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Bay (The) - 1/10

MessagePosté: Jeu 07 Nov 2013, 00:33
par Jimmy Two Times
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The Bay - Barry Levinson - 2013


Abominous! Pour un film aussi pourri, faut bien inventer une contraction franglaise à l'avenant. Sans déconner, je me demande encore comment Barry Levinson a pu atterrir dans cette galère? 1h15 de found footage horripilant, vous me direz c'est souvent le cas avec ce procédé. Rien que la durée semble annoncer le foutage de gueule en règle qui nous attend. Un truc sans saveur ni inspiation aucune...L'idée d'évoquer une pandémie virale liée à des événements récents (grippe aviaire, peur d'une attaque à l'arme chimique...) était intéressante mais le résultat est une mascarade sans nom qui ferait passer World War Z pour un chef d'œuvre. Réalisation crispante, acteurs de seconde zone, musique à chier et stressante et j'en passe. Le film ne décolle jamais et ressemble à un assemblage foutraque de séquences vues mille fois. Pour la tension, on repassera. L'antithèse du cinéma.

1/10

12 hommes en colère - 8,5/10

MessagePosté: Mer 20 Nov 2013, 07:46
par Jimmy Two Times
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12 Hommes en Colère - Sidney Lumet - 1957


Dire d'un film qu'il n'a pas pris une ride est une expression parfois galvaudée. Dans le cas présent, elle prend tout son sens. Pour un premier essai, Sidney Lumet réalise un coup de maître. 12 Hommes en Colère est un classique indémodable, sûrement le meilleur film de sa catégorie, malgré sa forme de huis clos qui n'en fait pas le plus sexy du genre sur le papier. Science des dialogues, cadrages audacieux dans un espace plus que restreint et travellings lancinants composent cet exercice de style en bonne et due forme. Dans le fond, ça reste un film de procès qui se veut être un plaidoyer contre la peine de mort et cette thématique est traitée avec beaucoup d'intelligence et de subtilité. Quand on voit à quel point le sujet peut vite tourner à l'overdose de pathos, il y a ici de quoi tirer son chapeau.

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Seul contre tous


Le film est également un modèle en terme de caractérisation de personnages. Henry Fonda domine évidemment le casting de part son rôle de contrepoint dans l'histoire mais à aucun moment, on ne ressent un quelconque manque d'écriture au sujet des 11 autres jurés. Aussi timoré ou explosif soit leur tempérament , ils ont tous une scène à défendre et sont idéalement campés par des interprètes concernés. On peut toujours trouver à redire sur le côté un peu trop influençable de certains (quelques personnages sont un peu trop suiveurs et retournent très facilement leur veste) mais c'est bien là le seul défaut à noter. L'atmosphère étouffante liée au débat est par ailleurs transcendée par une idée d'une simplicité éloquente mais pourtant diablement efficace. Un orage gronde en dehors des murs du tribunal et l'atmosphère devient suffocante à mesure que le récit avance. Pour ne rien gâcher, on ne s'ennuie jamais, le film est parfaitement condensé et y gagne ainsi ses galons de classique. Brillant et classieux.

8.5/10

Gravity - 6/10

MessagePosté: Mer 20 Nov 2013, 22:39
par Jimmy Two Times
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Gravity - Alfonso Cuaron - 2013


Gravity est un film à voir, de préférence en salle, c'est indéniable. Est-ce un must see pour autant? Chacun y voit midi à sa porte. Je mettrai volontairement de côté les interprétations que nombres d'agités du bocal se feront un plaisir d'extirper de la moelle du récit . Une chose est claire de mon point de vue. A aucun moment le fond ne vient soutenir la prouesse technique. Et c'est bien dommage quand on pense au coup de boule asséné par Alfonso Cuaron il y a quelques années avec le plus qu'enthousiasmant Les Fils de l'Homme. Pendant 30 minutes, Gravity séduit au plus haut point. Contrairement à la concurrence, le tout CGI s'oublie en quelques minutes. Aucun couac formel ne viendra entacher la partition d'ensemble. On a vraiment l'impression que le spectacle qui nous est offert est fait de prises de vue en dur. On passe une présentation express des deux protagonistes de l'histoire et on attache son harnais pour un premier tour de roller coaster. Météorites, Sandra en perdition, George qui jet-packe à son secours, puis une première respiration.

Et que se passe-t-il ensuite? Bis repetita et même ter repetita... Gravity dure 90 minutes et peut être découpé en 3 segments qui n'ont rien d'autres à offrir que des péripéties déjà vues quelques instants plus tôt. Paye ton schéma narratif redondant. Pour briser la routine, on en apprend un peu plus sur le personnage de Bullock (qui s'en sort fort honorablement au demeurant - mark my words, ça n'est sûrement pas demain la veille que je redirais du bien d'elle) mais hélas, pas grand chose à se mettre sous la dent hormis un trauma du genre lourdingue. Cuaron a pris le parti du grand spectacle, on peut difficilement lui donner tort mais le manque d'inspiration en terme de script est vraiment très frustrant. Pendant toute la séance, j'avais envie de frissonner de plaisir mais rien n'est venu raviver l'émotion suscitée par la première bobine.

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Pire encore,quelque doléances viennent entacher le tableau final. Entre la scène "Deus ex machina" du rêve, Sandra touchée par la grâce de Dieu et dont le corps ondule entre plusieurs tempêtes de débris, et une vaine tentative de parallèle entre son destin et celui de l'homme dans sa globalité, les griefs s'accumulent. Rien de fondamentalement rédhibitoire, l'usine à rêve fonctionne toujours à plein régime pour les plus indulgents, mais à titre personnel, j'ai envie de dire "merde" lorsque le générique de fin pointe son nez. Merde, parce que ça aurait pu être dément. Je n'ai tout simplement pas vu le film que j'imaginais. Dernier mot concernant la musique. On nous promet le silence au début du film, jamais la promesse n'est tenue à l'exception de deux ou trois trop courtes séquences. Ça vire limite à l'abrutissement par moment. Au lieu d'une tension sourde, place à la sur-dramatisation dans le bruit et la fureur... Dans l'espace, personne ne vous entendra regretter...

6/10

Re: [Jimmy Two Times] Mes critiques en 2013

MessagePosté: Mer 20 Nov 2013, 23:44
par Tarankita
C'est clair que c'est un film à voir en salle ou chez soit mais avec un home-cinéma, projecteur...etc
Mais de là à mettre seulement 6 peut-être pas. En sortant de salle j'ai mis 8. Avec le temps, ma note baissera surement et à mon avis, surtout après avoir revu le film sur petit écran.

Re: [Jimmy Two Times] Mes critiques en 2013

MessagePosté: Jeu 21 Nov 2013, 00:12
par Jimmy Two Times
J'ai vraiment buté sur le caractère répétitif de l'entreprise. Trop vite, le soufflé est retombé. Quant on te sort deux ou trois fois les mêmes scènes sur 1h25 de film (débris, nouvelle station avec à chaque fois la porte du sas qui manque d'expédier Sandra aux confins de l'espace, décompression, déambulation dans les couloirs des stations, capsules, sauvetage in extremis, le tout entrecoupé de rêverie what the fuck ou d'introspection en position foetale), il y a de quoi être décu...

Re: [Jimmy Two Times] Mes critiques en 2013

MessagePosté: Jeu 21 Nov 2013, 00:43
par osorojo
Totalement d'accord avec ta critique Jimmy.

Et j'en avais pas parlé dans la mienne, mais je pense la même chose sur le son. Alors qu'on nous précise bien au début que l'espace est une zone de silence. Va comprendre :p

Re: [Jimmy Two Times] Mes critiques en 2013

MessagePosté: Jeu 21 Nov 2013, 02:04
par Alegas
C'est marrant quand même toutes ces critiques envers l'omniprésence de la musique.
Ça me rappelle Cuaron à l'AVP française, un mec lui demande pourquoi avoir mis de la musique alors que son film dit justement que l'espace ne peut pas porter le son. Cuaron lui répond : "parce que je fais du cinéma, pas du documentaire".
Je crois que vous vous rendez pas compte à quel point le film aurait été chiant à mourir sans cette musique. L'effet même de spectaculaire a besoin de plus qu'un visuel, il a besoin d'un support. Et si ça ne vient pas d'un effet sonore (que le film évite, donc oui oso, Gravity est cohérent avec le fait que l'espace ne porte pas le son) bah forcément ça doit venir de la musique qui est, je le rappelle, devenu un élément aujourd'hui indissociable du cinéma (et globalement l'a toujours été, même au temps du film muet où les pianistes jouait pendant les projections).

Re: [Jimmy Two Times] Mes critiques en 2013

MessagePosté: Jeu 21 Nov 2013, 07:23
par Mark Chopper
Alegas a écrit:Je crois que vous vous rendez pas compte à quel point le film aurait été chiant à mourir sans cette musique.


Je crois que tu ne te rends pas compte qu'il l'est avec :chut:

Et on peut mettre de la musique sans en faire des caisses.

Re: [Jimmy Two Times] Mes critiques en 2013

MessagePosté: Jeu 21 Nov 2013, 07:26
par Scalp
Ne dis pas ça !!! Cuaron est un génie 2.0

Re: [Jimmy Two Times] Mes critiques en 2013

MessagePosté: Jeu 21 Nov 2013, 07:32
par Mark Chopper
Dans le dernier BoMcast, vous n'avez pas parlé d'un film très efficace qui est dénué de musique ? :mrgreen:

Re: [Jimmy Two Times] Mes critiques en 2013

MessagePosté: Jeu 21 Nov 2013, 07:37
par Scalp
Mémoire sélective, m'en souvient même plus :mrgreen:

Re: [Jimmy Two Times] Mes critiques en 2013

MessagePosté: Jeu 21 Nov 2013, 08:44
par osorojo
Alegas a écrit:C'est marrant quand même toutes ces critiques envers l'omniprésence de la musique.
Ça me rappelle Cuaron à l'AVP française, un mec lui demande pourquoi avoir mis de la musique alors que son film dit justement que l'espace ne peut pas porter le son. Cuaron lui répond : "parce que je fais du cinéma, pas du documentaire".
Je crois que vous vous rendez pas compte à quel point le film aurait été chiant à mourir sans cette musique. L'effet même de spectaculaire a besoin de plus qu'un visuel, il a besoin d'un support. Et si ça ne vient pas d'un effet sonore (que le film évite, donc oui oso, Gravity est cohérent avec le fait que l'espace ne porte pas le son) bah forcément ça doit venir de la musique qui est, je le rappelle, devenu un élément aujourd'hui indissociable du cinéma (et globalement l'a toujours été, même au temps du film muet où les pianistes jouait pendant les projections).


Il y a un monde entre le documentaire et la bande son Hans Zimmer approved :chinese:

Re: [Jimmy Two Times] Mes critiques en 2013

MessagePosté: Jeu 21 Nov 2013, 09:11
par Mark Chopper
Scalp a écrit:Mémoire sélective, m'en souvient même plus :mrgreen:


No Country for Old Men ? Ou peut-être que je confonds avec un autre...

Re: [Jimmy Two Times] Mes critiques en 2013

MessagePosté: Jeu 21 Nov 2013, 09:12
par Scalp
Ah oui, tin sérieux des fois ma mémoire me fait peur, je me souviens plus des grosses merdes que des chefs d'oeuvre.

Re: [Jimmy Two Times] Mes critiques en 2013

MessagePosté: Jeu 21 Nov 2013, 09:13
par Mark Chopper
Sinon, je relève quelque chose de collector dans les propos de Cuaron :

"parce que je fais du cinéma, pas du documentaire"


:shock:

Je suppose qu'Alegas a été choqué par ces propos :mrgreen: