[Alegas] Mes Critiques en 2015

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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2015

Messagepar Alegas » Mar 02 Juin 2015, 15:17

Le troll ne marche pas dans ce sens là. :nono:
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Babel - 7/10

Messagepar Alegas » Mer 03 Juin 2015, 18:07

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Babel de Alejandro González Iñárritu
(2006)


Je continue ma rétrospective Iñárritu avec ce film qui, auparavant, était mon préféré de sa courte filmographie. Malheureusement, la revision lui fait clairement du mal, en faisant notamment ressortir ses défauts avec des comparaisons inévitables. Depuis la dernière fois que je l'avais est sorti entre temps un certain Cloud Atlas avec qui il partage des liens indéniables. Et autant le propos et la mise en scène des deux films n'a pas grand chose à voir, autant ils se retrouvent sur un point particulier qui est l'ambition scénaristique et sur lequel Babel fait désormais pâle figure. En effet, Iñárritu avait visiblement l'intention de boucler sa trilogie thématique sur la communication entre les êtres avec un opus qui, cette fois, transcenderait pas seulement les règles chronologiques, mais aussi celles de la géographie, et autant la mise en place du métrage fonctionne très bien sur ce point, autant Babel, du haut de ses 2h20 de film, a tendance à montrer rapidement ses faiblesses et surtout sa volonté d'aborder au minimum ses ambitions, quitte à les renier. Le film, se déroulant sur trois continents différents où chacun héberge une storyline, ne fait ainsi jamais plus que raconter ses histoires de façon assez linéaire, ne créant un lien entre elles uniquement par le propos et un maigre lien d'intrigue. C'est franchement dommage quand on se dit qu'il y avait matière, en terme de montage, à beaucoup plus de folie, notamment en comparant directement via un montage alterné ces destins qui se résument tous à sombrer pour mieux retrouver l'espoir.

Du coup, de cette ambition reniée, il découle un sentiment de déjà-vu vis à vis des précédents films du réalisateur. Il y a beaucoup de qualité dans ce film, mais il est indéniable qu'il n'est qu'une redite des thèmes précédemment abordés, et autant le film, de façon indépendante, se regarde très bien, autant il y a clairement un côté vain dans la façon dont il se positionne dans la filmographie de son auteur. Deux gros défauts qui, néanmoins, ne gâchent pas les très belles qualités de ce film seulement trop surestimé par la presse et le public à sa sortie. Malgré quelques défauts d'écriture par ci et là, il reste de beaux moments de mise en scène (la scène de la boîte de nuit, qui fait toujours son petit effet, bon par contre le Prix de la mise en scène à Cannes c'est un peu abusé vu que ça se résume à ce que fait Iñárritu depuis le début de sa carrière) et un casting très inspiré (surtout Brad Pitt, magistral en époux totalement dépassé par la situation). Un bon film qui souffre surtout de sa réputation trop élogieuse et de sa redite lorsque l'on connaît bien le cinéma d'Iñárritu, et comme souvent avec les films de ce réalisateur, c'est beaucoup moins percutant à la revision.


7/10
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Poisson nommé Wanda (Un) - 7,5/10

Messagepar Alegas » Jeu 04 Juin 2015, 21:58

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A fish called Wanda (Un Poisson nommé Wanda) de Charles Crichton & John Cleese
(1988)


J'ai toujours tendance à me méfier des grosses réputation sur les comédies, un genre qui a parfois tendance à se révéler beaucoup trop subjectif pour me plaire la plupart du temps, encore que je me considère comme bon public dès qu'il s'agit de rire. Dans le cas de ce classique, ça ne fait clairement pas mentir ce que j'avais pu lire ou entendre sur la qualité du film. Alors ce n'est pas pour autant un grand film, mais pour une comédie c'est franchement bien maîtrisé. Côté mise en scène, si ce n'est pas spécialement de grande qualité, c'est fonctionnel jusqu'au bout et ça a même parfois quelques très bonnes idées d'insertion de gags au sein du cadre (la mort du bad-guy, on peut dire de façon non-péjorative qu'on la voit venir bien à l'avance :eheh: ). Non pour le coup, la grande qualité du métrage se trouve indéniablement dans son scénario. Je n'ai pas souvent tendance à acclamer un script dont la seule volonté est de faire rire, mais là il y a un tel travail de structure que je ne peux que m'abaisser devant la qualité d'écriture.

C'est bien simple, le film est un enchaînement de quiproquos tous plus gros les uns que les autres, l'un n’annulant jamais les précédents, ce qui donne lieu à des situations juste hilarantes où des personnages doivent mentir constamment pendant des scènes en jouant sur plusieurs tableaux en fonction des autres personnages présents. La situation souvent vue au cinéma du groupe de braqueurs qui vont chercher à s'entuber mutuellement devient donc ici un prétexte comique pour partir toujours plus loin dans des situations rocambolesques, que ce soit la drague d'un avocat, le meurtre d'une vieille dame cardiaque ou encore la torture d'un bègue, et il faut dire que Cleese s'aide particulièrement bien avec des personnages pour le moins extravagants, à l'image de celui de Jamie Lee Curtis dont l'orgasme est provoqué dès qu'on lui parle en langue étrangère. Vous l'aurez compris, c'est très con, c'est du grand n'importe quoi, mais ça n'oublie jamais d'être très intelligent dans son évolution scénaristique, et c'est clairement l'un des meilleurs scripts comiques que j'ai pu voir de ma vie de cinéphile. Un must de la comédie donc.


7,5/10
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2015

Messagepar Val » Jeu 04 Juin 2015, 22:01

Longtemps que je ne l'ai pas revu, il passait souvent à la télé quand j'étais gamin. Tu me donnes bien envie de le revoir, pour voir si ça passe l'épreuve du temps. :super:
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A la poursuite de demain - 5/10

Messagepar Alegas » Ven 05 Juin 2015, 21:34

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Tomorrowland (A la poursuite de demain) de Brad Bird
(2015)


Bien que la campagne marketing, singulièrement ratée (et encore plus quand on sait ce qu'est réellement le film), ne me tentait guère, j'avais des attentes certaines sur ce nouvel opus de Brad Bird. Tout simplement parce que jusque là, le bonhomme n'avait signé que des bons films, que ce soit dans le domaine de l'animation où il a su se faire un nom avec une mise en scène inspirée et des inspirations assumées (notamment tout un héritage de l'Amérique des années 50), mais aussi dans celui du film live, puisqu'il avait passé ce dangereux cap avec brio. Du coup, le voir au commande d'un blockbuster Disney à 200 millions qui non seulement n'est pas inspiré d'une franchise, mais en plus est un film qui se veut profondément ancré dans le genre de la SF que Bird idolâtre, ça avait de quoi nourrir quelques attentes. Malheureusement, si le résultat est parfois sympathique, il ne dépasse jamais ce stade et rappelle que des bonnes intentions ne sont pas grand chose sans un script derrière qui tient la route.

Car clairement, le gros défaut de ce film, c'est évidemment le scénario de Lindelof. Il n'est pas ici question de mystères irrésolus, mais bien d'une construction pire que bancale, virant dans le nawak total. A croire que Lindelof n'a jamais eu de cours de scénario de sa vie, quand on se rend compte qu'il faut plus d'une heure pour enfin passer le stade de l'introduction et enfin passer aux choses sérieuses, à savoir un univers inexploité et un climax de la honte pour un film dont le budget, hormis un superbe Tomorrowland que l'on voit vingt minutes à tout casser et une séquence à Paris, ne se voit quasiment jamais à l'écran. Relations fades entre personnages, placement de produit honteux, antagoniste seulement effleuré, fin totalement mièvre malgré sa volonté de rendre hommage aux films de SF des années 50, autant dire que le dernier Brad Bird est une réelle déception qui s'avère encore plus amère quand on voit l'efficacité de la meilleure scène du film : une traque ludique et lisible dans une maison pas comme les autres. Le reste, s'il n'est pas totalement mauvais, est franchement anecdotique et autant j'aurais pu le pardonner pour un nobody, autant cela me déçoit gravement de la part d'un mec comme Bird.


5/10
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2015

Messagepar lvri » Ven 05 Juin 2015, 21:50

Les avis sont partagés sur ce film ! Un 5, un 3, un 9 ..... :shock:
Je vais peut être attendre la sortie blu-ray du coup......
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Dernier combat (Le) - 5/10

Messagepar Alegas » Sam 06 Juin 2015, 23:28

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Le Dernier Combat de Luc Besson
(1983)


Il y a un côté de moi qui voudrait directement condamner ce film, vu qu'il a pour auteur l'une des pires impostures de l'histoire du cinéma français. Pour autant, une autre partie de moi souhaite vraiment faire preuve d'indulgence face à un film où Besson avait encore un minimum foi envers son cinéma. A l'heure où le succès et la renommée étaient encore loin, le bonhomme convertissait un de ses courts-métrage en un long, avec le même univers de SF apocalyptique tournée à très petit budget, dans des bâtiments désaffectés. De ce tournage à la limite de l'amateur, il en découle quelque chose d'assez surprenant visuellement, comme si l'univers de Mad Max se muait en une histoire de chevalerie évoquant, notamment dans le choix du noir et blanc et des combats, un certain Akira Kurosawa.

Si elle est sujette à quelques petites longueurs, les 40 premières minutes de film s'avèrent vraiment réussies, dépeignant un monde dont on ne sait finalement pas grand chose mais dont on comprend néanmoins les règles, et ce uniquement par l'image, les personnages se contentant de grogner ou crier en guise de communication. Besson avait donc encore tout à prouver, et notamment sa capacité à raconter une histoire en reniant le superflu, chose ici franchement réussie malgré un défaut de taille : la durée du métrage. Bien qu'il ne soit pas si long que ça, le fameux syndrome du court étiré en long se ressent très bien ici une fois le premier acte passé. Pire encore : Besson confirmait déjà ses choix musicaux franchement douteux avec un BO agaçante à bien des égards, ainsi que des décalages humoristiques ratés pour ses personnages (ici, la scène de la cuite). Autant il y avait quelque chose de prometteur dans ce premier film, autant certains tics annonçaient le réalisateur que l'on connaît aujourd'hui, et ce n'est pas le dernier plan qui me fera mentir.


5/10
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Homme que j'ai tué (L') - 6,5/10

Messagepar Alegas » Dim 07 Juin 2015, 12:46

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Broken Lullaby (L'homme que j'ai tué) de Ernst Lubitsch
(1932)


Second film de Lubitsch que je découvre, et c'est une plutôt bonne surprise pour un film certes à la bonne réputation mais finalement pas très connu. Alors déjà, je salue le gros point fort du métrage, qui tient dans son pitch. Déjà qu'un film américain sur la Première Guerre Mondiale, c'est plutôt rare, mais un film qui en parle à travers les relations franco-allemandes durant les mois suivant l'armistice, c'est franchement une super idée. On suit donc ici le récit d'un français hanté par la culpabilité d'avoir tué un allemand dans les tranchés, ayant découvert suite à la lecture d'une lettre qu'une femme l'attendait dans son village natal. Passé une introduction qui pose rapidement les enjeux, le bonhomme se met en tête de se rendre en Allemagne pour obtenir le pardon de la famille du défunt, avant qu'un quiproquo ne crée un lien particulier entre la famille et lui. Du coup, on a le droit à un drame un peu spécial qui va toujours mettre en parallèle un certain humanisme face à une Allemagne qui digère très mal d'un point de vue patriotique sa récente défaite. Si l'écriture du film n'est pas parfaite, puisqu'elle est sujette à quelques facilités (la fin, aussi belle soit-elle, apparaît comme un cheveu sur la soupe), il faut lui reconnaître une volonté d'originalité et ce, afin de proposer un joli récit sur la difficulté d'une paix entre les peuples. Autre défaut, et non des moindres : l’interprétation générale vire trop souvent au surjeu. Certains me diront que c'est voulu, vu les caractères clichés de la plupart des personnages, mais c'est quelque chose qui sort constamment du film. Pour le reste, c'est vraiment un petit film que je conseillerais aisément, pas exceptionnel, mais c'est assez original pour se tenter.


6,5/10
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Tale of tales - 7/10

Messagepar Alegas » Dim 07 Juin 2015, 22:40

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Il racconto dei racconti (Tale of tales) de Matteo Garrone
(2015)


Du peu des films que j'ai pu voir jusqu'ici de la Sélection Officielle cannoise 2015, c'est finalement, et à ma grande surprise, ce Tale of Tales que je retiens le plus. Pourtant, ma connaissance du cinéma de Matteo Garrone est quasiment nulle, j'ai évidemment entendu parler de son Gomorra, mais je n'ai finalement jamais rien maté du bonhomme, et autant dire que pour le coup, la vision de son dernier film est une jolie petite surprise, surtout que je n'avais rien lu et vu sur le métrage. Il me paraît évident que Tale of Tales ne convaincra pas tout le monde, avec son parti-pris clairement assumé, mais il en fascinera certainement beaucoup de par un résultat qui, à bien des égards, fait souvent penser à de la fantasy façon Guillermo Del Toro, la poésie et la folie en moins. Du coup, les qualités du film ne se trouvent pas spécialement dans son aspect visuel, bien que ce dernier soit loin d'être à la ramasse, mais ce sera davantage du côté du script et du traitement que le film étonnera. Ainsi, on se retrouve face à une véritable adaptation de contes à la Perrault (bien que les fameux contes soient antérieurs au bonhomme), et le résultat est assez génial puisqu'on côtoie à tour de rôle des récits à tendance comiques qui virent d'un coup dans la cruauté la plus totale, voire la violence extrême. Ainsi, l'histoire banale de la fille enlevée par un ogre est ici infiniment plus complexe, que ce soit dans l'avènement de la situation ou sa conclusion, et le conte incluant Vincent Cassel passe du comique de situation à une séquence finale qui détournera les yeux des plus sensibles.

ImageImageImage


Là où Garrone aurait pu livrer des adaptations consensuelles, il préfère finalement adapter au mot près le matériau original, pour garder toute la force symbolique des trois récits choisis, qui sont tous plus ou moins des aventures sur l'initiation au monde adulte, aussi cruel soit-il. Visuellement, le film souffre de quelques incrustations de décors pas joyeuses, notamment dans la fuite de la caverne de l'ogre ou dans la représentation d'un insecte géant, mais c'est bien finalement la seule chose que je pourrais reprocher au film tant il y a une maîtrise évidente du cadre, de superbes décors naturels et d'une direction artistique étonnante (la séquence de la chasse sous-marine est juste magnifique sur ce point). Loin d'être un film qui se repose sur son casting, comme on pourrait le penser via l'affiche française, Tale of Tales est, en plus d'être une de mes plus jolies surprises de cette année, l'occasion de se rappeler d'une certaine forme de fantasy finalement trop rare au cinéma.


7/10
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Plus fort que les bombes - 6,5/10

Messagepar Alegas » Lun 08 Juin 2015, 18:31

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Louder than bombs (Plus fort que les bombes) de Joachim Trier
(2015)


Premier film de Joachim Trier que je regarde, et c'est plutôt pas mal même si je dois avouer que je m'attendais à un peu plus de la part d'un mec dont me dit beaucoup de bien ces derniers temps (j'attends de mater le fameux Oslo 31 Août avant de juger véritablement le bonhomme). Ceci dit, pour un premier film en langue anglaise (le film restant apparemment une production norvégienne), c'est vraiment réussi même si ça ne prend pas trop de risques sur son contenu. On a donc au centre du récit quelque chose de très classique, à savoir un mélodrame entre plusieurs membres d'une même famille qui se retrouvent sous le spectre d'une mère/épouse récemment décédée. Un manque qui se ressent à chaque image et qui hante la totalité du film en la présence d'Isabelle Huppert. C'est véritablement ce traitement qui permet au film de décoller, notamment en proposant plusieurs séquences mélancoliques qui donnent l'impression d'être totalement hors du temps.

Cela donne un montage peut-être pas sans défauts, mais qui ne se contente pas de raconter bêtement son histoire de façon linéaire. Sur ce point, le film a beau ne pas être parfait, il arrive à découler quelque chose d'assez attachant. Là où le film se perd un peu trop, c'est finalement dans son script. Si l'évolution des personnages se suit sans aucun problème et souvent avec intérêt (notamment celui d'Eisenberg, totalement perdu malgré sa situation de jeune homme à qui tout réussit), il y a un gros problème dans la multiplication des storylines, comme si Trier cherchait à raconter un maximum de choses en peu de temps. Du coup, il y a un sentiment de plusieurs histoires non abouties, à l'image de la liaison entre le père et une de ses collègues qui s'arrête brusquement sans aucune conclusion. Cela donne un joli film, mais beaucoup trop inégal pour être mémorable et ce, malgré ses bonnes intentions.


6,5/10
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Macbeth (2015) - 4/10

Messagepar Alegas » Mer 10 Juin 2015, 20:24

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Macbeth de Justin Kurvitz
(2015)


Ce n'était pas spécialement une grosse attente de mon côté loin de là. Si ce n'est la présence de Michael Fassbender dans le rôle principal, la réadaptation cinématographique du Macbeth de Shakespeare n'avait pas vraiment lieu d'être à partir du moment où les intentions qui l'accompagnent ne cherchent pas à s'éloigner de ce qui a été fait auparavant (on aime ou pas le Romeo + Juliet de Baz Luhrmann, on ne peut néanmoins ignorer ses intentions louables et son respect profond pour l’œuvre originale). Manque de bol, ce film révèle très rapidement un manque flagrant d'ambition et d'originalité dans ce qu'il propose, et ce n'est pas la poudre aux yeux sur le plan visuel qui convaincra qui que ce soit. Ainsi, formellement parlant, Macbeth est l'image même du film qui cherche à la fois à imposer son statut de film à tendance auteuriste (dans le sens péjoratif du terme) tout en se donnant l'impression d'être visuellement cool à l'aide d'effets de style racoleurs.

Photographie stylisée, rythme lent, ralentis durant les batailles, univers minimaliste et longs plans fixes sur les acteurs durant les monologues, Macbeth coche au fur et à mesure tous les choix visuels qui pourrait lui permettre de s'imposer comme le croisement improbable entre Valhalla Rising et l'écriture shakespearienne. Sauf que là où le film de Refn bénéficiait d'une réelle vision d'un auteur en plus d'un propos, l'imposture de Macbeth éclate rapidement au grand jour, le film n'étant qu'une jolie coquille vide où l'écriture est destinée à seulement être récitée. Du coup, la puissance du texte d'origine ne ressort jamais, et l'ennui mortel pointe rapidement le bout de son nez malgré les superbes décors naturels dans lequel l'action du film prend place. Même côté casting, le film est finalement très décevant, car bien que Fassbender soit loin d'être mauvais, la direction d'acteur est telle que tout le monde tire la tronche en débitant son texte sans réellement y croire. Pour le coup, le texte shakespearien aurait pu être remplacé par n'importe quel dialogue que le jeu aurait été le même, et c'est bien là qu'on se rend compte de la malhonnêteté des intentions du projet. Une adaptation à vite oublier donc, même si je ne doute pas que le film saura séduire un certain public adepte de films chiants comme la mort.


4/10
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Youth - 6,5/10

Messagepar Alegas » Ven 12 Juin 2015, 12:47

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Youth de Paolo Sorrentino
(2015)


Je n'avais jusque là jamais regardé de film de Paolo Sorrentino, et bien qu'il semblerait que je n'ai pas commencé par le meilleur c'est franchement pas mal. J'ai d'ailleurs un peu de mal à comprendre les critiques cannoises haineuses que l'on peut trouver un peu partout, car à l'instar du Joachim Trier le film a beau être bourré de défauts, il n'en est pas moins très attachant. Youth se veut ainsi être une fable ayant pour sujet l'humain qui vieillit inexorablement, et ce à travers une galerie de personnages de tout âge qui, chacun à leur façon, subissent les travers du temps dans une maison de repos suisse où le temps semble s'être arrêté pour laisser chacun faire un constat sur sa vie passée. Que ce soit un compositeur plébiscité qui se refuse à jouer une nouvelle fois, un scénariste qui tente d'écrire son chef-d’œuvre, une femme qui se voit abandonner par son homme sur lequel elle avait misé toute sa vie ou encore un acteur qui repose son esprit pour interpréter son nouveau rôle, chaque storyline devient très différente l'une de l'autre tout en se mêlant à un tout indissociable. Le film ne manque pas de sincérité, de beaux passages, ni même d'humour (la storyline du couple muet, la finalité du personnage de Paul Dano :eheh: ), mais il faut reconnaître que le film se perd un peu trop à vouloir aller dans tous les sens. Ainsi, certains personnages sont indéniablement plus intéressants que d'autres, et il est dommage de voir certaines storylines sacrifiées sur l'autel de la facilité, à l'instar de celle de Rachel Weisz qui avait un joli potentiel mais qui vire dans quelque chose d'assez grotesque en terme d'écriture. Un film inégal donc, mais qui bénéficie d'une belle mise en scène en plus d'un casting impliqué (difficile de redire quoi que ce soit sur les performances de Caine et Keitel). Le genre de film qui, pour le coup, se regarde plus avec le cœur qu'avec l'esprit.


6,5/10
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2015

Messagepar Alegas » Ven 12 Juin 2015, 14:29

Je viens de m'en rendre compte : c'était ma 1000ème critique. :youpla:
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2015

Messagepar Mark Chopper » Ven 12 Juin 2015, 14:52

Tu aurais dû poster celle du dernier Wacho.
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2015

Messagepar Alegas » Ven 12 Juin 2015, 15:08

Si j'avais su j'aurais fait correspondre. :mrgreen:
Mais celle de Jupiter devrait plus tarder. J'ai les screens, il faudrait juste que je revois le film pour être sur que ma critique est complète.
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