Ossessione (Les amants diaboliques) de Luchino Visconti
(1943)
Je ne suis pas un gros fana du cinéma de Visconti, j’aime bien sans plus, mais je ne désespère pas de trouver un film qui arrive à me convaincre totalement, mais malheureusement ça ne sera pas avec ce film qui se tape pourtant une belle réputation, notamment parce qu’il est considéré comme le film ayant véritablement lancé le néo-réalisme italien, qui sera popularisé deux ans plus tard avec Rome ville ouverte. Concrètement on est devant une adaptation de Le facteur sonne toujours deux fois, mais qui ne dit pas son nom, a priori parce que Visconti n’avait pas les droits et avait donc repris l’histoire transposé dans l’Italie des années 40. Mais du coup l’histoire reste la même : un vagabond qui rencontre une femme malheureuse dans son mariage, coup de foudre entre les deux, complot pour tuer le mari, meurtre, puis tentative de vie à deux après cet acte, qui aboutira sur un final tragique.
Le souci, c’est qu’à mon sens le couple au centre du récit n’a pas vraiment l’alchimie requise pour fonctionner, et autant chacun des deux, pris indépendamment, est convaincant en termes d’interprétation, autant c’est impossible de croire à ce coup de foudre soudain car les deux ne fonctionnent pas ensemble. Je pense que ça aurait été nettement plus intéressant de traiter leur relation non pas à travers les sentiments, mais plutôt à travers la fougue de la sexualité, mais du coup dans l’Italie de l’époque c’était peut-être pas spécialement évident à faire. A partir de là, j’ai du mal à m’intéresser à ce couple condamné à se planter, d’autant qu’à côté de ça arrive le second point négatif du métrage, à savoir sa longueur. Visconti est un habitué des films à rallonge pas toujours justifiés, et là clairement 2H20 c’est beaucoup trop, on pourrait facile enlever 30 minutes du film pour le rendre plus efficace et sans que ça ne gêne l’écriture des personnages.
A cela s’ajoute le fait que le film, à mon sens, manque cruellement de scènes marquantes, et quand je vois la scène du meurtre, qui aura finalement lieu hors-champ, je me dis que Visconti s’intéresse vraiment uniquement à ses personnages, et pas du tout aux situations qu’il est censé mettre en scène. Bref, j’en ressors déçu, car autant je vois bien l’aspect historique du film avec le récit centré sur les classes populaires et le tournage dans des lieux réels, autant ce que ça raconte ne m’intéresse pas des masses.
5/10