[Olrik] Eiga fan wa tsurai yo ! 2026

Vos critiques de longs-métrages

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Sad Vacation - 6/10

Messagepar Olrik » Lun 02 Fév 2026, 23:37

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Sad Vacation
Shinji aoyama - 2007


Un film qui a tout de la curiosité dans la filmographie d’Aoyama. Il est vu comme le troisième volet d’une trilogie (la trilogie « Kitakyushu ») en ce qu’il utilise des personnages rencontrés dans Helpless et Eureka. Et pas des moindres : celui de Tadanobu Asano dans le premier, celui d’Aoi Miyazaki dans le deuxième (la fille traumatisée par la prise d’otages inaugurale dans le bus). Faut-il donc avoir vu ces films avant de s’engager dans Sad Vacation ? C’est préférable, même si j’ai le sentiment qu’un spectateur amateur de films indépendants japonais et qui ne les aurait pas vus pourrait y trouver son plaisir.

Inversement, celui qui connaîtrait Eureka risquerait de tomber de haut, tant ce que propose cette fois-ci Aoyama est éloigné de la majesté tragique en sépia que proposait son chef-d’œuvre de 3H40. Dans tous les cas, on retrouve les thèmes de la fracture psychologique et de la famille (souvent recomposée), ici symbolisée par une petite entreprise de transports routiers dans laquelle vont échouer pour différentes raisons Kenji (Tadanobu Asano) et Kozue (Aoi Miyazaki). Kenji découvre que l’épouse de son patron est en réalité Chiyoko (jouée par Eri Ishida, toujours fort belle à 47 ans), sa propre mère qui autrefois avait quitté le foyer familial sans crier gare). Pas rancunier, il accepte sa proposition de loger dorénavant chez elle, ce qui lui permettra de faire la connaissance de Yusuke, son demi-frère qui a tout du voyou en devenir. Ajoutons aussi la présence de Joe Odagiri dans le rôle d’un employé, et l’on comprendra qu’Aoyama a pu se concocter un casting très sympathique pour cet ultime volet. C’est le principal intérêt car pour le reste, si je n’ai pas non plus détesté, il m’a été parfois difficile d’apprécier les relations entre les personnages tant elles m’ont semblé esquissées, un rien brouillonnes, à l’image du retour à la fin de deux personnages issus d’Eureka, retour dont je n’ai pas saisi l’intérêt.

Bref, une conclusion sympathique à la trilogie, mais forcément déceptive par rapport à Eureka. Si au moins Aoyama avait encore utilisé du Jim O’Rourke dans sa B.O., je ne dis pas. Mais non, il faut se contenter d’un morceau bien peu marquant de Johnny Thunders…
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Grande sauterelle (La) - 3/10

Messagepar Olrik » Mar 03 Fév 2026, 13:19

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La Grande Sauterelle
Georges Lautner - 1967


En fait, en voyant hier Des Pissenlits par la racine, je ne connaissais pas mon bonheur. Parce qu'en comparaison, La Grande Sauterelle a tout de la catastrophe. Tout sonne faux dans ce film.
D'abord le côté film de gangsters. Ça commence bien mal avec Maurice Biraud que j'ai toujours trouvé irritant et limité dans ses postures de malfrats audiardesques. Quant à l'histoire du braquage de milliardaire, franchement, dès le début on sent qu'on va avoir du mal à se passionner pour l'affaire.
Même chose pour l'espect sentimental. C'est pourtant un vieil ingrédient qui a fait ses preuves. La femme fatale qui arrive et qui fait tout foirer. Encore faut-il qu'on y croie, et là, je dois dire que le couple Kruger/Darc m'a là aussi laissé froid. Lautner aurait encore joué la carte de l'érotisme, mais non, ça reste sage, presque mièvre. C'est bien simple, un James Bond de la même époque, en comparaison, c'est un peu comme voir un porno avec Désirée Cousteau. Ici, la sensualité est aussi plate que la poitrine de Mireille.
D'ailleurs, en parlant de Bond, l'exotisme n'a rien de glamour non plus. Pensez, Beyrouth, ça envoie du rêve ! On se retrouve donc dans un casino décoré à la truelle, avec des clients pour lesquels porter des bijoux en toc ou fumer de gros havanes suffit pour avoir l'air chic. Si l'on ajoute l'accent allemand de Kruger (ça peut pourtant avoir du charme, un accent, mais là, non) et une tambouille musicale "composée" par Bernerd Gérard (un peu lassantes aussi, les citations musicales lautnériennes de rock/pop hystérico-psychédéliques : c'était marrant dans Les Tontons, mais il aurait peut-être fallu tourner la page), on a très vite le coeur qui se lève, avec une envie de prendre le premier avion venu pour quitter le Liban. Me concernant, ça a surtout consisté à appuyer sur la touche "avance rapide".
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Re: [Olrik] Eiga fan wa tsurai yo ! 2026

Messagepar pabelbaba » Mar 03 Fév 2026, 14:44

Ce truc c'est juste un film de potes en vacances payées par Gaumont. Mais je l'aime bien.

J'écoute encore fréquemment le thème principal d'ailleurs

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Sinon, oui, j'aime les nibards. :chut:
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Re: [Olrik] Eiga fan wa tsurai yo ! 2026

Messagepar Olrik » Mar 03 Fév 2026, 16:15

Oui, le générique a un petit côté Morricone qui permettait d'envisager la suite avec bienveillance.
Mais non, rien à faire, la paire Kruger/Biraud associée aux dialogues d'Audiard a eu vite fait d'entamer ma patience.
De toute façon Audiard, plus je vieillis, plus c'est maintenant une chance sur deux que ça me plaise.
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Contes d'Hoffman (Les) - 6/10

Messagepar Olrik » Mar 03 Fév 2026, 22:27

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Les Contes d'Hoffmann
Michael Powell et Emeric Pressburger - 1951


Suite des aventures opératiques de Powell et Pressburger avec leur adaptation des Contes d’Hoffmann d’Offenbach (mais en anglais, pas en français). Le cinéma va donc fusionner avec l’opéra et même plus que ça puisque, comme on était en bonne compagnie avec Moira Shearer et tous les autres danseurs des Chaussons Rouges, les deux réalisateurs vont récidiver en intégrant de généreuses parties de ballet.

Le résultat ? Somptueux. Ce qui frappe, c’est la profusion de détails. Détails dans les costumes, les décors, les cadrages. C’est bourré d’inventivité, le but étant d’en donner au spectateur pour son argent et peut-être de permettre à l’amateur d’opéra une expérience nouvelle, celle d’oublier la distance entre lui et la scène pour se fondre à l’intérieur de celle-ci par la magie du cinéma. Mais est-ce pour autant supérieur aux Chaussons Rouges ? Tout dépendra de ce que l’on attend de ces deux spectacles.

En ce qui me concerne, j’ai trouvé que la générosité des Contes d’Hoffmann finit par devenir un défaut. Oui, c’est beau, c’est inventif, c’est virevoltant mais, à la longue, ça en devient épuisant. À l’inverse, les fameuses dix-sept minutes centrales des Chaussons Rouges apparaissent comme le glorieux joyau au milieu d’un écrin narratif qui permet de construire les personnages. On est estomaqué par ces dix-sept minutes et, l’émotion passée, on retourne avec plaisir dans un flux plus cinématographique afin d’apprécier les conséquences du morceau de bravoure dans la vie des personnages.

En fait, il y a dans Les Contes d’Hoffmann un peu de ce « défaut de perspective » que Flaubert pointait dans son Education sentimentale, aspect dont sont dénués Les Chaussons Rouges où l’on a un contraste esthétique (représentation du réel VS représentation stylisée d’un ballet), un développement psychologique des personnage et deux climax narratifs.

Alors bien sûr, si l’on fait abstraction des Chaussons Rouges et que l’on s’en tient à la simple représentation d’un opéra célèbre, le grief est moins pertinent. Mais quand même… comparé à des représentations modernes qui permettent d’amener un spectateur au plus près de la scène, je me demande si l’ensemble ne pâtit pas de sa propre profusion. Dans tous les cas, c’est une approche novatrice et réussie dans sa beauté plastique. A mettre sur le même plan que Fantasia, dans cette volonté de réinventer un art majeur par le cinéma.

6/10
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