[Dionycos] Mes modestes contributions en 2019

Vos critiques de longs-métrages

Modérateurs: Dunandan, Modérateurs du forum

[Dionycos] Mes modestes contributions en 2019

Messagepar Dionycos » Mer 23 Jan 2019, 11:36

TOP 10 2019


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Janvier

1. Asako I & II : 7/10
2. L'heure de la sortie : 7,5/10
3. Edmond : 7/10
4. Border : 5,5/10
5. Green Book : 8,5/10
6. Les fauves : 4/10
7. La Mule : 6,5/10
8. Eric Clapton, life in 12 bars : 7/10

Février

9. Minuscule 2 : 6/10
10. Si Beale Street pouvait parler : 6,5/10
11. Tout ce qu'il me reste de la révolution : 5,5/10

Series vues en 2019

1. Sex Education : 6/10
2. Counterpart - saison 2 : en cours (6,5/10)
3. The Crown - saison 2 : 7/10
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Green Book : Sur les routes du sud - 8,5/10

Messagepar Dionycos » Mer 23 Jan 2019, 13:59

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GREEN BOOK


Roadtrip sur rails

A l'image de son scénario, le destin de Green Book semble tout tracé. Nous sommes le 23 janvier, jour de sortie du film dans nos contrées, et je vois déjà tout arriver : beau succès populaire ponctué de remarques type "un film humaniste plus que jamais nécessaire qui fait du bien en cette période trouble", des critiques globalement élogieuses, et d'autres beaucoup moins, pointant du doigt l'excès de bienveillance consensuelle calibrée pour les statuettes de début d'année. Les récentes nominations aux Oscars tendent dans cette direction, le film devrait remporter quelques prix le mois prochain. Sur ce forum ? Je prends les paris, après quelques très bonnes notes, je sens venir les nombreuses notes moyennes, les "film surcoté", "académique", "téléphoné" etc. Ca va être le 3 Billboards de 2019.

Et malgré ma note très élevée, je ne saurais vraiment contredire toutes ces remarques. Oui, Green Book est un film ultra classique et consensuel. Un conte moral / road trip initiatique qui ne sort jamais de sa route, aux péripéties et à la conclusion attendues. Tout cela est vrai... et pourtant, tout cela fonctionne comme jamais. Car au delà de son petit côté le racisme c'est mal, pour les nuls particulièrement efficace, ce film se démarque avant tout par l'immense réussite de sa bromance centrale. Comment ne pas fondre pour cette relation entre Tony "Valle" et Don Shirley et pour l'alchimie palpable entre leurs interprètes ? Pour ma part, la réponse est simple : c'est impossible. J'ai passé 2h avec eux dans cette bagnole, à me marrer et m'émouvoir au fil des vannes et des drames qui ponctuent naturellement un script parfaitement dosé et rythmé. Dans le genre comédie dramatique sur fond de racisme (à la fois ordinaire et violent, tout y passe), c'est infiniment plus maîtrisé que le dernier Spike Lee qui tombait à l'eau dès qu'il devenait ouvertement militant.

Saluons tout de même l'originalité du script, tiré d'une histoire vraie (Oscar approved encore une fois), qui repose sur une inversion des rapports de force et de dominations sociales et raciales pas si éculée que ça. Ici, c'est l'anti-Intouchables. L'afro-américain est éduqué, civilisé, réfléchi et courtois, et semble vivre dans l'opulence. Le blanc ? Un bon gars du bronx peu éduqué et blindé de préjugés racistes. De cette inversion naissent les nombreux gags irrésistibles du film (mention spéciale au KFC), mais également une condescendance sociale inversée et troublante, ainsi que quelques séquences particulièrement poignantes. Car si être noir dans l'Amérique sudiste des années 60 n'est pas une partie de plaisir (on n'apprend rien), être un "noir qui fait comme les blancs" ne fait que renforcer l'exclusion. Trop blanc pour être noir, trop noir pour être blanc.

Au delà de la charge anti-raciste, Green Book est avant tout le récit d'une crise identitaire et communautaire qui questionne avec humour et subtilité des problématiques très actuelles.

8,5/10
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Re: [Dionycos] Mes modestes contributions en 2019

Messagepar Mark Chopper » Mer 23 Jan 2019, 14:42

Ca va être le 3 Billboards de 2019.


Un film déjà oublié un an après sa sortie ?
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Re: [Dionycos] Mes modestes contributions en 2019

Messagepar Dionycos » Mer 23 Jan 2019, 15:14

Mark Chopper a écrit:
Ca va être le 3 Billboards de 2019.


Un film déjà oublié un an après sa sortie ?


Pour ceux qui rentreront dans la catégorie :
Dionycos a écrit: je sens venir les nombreuses notes moyennes, les "film surcoté", "académique", "téléphoné" etc.

oui, ce sera très probablement le cas.

Pour ma part, 3 Billboards reste mon meilleur film de 2018, que je ne suis pas prêt d'oublier.
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Titanic - 9/10

Messagepar Dionycos » Lun 04 Fév 2019, 16:09

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TITANIC


Malgré le carton planétaire et son statut de film culte quasi-instantané et difficilement contestable, le blockbuster aux 11 Oscars de James Cameron demeure régulièrement moqué par toute une frange de la cinéphilie, pour diverses raisons : pour son romantisme assumé, son manichéisme très binaire et naïf, et pour la chanson de Céline Dion qu'on se complait à détester, quand bien même elle reprenne le superbe thème principal du film et n'intervienne qu'au générique de fin. Ajoutez à cela le fait que, si vous êtes jeune trentenaire comme moi, vous avez probablement plusieurs amies ou sœurs/cousines etc. pour qui Titanic est le film préféré, et vous avez là sur le papier tous les ingrédients du film de midinettes qui vous fait frémir de honte. Sauf que non ! Titanic, c'est pas Twilight, mais bel et bien ce beau et grand film qui marque durablement en dépit de ses quelques défauts d'écriture qui s'oublient rapidement face à la maîtrise de l'ensemble.

Il faut être honnête, le film ne brille pas par la nuance de son propos et la psychologie de ses personnages. Soit une peinture sociale balourde opposant les méchants riches aux gentils pauvres, qui tend involontairement vers la farce par moments. Mais si le scénario n'est pas un exemple de finesse, il est en revanche un modèle de narration. Rares sont les films de 3h à ne jamais provoquer le moindre ennui, à ne jamais faire ressentir leur durée. Il y a là une science du récit, du rythme, qui me laisse admiratif. Les deux parties bien distinctes d'environ 90min chacune contribuent largement au renouvellement régulier d'un récit qui n'a jamais le temps de tomber dans la redite. Malgré la durée extrême, il n'y a aucun bout de gras, aucune complaisance dans la longueur, chaque scène a son utilité et apporte sa pierre à la construction d'un récit d'une efficacité redoutable qui multiplie les moments de bravoure (tout le départ du bateau me fout des frissons à chaque fois). Certains pointent du doigt une première partie inutile qui ne fait que retarder la promesse initiale du film catastrophe à gros budget. Je répondrais à ceux-là que sans la première partie, l'impact émotionnel du naufrage tomberait complètement à plat.

Car s'il y a bien une chose que Cameron maîtrise parfaitement (comme dans tous ses films), c'est la mise en valeur de ses personnages, qui ont tous de vraies gueules, et ce jusqu'au moindre personnage secondaire. Oui, nombre d'entre eux sont de gros clichés, mais il y a en même temps un plaisir assez irrésistible à voir évoluer ces personnages qui débordent tous de charisme. Cameron a toujours su dépeindre des héros et des antagonistes par sa mise en scène, et c'est encore le cas ici. Et bien entendu, Di Caprio et Winslet, à l'aube de leurs immenses carrières, sont parfaits dans leur rôle et forment ce couple mythique que Cameron filme avec énormément de tendresse et de passion, la fameuse scène du dessin étant le pinacle de cette intensité amoureuse, de ce désir ardent.

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Ces plans...


Bien entendu, la véritable star du film reste le paquebot, pour lequel Cameron parvient à transmettre sa fascination (tout comme l'élément aquatique qui était déjà à l'honneur dans Abyss ou Terminator 2 avec le T 1000). Des différents ponts aux salles de machines, en passant par les salons luxueux et les dortoirs rudimentaires de la 3ème classe, Cameron s'approprie l'espace et nous offre une visite guidée de premier choix, sans jamais tomber dans la gratuité. Encore une fois, chaque zone est montrée pour une raison scénaristique, et quand vient l'heure de la destruction, on se surprend à être totalement familier avec les lieux. Le spectateur s'est approprié la topographie, ce qui rend la catastrophe d'autant plus poignante. Une catastrophe permettant à Cameron de démontrer que lorsqu'il faut déployer l'artillerie lourde, c'est toujours lui le patron.

Soyons clairs. En terme de pur film catastrophe, on n'a jamais vu mieux. La mise en scène, toujours parfaitement lisible, tutoie les sommets en multipliant les plans/tableaux parfaitement composés. Le découpage, les effets spéciaux, la musique, tout se conjugue à merveille pour offrir une heure de pure bravoure qui "delivers" à 100% comme diraient les anglo-saxons. L'intensité est là, la panique est palpable, les images de destruction sans concession (d'attachants personnages secondaires y passent sans ménagement) fascinent et émeuvent, d'autant plus quand la musique diégétique de l'orchestre retentit une dernière fois dans un montage sublime, tragique et romantique, probablement ma séquence préférée du film.

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Au-delà du divertissement indéniable conféré par tout ce fracas, Cameron n'oublie pas de nous rappeler à l'ordre en dépeignant l'horreur, dans les derniers instants, quand des milliers de cadavres congelés flottent au milieu de l'océan. Une vision de cauchemar qui glace le sang. Aussi, j'aime voir plus qu'un simple divertissement macabre dans toute la partie catastrophe, au profit d'une métaphore filée de la relation de Jack et Rose. La destruction du Titanic, théâtre des intemporelles oppositions sociales, comme symbole du délitement irrémédiable d'un amour condamné du fait de ces oppositions. Il n'est pas anodin de faire percuter l'iceberg juste après avoir vu cet amour "consommé". Un amour qui n'a pas sa place dans ce monde. La rencontre entre les classes sociales ne peut que provoquer un séisme mortel duquel seuls les plus aisés sortiront vivants. Je surinterprète peut-être, mais adhère totalement à la démarche qui, pour le coup, est purement visuelle contrairement à la première partie du film. Une vraie proposition de cinéma.

Monsieur Cameron, merci pour ce grand moment.

9/10
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Re: [Dionycos] Mes modestes contributions en 2019

Messagepar Alegas » Lun 04 Fév 2019, 16:19

Comment elle fait plaisir cette critique, je suis d'accord avec quasiment tout ce que tu dis.

Dionycos a écrit:Malgré le carton planétaire et son statut de film culte quasi-instantané et difficilement contestable, le blockbuster aux 11 Oscars de James Cameron demeure régulièrement moqué par toute une frange de la cinéphilie, pour diverses raisons : pour son romantisme assumé, son manichéisme très binaire et naïf, et pour la chanson de Céline Dion qu'on se complait à détester, quand bien même elle reprenne le superbe thème principal du film et n'intervienne qu'au générique de fin. Ajoutez à cela le fait que, si vous êtes jeune trentenaire comme moi, vous avez probablement plusieurs amies ou sœurs/cousines etc. pour qui Titanic est le film préféré, et vous avez là sur le papier tous les ingrédients du film de midinettes qui vous fait frémir de honte. Sauf que non ! Titanic, c'est pas Twilight, mais bel et bien ce beau et grand film qui marque durablement en dépit de ses quelques défauts d'écriture qui s'oublient rapidement face à la maîtrise de l'ensemble.


Dans quelques décennies, je pense sérieusement qu'on verra le film de la même façon qu'on peut voir aujourd'hui des films comme Docteur Jivago : un classique intemporel.
Titanic c'est vraiment le film contemporain qui se rapproche le plus de ce que David Lean pourrait faire aujourd'hui s'il était encore vivant.
"Our films were never intended for a passive audience. There are enough of those kinds of films being made. We wanted our audience to have to work, to have to think, to have to actually participate in order to enjoy them."

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Re: [Dionycos] Mes modestes contributions en 2019

Messagepar lvri » Lun 04 Fév 2019, 19:38

Chouette critique ! :super:
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Re: [Dionycos] Mes modestes contributions en 2019

Messagepar Dunandan » Lun 04 Fév 2019, 21:20

Je m'y retrouve beaucoup dans ta critique, surtout que j'ai été parmi les premiers réfractaires à toute cette hype, alors qu'au-delà sa love story intemporelle, c'est juste un putain de divertissement à l'ancienne dans ses intentions avec en prime toute la technologie qu'on pouvait nous offrir à l'époque.
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Re: [Dionycos] Mes modestes contributions en 2019

Messagepar Dionycos » Mar 05 Fév 2019, 01:01

Alegas a écrit:
Dans quelques décennies, je pense sérieusement qu'on verra le film de la même façon qu'on peut voir aujourd'hui des films comme Docteur Jivago : un classique intemporel.
Titanic c'est vraiment le film contemporain qui se rapproche le plus de ce que David Lean pourrait faire aujourd'hui s'il était encore vivant.


Je suis du même avis, et pense même que le film est déjà un peu rentré dans cette nouvelle phase de reconnaissance. Malgré les avis assez unanimes à l'époque, l'image du film a très vite été parasitée par son immense succès populaire, souvent synonyme d'une Dicaprio mania plus basée sur son physique que ses talents d'acting. Le fait qu'il soit depuis devenu un des plus grands acteurs de sa génération a peut-être aidé à la réhabilitation critique du film.
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Re: [Dionycos] Mes modestes contributions en 2019

Messagepar pabelbaba » Mar 05 Fév 2019, 04:24

Tu peux aussi ajouter une overdose de Céline Dion à l'équation. :mrgreen:
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Re: [Dionycos] Mes modestes contributions en 2019

Messagepar Dunandan » Mar 05 Fév 2019, 06:15

Bah, elle intervient seulement au générique de fin. Elle a par contre gavé en son temps, car elle (re)passait à toutes les sauces ! :mrgreen:
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