♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦Oeil pour oeil — I Spit on Your GraveFilm de Meir Zarchi · 1 h 41 min · 1978 (USA)
♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦Un petit tour dans les boisDe mémoire, j’avais été assez surpris par le remake de
I Spit on Your Grave, particulièrement énervé dans le genre, avec ce côté revanchard définitif satisfaisant. L’original est lui aussi jusqu’au-boutiste, à tous les niveaux — enfin surtout quand il s’agit de malmener les corps. Parce qu’au bout du compte, c’est à peu près tout ce qui en ressort : pas mauvais en soi, mais unidimensionnel et plombé par un sens du rythme chaotique.
Le viol de la première partie, point de départ de la revanche attendue, est interminable. De cette durée excessive naît un malaise difficilement soutenable, auquel on ne peut échapper qu’en détournant le regard. Sans doute est-ce exactement ce que cherche Meir Zarchi, et en ce sens c’est réussi. Mais avec l’âge, je suis de moins en moins client de ce type de traitement on ne peut plus sordide à la Deliverance. La seconde partie, un peu plus rythmée, fait preuve d’une imagination bien crade pour régler leur compte aux mâles problématiques.
Ce qui me gêne, c’est qu’en dehors de cette violence en plein cadre, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la canine. L’interprétation manque de nuance — pour rester poli —, même si l’implication de Camille Keaton est à saluer. Quant à l’écriture, elle est approximative pour rester gentil. Il faut être prêt à avaler de sacrées couleuvres, notamment lorsque Medusa est de sortie avec la force de Fifi Brindacier.
Reste ce malaise persistant et cette manière d’assumer frontalement la mise en images du mal. Mais savoir si c’est un héritage enviable est une toute autre question. À mon âge avancé, je cherche autre chose. Mon moi vingtenaire, toujours en quête de cette limite subtile de l’acceptable, y aurait sans doute trouvé bien plus son compte.