[Caducia] Critiques en 2026

Vos critiques de longs-métrages

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[Caducia] Critiques en 2026

Messagepar caducia » Ven 02 Jan 2026, 19:35

2026


Films vus en 2026 :

Janvier :
1-Bones (2001)/Ernest R. Dickerson 2/10
2-If I Had Legs I'd Kick You/Mary Bronstein 5/10
3-Hedwig and the Angry Inch/John Cameron Mitchell 6/10
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Bones - 2/10

Messagepar caducia » Ven 02 Jan 2026, 19:57

Bones

De :Ernest R. Dickerson
Cast : Merwin Mondesir, Katharine Isabelle, Deezer D Genre :horreur Durée : 01h36 2001

2/10


Dans le ghetto noir américain des années soixante-dix, Jimmy Bones, un parrain local, est apprécié de tous. Sa femme est la somptueuse Pearl et son second est le fidèle Shotgun. Quand Jimmy Bones est brutalement assassiné, la maison dans laquelle il a été éliminé devient une bâtisse maudite générant les plus sombres rumeurs...

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Dans le ghetto afro‑américain des années soixante‑dix, Jimmy Bones règne en véritable parrain local. Charismatique, respecté, presque mythifié par les habitants du quartier, il incarne cette figure de protecteur que l’on retrouve souvent dans la blaxploitation : élégant, sûr de lui, impeccablement habillé, et doté d’un sens aigu de la justice… à sa manière. À ses côtés gravitent deux personnages essentiels : Pearl, sa compagne, femme sublime et mystérieuse, et Shotgun, son fidèle bras droit, prêt à tout pour défendre son patron. Mais cette petite dynastie de quartier s’effondre brutalement lorsque Jimmy est trahi et assassiné dans des conditions sordides. La maison où il est exécuté devient alors un lieu maudit, abandonné, rongé par les rumeurs et la superstition, comme si les murs eux‑mêmes avaient absorbé la violence du passé.

Le film Bones tente de mêler horreur surnaturelle, vengeance d’outre‑tombe et esthétique blaxploitation. Sur le papier, l’idée n’est pas dénuée d’intérêt : ressusciter un gangster charismatique des années 70 pour en faire un esprit vengeur, c’est un concept qui aurait pu donner un film culte, ou au moins un divertissement généreux. Mais entre l’intention et le résultat final, il y a un gouffre. Un gouffre profond. Un gouffre dans lequel le film tombe tête la première.

Snoop Dogg, dans le rôle de Jimmy Bones, s’en sort étonnamment bien. Il a la classe, il a la présence, et il semble comprendre le personnage mieux que le film ne comprend son propre scénario. Il flotte dans ce chaos visuel et narratif avec une nonchalance presque admirable, comme s’il avait décidé de rester cool même au milieu d’un naufrage. Pam Grier, pourtant icône absolue du cinéma afro‑américain, livre ici une prestation étonnamment faible. On a l’impression qu’elle joue dans un autre film, un film plus sérieux, plus cohérent, qui n’existe malheureusement pas. Quant au casting secondaire, il oscille entre le transparent et le caricatural. On note même la présence d’un acteur de la série Le Caméléon, comme si le film avait décidé de piocher au hasard dans les archives télévisuelles des années 90.

Le problème majeur de Bones, c’est sa galerie de personnages interchangeables. Ils se ressemblent tous, parlent de la même manière, réagissent de façon identique, et n’ont aucune profondeur. Résultat : qu’ils survivent ou qu’ils se fassent dévorer par un mur en mousse, cela ne change strictement rien. Le spectateur reste impassible. Les amateurs de jolies silhouettes y trouveront peut‑être un intérêt, car le film n’hésite pas à mettre en avant quelques personnages féminins très esthétiques, mais cela ne suffit pas à masquer la pauvreté de l’écriture.

Narrativement, le film est un véritable labyrinthe. Les allers‑retours incessants entre passé et présent, censés enrichir l’histoire, ne font que brouiller la compréhension. On passe d’une époque à l’autre sans transition, sans logique, sans rythme. Le spectateur finit par perdre le fil, non pas parce que l’intrigue est complexe, mais parce qu’elle est mal racontée. Le montage semble avoir été réalisé avec une paire de ciseaux émoussés et un sens du timing approximatif.

L’horreur, quant à elle, repose presque exclusivement sur des jump scares inutiles et prévisibles. Le film abuse de ces sursauts artificiels au point que cela en devient comique. Et lorsque l’action horrifique se décide enfin à démarrer — c’est‑à‑dire dans les vingt dernières minutes — tout s’enchaîne à une vitesse absurde, comme si le réalisateur s’était souvenu au dernier moment qu’il tournait un film d’horreur et qu’il fallait bien montrer quelques morts pour justifier le genre.

Visuellement, Bones oscille entre le kitsch assumé et le mauvais goût involontaire. Les effets spéciaux, déjà datés à l’époque, ont aujourd’hui un charme involontaire, mais ils nuisent clairement à l’ambiance. Certaines scènes semblent sorties d’un clip de rap des années 90, d’autres d’un téléfilm d’horreur fauché, et l’ensemble manque cruellement d’unité esthétique.

En résumé, Bones est un film qui avait du potentiel, mais qui se perd dans un mélange maladroit de genres, un scénario confus, des personnages sans intérêt et une mise en scène hésitante. Snoop Dogg sauve ce qui peut l’être grâce à son charisme naturel, mais cela ne suffit pas à transformer ce patchwork bancal en œuvre mémorable. Le film reste un objet étrange, parfois amusant malgré lui, souvent frustrant, et globalement raté mis à part sa BO.
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Re: [Caducia] Critiques en 2026

Messagepar Alegas » Ven 02 Jan 2026, 20:38

Je crois qu'il y a un problème avec le crédit du réal. :eheh:
"Our films were never intended for a passive audience. There are enough of those kinds of films being made. We wanted our audience to have to work, to have to think, to have to actually participate in order to enjoy them."

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Hedwig and the Angry Inch - 6/10

Messagepar caducia » Sam 03 Jan 2026, 10:54

Hedwig and the Angry Inch

De : John Cameron Mitchell
Cast : John Cameron Mitchell, Michael Pitt, Miriam Shor Genre :comédie dramatique Durée : 01h30 2001

6/10


Hedwig Schmidt, un transsexuel allemand, est la star du rock la plus étonnante et la plus méconnue du monde. Avec son groupe, elle sillonne les Etats-Unis de restaurants miteux en halls de centres commerciaux. Pourtant, chacune de ses chansons révèle son incroyable destin et sa vision du monde. Hedwig raconte, en chansons, son enfance est-allemande, sa solitude, son opération de changement de sexe et ses passions. Elle poursuit également le célébrissime Tommy Gnosis, le jeune homme qu'elle a tant aimé et pour qui elle a composé certaines musiques.

Hedwig and the Angry Inch est une œuvre qui frappe d’abord par son audace. Le spectacle, à mi‑chemin entre concert rock et confession intime, réussit à créer une proximité rare avec le public. Dès les premières minutes, on est happé par l’énergie brute de Hedwig, personnage à la fois larger‑than‑life et profondément vulnérable. Cette dualité constitue l’un des grands atouts du show : derrière les paillettes, il y a une douleur sincère, racontée sans pathos mais avec une lucidité désarmante.

Malgré un personnage de transsexuel haut en couleurs qui peut effrayer et sous-entendre une certaine provocation ou vulgarité, Hedwig est certes différent, provoque d’une certaine manière mais il n’y a pas de dialogue frontal ou vulgaire gratuitement.
La force du film réside aussi dans son écriture. Le texte, drôle, acide, parfois poétique, aborde des thèmes complexes — l’identité, la transformation, la quête d’amour — avec une intelligence qui évite les clichés. Hedwig n’est jamais réduite à une caricature : elle est un être humain complet, contradictoire, flamboyant, et c’est précisément ce qui la rend si attachante.

Les chansons, inspirées du glam rock, du punk et du folk, sont d’une efficacité redoutable. Elles ne servent pas seulement de respiration : elles racontent, elles dévoilent, elles blessent et elles guérissent. « Origin of Love » ou « Wig in a Box » restent longtemps en tête, tant pour leur mélodie que pour leur portée émotionnelle, portée par des animations en accord avec les textes.
Le show repose sur la présence magnétique de son interprète principal, capable de passer du rire à la rage, de la provocation à la fragilité en un clin d’œil. Cette intensité crée une expérience presque cathartique.
Michael C Hall a d’ailleurs interprété Hedwig à Broadway il y a quelques années, j’aurais aimé voir cela (peut-être qu’il y a une captation quelque part..)

Show vibrant, sincère, et étonnamment universel malgré son excentricité. Une œuvre qui continue de toucher, de questionner et d’inspirer.
Critiques similaires
Film: Hedwig and the Angry Inch
Note: 6/10
Auteur: Alegas

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Scary Movie - 3,5/10

Messagepar caducia » Lun 09 Mar 2026, 19:26

Scary Movie

De :Keenen Ivory Wayans
Cast :Marlon Wayans, Shawn Wayans, Anna Faris
Genre :comédie Durée : 01h30
2000

3.5/10


Un soir, Drew Becker recoit un appel anonyme d'un maniaque. Traquée dans sa maison, puis dans son jardin, elle finit par se faire tuer. Sa mort plonge ses camarades de lycée en plein cauchemar, d'autant qu'ils doivent désormais faire face à un tueur en série, caché parmi eux. Flairant le scoop, la journaliste Gail Hailstorn débarque en ville, bien décidée à harceler Cindy Campbell et ses amis à propos de cette histoire...

Pour célébrer la future sortie de la nouvelle mouture de Scary Movie, petit piqure de rappel 26 ans après sa sortie en ayant des souvenirs très lointains mais d'un résultat plutôt réussi.
Le film a très mal vieilli, ou peut-être que c'est moi... Une histoire de famille car c'est des 3 frères qui réalise et ce n'est pas glorieux.
Un bilan inégal avec un mélange de satire de films de genre des années 90 mais aussi un hommage à Matrix qui au départ est pas mal fichu mais le 2ème volet de la scène pique les yeux. S'inspirant des parodies telles que Hot Shots ou Y a-t-il un pilote dans l'avion qui dégainent un gag toutes les 10 secondes, Scary Movie est loin du compte, et encore moins si on décompte les blagues qui font rire. Sans compter les lourdeurs homophobes, grossophobes, misogynes qui s'enchainent. A croire que le public cible était des gros beaufs affalés dans leur canap à hurlez wazzzzzaaaaaaaaaa.
Je pense que si on balance ce film à un jeune public qui n'a pas grandi dans les 90s, le film sera d'autant plus catastrophique à leurs yeux qu'ils n'auront pas les références de l'époque.
Niveau casting, la toute jeune Anna Faris reste crédible et je pense qu'elle a du souffrir sur le tournage à subir cet enchainement de conneries assez dégradantes. Le reste c'est zéro pointé. On regarde sa montre à plusieurs reprises tellement le scénario est alambiqué et lourd.
On retiendra le gentil caméo du mec qui s'est trompé de fenêtre et c'est à peut prêt tout.
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Juste une illusion - 7/10

Messagepar caducia » Sam 21 Mar 2026, 16:50

Juste une illusion

De :Olivier Nakache, Eric Toledano
Cast :Louis Garrel, Camille Cottin, Pierre Lottin
Genre :comédie dramatique Durée : 02h5
2026

7/10


Nous sommes en 1985, Vincent, bientôt 13 ans, vit en banlieue parisienne dans une famille de la classe moyenne, entre un grand frère distant et des parents en conflit permanent. Alors qu’il n’est « déjà plus » un enfant et qu’il n’est « pas encore » un adulte nous allons partager ses questions et ses doutes sur l’identité, l’amitié, la famille, la religion, le désir et les premiers élans amoureux.

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C’est encore une très belle réalisation de Nakache et Toledano. Ils réussissent toujours à trouver le bon équilibre entre émotion, drame et réalisme, sans jamais ennuyer. Comme souvent, ils s’inspirent de leur enfance et adolescence dans les années 80. Le seul petit bémol, c’est que le film ne touchera pas toutes les générations de la même façon : les plus jeunes risquent de passer à côté des références musicales, des expressions ou de l’ambiance de l’époque.

Le film offre un vrai retour en arrière, dans une période plus légère que la nôtre, où l’écologie n’en était qu’à ses débuts et où draguer demandait un peu plus d’efforts qu’un simple clic sur une appli. Mais les réalisateurs n’idéalisent pas tout : ils montrent aussi les difficultés de l’époque, comme le chômage ou le manque d’ouverture d’esprit face à la différence.

La famille que l’on suit est très attachante. Les parents, joués par Louis Garrel et Camille Cottin, sont excellents, mais ce sont surtout les deux enfants qui surprennent : ils sont naturels, crédibles, chacun avec sa personnalité et sa manière de découvrir la vie. Le film offre une vision touchante du passage de l’enfance à l’adolescence, qui rappelle un peu La Boum.

Camille Cottin est impeccable, comme toujours, pleine de justesse et d’énergie. Louis Garrel, que je trouve souvent surestimé, est ici très bon dans un rôle un peu décalé et vraiment drôle. Et Pierre Lottin apporte la touche finale : son rôle lui va parfaitement, avec un naturel bluffant et des expressions savoureuses.

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La reconstitution des années 80 est impressionnante et très réaliste : les K7, les vidéoclubs, les marques de l’époque, les premiers ordinateurs… Une vraie bouffée de nostalgie, sans jamais tomber dans le kitsch.
Les réalisateurs ont là encore fait attention à la BO qui est bien trouvée et pas trop envahissante.

Un résultat mignon comme le jeune héros, bourré de qualité, ponctué de bêtises qui mérite le déplacement en salle.
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Furie (1978) - 3/10

Messagepar caducia » Mar 31 Mar 2026, 19:17

Furie

De :Brian de Palma
Cast : Kirk Douglas, John Cassavetes, Carrie Snodgress Genre :SF Durée : 01h58 1978

3/10


Le père d'un enfant doué de pouvoirs de voyance se met à la recherche de son fils. Celui-ci a été enlevé par une agence de contre-espionnage qui veut utiliser ses aptitudes paranormales à des fins politiques. Il est aidé par une jeune étudiante qui a les mêmes pouvoirs que son fils...


Furie est un film qui avait de l’ambition, mais qui aujourd’hui paraît vraiment daté et kitch.
Brian De Palma essaie de mélanger thriller d’espionnage, drame familial et histoire de pouvoirs psychiques, mais le résultat manque d’unité. On sent qu’il veut créer de la tension, du mystère, du spectaculaire, mais tout ne s’assemble pas bien.

Kirk Douglas, lui, s’en sort plutôt bien. Il apporte du charisme, il bouge beaucoup, il donne l’impression d’y croire surtout sur la scène d'introduction de fusillade puis d'escapade en ville avec une ambiance à la Bébel. C’est presque lui qui tient le film à bout de bras. Sans lui, l’ensemble serait encore plus fragile.

Le vrai problème, c’est que les effets spéciaux ont très mal vieilli. Certaines scènes qui devaient être impressionnantes à l’époque paraissent aujourd’hui presque ridicules. Les moments où les personnages courent au ralenti font vraiment penser à Super Jaimie ou L’Homme qui valait trois milliards. On a l’impression de regarder une vieille série télé plutôt qu’un film de cinéma. Cela pique les yeux! Du sang rouge pétant, des scènes de lévitation ridicules et décors datés à souhait.

Le rythme est aussi inégal. Parfois, le film s’étire sans raison, puis soudain il accélère trop vite. On passe d’une scène calme à une explosion de violence sans vraie transition. Cela donne un ton étrange, presque maladroit.

La mise en scène de De Palma montre encore quelques éclairs de talent : un plan bien construit ici, un mouvement de caméra élégant là.

Les personnages secondaires ne sont pas très développés et beaucoup en roue libre avec une hystérie totale. On a du mal à s’attacher à eux ou à comprendre leurs motivations. L’histoire des pouvoirs psychiques aurait pu être fascinante, mais elle reste floue, mal expliquée, et parfois même confuse.

La fin, spectaculaire sur le papier, tombe un peu à plat à cause des effets spéciaux dépassés. Ce qui devait être un choc devient presque une scène comique involontaire.

En résumé, Furie est un film qui a mal traversé le temps. Il reste quelques bonnes idées et un Kirk Douglas solide, mais l’ensemble paraît daté, maladroit et parfois involontairement drôle, avec une BO qui fait peur !
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