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Re: [Niko06] Mes critiques en 2009

MessagePosté: Ven 16 Oct 2009, 10:16
par Jeff Buckley
Et moi un nid où l'on peut dissimuler ses secrets, une force naturelle qui trône immobile et symbole de puissance tout en se transformant au gré des saisons et qui souvent nous enterre. Un arbre a vécu tandis que le Monde change mais ne peut pas témoigner, il sait tout mais l'ignore.

Re: [Niko06] Mes critiques en 2009

MessagePosté: Ven 16 Oct 2009, 10:33
par Waylander
nicofromtheblock a écrit: +1 avec Niko.

Dans le genre "films en plans fixes", Hunger et Chansons du deuxième étage sont des modèles du genre.
De véritables tableaux construits avec minutie qui apportent une autre approche du cinéma non moins intéressante.



Pour Hunger totalement d'accord.
Le souci c'est que j'ai tellement ét envouté par les deux derniers Malick que les deux premiers (vus après les deux derniers) m'ont déçus.Surtout le premier parce que Days of Heaven ça reste un des plus beaux films que j'ai pu voir.
Mais les plans fixes naturaliste ça me fait mal au couer c'est vraiment personnel pour le coup. Et le fond de Days of Hevan je veux bien reconnaitre que j'ai pas tout compris. Je me suis pas pris la tête dessus.
Et la contemplativité ça peut aussi être en mouvement. La caméra à l'épaule du nouveau monde ya rien de plus immersif et c'est subtil sur pleins de passages (niveau montage ya des raccors à faire soi-même par exemple et des interprétations au possible).

Par contre, Niko je suis vraiment d'accord avec toi sur l'essence même des films de Malick quand tu dis :

Niko06 a écrit:Pour le fond du film je pense en avoir assez dit dans ma critique, faut voir au delà des images car il y a une grande réflexion sur la place de l'homme en tant que simple détail dans l'univers, réflexion qu'il poussera encore dans les deux films suivants.


C'est la même chose dans ses 4 films mais ça m'a parut plus important dans The thin red line qu itraite d'un sujet essentiel. Pas Days of Heaven (pour moi encore une fois).

Sinon Jeff très belle phrase. Ecrit plus souvent bordel.

Re: [Niko06] Mes critiques en 2009

MessagePosté: Ven 16 Oct 2009, 10:38
par Milkshake
Ce qui faut comprendre c'est que Waylander il aime l'utilisation de la Steadycam de Malick qui donne un certain lyrisme à la progression de ses personnages.

Le problème c'est que tout les films avant la fin des 70's les mouvement était limité par des travellings sur rails ou chariot, chose qui coute cher sauf si on tourne en studio donc du coup les film te semble plus "statiques". Puisque la Steady permet aussi de tourner autour des acteurs.

Depuis on peut faire des long plan-séquences en mouvement même dans des espaces étroit (couloir), un des premiers ça été Kubrick avec Shining, les plus fameux ça reste les Scorsese Affranchi ou Casino, PTA qui s'en inspire pour Boogie Nights ou MAgnolia, Joe Wright dan Atonnment, Cuaron pour les fils de l'homme.

Le gros exploit ça reste l'Arche Russe de Sokourov, le film est un plan séquence 1h30 mais bon c'est plus de l'esbroufe technique.

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Re: [Niko06] Mes critiques en 2009

MessagePosté: Ven 16 Oct 2009, 10:42
par Waylander
Exactement et je ne fais pas du manque de steadycam un défaut dans les premiers Malick mais ça ne me correspond pas.

J'aime trop le mouvement. Les plans fixes peuvent parfois me plairent (HUnger et son plan fixe de 15 min) mais dans la Nature ça me fait peur.

Sinon, ya pas que du mouvement avec la steadycam. On peut faire lyrique avec des travlling, des zoom dézoom, des plans de grues etc...et là ça fonctionne aussi bien à mes yeux.

Ligne rouge (La) - 9/10

MessagePosté: Ven 16 Oct 2009, 10:44
par Niko06
La Ligne Rouge
de Terrence Malick

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Il fallait être fou pour sortir ce film en 1998! Non pas à cause de la coupe du monde de football mais surtout car sortir un film qui parle de la seconde guerre mondiale la même année que le mastodonte de Steven Spielberg, Il Faut Sauver le Soldat Ryan, c'est presque du suicide! Surtout quand ça fait 20 ans qu'on l'attend le nouveau Malick... Résultat, avec une différence de budget de "seulement" 20M$ en faveur du Soldat Ryan, ce dernier rapporte cinq fois plus que la Ligne Rouge au box-office mondial... Comme quoi les chiffres ne veulent souvent rien dire sur la qualité d'un film! Car si le Spielberg est un film de guerre absolument phénoménal (même si l'intro dantesque rend la suite moins puissante), la Ligne Rouge est un film d'un tout autre niveau... d'ailleurs dès le premier plan on comprend que ce n'est pas vraiment un film de guerre, ni un film sur la guerre. C'est l'évolution du regard que porte le philosophe Terrence Malick sur le monde 20 ans après les Moissons du Ciel, c'est une oeuvre qui a de quoi déstabiliser par son côté métaphorique et donc forcément élitiste, et qui mériterait des heures d'analyse tant il est complexe.

En fait peu importe la bataille de Guadalcanal qui sert de background, peu importe la guerre en elle-même ou ses enjeux géo-politiques, l'idée de parler de la guerre en adaptant le livre de James Jones est simplement là pour mettre les hommes dans une situation extrême où le moindre de leurs actes sera exacerbé, de les mettre dans une situation dont les tenants et aboutissants les dépassent, et leur permettre de réfléchir à leur nature... On ne sera pas surpris de retrouver une des signatures narratives de Malick, la voix off, sauf que contrairement à ses deux premiers films on a bien plus qu'un seul narrateur. On a droit aux questionnements intérieurs d'une multitude de personnages, des réflexions qui partent un peu dans tous les sens, ouvrant des voies d'exploration presque infinies. La Ligne Rouge n'est pas seulement très ambitieux dans sa reconstitution d'un conflit mais également dans sa portée métaphysique...

Dès lors, une fois assimilée l'idée qu'on va assister à une autopsie des notions impalpables de bien et de mal, et de l'impuissance de l'homme devant l'immensité de la nature qui l'entoure, on ne sera rebuté ni par la durée du film (pas loin de 3h) ni par le ton contemplatif, et encore moins par les innombrables inserts sur la faune et la flore qui entoure les soldats... Encore une fois tout cela s'inscrit dans une logique imparable d'illustration par allégories (vraiment j'adore le concept, une fois qu'on l'a saisi!). Par exemple les plans sur un oisillon mourant lors d'une scène d'attaque ou un autre sur une feuille d'arbre pleine de trous, comme pour symboliser les hommes morts sous les balles... Malick nous montre les hommes comme des pions incontrôlables d'une nature qui les a abandonnés à leurs querelles destructrices, les poser dans un lieu aussi idyllique que cette île vient créer un contraste saisissant.

Il nous montre une nature certes belle, pure, mais qui ne représente pourtant pas le bien absolu, tout comme les hommes ne sont pas l'incarnation d'un mal absolu. La nature reste cruelle avec les hommes et avec elle-même, Nick Nolte prend d'ailleurs cela en exemple pour "justifier" les actions militaires. Le foisonnement de personnages, de végétaux et d'animaux vient souligner que le tout (la nature) n'est basé que sur des individualités. Avec le village d'indigènes Malick nous renvoie à la notion de paradis perdu, la séquence d'ouverture est paradisiaque avec ce peuple pacifique vu à travers les yeux de Jim Caviezel, vision qui change considérablement à son retour... non ce n'est pas le progrès qui a rendu l'homme mauvais et enclin aux pires choses, à l'origine l'homme est naturellement cruel.

Chaque personnage se pose des questions sur pourquoi cette guerre, pourquoi le bien, pourquoi le mal, pourquoi donner tel ordre, pourquoi refuser celui-ci... On a droit à un nombre de visions du monde assez considérable, du rêveur au pessimiste, du simple d'esprit au philosophe, de l'idéaliste au lucide... Chacun apporte sa pierre à un édifice complexe et même celui qui semble le plus proche de la nature (Caviezel) voit ses pensées se perdre devant une incompréhension totale des maux du monde qui l'entoure. Mais on se rend compte sur la fin qu'il avait compris quelque chose de très important: qu'importent nos actions, aussi viles soient-elles, au moment de notre mort l'individu disparaît et le corps retourne à la nature. Il symbolise ce discours par le visage d'un japonais mort partiellement recouvert de terre... Le réalisateur s'arrête d'ailleurs souvent sur les derniers regards de ses soldats.

La mort, la nature, l'amour, la religion, l'infini... Malick jongle avec des notions difficiles mais sans jamais nous donner de leçon. La Ligne Rouge n'est pas un film écolo, rien à voir. Développant un peu plus la thématique déjà présente dans les Moissons du Ciel, il nous montre une humanité futile, qui se croit faire de grandes choses mais détruit tout sur son passage pour pas grand chose... pour un bout de terre ou d'océan... Autour des hommes de bien plus belles et grandes choses se passent!
Pour sa mise en scène Malick a considérablement évolué. Si on est toujours dans un style très contemplatif, la caméra est plus dynamique avec beaucoup de mouvements. La photographie est toujours exceptionnelle, la musique d'Hans Zimmer est une de ses plus belles... et quel casting! Le tout Hollywood voulait être présent dans ce film alors que le réalisateur n'avait rien fait pendant 20 ans! On dit même que Sean Penn aurait demander de jouer dedans pour un dollar... de quoi alimenter encore un peu plus la légende d'un artiste exceptionnel... C'est un film gigantesque qu'on peut revoir des dizaines de fois sans réussir à en percer tous les mystères, un film qui nous emmène dans de longues et profondes réflexions mais qui nous montre bien, avec un plan final aussi simple que magnifique, que même si les hommes jouent à la guerre, le monde ne s'arrête pas de tourner et la nature poursuit son oeuvre de création...


9/10

Re: [Niko06] Mes critiques en 2009

MessagePosté: Ven 16 Oct 2009, 10:45
par kenshiro
Celui là vous m'avait tous donné envie de le voir :love:

Re: [Niko06] Mes critiques en 2009

MessagePosté: Ven 16 Oct 2009, 10:46
par Riton
nicofromtheblock a écrit:Dans le genre "films en plans fixes", Hunger

Une immense claque ce film :love:


Bon, Niko on attend ta critique de Let the right on in :x

Re: [Niko06] Mes critiques en 2009

MessagePosté: Ven 16 Oct 2009, 13:11
par Scalp
Faudrait quand même qu'un jour je pense à regarder la Ligne Rouge.

Re: [Niko06] Mes critiques en 2009

MessagePosté: Ven 16 Oct 2009, 13:27
par Waylander
En plus je suis sûr que tu aimerais ce Malick. Sérieux.

Re: [Niko06] Mes critiques en 2009

MessagePosté: Ven 16 Oct 2009, 13:30
par Scalp
Ptet parce que même si je suis méchant avec le nouveau monde, je lui fout quand même 5, comme quoi tout n'est pas perdu :mrgreen:

Re: [Niko06] Mes critiques en 2009

MessagePosté: Ven 16 Oct 2009, 13:58
par Jeff Buckley
Oui Scalp tu aimeras

Re: [Niko06] Mes critiques en 2009

MessagePosté: Ven 16 Oct 2009, 22:06
par zack_
Scalp a écrit: Tu comptes les feuilles qui tombent ?


:llol: j'ai mal aux zygomatiques tellement t'es con quand tu t'y met mais c'est trop drôle!

Bon et vous avez toujours pas vu lumière silencieuse c'est pire question rythme...

Edit:

Scalp a écrit: Pour moi un arbre ça reste un truc ou je peux pisser dessus :mrgreen:



putain j'en pleure je lis tout à Galoo que j'ai au téléphone on est mort de rire

re edit:

kenshiro a écrit: et chier derrière :eheh:


Je dois être nerveusement fatigué pour rire autant! pffiou ca fait du bien! Merci!!!

Re: [Niko06] Mes critiques en 2009

MessagePosté: Ven 16 Oct 2009, 22:56
par Niko06
Et pendant ce temps-la Niko essaie de faire des critiques intéressantes... :(

Re: [Niko06] Mes critiques en 2009

MessagePosté: Sam 17 Oct 2009, 00:13
par Waylander
Scalp a écrit: Pour moi un arbre ça reste un truc ou je peux pisser dessus :mrgreen:


Ca vient de toi je me marre mais les mecs qui pensent ainsi je les hais. :eheh:

Re: [Niko06] Mes critiques en 2009

MessagePosté: Sam 17 Oct 2009, 06:44
par zack_
Pardon Niko
c'est vrai que tu fais des critiques de fou et nous fout le bordel (surtout scalp :lol:)
Mille excuses