
Sad Vacation
Shinji aoyama - 2007
Un film qui a tout de la curiosité dans la filmographie d’Aoyama. Il est vu comme le troisième volet d’une trilogie (la trilogie « Kitakyushu ») en ce qu’il utilise des personnages rencontrés dans Helpless et Eureka. Et pas des moindres : celui de Tadanobu Asano dans le premier, celui d’Aoi Miyazaki dans le deuxième (la fille traumatisée par la prise d’otages inaugurale dans le bus). Faut-il donc avoir vu ces films avant de s’engager dans Sad Vacation ? C’est préférable, même si j’ai le sentiment qu’un spectateur amateur de films indépendants japonais et qui ne les aurait pas vus pourrait y trouver son plaisir.
Inversement, celui qui connaîtrait Eureka risquerait de tomber de haut, tant ce que propose cette fois-ci Aoyama est éloigné de la majesté tragique en sépia que proposait son chef-d’œuvre de 3H40. Dans tous les cas, on retrouve les thèmes de la fracture psychologique et de la famille (souvent recomposée), ici symbolisée par une petite entreprise de transports routiers dans laquelle vont échouer pour différentes raisons Kenji (Tadanobu Asano) et Kozue (Aoi Miyazaki). Kenji découvre que l’épouse de son patron est en réalité Chiyoko (jouée par Eri Ishida, toujours fort belle à 47 ans), sa propre mère qui autrefois avait quitté le foyer familial sans crier gare). Pas rancunier, il accepte sa proposition de loger dorénavant chez elle, ce qui lui permettra de faire la connaissance de Yusuke, son demi-frère qui a tout du voyou en devenir. Ajoutons aussi la présence de Joe Odagiri dans le rôle d’un employé, et l’on comprendra qu’Aoyama a pu se concocter un casting très sympathique pour cet ultime volet. C’est le principal intérêt car pour le reste, si je n’ai pas non plus détesté, il m’a été parfois difficile d’apprécier les relations entre les personnages tant elles m’ont semblé esquissées, un rien brouillonnes, à l’image du retour à la fin de deux personnages issus d’Eureka, retour dont je n’ai pas saisi l’intérêt.
Bref, une conclusion sympathique à la trilogie, mais forcément déceptive par rapport à Eureka. Si au moins Aoyama avait encore utilisé du Jim O’Rourke dans sa B.O., je ne dis pas. Mais non, il faut se contenter d’un morceau bien peu marquant de Johnny Thunders…










