Un film qui a été la porte d’entrée vers le cinéma indien pour beaucoup de monde au début des années 2000, puisque ce film, avec
Lagaan et
Devdas, avait été l’un des premiers à être exporté massivement à l’international, ce qui lui avait permis de connaître un certain succès à l’époque. Mais pour le coup, contrairement à
Lagaan, j’ai tendance à trouver que celui-là ne vieillit pas forcément bien. Déjà, il faut se mettre en tête que c’est du mélodrame à l’indienne, avec tout ce que ça implique : les violons sont de sortie TOUT LE TEMPS, les plans sont composés à 30% de ralentis sur des gens qui se regardent, les bons sentiments sont exacerbés, bref il faut clairement savoir dans quoi on s’aventure, sous peine de tomber de très haut

. L’avantage, c’est que le film annonce d’entrée la couleur, ce qui fait qu’on sait très vite si ça passe ou ça casse (c'est un film dont on peut aisément se moquer donc clairement pas pour les cyniques). De mon côté, j’avoue avoir eu un peu de mal avec toute la présentation de la famille, mais dès que le récit commence, notamment l’histoire d’amour qui sera la raison de la rupture familiale, j’étais plutôt dedans.
Globalement, c’est un film dont je ressors assez partagé, car quand bien même j’ai été pris par la majorité de l’histoire, il y a tout de même un bon tiers que j’ai trouvé beaucoup trop long, étiré, et souvent insupportable, et c’est globalement la troisième heure que je vise ici. C’est simple : dès que l’action se déroule à Londres, j’ai pas vraiment l’impression de regarder le même film, on perd tout le côté traditionnel que faisait le charme de l’ensemble jusqu’ici (encore que j’aurais à redire sur le fait qu’on passe la totalité du film dans des maisons et appartements luxueux, avec des belles bagnoles et fringues, bref avec des gens dont on sent que l’argent n’a jamais été un problème, mais passons

), et on se tape à la place des montages à la con genre celui sur du Geri Halliwell

, et des storylines particulièrement poussives comme celle des deux frangins dont l’un ignore l’identité de l’autre, là pour le coup ça en fait vraiment trop, et ça allonge le film de manière très artificielle. C’est con car encore une fois il y a un peu plus d’une moitié de film qui se tient très bien, qui arrive à être même parfois émouvante malgré les énormes ficelles narratives (mais c’est assumé donc ça passe), mais voilà il y a un bon tiers de métrage qui est pas loin d’être à jeter en ce qui me concerne (et c’est beaucoup sur un film de 3H30

).
Formellement, c’est pas ouf car outre le fait que ça en fasse des tonnes dès que ça veut transmettre au spectateur l’émotion d’un personnage (si la maman est triste ou si l’une des héroïnes tombe amoureuse, tu n’as pas d’autre choix que de le comprendre, avec deux minutes de ralentis

), j’ai globalement trouvé que le film n’avait pas vraiment de scènes réellement mémorables. Ça aurait pu se trouver du côté des passages chantées/dansées, mais là encore j’ai trouvé ça très quelconque, c’est souvent pas très inspiré en termes de chorégraphies, et globalement chacune de ces séquences se ressemblent entre elles, ce qui est un gros souci pour une comédie musicale. Dernier gros point faible : le casting qui est très inégal. J’ignore si ça vient d’une façon de jouer propre à l’Inde de l’époque, mais vu que je n’avais pas spécialement été gêné par ça dans
Lagaan, je dirais que c’est plus la qualité des prestations qui est à critiquer, et pour le coup on a une grande partie de la distribution qui surjoue à mort, le must étant Shah Rukh Khan qui passe la moitié du film à faire la moue et à avoir les yeux larmoyants

. Bref, c’est clairement pas le grand film dont j’avais entendu parler, même si je peux comprendre pourquoi ça peut plaire à un certain public qui passe outre le manque total de subtilité du métrage.