7,5/10
Gou Zhen de Guan Hu - 2024
J'avais capté que ça allait être un film d'auteur chinois avec la caution Cannes forcément mais j'ai été surpris avec le nom du réalisateur qui à la base est un réalisateur de blockbuster chinois (voir propagandiste même) et là on est 1000 lieux de ça. C'est un drôle de film que voilà, c'est compliqué d'en parler je trouve car à l'écran on est devant une espèce de western social post apo muet avec donc une vibe auteurisant et clairement ce que j'avais vu jusque là de ce cinéma chinois m'avait pas du tout emballé pour être gentil. Ici c'est donc une chouette surprise, déjà le film est beau, c'est un bon point et à partir de là j'ai été captivé par ce que je voyais même si il y a un coté vraiment minimaliste et le film est vraiment pas bavard du tout avec son lead mutique (et donc taiseux et solitaire).
J'ai été captivé par cette manière de filmer quasiment qu'en plan large, ça donne un effet assez bizarre car on a toujours l'impression d'être loin de l'action sans que ce soit jamais un problème pour l'empathie, on est devant un film d'atmosphère où le récit et son personnage se construisent en pointillé, rien n'est surligné tout se fait fait naturellement. On va suivre ce personnage qui sort du prison (truc classique), il est en liberté provisoire et doit rester dans une certaine zone (zone très importante pour le film d'ailleurs), une zone qui se révèle être proche du désert de Gobi juste avant l'ouverture des JO de Pékin en 2008 (c'est quelque chose qui est en toile de fond pendant le récit avec la radio toujours là pour le rappeler avec sa propagande et la frénésie d'un tel événement dénote forcément avec ce bled perdu au milieu de nul part). Et ce meurtrier involontaire va bosser dans une brigade de chasseurs de chiens errants qui est surtout à la poursuite d'un lévrier noir badass peut être porteur de la rage et évidemment notre héros va se lier ce chien, paria comme lui, et c'est parti pour un récit où tout est suggéré où il ne faut pas trop chercher de cohérence narrative, il faut juste se laisser porter par ce qu'on voit et ce qu'on voit c'est la solitude d'un homme va se retrouver dans ce chien. Tout ça avec ce décors post apo avec ce désert immense (personnage à part entière de ce film) et cette ville désertée et où on a vraiment l'impression de voir des survivants dans un film post apo. Et d'ailleurs avec un tel bled on aurait pu avoir un truc qui aurait pu aller dans le misérabilisme mais le film évite avec brio cet écueil.
Le film dégage par moment une belle poésie, le plan final est vraiment beau pour le coup et s'éloigne du truc nihiliste qu'on a vu juste avant et termine donc le film sur une note positive.
C'est un peu foutraque tout ça mais ce qui faut retenir c'est que c'est un beau film avec une vraie authenticité.



