
Le mot de Cambronne de Sacha Guitry
(1937)
(1937)
Les années 30 sont le début d’une période faste pour Guitry, qui enchaînera les films à une fréquence particulièrement conséquente jusqu’à sa mort, et ce film peut clairement être vu comme une petite récréation entre deux plus gros projets. Dès le début, le ton est donné avec Guitry qui présente lui-même la note d’intention : une comédie en un seul acte, sous la forme d’un moyen-métrage, dédiée à Edmond Rostand, que Guitry avait connu, et qui lui avait apparemment soufflé l’idée même de cette histoire, elle-même basée sur une petite légende militaire de l’époque napoléonienne. Au premier abord, rien de particulièrement exceptionnel : quatre personnages, une unité de lieu, le tout tournant autour d’un seul enjeu, à savoir connaître le fameux mot que le personnage du général Cambronne aurait prononcé à Waterloo. Si on rajoute à cela le fait que Guitry, malgré quelques gros plans, reste globalement très sage en termes de mise en scène, on pourrait facilement parler ici de théâtre filmé sans le moindre doute.
Pour autant, il y a dans ce film la qualité habituelle de Guitry, à savoir le pouvoir des mots et leur agencement, et c’est clairement de ce côté là que le métrage se défend particulièrement bien. Hommage à Rostand oblige, tout y est écrit en vers (dommage que Guitry n’ait pas poussé encore plus loin le délire en employant l’alexandrin, même si je me doute que l'exercice aurait été compliqué), et cela fait toute la différence. Plus qu’une comédie, à ce stade j’appelle ça de la poésie tellement les dialogues sont bien écrits et savoureux, et même si je pourrais émettre une réserve sur l’une des comédiennes qui surjoue de l’accent anglais, ça ne rompt pas pour autant le charme que peut avoir le reste, entre les punchlines qui fusent et le gag final. Nul doute qu’entre d’autres mains, j’aurais été moins réceptif, mais là, avec Guitry aux commandes, et qui s’octroie en plus le rôle du général, j’ai vraiment trouvé ça délicieux à suivre, alors qu’encore une fois, sur le papier, ça a tout du projet que je pourrais rejeter en bloc.
Pour autant, il y a dans ce film la qualité habituelle de Guitry, à savoir le pouvoir des mots et leur agencement, et c’est clairement de ce côté là que le métrage se défend particulièrement bien. Hommage à Rostand oblige, tout y est écrit en vers (dommage que Guitry n’ait pas poussé encore plus loin le délire en employant l’alexandrin, même si je me doute que l'exercice aurait été compliqué), et cela fait toute la différence. Plus qu’une comédie, à ce stade j’appelle ça de la poésie tellement les dialogues sont bien écrits et savoureux, et même si je pourrais émettre une réserve sur l’une des comédiennes qui surjoue de l’accent anglais, ça ne rompt pas pour autant le charme que peut avoir le reste, entre les punchlines qui fusent et le gag final. Nul doute qu’entre d’autres mains, j’aurais été moins réceptif, mais là, avec Guitry aux commandes, et qui s’octroie en plus le rôle du général, j’ai vraiment trouvé ça délicieux à suivre, alors qu’encore une fois, sur le papier, ça a tout du projet que je pourrais rejeter en bloc.
7/10







(chef opérateur qui bossera plus tard avec Carné, Dassin et Ophüls, excusez du peu), mais en plus il y a une variété dans la mise en scène qui s’accorde totalement avec les changements de tons/genres évoqués plus haut. L’occasion pour Duvivier de montrer tout son talent de formaliste, que ce soit dans les ralentis d’une danse pour souligner le fantasme mélancolique (sérieusement, est-ce qu’il y a des ralentis aussi réussis dans d’autres films de cette époque ? 