A Night at the Opera

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Modérateur: Eikichi Onizuka

A Night at the Opera

Messagepar Olrik » Sam 07 Déc 2019, 22:06

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Le cinéma, c'est bien. La musique aussi. Et le théâtre aussi, ça peut le faire. Mais quand on a la conjonction des trois et que c'est réussi, alors là pardon ! mais c'est difficile de faire mieux.

À une époque où de plus en plus de cinéastes succombent aux sirènes de l'opéra (dernier en date, James Gray et sa version des Noces de Figaro), il peut être intéressant de s'offrir une tranche de spectacle total sur grand écran (merci le Metropolitan), spectacle total garanti sans super-héros de blockbusters débilitants, avec la magie d'une scénographie à l'ancienne et le tour de force d'associer des machineries parfois pharaoniques avec un temps réel qui demande à chacun de sortir le meilleur de lui-même. Ici pas d'acteurs jouant péniblement devant un fond vert. Juste des artistes devant mémoriser un rôle, être capable de le chanter, de le jouer, d'avoir une parfaite maîtrise de l'espace tout en essayant d'avoir une présence. Et sans merder une seule fois, c'est encore mieux tant qu'à faire.

Bref, assister à un opéra, c'est se goinfrer d'images et de sons jusqu'à plus soif, en espérant que le spectacle tendra le plus possible vers la perfection qui, comme chacun sait, n'est pas de ce monde. Et pourtant, une fois le rideau tombé, c'est parfois très dur de revenir à une réalité qui apparaît subitement imparfaite comme jamais.
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Akhnaten (Philip Glass - Metropolitan opera - 2019)

Messagepar Olrik » Dim 08 Déc 2019, 13:41

Je copie-colle le retour d'Akhnaten publié sur un de mes blogs. Hop !

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Cela faisait un certain temps que l’envie me démangeait sans que je trouve le temps ou simplement l’envie sur le moment de le faire, mais il y a quinze jours je me suis enfin décidé à sauter le pas. Pour faire quoi ? Acheter un ticket afin de suivre sur grand écran et en live un spectacle du « Met », alias le Metropolitan Opera de New-York. Depuis quelques années le programme est rôdé : le Met propose une dizaine d’opéras qui sont diffusés en live par satellite dans plusieurs centaines de salles de cinéma à travers le monde. Comme il s’agit à chaque fois de la représentation que l’opéra propose en début d’après-midi le samedi à New-York, on se retrouve avec le décalage horaire à une séance lyrique commençant à 19 heures et pouvant durer jusqu’à 23 heures, de quoi s’en mettre agréablement plein les yeux et les oreilles et de faire juste après de beaux rêves.

Ma relation avec l’opéra a jusqu’à présent toujours été une sorte de rendez-vous manqué. Quand j’étais étudiant, j’ai pu consacrer des heures à l’écoute in extenso d’opéras tout en suivant leur livret. Il y avait un plaisir certain, comme la sensation d’être dans une bulle de temps faite de notes et d’images mentales. Cela pouvait peut-être me suffire alors mais bien des années plus tard, alors que j’ai retenté l’expérience, je me suis aperçu que lire un texte tout en me calant avec le rythme du chant des interprètes me gonflait un peu. Il y a quelques mois je me suis procuré le bluray audio du Ring interprété par Solti et j’ai retenté l’aventure en suivant sur ma tablette le livret, ça n’allait pas. J’étais distrait, j’avais soit un temps d’avance, soit un temps de retard sur le chant et cela devenait franchement fastidieux.

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C’est en entendant un de mes collègues de travail clamant qu’il avait hâte que la saison du Met reprenne que je me suis rappelé l’existence de ces diffusions en mondovision. Je jetai un œil sur le programme 2019-2020 : un opéra de Philip Glass, le troisième de sa trilogie (Akhnaten) était proposé fin novembre. Comme j’ai toujours aimé l’œuvre du représentant le plus connu du minimalisme américain et que j’ai toujours apprécié cet opéra (avec cependant une petite préférence pour Satyagraha), j’ai senti que j’allais enfin tenter l’expérience.

Avant cela, je me suis un peu fait la main, ou plutôt les yeux et les oreilles, en récupérant sur le net les versions de 2011 du Ring, celles avec Bryn Terfel dans le rôle de Wotan. Grand moment de plaisir qui me fit comprendre que l’opéra sans les images, c’est sympa, ça peut être suffisant pour procurer du plaisir, mais que cela fait aussi passer à côté de quelque chose. Ce « quelque chose », c’est par exemple la magie des dernières mesures de l’Or du Rhin, alors que les dieux se rendent au Walhalla au milieu d’un décor astucieux et alors sidérant de beauté, avant qu’un habile fondu de l’image projetée ne laisse apparaître une kyrielle d’étoiles. Avec le tonnerre d’applaudissements qui a suivi, je dois dire que je n’en menais pas large dans mon canapé, comme mis K.O. par tant de brio et de beauté. J’allai me coucher un brin groggy mais bien décidé à enchaîner avec les trois autres opéras du cycle avant d’aller voir Akhnaten.



La Valkyrie, Siegfried et Le Crépuscule des Dieux ont été vus, ainsi que d’autres titres qui m’ont prouvé l’intérêt qu’il pouvait y avoir à suivre des opéras avec non pas un livret sous les yeux mais des sous-titres permettant de capter au minimum l’attention et sans que cela ne porte préjudice au plaisir visuel et auditif.

Sans aller jusqu’à dire que je suis devenu accro à l’opéra, c’est en tout cas devenu un loisir culturel assez fréquent. Et ce n’est pas l’expérience du Met au cinéma qui m’a fait changé d’avis, au contraire. Pour l’occasion, j’ai dû prendre la voiture pour me rendre au cinéma d’une ville à vingt-cinq bornes de chez moi, le cinéma de ma ville, morne complexe familial, ne proposant pas le programme du Met. Au guichet il a fallu choisir entre les places hautes (21€) et les places basses (19€). Je souhaitais me placer bien en face de l’écran et à peu près au milieu de la salle mais pas de bol, toutes les places avaient été réservées. J’optai alors pour une place sur la rangée juste après la dernière rangée des places hautes. Elle était en fait en face d’une allée latérale et destinée à accueillir principalement les fauteuils roulants. Comme personne n’avait apparemment réservé, j’optai pour une place à cette rangée. Bien m’en a pris : j’étais suffisamment en recul par rapport à l’écran pour bien apprécier et cela me permettait surtout de confortablement étendre mes longues cannes, important pour une séance marathon.

En m’installant je jetai un œil au public : quelques cheveux poivre et sel, des cheveux gris et encore plus de cheveux blancs. Apparemment j’étais en compagnie des notables de la ville qui avaient envie de se payer une bonne grosse soirée culturelle. En tendant l’oreille je compris que la musique de Philip Glass allaient être une première pour pas mal d’entre eux. Je ris sous cape, cela promettait des commentaires aigre-doux à l’entracte.

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La salle du Met. Le public y est un peu plus multi-générationnel.


Alors qu’il y avait vingt minutes à attendre avant le lever du rideau, les caméras du Met diffusaient déjà des images de l’effervescence qui se jouait en coulisses. Une chanteuse en habit de soirée se promenait pour y interviewer ça et là la costumière, le metteur en scène ou tel acteur. Pas désagréable mais je me suis demandé si voir tous les machinistes s’affairer pour mettre en place les décors n’ôtait pas un peu de la magie à l’expérience. Le tout en anglais et sans sous-titres, ce qui ne manqua pas de faire grincer les râteliers juste derrière moi. En tout cas plutôt plaisant, surtout lorsque l’on se dit que tout ceci se passe au même moment de l’autre côté de l’océan.

Puis arriva la minute M. La chef d’orchestre (Karen Kamensek) fait son entrée sur scène sous les applaudissements, salue brièvement puis passe aussi sec aux choses sérieuses avec le prélude :


Le tempo était plus rapide que la version à laquelle j’étais habitué mais ce n’était pas grave, j’avoue qu’entrendre ces notes glassiennes avec les effets visuels qui étaient projetés me laissa tout de suite augurer du meilleur. J’attendais fébrilement la première intervention de l’esprit d’Amenothep III et son « Open are the double doors of the horizon ». Je ne fus pas déçu, incarné par un solide gaillard charismatique (Zachary James), la diction (c’est un rôle parlé) claquait bien et lançait joliment le premier morceau de choix avec les funérailles d’Amenothep et le sacre d’Akhnaten. Morceau à la fois imposant et enivrant dans sa manière d’entremêler chœurs et percussions :

Comme j’ai vu le spectacle il y a quinze jours j’ai eu le temps d’oublier pas mal de détails. J’ai souvenir cependant d’une parfaite utilisation de l’espace scénique montrant tous les préparatifs pour le « départ » du sarcophage d’Amenothep alors que dans une autre partie de la scène se déroulaient ceux de l’« arrivée » d’Akhnaten au pouvoir. Le tout avec des costumes mêlant anachronisme (blouses blanches des personnes préparant le corps d’Amenothep, chapeau haut de forme surmonté d’une tête de mort pour l’un des grands prêtres) et luxuriance stylisée (le costume d’Akhnaten), mais aussi force numéros de jonglage.
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C’était un des éléments sur lequel a joué pour faire la pub de cet opéra : le metteur en scène avait fait appel à une troupe de jongleurs qui allait suivre les différentes étapes du règne d’Akhnaten. A priori une bonne idée. C’est du moins ce que je me suis dit au début avant de déchanter à la fin du premier acte. En effet, mettez un jongleur sur une scène, c’est plus fort que vous, vous ne pourrez vous retenir de le suivre des yeux. Alors mettez-en dix et vous pensez bien que ça va être une attention permanente, limite parasite par rapport à la musique et à l’attention portée au reste de la scénographie. Et quand en plus un des jongleurs commence à piner lamentablement, cela finit par égratigner sérieusement la magie et l’hypnotisme de la musique et du moment. C’est ce qui est arrivé à la fin du dernier morceau. Un des jongleurs a fait tomber une de ses balles. Pas grave, il a alors fait le geste de se prosterner en guise d’excuse, moyen qui permettait d’éviter d’avoir la vision d’un jongleur ramassant piteusement sa balle. Alors qu’il se prosternait à genoux, le gus récupéra sa balle discrétos et le tour était joué. Mais cinq secondes plus tard, re-pinade ! Complètement désynchronisé, sans doute terrifié à l’idée de se dire qu’il était vu par des centaines de milliers de spectateurs à travers le monde, il chia dans la colle une troisième, puis une quatrième fois. Il avait commencé avec quatre balles dans les pognes, il termina la scène avec une seule ! Super le jongleur professionnel ! Et il était bien difficile de ne pas pouffer en voyant le désastre. Seulement voilà, j’aurais préféré faire l’économie du sardonisme pour mon fondre plutôt dans la magie du moment.
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Passage réussi où les jongleurs firent un sans faute. C’est heureux, le contraire aurait été atroce à ce moment du récit.

Après avoir lu des critiques élogieuses sur le spectacle, je m’étonne que personne n’ait fait des réserves sur la forte présence des jongleurs. Quand ça fonctionnait, cela pouvait être fort beau. Mais encore une fois, ça captait trop l’attention, et quand ça foirait (et cela n’a pas foiré qu’au premier acte, croyez-moi !), j’avoue que c’était insupportable. C’est que l’on a soif de perfection quand on va à l’opéra et là, c’est l’imperfection qui s’invite sans crier gare et potentiellement de manière grotesque (le mec a dû se faire incendier à l’entracte).

Pendant que j’y suis, une autre réserve : l’absence de sous-titres ou plutôt, une présence partielle que je n’ai pas comprise. Akhnaten étant un opéra mélangeant égyptien ancien et anglais, on pouvait espérer avoir les passages en égyptien sous-titrés, comme le livret original proposait de toute façon la traduction. Mais non, pensant que la distribution du programme avec le détail des actes ainsi que la traduction des passages en anglais pouvaient suffire à la compréhension, le metteur en scène (si c’est lui le responsable de cette décision) a shunté la traduction des passages en question. Peut-être y avait-il là le désir de donner une aura mystérieuse accentuant immersion dans cet univers tellement déconnecté du nôtre. Mais pour avoir vu des vidéos sur youtube où des représentations étaient accompagnées de la traduction, je peux dire que c’est tout autant immersif. A noter que le même problème s’est produit il y a quelques années avec l’adaptation de Satyagraha, qui faisait cette fois-ci l’économie de la traduction du sanskrit.

Bref, malgré cela j’ai tout de même goûté mon plaisir. Ce qui n’était pas le cas de quelques vieilles qui, alors que le premier entracte commençait, daubait quelque peu sur l’aspect répétitif de la musique de Glass. Je sentis que ce genre de saillies pouvait potentiellement me les briser à la longue. Aussi décidai-je de me lever pour me rendre au bar du cinéma où un verre de champagne était proposé aux spectateurs ainsi que des boites de gâteaux Delacre. Et ouais ! c’est aussi ça la magie de l’opéra. Le tout-venant se goinfre de mauvais popcorn et de barres chocolatées en matant du blockbuster de merde. L’amateur d’opéra, lui, sirote son glass de champ’ en attendant que la magie reprenne. Pas dégueulasse d’ailleurs, le champagne offert. Par contre je ne pourrais pas dire la même chose des gâteaux puisque je n’ai presque pas eu le temps de m’en coincer quelques-uns dans les mâchoires. Il faut vous dire ici une chose : en ce qui concerne les sucreries, les vieux sont terribles. Un véritable retour en enfance. En moins de cinq minutes, les cinq boites Delacre ont été intégralement ravagées ! Les mecs et leurs gonzes ont des dents démontables en carton, mais quand il s’agit de bouffer du sucre, c’est de la vraie mastication de compét ‘ ! Amusé mais un peu agacé (j’aime bien le sucre aussi, merde !), j’allai demander au loufiat de me servir une deuxième verre de champ’, c’était bien là la moindre des choses.
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A l’origine j’avais demandé à Mme Olrik de m’accompagner vêtue aussi originale et sophistiquée que les costumes d’Akhnaten- elle a refusé, préférant de toute façon rester à la maison. Dommage, cela aurait envoyé la soirée au delà de la perfection. Au lieu de cela, j’ai eu droit à ça.


En le sifflant, je me rappelai que j’avais laissé dans la salle toutes mes affaires : ma liseuse, mon portable et mon larfeuille. Bye jove ! Manquerait plus qu’un des vieux me barbote tout cela après avoir fait disparaître tous les gâteaux comme le meilleur des pickpockets des Champs Elysées ! Je filai dare-dare à la salle pour retrouver mon fauteuil (assez confortable d’ailleurs) avec tous mes biens et attendre le début du deuxième acte. A l’écran, les caméras continuaient de filmer ce qui se passait en coulisse, en attendant quelques interviews menés par la même présentatrice. Toujours sympa et en même temps inutile. On voit les acteurs dépouillés de leur rôle et s’exprimer comme dans la vraie vie, plaisanter avec la présentatrice, se répandre dans une politesse outrancière toute américaine. A l’exception de quelques-uns qui savaient conserver une certaine retenue, une certaine classe, cela entamait le charme nimbé de perfection qui se dégageait de leur personne durant leur performance.

En tout cas j’attendais l’acte II de pied ferme et notamment son final, le morceau Hymn dans lequel Akhnaten chante la gloire de son nouveau dieu, Aten. Mon passage préféré et sans doute celui le plus réussi de cet opéra. Précédé de la scène 3 (The City – Dance), j’eus la surprise de voir l’acteur baraqué jouant l’esprit d’Amenothep se mettre lui aussi à tâter du jonglage ! Et avec réussite qui plus est, le gars réussissant joliment ses passes de balles compliquées avec les autres jongleurs. Seulement, alors qu’il n’y en avait plus que quelques unes à réaliser, sentant sans doute que c’était bon, il allait réussir à la perfection son combo, patatras ! trois balles sur les quatre qu’il tenait se sont cassées la gueule, parasitant encore une fois l’attention du spectateur. Hymn avait là une piètre introduction. Néanmoins cela fut compensé par la scénographie de l’instant, particulièrement réussie, et la présence d’Anthony Roth Costanzo dans le rôle-titre. Présence et capacité de se mouvoir particulièrement impressionnante. Déjà, dans l’acte I, le voir descendre au ralenti des marches assez haute en contrôlant parfaitement les efforts musculaires pour ne pas faire le moindre faux pas m'avait rendu admiratif. Là, c’était l’inverse, il fallait monter un escalier, vêtu d’une longue toge sur laquelle il fallait évidemment éviter de marcher. La moindre erreur et le charme de l’instant pouvait être brisé. Mais Costanzo s’en est tiré comme un chef et pouvait commencer à entonner le fameux hymne.
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Et c’est là que… je ne vais pas dire horreur ! mais déception ! Très loin de la voix originale de Paul Esswood (lors de la première représentation en 1984 et de l’enregistrement pour CBS en 1987), celle de Costanzo, moins irréelle, plus criarde, s’est empêtrée dans de laborieux effets de crescendo qui ont rendu particulièrement pénible ce final de l’acte II. Et pourtant tous les voyants étaient au vert : le scénographie, l’atmosphère, les déplacement, le charisme du personnage principal mais cette voix, qui déjà m’avait laissé perplexe au premier acte, décidément non. Les ultimes notes ne furent pas sans avoir une certaine grâce et j’entendis bien dans la salle qu’elles avaient porté, si j’en croyais certains murmures élogieux, mais sans doute aussi trop habitué à ma version discographique, il m’était impossible de m’habituer à la voix de Costanzio que j’ai trouvée sur le coup limite disgracieuse.


Il n’y avait pas de champagne proposé au deuxième – et dernier – entracte. J’en aurais pourtant eu besoin pour atténuer ma déception. J’avais cependant apporté mon mug thermo et plusieurs lampées de café chaud eurent tôt de me consoler, tout comme la lecture sur ma liseuse de quelques pages de César Birotteau. Derrière moi, les vieux échaudés se demandaient s’ils allaient rester jusqu’au bout. A l’écran, Zachary James rigolait un brin gêné de l’évocation de sa participation aux numéros de jonglage tandis que Costanzo, gai, gay et hystérique, recevait hilare, très crispant, loin du flegme d’Akhnaten, les compliments de la présentatrice. Mouais, décidément pas forcément une bonne idée ces interviews.

L’acte III reprit. Au programme : noir c’est noir. Akhnaten se complaît dans une vie sans histoire et sinistre en compagnie de sa femme Nefertiti (Ah ! j’allais oublier, la scène d’amour entre Nefertiti et Akhnaten à l’acte II a été jouée avec un certain brio, aucune réserve là-dessus) et de ses six filles qui ont tout de momies vivantes. C’est sombre, mélancolique, et plutôt réussi, mais j’imagine que les vieux derrière moi se sont alors maudits d’être restés.

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Nefertiti et Akhnaten


Ça s’anima néanmoins avec la scène 2. Normal, il s’agissait de l’attaque des partisans du Dieu Amon pour tuer ce pharaon qui avait eu l’audace d’instituer une religion monothéiste. J’ai un souvenir assez confus de la scène mais je me souviens qu’elle associait assez bien une profusion des personnages avec une lenteur des déplacements qui rendaient édifiante la chute d’Akhnaten. Là aussi, Costanzo, tant qu’il ne l’ouvrait pas pour chanter, était très bon dans sa présence scénique.

Arrive la scène 3 (The Ruins), avec la particularité anachronique d’avoir dans une partie de la scène, tandis que dans l’autre on assiste à l’inhumation d’Akhnaten, des étudiants dans un bus avec leur guide (joué par Zachary James, également excellent dans ce rôle) visitant les ruines de la ville fondée par Akhnaten. A l’intérieur du bus, les étudiants n’écoutent pas, préférant sa balancer des boulettes de papier évoquant… les balles de jongleurs ! Idée toute simple mais pertinente et qui m’a alors rendu presque sympathique cette idée d’omniprésence de numéros de jonglage. Maladroitement, un étudiant lance trop loin une boulette qui tombe au pied du guide. Par rapport aux balles si glorieusement lancées au ciel sous le règne d’Akhnaten, il y a là un saisissant effet d’écho que j’ai trouvé très réussi.
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Zachary James


De même, à l’épilogue, on assiste à un ultime numéro de jonglage au bout duquel tous les jongleurs laissent retomber leurs balles (pas par maladresse, cette fois-ci c’était voulu!). Ces balles, finalement symbole de la gloire d’Akhnaten, ne sont plus que de vulgaires cailloux que d’étranges créatures, des humains à quatre pattes faisant penser à des léopards, balayent négligemment de leurs pattes en traversant les ruines. Dernières images édifiantes concluant le règne éphémère d’Akhnaten. Le tonnerre d’applaudissement qui suivit (parmi le public du Met, je précise, pas celui qui m’accompagnait) était plutôt logique par rapport à cet acte III et, allez ! l’ensemble de l’œuvre représentée.

Pour moi, alors que j’étais dans ma caisse pour faire les vingt-cinq bornes qui me séparaient de mes pénates, c’était un mélange de contentement et de déception. Et une certitude aussi, celle qu’assister à un opéra du Met dans ces conditions, valait largement le déplacement et mes vingt euros. En attendant le prochain, les semaines s’annonçaient sévèrement lyriques et glassiennes à travers les enceintes de mon home cinéma. Et ce sans ruminations de troisième âge derrière moi.
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