[Alegas] Mes Critiques en 2018

Vos critiques de longs-métrages

Modérateurs: Dunandan, Modérateurs du forum

Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

Messagepar Jed_Trigado » Ven 05 Oct 2018, 15:12

Alegas a écrit:il y a un lot de séquences proprement terrifiantes (la femme brûlée

J'étais le seul a rire dans la salle pourtant c'était tellement ridicule. :eheh:
"Je mets les pieds où je veux Littlejohn et c'est souvent dans la gueule." Chuck Norris

Image
Avatar de l’utilisateur
Jed_Trigado
Spiderman
Spiderman
 
Messages: 10908
Inscription: Sam 18 Oct 2014, 22:41
Localisation: On the fury road...

Manon des sources - 7,5/10

Messagepar Alegas » Lun 08 Oct 2018, 15:35

Image


Manon des sources de Claude Berri
(1986)


Conclusion de l’histoire commencée avec Jean de Florette, Manon des sources paraît être au premier abord une suite moins tragique que le premier film, puisqu’une grande partie du récit va consister en une revanche pour mettre en lumière les actions immorales de César et Ugolin. Une impression qui va se révéler fausse car quand bien même le film n’est pas construit comme son prédécesseur sur un crescendo de scènes de plus en plus fortes, c’est clairement l’opus qui possède les conclusions les plus marquantes, notamment parce qu’il est le film qui va rajouter énormément de nuances aux deux antagonistes qui, du coup, deviennent les véritables héros du film (le film a beau s'appeler Manon des sources, cette dernière est finalement assez peu mise en avant du côté de l’écriture).

Au contraire donc du premier film où il se passait énormément de choses, cette suite se veut plus posée, plus centrée sur les personnages que l’on connaît déjà, et ça donne un film un poil inférieur à Jean de Florette, notamment à cause d’un rythme moins bien géré (il faut attendre presque la moitié du film avant que Manon trouve la source). Tout ce qui touche à Manon à tendance à faire baisser la qualité du récit, sa relation avec l’instituteur étant loin d’être passionnante, et finalement c’est sa relation avec Ugolin, ou plutôt la relation de ce dernier avec elle, qui fait remonter la qualité du métrage. Là où on avait avant un perso qui doutait avant de faire l’inéluctable, ici on a un homme habitué à vivre dans l’aisance, et dont l’amour pour une femme va lui faire rendre compte peu à peu de son caractère misérable. Et puis il y a César, de loin le personnage qui vole le film, et tout le dernier acte qui lui est dédié c’est juste déchirant en terme d’émotions (et Berri a le mérite d’arrêter son film exactement au moment où il fallait).

Forcément, ça doit beaucoup au casting, et vu que Depardieu n’est plus là ça permet au duo Montand/Auteuil de voler la moindre scène dans laquelle un des deux apparaît. Auteuil confirme qu’il peut être vraiment très bon et pourtant c’est lui qui a les scènes les plus compliquées (jouer l’amoureux transi sans tomber dans la fausse note, ce n’est pas donné à tout le monde, et puis Montand comme d’habitude il lui suffit de faire un regard pour tout dire (la scène sur le banc avec la révélation, c’est absolument dingue, tout en émotion et pourtant tout en retenue :cry: ). Béart par contre c’est pas tout à fait ça, j’ai jamais été fan de son jeu mais là on sent bien qu’elle était débutante, mais bon au final c’est pas si gênant car c’est loin d’être un miscast : à l’époque c’était vraiment l’une des plus belles femmes du monde :love: , et il suffit de voir son regard ou son corps dénudé au détour d’un plan furtif pour comprendre l’obsession d’Ugolin. Côté seconds rôles, les villageois font vraiment l’affaire, et on a Ticky Holgado le temps d’une scène, et ça c’est toujours un bonus.

Enfin, la musique est toujours aussi belle et adaptée à l’aspect tragique du récit, et la mise en scène de Berri fait toujours ce qu’il faut pour que ça marche. Encore une fois, je dirais pas que c’est de la grande mise en scène, loin de là, mais dès qu’il s’agit de recréer l’ambiance de la Provence ou de laisser les personnages s’exprimer à l’écran, ça fonctionne complètement. Une belle suite, moins marquante sur la longueur que Jean de Florette, mais la dernière demi-heure est peut-être bien le meilleur moment du diptyque.


7,5/10
Critiques similaires
Film: Manon des sources
Note: 6,5/10
Auteur: Dunandan

"Our films were never intended for a passive audience. There are enough of those kinds of films being made. We wanted our audience to have to work, to have to think, to have to actually participate in order to enjoy them."

The Wachowskis


Image
Avatar de l’utilisateur
Alegas
Modo Gestapo
Modo Gestapo
 
Messages: 36686
Inscription: Mar 11 Mai 2010, 14:05
Localisation: In the Matrix

Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

Messagepar Val » Lun 08 Oct 2018, 18:57

La lettre que le Papet laisse à Manon à la fin est aussi un grand moment d'émotion qui fonctionne à chaque fois pour moi.
Avatar de l’utilisateur
Val
Godzilla
Godzilla
 
Messages: 14223
Inscription: Mer 27 Aoû 2008, 14:51

Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

Messagepar Alegas » Lun 08 Oct 2018, 21:48

Mais tellement ! C'est d'une simplicité totale mais la lecture en voix-off + Montand qui s'occupe du ruban ça pince effectivement bien le cœur.
"Our films were never intended for a passive audience. There are enough of those kinds of films being made. We wanted our audience to have to work, to have to think, to have to actually participate in order to enjoy them."

The Wachowskis


Image
Avatar de l’utilisateur
Alegas
Modo Gestapo
Modo Gestapo
 
Messages: 36686
Inscription: Mar 11 Mai 2010, 14:05
Localisation: In the Matrix

Leave no trace - 7,5/10

Messagepar Alegas » Mer 10 Oct 2018, 15:01

Image


Leave no trace de Debra Granik
(2018)


J’avais bien aimé, sans plus, Winter’s Bone, mais pas au point d’attendre son long-métrage suivant, qui sort huit ans plus tard. Pour le coup, compte tenu du fait que j’ai entendu parler pour la première fois de Leave no trace deux ou trois jours avant sa sortie, c’est vraiment une excellente surprise, et clairement l’un des métrages les plus émouvants dans cette année 2018 décidément bien pauvre. Debra Granik continue sur sa lancée, et filme à nouveau une Amérique peu mise en avant : celle des laissés pour compte, de ceux qui ne se reconnaissent pas dans la société d’aujourd’hui, et qui préfèrent donc vivre en marge. Comme Winter’s Bone, on a un regard assez juste sur les personnages qu’on nous présente, on sent qu’il y a un véritable souci d’authenticité, et ça rend le film d’autant plus passionnant que ça a limite une vision presque documentaire par moment.

Néanmoins, c’est loin d’être juste un portrait d’une facette de l’Amérique, et là où Winter’s Bone se perdait un peu dans un script pas toujours convaincant sur la durée, là on a un beau récit qui se tient très bien alors que ça ne raconte finalement pas grand chose. La relation père/fille est clairement l’une des choses les mieux écrites que j’ai pu voir au cinéma cette année, l’évolution des deux personnages dégage du sens et un véritable crescendo d’émotion, et même du côté des personnages secondaires on sent une volonté de ne pas tomber dans le cliché redneck, et il y a toujours un petit quelque chose dans la mise en scène ou l’écriture qui va contrebalancer une vision simpliste qu’on aurait au premier abord. De ce côté là donc, c’est vraiment bien géré et on ressent une grande sincérité dans ce que la caméra nous montre, sans artifices.

Et puis l’interprétation est au top : si je savais d’avance que Ben Foster, acteur que j’aime décidément beaucoup, allait me convaincre, je ne pensais pas qu’il se ferait voler le film par une jeune fille de dix-huit ans avec peu de films au compteur. Pour le coup, Thomasin McKenzie est à Leave no trace ce qu’était Jennifer Lawrence à Winter’s Bone : une pure révélation et une possible future grande actrice. L’alchimie entre les deux acteurs fonctionne complètement, et permet au film d’atteindre de très beaux moments de cinéma, à l’image de ce dernier face à face où tout est dit en quelques mots et de longs regards :| . Vraiment un beau film qui fait plaisir à voir, et en ce qui me concerne la plus belle surprise de cette année 2018.


7,5/10
"Our films were never intended for a passive audience. There are enough of those kinds of films being made. We wanted our audience to have to work, to have to think, to have to actually participate in order to enjoy them."

The Wachowskis


Image
Avatar de l’utilisateur
Alegas
Modo Gestapo
Modo Gestapo
 
Messages: 36686
Inscription: Mar 11 Mai 2010, 14:05
Localisation: In the Matrix

15h17 pour Paris (Le) - 0/10

Messagepar Alegas » Jeu 11 Oct 2018, 18:05

Image


The 15:17 to Paris (Le 15H17 pour Paris) de Clint Eastwood
(2018)


J’avoue que celui-là, depuis l’annonce du projet, je n’y ai jamais cru. L’obsession qu’a Eastwood sur le mythe du héros américain devient de plus en plus gênant au fur et à mesure de ses projets, et celui-ci on pouvait sentir dès la bande-annonce que ça serait le film qui va trop loin. L’existence même du projet est fascinant tant ça ne mérite pas un film, ou comment Eastwood, d’une action de quelques minutes dans un train, va en tirer un métrage de 1H30 qui va expliquer que les actions décisives des personnages ont été le résultat de choix précis faits durant leur existence :roll: . Sur ce point, le script va tellement loin que ça a provoqué chez moi des rires nerveux, entre les dialogues du style “il faut passer par la France car mon intuition me dit de le faire, et je ne dois pas résister à la force du destin qui me pousse à aller là-bas” et la scène de la prière du gamin de six ans qui vient de décevoir sa mère, où il demande à Dieu de faire de lui un défenseur des bonnes causes, c’est puant à l’extrême et ça témoigne d’une absence de recul total sur le sujet.

On me dirait que le film a été écrit à l’arrache en quelques jours que je ne serais pas surpris (et c’est le premier travail d’une scénariste, autant dire que la nana a zéro avenir dans le ciné :mrgreen: ). En fait, dès les premières minutes le film pose le niveau de ce qui va suivre, avec une scène où une prof convoque deux mères en leur disant que leurs gosses respectifs doivent prendre des médocs pour soigner un trouble de l’attention. L’espace d’un instant, on se dit que Eastwood en profite pour critiquer l’éducation aux States, mais à partir du moment où l’une des pères rétorque “mon Dieu est plus grand que vos statistiques” :shock: on sait qu’on navigue dans le délire conservateur simplet le plus complet, aux accents de propagande religieuse, mais aussi militaire (le salut militaire pour se dire au revoir des deux gosses de dix ans lorsque l’un d’entre eux doit déménager, c’est complètement gênant :eheh: ).

Eastwood essaie vaguement de raconter une histoire d’amitié au début, mais même dans cette partie qui est la moins insupportable du film ça sonne complètement faux entre les gamins à la ramasse, les dialogues insipides et les moments où tu te demandes comment quelqu’un a pu approuver ça (tu veux devenir ami avec un black : tu vas en colle avec lui, tu lui fais un check, il fait un check à ta mère, et le tour est joué :lol: ). La partie militaire n'arrange clairement pas les choses : ça a beau ne pas tomber dans le sucage de l’institution militariste, Eastwood ne sait toujours pas quoi raconter en enchaînant les séquences sans intérêt. Dans cette partie, qui dure un bon gros tiers du métrage, la seule chose utile qu’on apprend est que l’un des héros a appris à arrêter une hémorragie et à maîtriser un adversaire au corps à corps chez les Marines, merci Eastwood il me fallait vraiment quarante-cinq secondes noyées dans vingt minutes sans intérêt pour le comprendre… :eheh:

Et puis vient le coup de grâce : le voyage en Europe. Pour le coup c’est bien simple, c’est Eastwood qui se paye des vacances à Venise, Amsterdam et Gennevilliers (bah oui c’est le meilleur endroit pour y tourner une scène berlinoise, c’est bien connu :lol: ), et qui filme par moment ses personnages en train de prendre des selfies, de boire des bières, de manger des pizzas ou de danser en boîte. Là aussi, le niveau des dialogues est de haute volée avec des trucs du genre “il est cool ton selfie, le mien est un peu trop flou, je vais recommencer” :shock: et ça pendant vingt minutes :shock: . A ce stade, c’est vraiment du non-cinéma, et de la part d’un gars qui représente à lui seul une grande partie du cinéma américain contemporain, c’est quand même la loose ultime. Et puis mention spéciale au final avec François Hollande, ça aura au moins eu le mérite de nous rappeler que le monde entier avait de quoi rire en voyant la gueule de notre président :mrgreen: . Très sincèrement, quand j’avais vu Au-delà, je pensais que Eastwood avait touché le fond, mais le mec a réussi à faire encore pire, et ça c’est pas un mince exploit. Comme quoi vieillir ça ne réussit pas à certains.


0/10
Critiques similaires
Film: 15h17 pour Paris (Le)
Note: 3/10
Auteur: Dionycos

"Our films were never intended for a passive audience. There are enough of those kinds of films being made. We wanted our audience to have to work, to have to think, to have to actually participate in order to enjoy them."

The Wachowskis


Image
Avatar de l’utilisateur
Alegas
Modo Gestapo
Modo Gestapo
 
Messages: 36686
Inscription: Mar 11 Mai 2010, 14:05
Localisation: In the Matrix

Duellistes (Les) - 7,5/10

Messagepar Alegas » Dim 14 Oct 2018, 16:02

Image


The Duellists (Les Duellistes) de Ridley Scott
(1977)


Image


Revision un peu à la baisse de ce premier film de Ridley Scott qui m’avait bien marqué lorsque je l’avais découvert il y a une dizaine d’années. Encore aujourd’hui, ce premier essai me fascine par le fait que jamais on a l’impression que c’est un premier essai au long-métrage. Scott, fier d’une longue expérience dans la publicité qui lui permet d’avoir le soucis de la belle image, livre là un métrage au budget ridicule mais qui se permet pourtant de s’attaquer à une période coûteuse à reproduire. The Duellists est un film que je conseillerais aisément à quiconque souhaite faire du cinéma, tant on y trouve le résultat de choix ingénieux qui vont camoufler le manque de budget pour permettre au film d’obtenir un visuel que beaucoup de réalisateurs souhaiteraient un jour atteindre une fois dans leur carrière. On fait souvent la comparaison entre ce film et Barry Lyndon, sorti deux ans avant, et le film de Scott n’a guère à rougir sur le plan visuel : les choix limités de tournage dus au budget font que la production doit choisir deux lieux simples mais évocateurs, et c’est vers la Dordogne que Scott se tourne, y trouvant à la fois des lieux architecturaux qui font l’affaire (ce château abandonné en pleine forêt où se déroule le dernier duel, ça donne envie d'aller là-bas pour retrouver les lieux) mais aussi une nature sauvegardée qui est magnifiée par la photographie et les cadres simples.

ImageImageImage


Visuellement donc, le film est une petite tuerie, on sent que Scott vient des Beaux-Arts avec notamment un goût particulier pour la peinture d’époque qu’il reproduit de manière assez dingue, jusque dans les gros plans. Forcément, on sent les limites budgétaires sur quelques plans (notamment lors de la campagne de Russie) mais globalement ça ne gêne vraiment pas, Scott faisant appel à son sens de la composition pour dissimuler la pauvreté de la production (moins d'un million, et pourtant le film donne l'impression d'avoir coûté au moins le triple). Côté script, ça se veut plutôt épuré en racontant l’histoire de deux hommes qui, d’une dispute idiote, vont se déclarer une guerre sans merci en se provoquant en duel dès qu’ils auront l’occasion de se rencontrer. Sur la longueur, c’est pas toujours ce qu’il y a de plus captivant, notamment à cause d’un montage qui donne l’impression de voir une succession de scénettes par moment, mais ça reste vraiment intelligent, d’autant que ça s’impose aussi comme une métaphore du déclin napoléonien et de ce côté là c’est franchement réussi (j’aurais presque envie de dire que c’est un des meilleurs films sur Napoléon alors qu’on ne le voit jamais).

ImageImageImage


Sur la réal, Scott signe un premier long exemplaire : c’est propre, souvent très bien composé, ça met en valeur autant la diversité des affrontements que les décors naturels, et on trouve même quelques idées de montage sympathiques (l'alternance entre la charge et les moments décisifs passés). Pour un film qui a sûrement été tourné avec moins de préparation qu’une grosse production, ça arrive à un niveau de qualité visuelle impressionnant. Et puis le casting en impose : Keitel vole chaque scène où il apparaît (dommage que son perso soit seulement esquissé, j’aurais pas craché sur un peu plus de développement), Keith Carradine trouve ce qui est sûrement le rôle le plus marquant de sa carrière, et on a même des apparitions de Albert Finney et Pete Postlethwaite (dans un rôle muet pour ce dernier malheureusement). On retrouve même Gay Hamilton dans un rôle très similaire à celui qu’elle a dans Barry Lyndon (et vu que Scott aimait bien le film de Kubrick, je suis pas sûr que ce soit une coïncidence). Un premier film exemplaire qui, malgré ses quelques défauts de narration, annonçait un réalisateur aux ambitions marquées.


ImageImageImage
Image


7,5/10
Critiques similaires
Film: Duellistes (Les)
Note: 8/10
Auteur: elpingos
Film: Duellistes (Les)
Note: 8/10
Auteur: caducia
Film: Duellistes (Les)
Note: 8,5/10
Auteur: Milkshake
Film: Duellistes (Les)
Note: 7,5/10
Auteur: Waylander
Film: Duellistes (Les)
Note: 8/10
Auteur: Jed_Trigado

"Our films were never intended for a passive audience. There are enough of those kinds of films being made. We wanted our audience to have to work, to have to think, to have to actually participate in order to enjoy them."

The Wachowskis


Image
Avatar de l’utilisateur
Alegas
Modo Gestapo
Modo Gestapo
 
Messages: 36686
Inscription: Mar 11 Mai 2010, 14:05
Localisation: In the Matrix

Fièvre du samedi soir (La) - 7/10

Messagepar Alegas » Jeu 18 Oct 2018, 10:29

Image


Saturday Night Fever (La Fièvre du samedi soir) de John Badham
(1977)


Un poil moins bien que dans mes souvenirs, mais ça reste quand même à mes yeux LE film générationnel des 70’s. On a un peu trop souvent tendance à catégoriser de façon très simpliste Saturday Night Fever comme un film sur le disco : il n’en est pourtant rien. Certes, le mouvement musical et la mode qu’il a déclenché occupent une place omniprésente dans le film, mais ça reste surtout une toile de fond pour un récit qui va se concentrer sur une jeunesse américaine complètement paumée. On y suit donc Tony Manero, jeune new-yorkais dont l’existence, de son boulot jusqu’à ses relations familiales, tourne autour de ses soirées de week-end, où il peut s’exprimer à travers la danse.

On est loin du portrait rêveur du disco que laisse souvent présager la réputation du métrage, et pour le coup on est plutôt face à une analyse peu reluisante des jeunes qui profitent du mouvement pour s’empêcher de passer à la vie adulte et d’endosser les responsabilités. Du coup, le récit possède un côté universel évident, dans lequel à peu près tout le monde peut se retrouver, et c’est réellement cette captation du mal-être générationnel qui rend le film captivant. En ce sens, le film se rapproche beaucoup d’un film qui a l’air d’être une influence directe, puisque directement citée, à savoir Rocky, avec qui il partage une histoire très similaire (notamment au niveau de la love story). Alors clairement, dans le genre films générationnels, on est pas au niveau d’un The Graduate, il manquerait pour ça une rigueur dans la mise en scène qui n’existe pas ici (Badham fait quelques rares plans inspirés, mais majoritairement la réalisation est très basique), mais le film arrive à exister par son script, mais aussi par son ambiance unique.

Qu’on aime ou pas le disco, il y a vraiment de quoi être fasciné par cette captation d’une époque où les mœurs changeaient radicalement, pour le meilleur (le frère prêtre qui décide de tourner le dos à la religion contre l’avis de sa famille) comme pour le pire (le viol d’une jeune fille par une bande d’amis à l’arrière d’une voiture), et puis musicalement le film envoie du lourd avec la BO majoritairement composée de titres des Bee Gees, mais aussi du Kool and the Gang et du KC and the Sunshine Band. John Travolta trouvait là son premier grand rôle, et autant c’est pas spécialement un acteur que je qualifierais de génial, autant là sa prestation est vraiment honorable, autant sur le jeu lui-même sur les séquence de danse où il est véritablement impressionnant. Bref, c’est un beau portrait de jeunesse paumée, dans la droite lignée de Rebel without a cause, et c’est dommage que le métrage soit catalogué comme un simple film sur le disco, alors qu'il est quand même bien plus que ça.


7/10
Critiques similaires

"Our films were never intended for a passive audience. There are enough of those kinds of films being made. We wanted our audience to have to work, to have to think, to have to actually participate in order to enjoy them."

The Wachowskis


Image
Avatar de l’utilisateur
Alegas
Modo Gestapo
Modo Gestapo
 
Messages: 36686
Inscription: Mar 11 Mai 2010, 14:05
Localisation: In the Matrix

Précédente

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 3 invités



Founded by Zack_
Powered by phpBB © phpBB Group.
Designed by CoSa NoStrA DeSiGn and edited by osorojo and Tyseah
Traduction par phpBB-fr.com
phpBB SEO