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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

MessagePosté: Ven 09 Nov 2018, 20:21
par Mark Chopper
Ce qui me fascine le plus, c'est ton choix sans doute inconscient de l'affiche coréenne :mrgreen:

Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

MessagePosté: Sam 10 Nov 2018, 09:15
par Alegas
:eheh:

Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

MessagePosté: Sam 10 Nov 2018, 14:50
par Jimmy Two Times
Dommage d'être hermétique à l'oeuvre de cet immense cinéaste. Sonatine, c'est limite si je chiale pas devant en ce qui me concerne.

Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

MessagePosté: Sam 10 Nov 2018, 14:59
par Mark Chopper
c'est limite si je chiale pas devant


Idem pour Alegas. A force de bâiller.

Menace (La) - 8/10

MessagePosté: Mar 13 Nov 2018, 18:30
par Alegas
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La Menace de Alain Corneau
(1977)


Je poursuis ma découverte de la filmo de Corneau, et là clairement on sent la confirmation : après un Police Python 357 qui était déjà d’un sacré niveau, le bonhomme récidive avec La Menace, qui s’avère tout aussi bon. J’aurais même presque envie de dire que La Menace est un poil meilleur, puisqu’on y trouve une meilleure gestion du rythme : là où Police Python 357 prenait un peu trop son temps au début (il fallait attendre plus d’une demi-heure d’exposition pour que le récit commence réellement), là tout est lancé au bout de vingt minutes. Étrangement, et aucune idée si c’est volontaire ou non, mais le film a vraiment un côté miroir avec le précédent du réalisateur : d’un homme qui devait prouver son innocence pour un crime qu’il n’a pas commis, on passe ici à un homme qui va tout faire pour se rendre coupable du suicide de sa femme, alors que sa maîtresse est la coupable idéale. A nouveau donc, on a un récit bien tordu, où Corneau n’épargne pas le spectateur en enchaînant les petits détails qui auront leur importance, c’est clairement pas le genre de film où il faut rater la moindre minute sous peine de ne pas voir l’incroyable cohérence narrative.

Un film exigeant donc, mais qui ne prend pas son spectateur pour un con : on sent que Corneau fait confiance au public pour mettre les pièces du puzzle dans l’ordre sans qu’il ait forcément à le raconter de façon évidente. Par exemple, la mise en place d’une fausse-mort est ici l’addition de petits indices qui, plusieurs minutes plus tard, vont donner lieu à un plan parfaitement huilé. Il y a un petit côté hitchcockien dans ce film avec une sorte de reprise du mythe du crime parfait où un petit grain de sable va totalement compromettre ce qui était prévu (la fin dans le genre je vais au bout du délire c'est assez osé), et Corneau maîtrise toujours aussi bien sa caméra pour filmer ça. C’est pas non plus de la mise en scène in your face, mais on sent que chaque plan est pensé, calibré, et ça donne donc une réal qui sert très bien son récit tout en s'effaçant derrière lui, et ça mine de rien pour un troisième film c’est pas donné à tout le monde. A nouveau, Yves Montand porte le film de bout en bout, et comme d’habitude il le fait très bien, d’autant que là on sent vraiment un personnage humain qui fait tout ça par amour au détriment de sa propre personne. Un excellent film donc, que je recommande vivement.


8/10

Square (The) (2009) - 8/10

MessagePosté: Jeu 15 Nov 2018, 18:11
par Alegas
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The Square de Nash Edgerton
(2008)


Il y a de ces films qu’on aurait sûrement jamais découvert s’il n’y avait pas eu la bonne personne pour nous convaincre, et sur ce film ça a été Jack Spret qui m’a poussé à acheter le dvd alors que je n’avais même pas remarqué ce dernier, et donc merci à lui car pour le coup c’est une sacrée découverte. Le genre néo-noir c’est un genre bien sympa pour découvrir de bons réalisateurs : non seulement c’est un genre qui peut être fait avec un petit budget, mais c’est aussi un genre avec tellement de codes à la base qu’il est intéressant de voir comment, scénaristiquement et visuellement, les jeunes réalisateurs se débrouillent pour se faire remarquer. Dans ces premiers essais de référence, on peut citer évidemment Blood Simple et Bound, mais même s’il est moins connu, The Square me paraît être un titre approprié à rajouter à la liste, tant c’est vraiment bluffant de voir autant de maîtrise dans un premier long. Ça part pourtant d’un postulat de base tout ce qu’il y a de plus classique : un homme marié qui entretient une relation avec une femme mariée, une valise pleine d’argent à voler, des complications en cours de route, et là on est clairement dans la descente aux enfers où chaque mensonge va s’enchaîner sur une emmerde en plus, et de ce côté là ça donne un film particulièrement pesant où on se demande comment le héros va faire pour s’en sortir.

Le côté original du métrage va se trouver dans sa nationalité : réalisateur australien oblige, on se retrouve donc dans les petites banlieues résidentielles du pays, et si ça ne change pas drastiquement par rapport à un néo-noir américain, ça permet d’avoir une galerie de personnages intéressante, avec des histoires de magouilles, de criminel à engager, etc… Pour le coup, on sent une réelle influence de Blood Simple, avec un côté noir très poussé qui permet de voir les personnages dans leurs retranchements les plus sombres, et du coup côté écriture non seulement ça va loin mais en plus ça ne va pas forcément là où on s’y attend (la révélation des cartes postales je ne l’avais pas vu venir) et sur ce point The Square est vraiment riche en surprises. Formellement, sans que ce soit spécialement léché ou in your face, c’est super maîtrisé pour un film dont on devine un petit budget (moins de deux millions apparemment), et ça donne carrément envie de voir Nash Edgerton bosser sur des projets avec des moyens plus confortables. Et puis niveau direction d’acteurs la barre est vraiment placée haute : tout le monde est très bon, et David Roberts, acteur que je n’avais vu jusqu’ici que dans un troisième rôles dans les suites de Matrix, porte vraiment tout le film sur ses épaules, c’est vraiment étonnant de constater que sa carrière n’a pas décollé depuis. Vraiment un super premier film. Le second film d’Edgerton, Gringo, a beau eu me décevoir, je reste quand même convaincu que ce mec a du talent à revendre, j’espère donc un troisième film qui lui permettra de confirmer.


8/10

Crime farpait (Le) - 7,5/10

MessagePosté: Ven 16 Nov 2018, 17:53
par Alegas
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Crimen ferpecto (Le crime farpait) de Alex de la Iglesia
(2004)


Seconde vision et ça se regarde toujours aussi bien, parmi les comédies de De la Iglesia c’est même peut-être bien ma préférée. C’est bien simple, là où ses précédents essais avaient toujours à un moment un petit problème de rythme, on sent que le réalisateur a souhaité faire un film où on ne s’ennuie pas une seule seconde, et il en résulte donc un métrage difficilement attaquable sur ce point. En partant sur une relecture d’Hitchcock, De la Iglesia ne recherche pas forcément l’originalité au premier abord, mais c’est vraiment tout le contexte autour de la moelle épinière du récit qui va faire tout le charme de cette comédie : le fait d’évoluer uniquement dans un grand magasin style Galeries Lafayette, mais aussi et surtout le fait de transformer une relation manipulateur/manipulé en une sorte d’histoire d’amour à sens unique où le héros, charmeur absolu, est contraint de faire semblant d’aimer le pire laideron qui soit :mrgreen: . Et puis De la Iglesia oblige, ça ne tombe jamais dans une pseudo guerre des sexes et l’écriture est vraiment intelligente à ce niveau là puisqu’au final les hommes et les femmes sont placés sur un rang d’égalité. Bref, c’est pas un film féministe, ni machiste, mais c’est quand même un peu des deux par moments :mrgreen: et c’est vraiment ce qui fait la force du propos.

A cela s’ajoute évidemment toute la thématique du crime parfait traitée de façon solide, car si le début du film place le spectateur en terrain connu, la dernier acte est vraiment imprévisible à bien des égards. Formellement, comme souvent avec ce réalisateur, c’est le top du top de la mise en scène au sein d’une comédie, rien que le plan-séquence avec le héros qui explique ses principes de vie pose le niveau de ce qui va suivre. Guillermo Toledo est vraiment excellent dans son rôle, dommage qu’il ne soit pas devenu par la suite un habitué du cinéma de De la Iglesia, idem pour Monica Cervera qui, malgré son faciès qui n’aide pas, arrive à passer outre avec son jeu de folie. Et puis forcément, on a Enrique Villen en inspecteur de police face à une affaire pas comme les autres, et ça c'est bien. Clairement une bonne porte d’entrée pour le cinéma de De la Iglesia, et une référence de la comédie espagnole.


7,5/10

Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

MessagePosté: Ven 16 Nov 2018, 18:12
par Dunandan
En fait, il n'existe toujours pas en BR ce film ? Pour ma part également, il s'agit de l'une de mes comédies préférées du monsieur, même si j'ai un plus profond attachement à 800 Balles.

Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

MessagePosté: Ven 16 Nov 2018, 20:01
par Alegas
Il y a bien des éditions allemandes et espagnoles mais il faut se contenter de sous-titres anglais.

Legend (1985) - 5,5/10

MessagePosté: Lun 19 Nov 2018, 17:45
par Alegas
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Legend de Ridley Scott
(1985)


Exactement comme Blade Runner, c’est un film que j’ai découvert dans des conditions pas terribles : à la TV en seconde partie de soirée, alors que j’étais fatigué, en version cinéma et en VF par dessus le marché. Dix ans après, je ne me souvenais que du bad-guy, c’est dire à quel point Legend m’a marqué :mrgreen: . Alors contrairement à Blade Runner, ça ne va pas être une redécouverte totale, je pense encore que ça reste le premier accroc dans le début de carrière exemplaire de Ridley Scott, mais je suis désormais loin de penser que c’est un mauvais film, seulement une superbe coquille malheureusement vide. Voulant toucher à tout, Scott se met cette fois au film de fantasy, et plus précisément au film de conte, et là pour le coup c’est une plutôt bonne surprise car on est quand même très loin d’un truc complètement fade et familial : ça respecte vraiment les codes du conte, autant dans la niaiserie que dans la noirceur. Ainsi, d’une séquence à l’autre, on peut avoir une amourette insupportable et une scène bien dark avec un ogre ou le Diable en personne. Ces extrêmes, bien que complètement louables vu l’approche, apportent néanmoins un côté inégal au film : le début est vraiment pas passionnant à regarder, et il faut vraiment attendre l’infiltration dans la forteresse pour avoir quelque chose à se mettre sous la dent, et encore quand il ne faut pas se farcir quelques longueurs et des personnages secondaires inutiles (sur les sidekicks qui aident le héros, il y en a seulement deux qui existent à l’écran).

Le film est absolument magnifique, et pour le coup on a rarement fait mieux en fantasy d’un point de vue visuel. On a beau sentir le tournage en studio, chaque plan est d’une beauté assez ultime, et alors quand en plus Scott filme avec intérêt certaines scènes (toutes celles incluant Tim Curry notamment) ça donne quelque chose de vraiment impressionnant à regarder. Malheureusement, cette beauté se fait quasiment toujours au détriment du récit : déjà scénaristiquement c’est assez limité, mais bon ça à la limite le côté conte peut servir d’excuse, par contre les personnages c’est juste des clichés sans background derrière : une princesse, un homme des bois, un lutin/elfe, une fée, etc… Le casting aide pas beaucoup il faut dire, et autant Tim Curry est génial en Diable (grandement aidé par un maquillage de toute beauté, sans aucun doute le point culminant de la direction artistique du métrage :love: ) autant le reste c’est pas la joie, notamment Tom Cruise qui était pas encore un bon acteur et qui se sert surtout de sa beau gosse attitude pour faire le job. Enfin voilà, malgré les défauts évidents ça reste quand même un film très intéressant à regarder pour sa plastique, mais il faut clairement pas en attendre plus.


5,5/10

Splendeur des Amberson (La) - 5,5/10

MessagePosté: Ven 23 Nov 2018, 15:54
par Alegas
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The Magnificent Ambersons (La Splendeur des Amberson) de Orson Welles
(1942)


Je tombe de haut devant ce film. Longtemps je l’ai gardé sous le coude, pensant y retrouver les mêmes étincelles de génie que j’avais pu voir lors de ma découverte de Citizen Kane, et au final je me retrouve devant un film qui m’a bien ennuyé tout du long. Ça démarre pourtant pas mal avec ce portrait de petite bourgade où une famille richissime fait la loi, et notamment le plus jeune d’entre eux qui se révèle être la tête à claques que personne n’ose punir sous peine d’en subir les conséquences. L’espace de quelques minutes, j’ai vraiment cru me retrouver devant une tragédie du même style que Citizen Kane, avec l’amour de Welles pour des personnages torturés voués au malheur, et si le métrage prend plus ou moins cette direction, c’est vraiment le traitement qui fait toute la différence. Car Citizen Kane, outre son script ingénieux, se distinguait surtout par une excellence narrative à toute épreuve, chose qui manque cruellement à ce second long-métrage qui tombe très vite dans un rythme pépère.

C'est particulièrement verbeux, très répétitif, et le pire dans tout ça c’est que même la mise en scène de Welles ne change pas spécialement la donne. Ok il y a un beau travail sur la façon de filmer le manoir, qui enferme peu à peu les personnages, mais pour le reste jamais on a l’impression de voir le travail d’un réalisateur qui, un an auparavant, révolutionnait la mise en scène au cinéma. Et puis la cerise sur le gâteau : le final où Welles, par décision des producteurs, a dû tourner un épilogue pour rendre l’histoire moins pessimiste, alors que clairement son final de base a grave de la gueule (le contre-jour + la voix-off qui annonce que la chute est tellement sévère que personne n’est là pour y assister). Bon, je crache beaucoup sur le film, mais bon c’est loin d’être une purge non plus, ça se regarde, mais juste sans aucune passion en ce qui me concerne, jamais je n’ai été pris par l’histoire. Globalement, le film me donne l’impression que Welles avait déjà tellement tout dit dans son premier essai qu’il ne pouvait que livrer quelque de moins fort derrière.


5,5/10

Gremlins - 7,5/10

MessagePosté: Ven 23 Nov 2018, 21:54
par Alegas
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Gremlins de Joe Dante
(1984)


Aussi surprenant que cela puisse paraître, je n’avais jamais vu Gremlins jusqu’ici. Pourtant je me souviens avoir vu la suite dans mon enfance, mais le film original, hormis la célèbre séquence de Blanche-Neige et les sept nains, m’avait échappé jusqu’ici. Du coup, devant un tel film emblématique de l’enfance 80’s, j’avais quelques craintes sur le fait de le découvrir aussi tard, un peu comme Les Goonies dont le succès m’échappe encore aujourd’hui. Et au final, contrairement au film de Richard Donner, celui-là passe vraiment très bien, même sur le tard, preuve assez forte que le métrage possède de réelles qualités (que n’a pas Les Goonies donc, qui est un film qui aveugle par sa nostalgie :mrgreen: ). Dans le genre films de Noël, Gremlins possède une place assez particulière puisque le récit a beau se dérouler dans cette période de l’année, il ne va jamais dans son sens, contrairement donc par exemple à That’s a wonderful life de Capra qui est ouvertement cité dans le film. On est donc étrangement face à un film anti-Noël, où les salopards en tout genre, qu’ils soient gremlins ou humains (la vieille peau qui veut tuer un chien de ses propres mains) peuplent toute une ville, on sème la destruction dans un joyeux bordel, et surtout on hésite pas à devenir bien violents par moment (la mort via le siège électrique ça va quand même loin, c’est pas aujourd’hui qu’on verrait ce genre de scènes dans un film pour gosses :eheh: ).

Joe Dante s’éclate et ça se voit, non seulement parce que Gremlins lui permet de libérer pleinement son cinéma référentiel, mais aussi parce que ça lui permet de livrer un portrait assez équivoque sur l’american way of life. Je ne connais pas encore très bien le cinéma de Dante, mais visuellement ça a clairement de la gueule, et ça se lâche bien sur certaines scènes comme celle de la cuisine qui a peut-être bien inspiré quelques passages du Braindead de Peter Jackson (le gremlins dans le mixer :shock: :eheh: ). J’irais pas jusqu’à parler de grande mise en scène mais ça se tient très bien. Par contre, côté effets visuels, le film me paraît être un vrai tour de force : à quelques plans près où on sent de la stop-motion, les gremlins et Gizmo (adorable, encore et toujours) sont plus vrais que nature, comme quoi les trucages en dur c’est vraiment la base. Le décor de la place de la ville est le même que celui de Back to the future, et ça c’est cool (le genre de trucs à la con que seuls les cinéphiles remarquent :mrgreen: ). La musique de Goldsmith avec le thème mémorable fonctionne vraiment bien. Un film de Noël réalisé par un sale gosse : pas étonnant que Gremlins soit devenu un classique des fêtes de fin d'année.


7,5/10

Spy gone north (The) - 6,5/10

MessagePosté: Dim 25 Nov 2018, 19:29
par Alegas
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The spy gone north de Yoon Jong-bin
(2018)


Clairement l’un des films coréens récents qui m'intriguaient le plus, notamment avec son sujet en or, à savoir l’histoire vraie d’un espion sud-coréen qui a réussi à infiltrer le gouvernement du nord de la péninsule au point de rencontrer Kim Jong-Il en personne, avant de voler des secrets nucléaires. Bref, de l’or en barre qui donne un film qui frappe là où on ne l’attendait pas forcément. Le film est vraiment scindé en deux parties : une première très ciblée espionnage où ça se veut assez proche des écrits de Le Carré dans l’esprit, on pense même un peu à Tinker Tailor Soldier Spy dans le côté très procédural, mais au final c’est loin d’être la partie la plus réussie du métrage, la faute notamment à des problèmes de rythme. Sur ce point, on sent que c’est le réal de Nameless Gangster derrière, on y retrouve le même problème de récit très dense qui est tiraillé entre le choix de prendre son temps ou celui de raconter un maximum de choses très vite, et du coup ça donne quelque chose d’assez inégal, ce qui est un peu embêtant quand on traite de la façon dont un homme trompe son monde et la confiance de son entourage.

En revanche, le film se rattrape très bien sur sa seconde moitié sur une storyline que je n’attendais pas du tout : une amitié subtile entre un haut gradé nord-coréen et l’espion, qui laisse place à un propos qui n’est pas sans rappeler JSA, avec cette bonté humaine qui laisse l’espoir d’une possible réunification entre les deux peuples. Un film d’espionnage qui se transforme donc peu à peu en pamphlet pacifiste, c’est vraiment bienvenu vu le contexte géopolitique actuel des deux Corées, et surtout ça permet à Hwang Jeong-min (encore lui, décidément le nouveau grand acteur coréen à retenir) et Lee Sung-min de livrer des prestations exemplaires. Formellement, rien de marquant, c’est bien photographié et la réal est efficace, mais sans plus, même si il y a quelques morceaux de tension sympas (le passage où l’espion doit poser une puce sur un fax, ou encore la fameuse rencontre avec Kim Jong-il). Sinon, j’ignore comment ils ont pu réussir à recréer les environnements urbains de la Corée du nord, mais c’est assez bluffant de réalisme. A défaut d’avoir un grand film d’espionnage, on a un beau thriller dramatique humain, qui arrive même à être très émouvant dans ses ultimes scènes.


6,5/10

Mort suspendue (La) - 8/10

MessagePosté: Lun 26 Nov 2018, 21:33
par Alegas
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Touching the void (La mort suspendue) de Kevin Macdonald
(2003)


Ça faisait au moins dix ans que j’essayais de voir ce film, et après l’avoir raté sur notre Netflix national où il est resté très peu de temps, j’ai enfin pu mettre la main sur le dvd qui m’aura permis de découvrir le documentaire le mieux côté de la carrière de Kevin Macdonald. Je dis documentaire parce qu’à mon sens ça en est un, même s’il est vrai que le film a tendance à brouiller les pistes en empruntant beaucoup au cinéma de fiction : quand bien même on a les interviews des deux alpinistes et de leur ami, et que leurs paroles servent de voix-off tout le long du récit, on a tout de même la reconstitution live des évènements, ce qui fait qu’on oublie assez vite qu’on se retrouve devant un documentaire. Ce mélange, qui peut laisser place à de l’appréhension (j’avais moi-même quelques doutes sur le fonctionnement à long terme) s’avère finalement être le point fort du métrage : ce récit de survie est aussi haletant qu’un film de fiction bien troussé, et aussi précis que peut être l’histoire narrée par ceux qui l’ont directement vécu.

Et puis l’histoire, pour le coup, vaut son pesant de cacahuètes, et si je vais éviter de trop en dire sous peine de spoiler, je dirais juste que c’est l’histoire de deux alpinistes qui tentent de grimper une montagne péruvienne réputée très difficile d’accès, et qui vont se heurter à des problèmes sans précédents à partir du moment où l’un d’eux se casse une jambe. D’ailleurs, j’étais surpris à la vision du film car je m’attendais à ce que ce soit la montée qui soit relatée, et finalement au bout de vingt minutes les protagonistes sont déjà au sommet et c’est vraiment la descente qui va s’avérer être un enfer de plusieurs jours. L’autre gros point fort du film, outre le fait d’avoir les véritables alpinistes pour raconter leurs déboires, c’est surtout de n’avoir aucune langue de bois, et du coup le film surprend à plusieurs reprises lorsque, par exemple, un des héros n’hésite pas à dire qu’il pensait à tel moment qu’il fallait laisser son pote mourir pour que lui-même puisse survivre :shock: . Bref, on sent l’honnêteté qui parcourt le projet et ça fait plaisir, d’autant que ça permet de ressentir encore plus le côté humain de l’aventure. Et puis sans spoiler ça va quand même assez loin dans le genre récit de survie, et ça rejoint à peu de choses près le pitch de The Revenant par endroits, c’est dire à quel point les épreuves relatées dans ce film ont été difficiles.

Macdonald s’en sort vraiment bien formellement, déjà ça ne fait jamais documentaire à la reconstitution à deux balles, le fait d’avoir tourné le plus possible sur les lieux ou sur une montagne de remplacement fait que ça a un vrai cachet réaliste. Et puis le côté psychologique est vraiment bien géré : déjà le fait de dissocier les points de vus pour aller d’un alpiniste à l’autre fait sens (étant donné qu’ils se trouvent séparés une grande partie du film) mais il y a aussi cette façon de retranscrire peu à peu la folie dans l’esprit humain qui marche vraiment très bien, mention spéciale au passage sur du Boney M (ça paraît sûrement bizarre dit comme ça mais c’est vraiment une super scène :mrgreen: ). A ma grande surprise, je suis sorti du film épuisé par les aventures que je venais de voir, preuve que le film fonctionne vraiment très bien sur le ressenti pur, et c’est d’autant plus étonnant de la part d’un documentaire, genre où on a souvent tendance à créer une distance avec le spectateur. Un super film que je conseille ardemment.


8/10

Criminel (Le) - 6/10

MessagePosté: Mer 28 Nov 2018, 16:27
par Alegas
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The Stranger (Le Criminel) de Orson Welles
(1946)


Après les tournages de Citizen Kane et La Splendeur des Amberson, Orson Welles a une réputation de bel emmerdeur souhaitant sa totale liberté artistique, ce qui lui coûtera au final le tournage d’un troisième film sur lequel il sera remplacé. Alors que la Seconde Guerre Mondiale touche à sa fin, Welles décide de montrer patte blanche à Hollywood en acceptant de tourner une commande, sur un script sur lequel il n’aura aucun droit de modifications. Cela donne donc The Stranger, film que Welles a toujours considéré comme son plus mauvais, mais vu qu’il n’y a rien de moins objectif que l’avis de l’artiste sur sa propre oeuvre j’ai envie de dire que le bonhomme se trompait lourdement. Alors certes, c’est clairement pas un sommet de la carrière de Welles, et au final c’est un film très classique dans son ensemble, mais ça se regarde plutôt bien, notamment par son pitch de départ qui promet du potentiel, à savoir l’histoire d’un détective de police qui traque un ancien officier nazi venu se réfugier incognito dans les hautes sphères d’une petite bourgade américaine.

On sent que Welles n’a pas pu toucher au script, et ça se ressent clairement sur les liens entre personnages qui sont réduits à ce qu’il y a de plus simple, là où une histoire pareille pouvait laisser entrevoir énormément d'ambiguïtés. Du coup, le film souffre pas mal de son côté propagandiste, et c’est peut-être d’ailleurs pour ça que Welles s’est attribué le rôle du nazi, dans l’espoir d’en faire autre chose qu’un bad-guy sans nuance. Le film possède quelques scènes assez marquantes : toute l’introduction avec la traque puis la rencontre entre les deux nazis captive, et le climax final est vraiment bien foutu avec un duel dans un clocher et une mort bien graphique pour l’époque. Malheureusement, c’est sans compter un ventre mou en milieu de métrage qui empêche ce dernier d’être intéressant de bout en bout. Welles aurait peut-être pu en tirer un bien meilleur film avec des mains dénouées de liens, mais en l’état ça reste quand même un film pas désagréable à regarder.


6/10