♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦Le vélo de Ghislain LambertFilm de Philippe Harel · 1 h 59 min · 2001 (US)
♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦Belge qui rouleFausse comédie douce-amère plutôt réussie, à laquelle il ne manque qu’une mise en scène plus inspirée pour marquer davantage la rétine. Dommage, en effet, de ne pas trouver dans Le Vélo de Ghislain Lambert la seule qualité qui me permet habituellement de tenir plus de cinq minutes devant le Tour de France : la captation de la beauté certaine des paysages traversés par des forcenés de la pédale bien décidés à prouver leur endurance.
Tout cela pour dire que je n’y connais pas grand-chose en matière de cyclisme, sinon qu’il est question d’actionner quelques groupes de muscles et un palpitant en forme pour combiner endurance et explosivité, le tout dans des jeux de rôles en équipe nécessaires pour mettre dans les meilleures condition le champion de chaque écurie.
Pour autant, le personnage de Ghislain Lambert m’a semblé étonnamment universel dans sa quête un peu vaine d’une réponse à la grande question que l’on se pose tous — celle à laquelle un certain groupuscule répond par le chiffre 42. Il est ici question d’actes manqués, beaucoup, de rapports sociaux hésitants, un peu moins, de petites victoires qu’il faut parfois accepter, et, au fond, d'acceptation.
Sur ce terrain-là, Benoît Poelvoorde livre sans doute l’un de ses rôles les plus justes — et peu évident — naviguant avec aisance entre comique pince-sans-rire d’attitude et mélancolie sourde, sans jamais verser dans le misérabilisme. Une belle partition, soutenue par des seconds rôles finement dosés, à l’image d’un José Garcia que l’on sent volontairement contenu, sa fougue étant soigneusement réservée pour un assaisonnement tardif qui file la banane.