6.5/10
A Dry White Season de Euzhan Palcy - 1989
Alors forcément si on le regarde avec les yeux d'aujourd'hui on pourrait qualifier le film de manichéen, voir terriblement manichéen, mais on est devant un film où c'est absolument pas un problème. Si on le remet dans le contexte de l'époque, l'Apartheid existait encore, c'est un film nécessaire et même plutôt couillu (évidemment ce n'est pas tourné en Afrique du Sud mais au Zimbabwe). On suit le parcours de Donald Sutherland (très bon) qu'on peut qualifier de afrikaner moyen, un descendant des colons hollandais qui vit tranquillement sa petite vie mais la mort de 2 noirs proche de lui vont remettre en questions ses convictions et il va découvrir en voulant aider la veuve a établir la vérité, il va découvrir LA vérité sur cette abomination légalisée qu'est l'Apartheid (et merveilleux choix que le comédien Jürgen Prochnow pour incarner un officier sans pitié qui agit comme en enculé en toute légitimité ce qui le rend encore plus glaçant). En prenant ce chemin il perdra aussi ses proches qui ne comprendront pas son combat, un combat perdu d'avance, même si le film se termine par un message d'espoir.
Le film ne prend pas de gant et n'hésite pas à montrer des images chocs : des gamins tués lors de manifestation, tortures généralisées, pauvreté et ghetto, et le procès où on retrouve Marlon Brando (dans peut être son seul bon rôle de fin de carrière) en avocat cynique et désabusé, n'est qu'une parodie de justice où la justice est un mot qui n'existe pas. Ca montre juste que le système était pourri jusqu'à la moelle et que l'Apartheid était vraiment généralisé.
Après c'est typiquement le genre de film de film où le sujet prend le pas sur les qualités cinématographique, car même si tout le monde joue bien, y a pas vraiment de cinéma, c'est filmé platement, ça manque de grand moment de cinéma et même si c'est louable de vouloir s'effacer devant le sujet, ici c'est pas s'effacer c'est juste manquer de talent.
Une leçon d'histoire nécessaire, mais bon tout le monde ne s'appelle pas Spielberg et donc c'est juste sympa.



