrages, on a tout un réseau de mecs doués qui font des bons trucs voir même des bijoux hallucinants de professionnalisme, et tout ça avec 100x moins de pognon que les "pros". L'indépendance existe dans pleins de domaines, mais dans celui de l'édition, ça ne passe pas. Je lis des critiques négatives et mêmes méchantes sur tous les mecs qui s'auto-publient ou passe par des indés. C'est vrai qu'on est dans une ère du virtuel, de l'image plus que de l'écriture, donc la médiocrité ne m’étonne pas à ce niveau, mais sur 100 nouvelles/romans et plus que les éditeurs reçoivent par jour, jai du mal à croire que TOUT soit nul. Pourtant, quand on lit les éditons de Bifrost, faut croire que les amateurs en SF française sont tous merdiques. Je reste sceptique et je me demande s'il n'y a pas une chape de plomb, des critères trop sévères et des goûts trop fermés chez certaines revues et éditeurs. Après, je dois avouer que pas mal de gens se croient écrivains et balancent des trucs parfois illisibles, pas corrigés, pas retravaillés et même auto-édités :shock: Certains se prennent trop au sérieux et ont trop confiance mais l'époque le veut...
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Re: L'écriture et vous

Messagepar Jack Spret » Mar 18 Déc 2018, 09:37

Waylander a écrit:Pour moi, l'art, c'est la liberté, et liberté, pour moi, est antinomique d'une quelque professionnalisation.


Jack Spret a écrit:Tu oublies que certains artistes, aujourd'hui reconnus, ont commencé et ont pérennisé leur pratique de l'art avant tout pour casser la croûte. Et ce parce qu'ils pensaient ne rien savoir faire d'autre. L'art, c'est un job comme un autre pour qui possède cette fibre. Il met juste son don naturel au service d'une rémunération et donc, ça se transforme en job. Alors ça peut effectivement tuer l'imagination dans l’œuf mais pas toujours, ça peut aussi être un élément motivant. Tout dépend du lien qu'on entretient avec l'argent je pense.


Waylander a écrit:Je suis d'accord, mais là moi je remonte à bien plus loin que ça. Préhistoire, antiquité etc... Socrate philosophe était avant tout un hoplite. Et je n'ai pas bien fouillé mais il me semble que plusieurs auteurs (ex : Tolkien, Kafka) bossaient en plus d'écrire, et ils écrivaient bien avant d'en vivre et sans même avoir eu la volonté d'en faire un métier. En fait, notre époque reflète parfaitement l'idéologie dominante capitaliste libérale. On veut tous faire ce qu'on veut mais surtout en vivre, en faire un "boulot". Hors la passion , dans un premier temps, ce n'est pas faire quelque chose en vue de gagner du fric avec. Le problème quand on tombe dans un métier artistique c'est que l'argent prend une part trop considérable et ça peut certes développer notre imagination, nous pousser à nous dépasser tout comme ca peut nuir puisque nos écrits seront soumis à des effets de modes, des nouvelles conventions dans l'écriture, des critiques aussi et les cahiers des charges d'éditeurs qui veulent avant tout "vendre". Pour moi, c'est un jeu dangereux dont pas mal d'auteurs ne se relèvent pas puisque quand tu entres dans le grand monde de l'édition on te colle une étiquette et c'est hyper dur d'en sortir surtout si tu rencontres un certain succès. En fait, je pense que chacun voit midi à sa porte. Certains veulent en faire leur boulot, d'autres non.


Dans l'écriture, tu as la logique d'amélioration continue. Tu ne peux pas faire pire que ce qui t'a précédé et tu ne peux pas faire la même chose que ce qui a été fait, sinon tu réduis tes chances d'être publié, et donc d'être lu. Tu es donc bien dans une optique de progrès. Cette politique d'amélioration continue, tu la retrouves également et surtout en entreprise, pilier du capitalisme. Donc que la littérature, et tout art en général, intègre le schéma capitaliste, ça n'a rien de déconnant. Mais je suis comme toi, je suis persuadé que sur le long terme, ça détruit l'âme même de la créativité à cause des deads-lines, des velléités de l'éditeur, des corrections obligatoires pour coller à la ligne éditoriale,...

Waylander a écrit:Disséquer mathématiquement l'écriture ? C'est une réflexion que propose Matthew Jockers, professeur de l'Université du Nebraska.
Il explique avoir analysé, via un outil informatique, la forme de l'intrigue de nombreuses oeuvres, et en avoir trouvé 6 ou 7 différentes que l'on retrouve dans tout roman. Il analyse également les thèmes des romans en fonction de la nationalité, du sexe etc des auteurs.
Pour en apprendre plus sur ses recherches vous pouvez voir la vidéo ci-dessous ou aller sur son blog.


Jack Spret a écrit:C'est effectivement très intéressant mais est-ce qu'il faut théoriser l'art ? Est-ce que le rentrer dans une case n'est pas justement voué à le formater ? Le mec prouve quand même par son étude que des schémas se répètent et que c'est ce qui fonctionne. Du coup, ça va à l'encontre de ton envie de sortir du cadre.


Waylander a écrit:...soit on pourrait ne pas se répéter, mais nous sommes une seule et même espèce avec un fonctionnement établi par la génétique, du coup, on refait inconsciemment les mêmes choses, on reprend les mêmes thèmes et on brode chacun à sa façon sur des sujets et des formules narratives qui datent.


Alors, pour le coup, je suis pas entièrement d'accord. L'art pariétal est né de son environnement proche. Si l'homme dessinait pour la première fois aujourd'hui, il ne ferait pas les mêmes dessins que son ancêtre. Et on peut penser que la sculpture, la littérature, la poésie seraient influencés de la même manière car l'art naît de l'observation, est impacté par les éléments extérieurs. Dans 1000 ans, on peut penser que la création musicale, les formes narratives, seront largement différentes de ce qu'on connaît aujourd'hui. Par exemple, les blockbusters, c'est très récent. Et c'est bel et bien une manière très codée de raconter une histoire qui n'existait pas avant.

Waylander a écrit:Après, je dois avouer que pas mal de gens se croient écrivains et balancent des trucs parfois illisibles, pas corrigés, pas retravaillés et même auto-édités :shock: Certains se prennent trop au sérieux et ont trop confiance mais l'époque le veut...


C'est le problème de l'accès à la création culturelle. Qu'elle soit dans l'industrie musicale, cinématographique ou littéraire. La facilité d'accès aux instruments artistiques et à leur médiatisation immédiate (auto-édition, démocratisation de Youtube,...) a ruiné le potentiel de ceux qui ne gueulent pas assez fort ou ne cherchent pas à se faire voir, restent trop discrets car sont soit peu sûrs d'eux, soit trop humbles pour crier sur les toits que ce sont les meilleurs. Je ne dis pas que l'art doit être réservé à une élite, je dis juste que de nos jours, il y un nivellement par le bas car tout le monde se prend pour le futur génie de l'art dans lequel il dépose sa merde.


"- Ça vous dirait un petit échange dans la ruelle, derrière le bar ?
- Si c’est un échange de fluides corporels, je suis pas contre. Mais alors dans ce cas, tu passes devant."
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Re: L'écriture et vous

Messagepar Waylander » Mar 18 Déc 2018, 19:28




Deux interviews sympas pour quelques passages :

Bordage : Les guerriers du silence écrit d'une traite sur un cahier... quasiment sans ratures. :shock:
Quand le métier se met en place, il étouffe le jaillissement primordial. Il faut trouver un équilibre.
Je fais partie des « scripturants », qui font évoluer les personnages avec l'univers, à l'inverse des « structurants » qui font des fiches très précises sur tout avant de se lancer. (bon moi perso je fais les deux selon le projet).

Di Rollo :
Pierre Pelot m'a appris à me lâcher dans l'écriture. Il faisait ce qu'il voulait ce mec. Il mélangeait tout: le passé, le présent, le je,le il. Il m'a libéré, du coup je faisais des phrases avec les verbes avoir et faire, j'avais plus peur d'écrire comme je le ressentais, avant d’écrire pour bien écrire. C'est l'erreur que font souvent les débutants.

Bon par contre il dit aussi que les auteurs actuels écrivent sans penser aux lecteurs. Je lis souvent ce genre de remarques mais ça me fait rire parce que de quels lecteurs ils parlent tous ? Tous les lecteurs n'ont pas les mêmes attentes, les mêmes délires, les mêmes critères...
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Re: L'écriture et vous

Messagepar Waylander » Dim 03 Fév 2019, 18:42

https://lioneldavoust.com/2016/les-cinq ... roduction/

Encore un lien intéressant.

Autre entrée utile : DU RÊVE AU ROMAN de Francis Berthelot. Excellent.
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