[Olrik] Eiga fan wa tsurai yo ! 2026

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Re: [Olrik] Eiga fan wa tsurai yo ! 2026

Messagepar Olrik » Mer 18 Fév 2026, 09:32

Personnellement j'ai plus du mal à me projeter dans ces premiers films parlants que dans un film muet ordinaire. On se trouve face à une barrière technique pas encore maîtrisée qui me rend assez pénible le visionnage. Pas sûr que cette période de transition du cinéma soit ma préférée...
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Amour et honneur - 7,5/10

Messagepar Olrik » Jeu 19 Fév 2026, 16:21

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Amour et Honneur
Yôji Yamada - 2006


Le dernier volet de la trilogie du samouraï de Yôji Yamada joue moins la carte du contexte historique. L’approche n’en est pas moins réaliste, à l’image du curieux ustensile que tient Kayo (Rei Dan), l’épouse du samouraï Shinnojo Mimura (Takuya Kimura), sorte d’ancêtre du fer à repasser et que je n’avais jamais vu dans un jidai geki. Et inhabituelles aussi sont ces cérémonies dans lesquelles cinq samouraïs ont pour simple fonction de goûter les repas de leur seigneur, pour s’assurer qu’ils ne sont pas empoisonnés.

Pas de bol, Mimura (qui dès le début avoue à sa femme qu’il n’est pas vraiment heureux de cette ennuyeuse fonction) goûte un crustacé terriblement toxique quand il n’est pas consommé à la bonne saison. Il tombera malade et, pire que cela, perdra la vue. Et comme on est dans une approche réaliste plutôt que dans une série B du type Zatoichi, il y a fort à parier pour lui qu’il devienne un mendiant plutôt qu’une sorte de guerrier aveugle qui va connaître plein d’aventures.

Cependant un miracle arrive : son seigneur accepte de lui maintenir les 30 rokus annuels, et ce jusqu’à la fin de sa vie. Problème : cette bonne nouvelle aurait eu pour instigateur un samouraï à qui Kayo aurait demandé ce service… en payant de sa personne. Quand il l’apprend, Mimura entre dans une colère noire. Il répudie sa femme et se remet à pratiquer le sabre pour se venger de Shimada…

Il s’agit du plus gros succès de Yamada, et du record de recettes pour la Shochiku (record qui sera dépassé peu après avec Departures), sans doute bien aidé en cela par la présence de Takuya Kimura, alors méga star avec son groupe SMAP. Comme il joue un aveugle, son jeu est sans doute moins expressif que ses deux prédécesseurs. Son personnage n’en est pas moins bien campé, tout comme Takashi Sasano parvient parfaitement à jouer son serviteur. Là, des trois films, c’est lui qui tire le mieux son épingle dans ce rôle, le vieux Tokuhei étant un modèle de dévouement, d’humanité et de bon sens.

Et comme il est dit que dans cette trilogie il y aura à chaque fois un duel soigné, on aura donc droit à un duel entre un aveugle et une crapule. Ah ! On a aussi droit à un sepukku ! Jusque-là seulement évoqué dans les deux premiers opus, il fallait bien que ça arrive pour de bon. C’est dire si ce film n’est pas sans noirceur, à l’image aussi de la famille de Mimura, désagréablement indifférente à son sort (dans son livre sur Yamada, Leblanc note avec justesse que dans cette trilogie, les oncles et les tantes sont des figures totalement inversées de ce type de personnages dans une certaine saga de 50 films…). D’un autre côté, le film possède aussi un souffle bienfaisant à travers de petits riens qu’offre la nature (des pépiements d’oiseaux, une fleur, le souffle du vent…). On s’en doute, après deux films qui proposaient des fins heureuses, il n’est pas impossible qu’un peu de lumière vienne compenser à la fin la cécité. Ici, Yamada saura joliment faire écho à la dégustation empoisonnée du début du film…

Le film conclut une trilogie dans laquelle Yamada a fait un sans-faute. On pourra peut-être apprécier tel volet plutôt qu’un autre, mais franchement, aucune baisse de qualité à déplorer, grâce entre autre à un rythme de réalisation désormais moins dense puisque depuis Gakko III, Yamada ne sort un nouveau film que tous les deux ans. Ce sera le cas pour son prochain film qui délaissera le temps des samouraïs au profit de la Seconde Guerre mondiale, Kabei.
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Pauvres humains et ballons de papier - 7/10

Messagepar Olrik » Ven 20 Fév 2026, 15:28

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Pauvres Humains et Ballons de papier (Ninjō kamifūsen)
Sadao Yamanaka – 1937


Sadao Yamanaka… vingt jidaigeki tournés de 1932 à 1937 (dont seuls trois ont survécu et sont encore visibles), considéré comme un maître à l’égal d’un Ozu et d’un Mizoguchi, deux de ses films ont été choisis par Kinema Junpo dans son classement des 25 meilleurs films japonais de tous les temps, bon, autant dire qu’on est face à du lourd et que ça vaut le coup de prendre une heure et demie pour visionner Pauvres Humains et ballons de papier, considéré comme son chef-d'oeuvre.

Après, il faut avouer que ça fait tout drôle de passer de la trilogie du samouraï de Yôji Yamada à ce film de 1937. Pourtant, il y a un point commun, celui de ne pas idéaliser le métier de samouraï. Je manque évidemment de connaissances pour le confirmer, mais j’ai l’impression que le but de Yamanaka était de présenter cette condition de manière âpre, loin d’un idéal flamboyant. Rien de tel en tout cas chez Matajuro Unno, le rônin du film qui vit dans un quartier pauvre avec son épouse et qui cherche désespérément à se faire embaucher auprès de l’ancien maître de son père. Et quand je dis désespérément, c’est vraiment ça. On a pitié de le voir faire la carpette, d’essayer coûte que coûte d’obtenir un entretien auprès de ce type que l’on devine dès le début être un fieffé connard. Et tandis que le rônin multiplie les tentatives, sa femme reste dans leur taudis à confectionner des ballons de papier qu’elle pourra revendre. On le sent, cette histoire peut potentiellement mal se terminer pour eux, d’autant que le film s’ouvre sur l’annonce dans le quartier d’un suicide, celui justement d’un rônin. Et à côté de cet arrière-plan tragique, il n’y a non pas la joie, mais une vie grouillante et criarde émanant du peuple : un prêteur sur gages et ses yakuzas, un coiffeur qui organise illégalement des jeux d’argent, une fille à marier, des commères qui commentent la vie du quartier. On passe d’un fil narratif à l’autre, un peu pris dans cette vie grouillante où se mêlent légèreté et gravité.

Un film qui demande quand même, pour être pleinement apprécié, d’avoir une idée précise de ce qui faisait ailleurs dans le domaine du jidaigeki. Le film se termine sur un dernier plan symbolique assez remarquable et qui à lui seul justifie la grosse réputation de Yamenaka. Il mourra l’année suivante en Mandchourie, âgé de 28 ans.
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Re: [Olrik] Eiga fan wa tsurai yo ! 2026

Messagepar osorojo » Ven 20 Fév 2026, 15:44

Je l'ai chopé mais pas encore maté. Jsais pas si je le ferai, mais ça donne envie.

Les boules pour le bonhomme, 28 piges, c'est tôt :/
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Girls behind the bars - 6/10

Messagepar Olrik » Sam 21 Fév 2026, 16:52

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Girls Behind the bars
Tetsuo Ôno - 1960


Tiens ? Un WIP japonais de 1960. Enfin, plutôt un DGIP (Deliquent Girls In Prison) puisqu’il s’agit de suivre ici le quotidien de délinquantes mineures dans une sorte de camp de redressement. Autant dire qu’on sera bien moins dans le salé comparativement à certaines bobines des années 70.

N’empêche, les filles sont de sacrées pestes. Ça fume, ça boit en cachette, ça se bécote parfois (torride !), ça se crêpe le chignon et ça manque évidemment de respect envers les professeurs qui sont chargées de les remettre sur le droit chemin, à commencer Katsuragi sensei, belle jeune femme (dont on découvrira qu'elle est elle-même un ancienne délinquante) qui croit fermement que son enseignement à base d’amour et de compréhension sera la bonne recette pour transformer les tigresses en agnelles. Sur sa route, elle rencontrera une autre prof très sceptique sur ses méthodes (le genre frigide à lunettes), et étant plutôt adepte de la manière forte.

Bobine sympathique et inoffensive : les tigresses seront bien à la fin des agnelles qui, à leur sortir du camp, auront probablement envie d’être de jeunes Japonaises modèles, faisant un bon mariage avec plein de bébés à la clé. Sur un sujet avoisinant, je conseille plutôt de voir La Nuit des Femmes de Kinuyo Tanaka, sorti l’année suivante, à propos des camps de redressement pour prostituées.
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Cruel Gun Story - 8/10

Messagepar Olrik » Mar 24 Fév 2026, 22:24

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Cruel Gun Story
Takumi Furukawa - 1964


Je me souviens de bandes-annonces de films de Seijun Suzuki dans lesquelles giclaient des arguments publicitaires en gros caractères pour vanter les caractéristiques balistiques et sanguinolentes des histoires. C’était des infos du genre « Plus de 800 coups de feu ! », « 34 cadavres ! », « 20 explosions ! ». Rigolo, mais au moins on était sûr de ne pas être trompé sur la marchandise.

Il y a fort à parier qu’il en aille de même pour la bande-annonce de Cruel Gun Story, lui aussi produit par la Nikkatsu et avec Joe Shishido dans le rôle du cerveau d’un casse qui va évidemment mal tourner. Alors que la veille j’avais vu City on Fire (visionnage d’abord enthousiaste avant de céder peu à peu la place à une franche dubitation), j’avais besoin de vite découvrir un autre exemple de film de casse, mais cette fois-ci dans un noir et blanc nikkatsesque et avec une furie allant à l’essentiel. Et j’ai été servi. En une petite heure et demie, Furukawa propose le recrutement pour le casse, sa planification, son exécution, son foirage (à cause d’une trahison), une contre-attaque (avec un kidnapping) et enfin une orgie finale de macchabées. Avec, au centre de tout cela, un Joe shishido à la fois cool et autoritaire, distribuant facilement les mandales (la B-A a dû claironner « Plus de 27 mandales ! »), les lunettes noires surmontant imperturbablement ses pommettes artificielles.

Un vrai plaisir de le voir, mais vrai plaisir aussi d’assister l’inventivité dont fait montre Furukawa pour trouver des situations ou des plans pour à chaque fois varier le jeu de massacre et le rendre visuellement dynamique. Pas sûr que ses autres polars soient de la même qualité. Une seule réserve : l’absence d’une femme fatale digne de ce nom.
Critiques similaires
Film: Cruel Gun Story
Note: 6,5/10
Auteur: pabelbaba

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Kabei, notre mère - 7,5/10

Messagepar Olrik » Sam 28 Fév 2026, 14:20

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Kabei : Our Mother
Yoji Yamada - 2008

Rallye YOJI YAMADA : 81/91


Après trois brillants jidaigeki, c’est bon, Yamada en a fait le tour, il peut changer d’univers. Direction cette fois-ci la Seconde Guerre mondiale, avec une petite famille constituée des parents et de deux filles, pour qui la situation va connaître un tour dramatique dès la cinquième minute : des flics arrivent chez eux en plein dîner pour embarquer le père écrivain, accusé d’être un dangereux communiste. Il ira en prison, la mère n’aura plus qu’à se débrouiller par elle-même pour continuer à vivre avec ses enfants.

On le voit, la cellule familiale, si chère à Yamada, sera fortement mise à l’épreuve dans cette histoire, d’autant que le réalisateur ne va pas vraiment chercher à édulcorer l’arrière-plan historique. L’agressivité des flics, leur manque d’humanité, leur manière d’aboyer n’est pas sans rappeler des scènes du manga Gen aux pieds nus, de Kenji Nakazawa. Tout comme ce patriotisme aveugle et hystérique, restitué dans cette scène de rue où deux mégères agressent deux jolies filles coquettement habillées à l’occidental, les sommant de s’habiller plus modestement car l’heure n’est pas à l’étalage du luxe. De même, elles s’en prendront au frère de Kabei (le surnom donné à la mère de l’histoire) en apercevant une grosse bague en or : pour les fâcheuses, il se doit de la donner immédiatement à l’état pour permettre l’aide à la fabrication de belles et meurtrières armes flambant neuves. L’individu se doit de s’effacer, de faire corps avec la nation, nation qui de toute façon ne peut que connaître la suprématie (cf. le discours délirant de ce type du voisinage de Kabei qui affirme que le Japon, après sa victoire dans le Pacifique, dominera l’Asie et, quand l’Allemagne aura dominé de son côté l’Occident, s’en prendra à elle pour enfin dominer le monde).

Au milieu de ce contexte guère rassurant, Kabei peut compter sur des personnes qui ont su préserver leur esprit critique. Ici bonne prestation de Tadanobu Asano qui joue le rôle d’un ancien élève du père emprisonné. Il sympathise avec Kabei – on se demande même si les deux ne vont pas tomber un peu amoureux –, vient tout le temps pour aider la famille ou jouer avec les fillettes. Il est l’archétype du personnage fragile et rêveur qui, on le devine, sera broyé par la machine militaire. Aide aussi d’une tante et d’un oncle, tranchant avec ce type de personnages dans la trilogie du samouraï, et renouant bien sûr avec la longue tradition des épisodes de Tora-san. L’oncle en question fait d’ailleurs particulièrement penser au personnage de Kiyoshi Atsumi. Grossier, brutal, paresseux… et cependant sympathique. Il permet par sa simple présence de faire sourire sa sœur, de déstresser. Sa fille aînée (il faut dire ici que les deux jeunes actrices qui ont été choisies pour interpréter les deux filles sont excellentes) n’est pas de cet avis, vouant à son oncle une vive antipathie. Ici la belle et gentille tante Hisako servira d’élément conciliateur en expliquant à Kabei qu’il vaut mieux que son frère retourne chez lui. N’empêche, alors que tout ce petit monde accompagenra l’oncle à la gare (lieu éminement symbolique chez Yamada), la fille aînée comprendra finalement que cet homme grossier est en fait une perle d’homme – j’avoue qu’ici, je me suis pris à rêver d’un spin-off avec l’oncle Senkichi.

Dernière chose : après une tendance générale de la filmographie de Yamada à faire en sorte que ses films se terminent bien, Kabei tranche par sa conclusion. Sans aller non plus jusqu’à dire que c’est sombre, il y a disons une amertume certaine. Mais d’un autre côté, cette amertume permet d’exalter aussi la puissance de l’amour, sentiment qui est comme le ciment de la cellule familiale et que la saga Tora-san s’est toujours gardée d’illustrer frontalement (avec les couples Hiroshi / Sakura et Ryûzô / Tsune). Si l’on peut trouver que Yamada ne fait que s’acharner à traiter des sujets obsessionnels (le bonheur, la famille), force est de constater qu’une nouvelle fois il le fait avec des nouveautés qui lui permettent de ne pas se répéter.
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On-Gaku : Notre rock ! - 8/10

Messagepar Olrik » Sam 28 Fév 2026, 22:53

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On-Gaku : Our Sound
Kenji Iwaisawa - 2019


On peut s’enthousiasmer sur les gros machins dispendieux de Makoto Shinkai et Mamoru Hosoda. Pour ma part, ils ne me font plus courir car il me semble qu’ils arrivent au bout de leur système, voués à surenchérir dans les moyens pour cacher une éternelle répétition et un manque d’inspiration.

Kenji Iwaisawa, lui, n’a pas encore ce problème. Peut-être sera-t-il amené un jour à réaliser une grosse production, mais quand on voit cette petite pépite qu’est On-gaku, on se dit à quoi bon ? On-gaku, c’est un peu Blue Spring qui fusionne avec Beck (l’anime, pas le chanteur). Trois lycéens castagneurs s’ennuient à passer leurs journées à se fritter avec des membres d’un gang. Mais un jour, c’est la révélation : leur chef, Kenji, a le coup de foudre pour le rock et décide de monter un groupe avec ses comparses alors qu’ils n’y connaissent rien. La foi est là cependant, ainsi qu’une sorte de pratique instinctive qui leur fait produire un rock primitif qui va jusqu’à envouter un trio de folkeux avec lesquels ils sympathisent. Le souci est que Kenji est connu pour se lasser très vite. Parviendra-t-il à maintenir son enthousiasme jusqu’au petit festival de rock auquel son groupe doit participer ?

En 1H10, l’histoire n’a guère le temps d’être développée et ce n’est absolument pas un problème. Il y a un petit rythme tranquille qui émane de ce graphisme minimaliste et immédiatement sympathique. Cela m’a fait penser à Ping-pong ou à Mes Voisins les Yamada dans cette volonté de restituer un trait artisanal. Avec ici et là quelques morceaux de bravoure quand il s’agit d’illustrer des instants de virtuosité, instant dont la prestation du groupe au festival constituera l’acmé.

Une jolie réussite traversée tout le long par un humour discret, réussite qui me fait attendre avec impatience (bien plus que le prochain Hosoda en tout cas) son prochain film, Hina is beautiful, dont les premières images sont prometteuses.
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Re: [Olrik] Eiga fan wa tsurai yo ! 2026

Messagepar Olrik » Dim 01 Mar 2026, 10:04

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FÉVRIER


47 - C'est dur d'être un homme : C'est dur d'être Tora-san (1992) : 8/10
48 - Un Conseil d'ami (1916, court métrage muet)
49 - Biscot se trompe d'étage (1916, court métrage muet)
50 - Les Chausson Rouges (1948) : 9/10
51 - Des Pissenlits par la racine (1964) : 5/10
52 - Un Drame à l'usine (1912, court métrage muet)
53 - Sad Vacation (2007) : 6/10
54 - La Grande Sauterelle (1967) : 3/10
55 - La Journée d'une paire de jambes (1910, court métrage muet)
56 - Le Pavé de Paris (1912, court métrage muet)
57 - Les Contes d'Hoffmann (1951) : 6/10
58 - Downtown Heroes (1988) : 6/10
59 - A Dandelion, Rosaceae (1990 court métrage japonais WTF)
60 - Young Yakuza (2007) : 6/10
61 - Musuko (1991) : 8,5/10
62 - Let's have dinner tonight ! (2016, court métrage) : 6/10
63 - Gakko (1993) : 7,5/10
64 - She taught me serendipity (2024) : 6/10
65 - Gakko II (1996) : 7,5/10
66 - Le Portrait inachevé (1913, court métrage muet)
67 - Takano tofu (2023) : 6/10
68 - C'est dur d'être un homme : La Proposition de mariage (1993) : 7,5/10
69 - L'homme aimanté (1907, court métrage muet)
70 - Sabotage (1936) : 6/10
71 - Jeune et Innocent (1937) : 7/10
72 - Les Chansons ont leur destin (1907, court métrage muet)
73 - C'est dur d'être un homme : Tora-san à la rescousse (1995) : 9/10
74 - La police en l'an 2000 (1910, court métrage muet)
75 - Foreign Correspondent (1940) : 6/10
76 - The Rainbow Seeker (1996) : 7,5/10
77 - C'est dur d'être un homme : Tora-san pour toujours (2019) : 9/10
78 - Marty Supreme (2026) : 2/10
79 - The Rainbow Seeker 2 (1997) : 6,5/10
80 - Under the Open Sky (2020) : 8/10
81 - La Vie d'Emile Zola (1937) : 5/10
82 - A Class to remember III (1998) : 7/10
83 - Zardoz (1974) : 7/10
84 - A Class to remember IV (2000) : 8/10
85 - All around us (2008) : 6/10
86 - Summer is gone (vourt métrage expérimental japonais, 1978) : 6/10
84 - Le Samouraï du crépuscule (2002) : 7,5/10
85 - Blackmail (1929) : 5/10
86 - The Hidden Blade ((2004) : 7,5/10
87 - Les Enchaînés (1946) : 7/10
88 - Love and Honor (2006) ; 7,5/10
89 - Pauvres Humains et Ballons de papier (1937) : 7/10
90 - Les Fraises sauvages (1957) : 8/10
91 - Girls behind the bars (1960) : 6/10
92 - Aucun autre choix (2025) : 3/10
93 - All the long nights (2024) : 7,5/10
94 - City on fire (1987) : 5/10
95 - Yehudi Menuhin et Herbert von Karajan : Mozart, Concert pour violons et orchestre n°5 (1966) : 8/10
96 - Cruel Gun Story (1964) : 8/10
97 - Rusty Knife (1958) : 5/10
98 - Kabei : Our Mother (2008) : 7,5/10
99 - Mourning Ice pop (2009, court métrage d'animation japonais) : 7/10
100 - Man in the tunnel alley (2009, court métrage d'animation japonais) : 7/10
101 - On-gaku : Our Sound (2019) : 8/10

LA SCÈNE DU MOIS

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About her brother - 7/10

Messagepar Olrik » Dim 08 Mar 2026, 10:15

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About her Brother (Ototo)
Yôji Yamada – 2010


Combien de fois Yamada a-t-il porté à l’écran une histoire où il est question de la relation entre un frère et une sœur ? Il y a tous les épisodes de Tora-san bien sûr, mais déjà avant elle le réalisateur avait mis en avant ce lien dans quelques films.

Avec Ototo, la saveur est quelque peu différente car dès qu’est évoqué cet oncle canard boiteux d’une modeste famille, on pense tout de suite à Torajirô Kuruma. Et l’on y pense encore plus quand on voit l’oncle en question (Tetsuro) arriver au mariage de sa nièce et le ruiner, l’homme ayant tendance à faire n’importe quoi dès qu’il lève un peu trop le coude. Mais le lien n’est pas non plus total car on se souvient de certaines cérémonies de mariages dans lesquelles Tora apparaissait, faisait le pitre, et parvenait malgré tout à amuser tout le monde. Où qu’il aille, il n’est jamais solitaire tant il a cette capacité à créer un liant irrésistible grâce à sa personnalité. C’est moins le cas avec Tetsuro, qui du coup apparaîtrait comme une version plus sinistre et solitaire de Torajirô.

Et plus fragile, aussi. Il n’est d’ailleurs pas le grand frère, mais l’ototo, le petit frère d’une veuve pharmacienne, Ginko, de nouveau jouée par Sayuri Yoshinaga et qui campe un personnage de sœur impeccable, à la hauteur de ce qu’une Chieko Baisho aurait pu interpréter si son âge le lui avait permis. Comme Sakura, elle a beau être parfois dure envers cet idiot de frère, elle lui est au bout du compte fondamentalement attaché, à la grande incompréhension de sa fille Haruko. Comme tout le monde, cette dernière est d’avis qu’il faut couper les liens avec cet oncle embarrassant qui a participé à la ruine de son mariage (la famille de son époux a très désagréablement réagi à la venue de cet oncle et le divorce s’est fait quelques semaines après), mais d’un autre côté, il n’était que le révélateur d’une sorte d’inadéquation sociale entre les deux partis : d’un côté une famille de petits pharmaciens, de l’autre une famille de grands médecins. Finalement le divorce était la meilleure chose qui pouvait lui arriver. Elle s’attachera du reste à un jeune charpentier de son quartier.

En tout cas le sentiment d’Haruka à son égard changera quand on apprendra que Tetsuro se trouve dans une maison de soins palliatifs à Osaka, terriblement malade et vivant ses derniers jours. Dans les derniers épisodes de Tora-san on assistait aux derniers feux d’une Kiyoshi Astumi lui-même terriblement malade. Et le dernier épisode gardait pudiquement à distance les circonstances de la disparition du camelot. Ototo, c’est un peu l’illustration de ce qu’aurait été un épisode de Tora-san si le sujet avait été la mort de Tora. Symboliquement, les quelques pensionnaires de la maison regardent d’ailleurs à un moment un Tora-san à la TV. Dans la saga, la mort était parfois évoquée (le plus souvent à travers la maladie ou par des cérémonies funéraires pour des personnes ayant bien vécu), mais jamais aussi frontalement. Et on peut le comprendre : utiliser la maladie d’Atsumi pour mettre en scène de son personnage aurait été inapproprié. Et finalement, Ototo permet de résoudre cette impossibilité.

Et si ce film ne fera pas partie de mes Yamada préférés, il faut reconnaître que c’est un petit bijou de tact et d’humanité que cette séquence dans laquelle Ginko (au passage, excellent Tsurube Shofukutei) se tient au chevet de son frère, dans une atmosphère quasi silencieuse que seule la respiration douloureuse de Testuro vient troubler, avant l’arrivée d’une Haruko éplorée, finalement consciente de l’importance de cet être qui, en dépit de ses défauts, il lui est impossible de mépriser. En 2008, le Departures de Yojiro Takita avait privé Yamada de récompenses pour Kabei. Il y a dans Ototo un peu comme une réponse avec ce film sombre et lumineux.

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Re: [Olrik] Eiga fan wa tsurai yo ! 2026

Messagepar Mark Chopper » Lun 09 Mar 2026, 09:50

On peut parler de Yamada-mania:mrgreen:
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Re: [Olrik] Eiga fan wa tsurai yo ! 2026

Messagepar Olrik » Lun 09 Mar 2026, 11:41

Pfou ! Etonnant, ce choix !
Je n'ai vu que le premier et je n'ai été qu'à moitié convaincu. Mais comme j'ai eu le temps de me familiariser avec Nishida, j'en tenterai sans doute d'autres.
Par contre, une fois n'est pas coutume, pas convaincu par la traduction du titre. Pour moi, tsuri baka renvoie surtout au personnage principal, pas la peine de traduire en mettant au pluriel. "Le dingue de pêche" aurait été un meilleur choix (précisément, "le journal d'un dingue de pêche" puisqu'il y a aussi nisshi dans le titre original).
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Killing - 7/10

Messagepar Olrik » Sam 14 Mar 2026, 10:13

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Killing (Zan)
Shinya Tsukamoto - 2018



Après avoir visionné les trois jidai-geki de Yôji Yamada, cela fait tout drôle de se frotter à l’unique film du genre de Tsukamoto. D’une durée brève (79 minutes), le film est bien sûr bien moins audacieux que ses délires de jeunesse. Mais indéniablement, on se trouve face à un jidai-geki avec la patte Tsukamoto, comprenez avec une caméra saisie de tremblements de tous les instants et d’un montage épileptique. Et ajoutons une photographie guère renversante, loin s’en faut. Pourtant, en dépit de ces caractéristiques qui avaient tout pour rendre le film pénible à voir, il y a quelque chose de prenant dans cette histoire que j’ai perçue comme une variation tsukamotesque des Sept Samouraïs.

Ici, on a l’ombre d’une bande de bandits qui plane au-dessus d’un village de modestes paysans. Y vit heureusement un jeune samouraï qui semble intéressée par une jeune et jolie villageoise. Le problème est que sa rencontre avec un vieux samouraï au crâne rasé (joué par Tsukamoto, vraiment excellent dans le rôle), qui projette de monter une escouade de samouraïs pour calmer la guerre civile à Kyoto, va l’amener à quitter le village, le laissant en pâture à de possibles exactions de la part des bandits qui rôdent alentours. Le vieux samouraï se dit alors qu’il serait intéressant de les enrôler eux aussi pour son projet. Mais finalement, le plus simple à ses yeux est de les exterminer. Pas de chance, il laisse un survivant qui s’en va sonner l’alerte auprès d’autres camarades. C’est le début de sanglantes représailles.

On le voit, il n’est pas question ici de sept samouraïs, du moins du côté du bien, car du côté du mal, il faudrait vérifier si Tsukamoto n’a pas fait le choix d’atteindre ce chiffre. Mais on retrouve cette menace extérieure et cette parade armée pour la contrer. Et la parade donnera lieu à un massacre. Le bien finira par triompher, mais là aussi, il y aura de la casse. Surtout, la victoire sera plombée par le doute existentiel qui saisit rapidement le jeune samouraï Mokunoshin. Bien qu’excellant dans le maniement du sabre, rien ne pèse davantage que d’avoir à « couper ». C’est le sens du kanji du titre original, « couper », mais dans un but guerrier, avec la mort que l’action peut entraîner.

Son nouveau mentor n’a pourtant aucun mal, lui, à couper des bandits crasseux. Mais rien de tel chez Mokunoshin qui, au début, va à la rencontre des gueux pour sympathiser et boire un coup en leur compagnie. Sont-ils vraiment si mauvais ? Ne serait-ce pas qu’une impression liée à leur apparence ? Le mal ne serait-il pas plutôt à chercher du côté de ce besoin de sortir le katana du fourreau pour « couper » ? Significativement, on voit Mokunoshin exceller dans le maniement du sabre quand il enseigne à un jeune paysan, Ichisuke, frère de la jolie paysanne évoquée plus haut. Mais voilà, c’est en entraînement, qui plus est avec des sabres en bois. Pour ce qui est de passer à un acte aux conséquences radicales, c’est une autre histoire. Dans Tetuso, on se trouvait face à un personnage qui voyait sa chair peu à peu envahie par le métal. Finalement, il y a un peu la même problématique. On se retrouve face à un personnage qui doit ne faire qu’un avec le métal de l’arme qui le constitue en tant qu’être, en tant que samouraï. Mais il y a un refus, refus qui ne va pas mener à des délires dantesques comme dans Tetsuo, mais qui donnera lieu à des affres qui, encore une fois, donneront l’impression au spectateur amateur de l’œuvre de Tsukamoto de se trouver en terrain connu, et de faire de ce jidai-geki une approche originale du genre.
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Kyoto story - 7/10

Messagepar Olrik » Dim 15 Mar 2026, 10:25

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Kyoto Story (Kyoto Uzumasa Monogatari)
Yôji Yamada – 2010
Rallye Yôji Yamada : 83/91


Durant le visionnage de Kyoto Monogatari, je me suis dit que Yamada avait dû bénéficier d’un budget moindre que pour les films précédents. Durée brève (1H30 alors que Yamada a l’habitude de deux heures), mais aussi acteurs parfaitement inconnus au bataillon et surtout co-direction avec un certain Tsutomu Abe. Renseignements pris après la séance, ces indices confirment cette impression de film atypique puisqu’il est le fruit d’un projet collectif entre le réalisateur vétéran et l’université de Ritsumeikan, à Kyoto. Charmé par la proposition, Yamada a délégué un professionnel pour initier des étudiants à l’art du cinéma avant de se lancer dans le tournage de cette histoire purement yamadesque : à Kyoto, dans le quartier commerçant d’Uzumasa rempli de petites échoppes plus ou moins vouées à disparaître, on suit le quotidien de Kyoko, fille aînée d’une famille à la tête d’une petite teinturerie. En-dehors d’aider ses parents, elle va à l’université où elle travaille notamment comme bibliothécaire. Elle a sinon une liaison avec un jeune de son quartier, fils d’un modeste fabricant de tofu, qui aimerait percer dans l’univers du manzai. Mais cette liaison devient moins sûre quand un étudiant chargé de cours tombe éperdument amoureux d’elle au point de lui proposer de l’accompagner durant ses trois années d’exil à Pékin, pour parfaire ses connaissances.

Quitter le furusato (le village natal) ou ne pas le quitter ? Quand on connait les obsessions thématiques de Yamada, on devine quelle sera l’issue du film. Rien de très original donc, si ce n’est cette atmosphère légère, et documentariste. Pour donner une idée, c’est un peu comme si un épisode de Tora-san avait choisi de jeter un sort particulier sur l’oncle et la tante Kuruma, en jetant un sort particulier sur leur quotidien, leurs heures de travail, sur comment ils fabriquent leurs dangos, etc. Imaginez aussi des plans où l’on verrait le visage de Sakura de face, interviewée par un reporter lui demandant d’expliquer son quotidien et ses ambitions dans la vie.

Après Shibamata, Uzumasa, quartier de quatre syllabes pour lequel perce l’affection de Yamada, et d’autant plus qu’il se situe tout près des anciens studios de la Daei. Face aux grands complexes commerciaux qui vident ces quartiers de leurs commerces, il y a comme la perpétration d’un Japon mémoriel issu de l’ère Showa, d’un Japon qui est, aux yeux de Yamada, le plus sûr moyen de trouver le shiawase (le bonheur).
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Re: [Olrik] Eiga fan wa tsurai yo ! 2026

Messagepar Mark Chopper » Dim 15 Mar 2026, 11:08

Tu comptes revoir le Ozu avant le prochain Yamada sur ta liste ?
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