[Olrik] Eiga fan wa tsurai yo ! 2026

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Re: [Olrik] Eiga fan wa tsurai yo ! 2026

Messagepar Olrik » Dim 15 Mar 2026, 13:56

Non, en fait je l'ai vu il y a à peu près un an, je l'ai bien en tête, j'avais aimé.
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Lawrence d'Arabie - 9/10

Messagepar Olrik » Sam 21 Mar 2026, 11:34

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Lawrence d'Arabie
David Lean - 1962


Quand j’ai installé mon home cinéma, il était évident que le plaisir serait pour moi de revoir des classiques dans des conditions s’approchant de leur découverte en salle, à l’époque de leur sortie. Et parmi ces classiques, j’attendais le bon moment pour me relancer dans Lawrence d’Arabie. Vu autrefois à sa sortie en DVD, sur un modeste téléviseur, je me réjouissais de le revoir avec une définition, un grain qui épouserait merveilleusement la texture du sable, qui donnerait à sentir l’émerveillement du lieutenant T.E. Lawrence dans son odyssée, avec l’aide de Chérif Ali Ibn el Kharish (Omar Sharif) et Auda Ibn Hussein (Anthony Quinn).
Autant dire que je n’ai pas été déçu. Et avec une actualité faite de laideur, notamment au Moyen-Orient, cela fait du bien de voir un film en miroir, troquant les agissements d’un gros con à la peau orange avec la noblesse d’un officier blond tombé amoureux du désert et de la culture arabe.

Bien sûr, il faut un peu d’endurance, se mater 3H38 en fin de semaine, c’est un peu risqué. Mais puisqu’on parle de désert capté par la caméra sur une longue durée, je préfère évidemment ça à Dune. Le désert est vaste, le désert est vide. Mais ce qui est merveilleux, c’est de voir combien le peu d’humanité qui y vit a de l’éclat. De Lawrence à ses deux gamins serviteurs en passant par Chérif Ali Ibn ou le pauvre Gasim, on l’aime, cette petite communauté, et la première partie avant l’entracte aurait pu durer trois heures que ce n’aurait pas été un problème.

La deuxième partie est plus sombre bien sûr. Lawrence est empêtré dans des facettes ambiguës de sa personnalité. Si la première partie présentait la guerre comme une nécessité autant belle que glorieuse, ce sera moins le cas dans la deuxième, avec le massacre de Turcs qui s’enfuient, des survivants parqués dans un infâme hôpital qui n’a d’hôpital que le nom, enfin par le viol de Lawrence lui-même par des soldats turcs. Car la scène a beau ne pas jouer la carte de l’explicite, c’est bien de cela dont il s’agit. Dès cet instant, le désert perd de sa magie, de son magnétisme, d’autant que le magnifique prince Fayçal (excellent Alec Guinness) tient moins d’un prince des Mille et une Nuits que d’un homme politique occidental matois qui serait habillé comme un noble arable. L’épique, le lyrisme, cède la place au réalisme et au politique, et Lawrence n’a plus qu’à retourner en Angleterre, entendant une dernière fois les quelques notes du fameux thème principal de Maurice Jarre. Notes jouées à la cithare, fragiles, presque fantômatiques… à vrai dire déjà empreintes de nostalgie. À la réflexion je crois que c’est non le deuxième, mais le troisième visionnage de Lawrence d’Arabie. Il est bien évident que ces notes de cithares se rappelleront un jour à mon souvenir et me donneront envie d’en entamer un quatrième.
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Tokyo family - 8/10

Messagepar Olrik » Dim 22 Mar 2026, 10:09

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Tokyo Family
Yôji Yamada - 2013


Pour fêter ses 50 ans derrière la caméra, Yamada et la Shochiku choisissent de faire le remake du chef-d’œuvre du plus emblématique des réalisateurs de la firme : Voyage à Tokyo, d’Ozu. Choix qui peut étonner tant Yamada n’a jamais fait mystère de son dédain envers son aîné, estimant notamment que ses films mettaient l’accent sur des personnes sans problèmes d’argent plutôt que sur les couches de la société les plus fragiles. Manière sans doute de camoufler inconsciemment une forme d’agacement esthétique (de celle que l’on a envers quelqu’un qui marche sur des plates-bandes que l’on imagine personnelles) car on ne peut nier au réalisateur un côté ozuesque dans son traitement des liens familiaux. Yamada a fini par en prendre conscience, par l’accepter et donc de se lancer pleinement dans un remake autant hommage à son aîné que célébration de ses cinquante ans de carrière.

Et le résultat est évidemment très bon. Comment pourrait-il en être autrement ? L’histoire d’un des chefs-d’œuvre du cinéma dans les mains d’un réalisateur aguerri, qui a construit une filmographie de plus de 80 films mettant l’accent sur l’humain et la famille, il n’y avait aucune chance pour que le film soit raté. Même si, durant la première heure, j’ai regretté d’avoir vu le film d’Ozu il y a un an ou deux tant la version de Yamada, malgré son ancrage dans le Japon contemporain, me semblait sans réelles surprises. Mais c’est dans la deuxième heure qu’arrive la Yamada’s touch, avec une différence essentielle : dans le film original, Shôji, le fils cadet est mort à la guerre, laissant derrière lui une veuve. Dans le film de Yamada, il est bien vivant, il est un modeste intermittent du spectacle, circule dans une vieille Fiat 500C anachronique et, surtout, a une liaison avec une jeune fille, Noriko, sorte de lointaine descendante des personnages de Chieko Baisho dans ses jeunes années (je me suis fait la remarque d’ailleurs que les deux actrices ont pour point commun un beau front généreux). Et on s’en doute, elle aussi est de condition modeste (elle bosse comme simple employée dans une librairie). On a donc une énième variation autour du couple Sakura-Hiroshi (et la Fiat 500C rouge rappelle la voiture du jeune couple des Mouchoirs jaunes), ce qui permet de préparer de très belles scènes. Ainsi la rencontre entre la mère et la jeune fille, la scène avec le père et Shoji sur le toit de l’hôpital où vient de décéder Tomiko, ou encore le dernier quart d’heure, sans doute la partie contrastant le plus avec les choix d’Ozu. Il faudrait ausculter aussi les autres personnages. Ainsi la fille aînée, Shigeko, personnage assez déplaisant chez Ozu. Chez Yamada, elle est certainement agaçante mais on ne saurait la détester pleinement. Dans le passage à l’hôpital, ses pleurs ont l’air sincères, ce qui nuance le personnage. Sans doute son affection envers sa mère est-il plus superficiel que celui de Shôji, mais l’amertume que l’on pourrait ressentir devant certaines zones grises de son caractère n’a finalement que peu de poids.

Bref, une excellente version pour laquelle il n’y aurait pas vraiment de recommandation du type « il faut absolument voir la version originale avant ! » Les deux films sont à la fois semblables et différents. On pourra préférer la lumière propre à Yamada, mais d’un autre côté, Chishû Ryu dans le final doux-amer d’Ozu, c’est aussi quelque chose. Dans tous les cas, Tokyo Kazoku est à mettre dans la catégorie des remakes intelligents et réussis.
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Nashville - 4/10

Messagepar Olrik » Sam 28 Mar 2026, 18:31

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Nashville
Robert Altman - 1975


« Film choral », « film polyphonique »… y’a pas, les expressions en jettent. À l’image d’une chorale, on se retrouve en effet avec un bataillon de personnages qui, le temps d’une durée définie (ici quelques jours), se croisent lors d’un rassemblement à Nashville, capitale du song-writing.

Le problème est qu’en voyant ce film, je me suis dit au bout d’une heure (précisons que le film fait 2H40) que finalement rien ne vaut la bonne vieille recette du film hiérarchisant des personnages entre personnages principaux et secondaires. Assez vite, j’ai eu l’impression d’une tambouille dans laquelle il devenait difficile de se sentir impliqué par ces êtres esquissés auxquels il manquait un supplément d’âme pour être vraiment attachants – le comble étant le drame intervenant dans les dix dernières minutes, drame touchant un des personnages et qui n’a suscité en moi qu’un vague haussement d’épaules.

Peut-être était-ce le but recherché d’Altman, montrer une humanité qui s’agite en faisant fi des règles habituelles dans l’art de bâtir un scénario à partir de personnages principaux. Mais du coup cette agitation m’a fait le même effet que One Battle after Another de Paul Thomas Anderson. Je cite ce dernier car à bien des égards on peut percevoir une influence entre lui et Altman, notamment à travers un film comme Magnolia. Au moins ce dernier se retreignait-il à une poignée de personnages et parvenait-il au bout du voyage (de trois heures) à susciter l’émotion. Chose que je n’ai ici nullement ressentie, et il ne fallait certes pas compter sur les innombrables minutes de musique country (finalement, la meilleure chanson vient du personnage de Keith Carradine, un musicien de folk-rock) pour m’aider à me sentir concerné par ces brouillons d’histoires amalgamés.
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Re: [Olrik] Eiga fan wa tsurai yo ! 2026

Messagepar Mark Chopper » Sam 28 Mar 2026, 21:18

En cinéma comme en littérature, j'adhère peu - voire jamais ? - aux récits polyphoniques.

En série, ça peut marcher - Lost reste le meilleur exemple.
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Re: [Olrik] Eiga fan wa tsurai yo ! 2026

Messagepar Olrik » Sam 28 Mar 2026, 22:34

De mémoire, j'avais apprécié Short Cuts (mais ça fait très longtemps, faudrait que je le revoie).
Pour les romans... ça tient aussi au nombre de voix narratives. Aucun problème pour aimer Les Liaisons Dangereuses. Mais j'avoue ne pas trop avoir en tête des exemples où ce serait plus foisonnant.
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Re: [Olrik] Eiga fan wa tsurai yo ! 2026

Messagepar Olrik » Dim 29 Mar 2026, 09:17

Vite fait : La Maison au toit rouge (Yôji Yamada - 2014)
Un des rares films de Yamada qui a bénéficié d'une sortie sur nos écrans. Déjà, à l'époque, il m'avait un peu ennuyé. Et là, revu après le visionnage méthodique de tous ses films le précédant, pas de miracle, je l'ai de nouveau trouvé languissant. Sur le thème du quotidien dans le Japon durant la Seconde Guerre mondiale, on préférera Kabei. A voir si le suivant, Nagasaki : Memories of my son, saura davantage me captiver.

5,5 / 10
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Rashômon - 8/10

Messagepar Olrik » Mar 31 Mar 2026, 13:59

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Rashômon
Akira Kurosawa - 1950


On le sait, Rashomon tient essentiellement sa réputation de sa construction narrative à coups de flash-back. En littérature, rien de particulier, les récits enchâssés, les analepses étant monnaie courante. Mais là, l’originalité tient d’une temporalité en trois strates. L’une renvoyant au présent du récit « enchâsseur » à partir duquel vont se faire les autres, les deux autres renvoyant à deux moments du passé, la première récente (celle de l’interrogatoire des témoins d’une sombre affaire de viol et de meurtre), l’autre plus éloignée (ladite affaire qui met aux prises un samouraï, son épouse et un bandit de grand chemin).

À cela s’ajoute un effet pièce de théâtre à la Pirandello (on songe à A chacun sa vérité), avec une reconstitution sans cesse renouvelée, à chaque fois différente de la précédente et avec pour effet de relativiser la notion de vérité, le mystère étant au fur et à mesure du film davantage épaissi qu’obscurci.

Mais au-delà de cette structure qui court le risque de créer un effet de lassitude (en tout cas pas pour moi, j’ai trouvé que Kurosawa a trouvé le bon nombre de reconstitutions pour rendre son film intriguant et non languissant), j’ai surtout apprécié l’opposition le traitement stylistique des flash-backs. Car ce ne sont pas n’importe quels flash-backs. Ils sont le fait d’esprits égoïstes, soucieux de l’image qu’ils doivent laisser d’eux-mêmes dans cette histoire. Ainsi le bûcheron, à l’origine du premier flash-back, celui de la découverte inaugurale d’un meurtre. Deux minutes durant, Kurosawa nous le montre marchant dans la forêt, la camera virevoltant ad nauseam autour de lui. Répétition lassante ? Manque d’imagination du réalisateur ? Non, il faut juste voir la scène comme dotée d’un miroir grossissant agrandissant les qualités du bûcheron qui apparaît comme un homme affairé, droit, pas paresseux pour deux sous dans son travail. On épouse son point de vue, un peu comme si le bûcheron, à travers son témoignage, sa manière de présenter les choses, devenant son propre metteur en scène. Et il n’en ira pas autrement des témoignages des autres personnages, à savoir celui du brigand, de l’épouse puis du mari défunt (hallucinante reconstitution de son témoignage par le biais d’une chamane). Chacun de leurs récits est truffée de miroirs déformants, accentuant leurs qualités et déformant les défauts des autres, autres dont le visage se fait grimaçant, plus proche d’un masque de théâtre que d’un visage humain. D’ailleurs, cette théâtralité se fait aussi par le maquillage (le visage de Mifune dégoulinant de sueur) ou par la voix (les éructations et les rires de l’épouse).

En contraste, le dialogue entre les trois hommes discutant de l’affait paraît beaucoup plus neutre. Et pourtant, dans les dix dernières minutes on retrouve une trace de cette hystérisation, de ces hideuses grimaces qui mettent à nu les faces cachées de l’âme humaine, avec le passant qui, découvrant qu’un bébé abandonné à côté d’eux est accompagné d’un magnifique kimono (laissé par les parents sans doute en guise de dédommagements pour la personne qui recueillerait l’enfant), s’en empare sans vergogne, estimant que de toute façon, comme l’humanité est le royaume de l’égoïsme, il n’y a pas à se gêner.

Et c’est toute la beauté de l’ultime scène qui est ainsi préparée. À tous ces visages humains, fantasmatiques ou réels, qui ont été hideusement déformés, Kurosawa termine avec celui du moine et surtout celui de Takashi Shimura. Les esprits d’un indécrottable cynisme pourront arguer que son personnage, en recueillant le bébé, essaye de se donner à lui-même une belle image avec cet exemple de « pitié dangereuse », pour reprendre le titre du roman de Zweig. Absurde. Remarque à mon sens absurde car c’est ne pas tenir compte combien l’acteur, dans la filmographie de Kurosawa, fait figure d’archétype de l’honnête homme désintéressé. Et à ces plans vaniteux du début le montrant marcher à toute vitesse dans la forêt pour pratiquer son métier, répond l’ultime plan où il marche face au spectateur, sans plans inutiles, lentement et le visage serein, comme ramené à la vie. Il n’en ira pas autrement des personnages que jouera Shimura quelques années plus tard (dans Vivre et Les Sept Samouraïs).
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