[Alegas] Mes Critiques en 2018

Modérateurs: Dunandan, Modérateurs du forum

Chronicle - 3/10

Messagepar Alegas » Lun 24 Sep 2018, 14:14

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Chronicle de Josh Trank
(2012)


Vu le buzz que ça avait fait à l’époque, j’attendais un premier petit film malin, jouant sur les codes du super-héros et du found-footage, à l’époque où ces deux modes étaient en vogue, et au final non c’est vraiment très mauvais et ça me confirme que Josh Trank est clairement pas un mec à suivre. Un film de super-héros en found-footage, pourquoi pas, ça a quand même le potentiel de déjouer des attentes et d’aller au-delà de ce qu’on peut attendre habituellement de ces deux genres, mais c’est sûrement trop demander à ce métrage qui décide d’en faire le minimum sur l’originalité et de nous sortir un schéma scénaristique déjà vu mille fois et dont on connaît les tenants et aboutissants dès le début. Faut dire que Chronicle n’est pas aidé par son écriture tout ce qu’il y a de moins subtil : entre l’évolution du trio et les traumas du personnage principal, c’est la foire au too-much. Ca essaie de se la jouer Akira en mode american-teen, mais ça n’arrive qu’à donner des persos clichés au possible (le black riche que tout le monde kiffe, la victime des cours de récré qui a un père alcoolo et une mère malade, please… :roll:).

Mais la plus grosse énigme de ce film, c’est quand même le choix douteux du found-footage, qui ne dépasse pas le cadre du “je vais surfer sur la mode, ça me fera un petit budget pour un film que je ne vais pas avoir à travailler visuellement”. Comme 90% des films du genre, les raisons d’avoir une caméra qui filme toute l’action sont ridicules et ça donne l’impression d’avoir des personnages encore plus cons devant nous (et ils sont vraiment très cons de base à utiliser leurs pouvoirs en public pour se marrer entre eux ou à toucher un objet extra-terrestre parce qu'il a l'air cool). Et puis le film est vraiment moche, genre les passages dans le ciel c’est absolument affreux en terme d’intégration CG, et je parle même pas du climax tout pété qui aurait mérité de tendre moins vers le spectaculaire. C’est con car le film a quelques bonnes idées, notamment des changements de points de vue en cours de route (certains sont foirés comme ceux avec la nana où on a des faux-raccords dans l’axe, mais ceux qui utilisent des caméra de surveillance sont pas mal) et un casting qui tient à peu près la route. Le pire du film de super-héros et du found-footage réuni dans un seul film, il fallait y penser :mrgreen: .


3/10
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

Messagepar lvri » Lun 24 Sep 2018, 14:27

J'en garde pas un mauvais souvenir de ce film, un petit 6/10 de mémoire. A revoir, je me demande si j'ai pas le bluray en plus...
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

Messagepar Mr Jack » Lun 24 Sep 2018, 16:52

Ouais pareil, c'était sympatoche, sans plus mais pas honteux.
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Police Python 357 - 8/10

Messagepar Alegas » Mar 25 Sep 2018, 13:33

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Police Python 357 de Alain Corneau
(1976)


Le cinéma de Corneau on va dire que j’ai pas spécialement démarré du bon pied avec lui, mais là avec ce film je sens que je me dirige déjà plus vers une partie de sa carrière que je vais apprécier. Si je devais résumer rapidement Police Python 357, je dirais que c’est un film qui cache plutôt bien son jeu, et qui mérite qu’on lui laisse sa chance. Car après un introduction tout ce qu’il y a de plus classe, où l’on voit un Montand justicier se préparer tel un vigilante, le récit prend un tournant plu que déstabilisant en flirtant avec la romance. Ainsi, pendant les quarante premières minutes du métrage, on se tape une histoire d’amour pas spécialement convaincante (il n’y a guère d’alchimie entre les deux comédiens, et Stefania Sandrelli joue vraiment mal par moment) et gérée de façon très étrange au montage (beaucoup de scénettes dont la moitié donnent l’impression d’être inutiles), bref c’est vraiment pas la joie et c’est même un peu pénible à suivre.

Mais c’est là où le film mérite la patience du spectateur, puisqu’au bout de quarante minutes de métrage on passe à un tout autre film qui se repose entièrement sur ce qui a précédé (et où on se rend compte que les scènes d’apparence inutiles contiennent des bases pour des futurs rebondissements), avec Montand qui doit chercher le coupable d’un meurtre où tout indique qu’il en est l’auteur, pendant que le véritable meurtrier se trouve juste sous son nez sans qu’il le sache. A partir de là, le script se révèle vraiment intelligent (le seul truc que j’ai pas compris c’est pourquoi et comment il peut y avoir autant d’indices cachés dans l'appartement, sous la moquette et la tapisserie), non seulement sur la gestion de la tension (excellents passages où Montand doit mener l’enquête tout en trouvant des prétextes pour éviter les témoins qui le reconnaîtrait) mais aussi sur l’évolution des personnages qui, au fur et à mesure de l’avancée du script, sont capables de tout pour arriver à leurs fins. Le film possède vraiment une ambiance particulière, on dirait presque du Melville mais en moins posé et en plus cash. Ça sent vraiment pas la joie de vivre, et pour le coup ça doit beaucoup à la ville d’Orléans filmée de façon assez dingue : déjà qu’il est rare de voir Paris vraiment bien utilisée à l’écran, c’est vraiment étonnant de voir ce que Corneau est capable d’une faire d’une ville beaucoup moins réputée.

A mes yeux, Police Python 357 s’impose comme une référence de comment filmer le paysage français pour en faire un super environnement de polar/thriller, et autant sur le papier des règlements de compte en bord de Loire ou une fusillade sur le parking d’un Carrefour ne font pas spécialement rêver, autant à l’écran Corneau en fait vraiment quelque chose de singulier. Et puis de côté de la mise en scène ça déchire bien, je pense évidemment à la séquence finale, bien violente (le mec écrasé par le camion :shock: ) et recherchée en terme de cadrage (ça m’a limite fait penser à du Friedkin quand Montand arrive en voiture), mais même quand il s’agit de poser sa caméra il y a des séquences qui fonctionnent super bien (le champ-contre champ où le flic découvre le visage de Montand :shock: , le générique :love: ). Et puis niveau ça envoie du bois : Montand c’est définitivement un de mes acteurs français favoris avec Gabin, Ventura et Jouvet, Simone Signoret dans ce genre de rôle c’est toujours un gros plus et François Périer assure en pourri jusqu’au bout, c’est de loin le rôle le plus marquant que j’ai pu voir du bonhomme (et pourtant il a une sacrée filmo). Un polar français hautement recommandable et qui s’impose à mes yeux comme une référence malgré sa première partie qui peut en rebuter quelques-uns. Du coup je vais me mater d’autres Corneau en espérant d’autres films de ce calibre.


8/10
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

Messagepar Jed_Trigado » Mar 25 Sep 2018, 19:55

Des films de la collaboration Montand/Corneau, La Menace c'est aussi du très lourd, par contre Le Choix des Armes m'a laissé indifférent malgré le cast maousse.
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

Messagepar Val » Mar 25 Sep 2018, 20:24

Yep, La Menace c'est vraiment le top de la collaboration Montand/Corneau. Un BR ferait bien plaisir pour celui-là.
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New York Melody - 7/10

Messagepar Alegas » Mer 26 Sep 2018, 15:12

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Begin again (New York Melody) de John Carney
(2014)


Seconde vision et ça se revoit toujours aussi bien, c’est clairement pas un film mémorable mais ça agit vraiment bien en tant que feel-good movie musical. Pourtant, avec une telle base de script (un manager sur le déclin découvre une jeune et humble artiste qu’il va tenter de faire décoller) on pouvait vraiment avoir un truc cul-cul et qui fasse dans l’overdose de bons sentiments, mais pour le coup il y a un vrai travail d’écriture sur Begin again qui permet toujours d’avoir un juste équilibre à chaque scène. Ainsi, tout ce qui touche à la caractérisation des personnages, pourtant assez clichée, crée un vrai attachement avec eux, et on a beau deviner rapidement où le récit va nous emmener, il n’en reste pas moins agréable à suivre. Alors clairement, ça doit beaucoup à l’aspect musical du métrage.

Carney est clairement un gars passionné par la musique et ce qu’elle peut dégager de meilleur chez l’humain, et ça se voit. Toute l’histoire tourne autour de ce fameux album à concevoir, et toutes les relations des personnages vont souvent avoir un lien fort avec les chansons qui suivent et/ou précèdent. Surtout que côté BO ça envoie bien, c’est pas le genre de trucs que j’écouterais tous les jours mais sur ce film ça passe vraiment bien et il y a pas mal de chansons qui restent en tête (Lost Stars notamment). Et puis le film doit beaucoup à ses comédiens, le duo Knightley/Ruffalo marche vraiment très bien, grosse alchimie entre les deux comédiens, et il y a une jolie galerie de persos secondaires très sympathiques (Corden, Keener, Cee Lo Green). Un joli feel-good movie qui fait très bien le job, même si dans le même genre j’ai une véritable préférence pour le film suivant du réal.


7/10
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Morse - 7,5/10

Messagepar Alegas » Jeu 27 Sep 2018, 15:17

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Låt den rätte komma in (Morse) de Tomas Alfedson
(2008)


Je me souviens que c’était l’un des premiers films découverts grâce à ce forum, et c’était une sacrée claque à l’époque, d’autant que de mémoire je ne savais pas du tout de quoi ça parlait. A la revision, avec la surprise en moins, le film perd un peu de son côté marquant, mais ça reste quand même l’un des films fantastiques les plus recommandables de ce début de siècle. La figure du vampire c’est quelque chose d’assez délicat à traiter au cinéma tant quasiment tout a déjà été fait avec plus ou moins de succès, et du coup il est important pour se démarquer d’avoir soit un point de vue qui va faire la différence, soit un traitement spécifique. Alfredson, lui, choisit de faire les deux à la fois, et donc en plus d’un contexte contemporain, on se retrouve avec un film où le vampire est une gamine de douze ans (en apparence en tout cas), que l’on découvre à travers les yeux d’un jeune garçon du même âge qui va créer une relation avec elle.

Cette relation, c’est clairement le gros point fort du film, à mi-chemin entre l’amitié profonde et l’amour inavoué on est clairement dans quelque chose de très intéressant, là où on a souvent tendance à faire rimer le vampire avec une sexualité très mise en avant. Il en résulte donc un film assez pudique sur les sentiments, et ça convient forcément au point de vue choisi, le film posant finalement des problématiques dans lesquelles on se retrouve quasiment tous au début de l’adolescence (gestion du divorce des parents, difficulté à se faire accepter des autres, contrôle de la colère, envie de grandir plus vite, etc…). Le récit a aussi le mérite d’avoir beaucoup de non-dits sur plusieurs éléments, qui permet du coup d’avoir des visions assez différentes d’un spectateur à l’autre sur la nature de la relation entre les deux gamins : là où certains y verront une simple histoire d’amour (c’est mon cas), d’autres peuvent y voir une histoire de manipulation (surtout quand on repense à la nature du protecteur en début de récit).

L’autre point positif du métrage, c’est évidemment ce parti-pris très réaliste qui donne l’impression d’une recherche presque documentaire de la figure vampirique. C’est bien simple, dès le début avec la façon d’aller chercher le sang, on se dit que si le vampire existait réellement dans notre société il pourrait réellement ressembler et agir comme ça. Contrairement à Thirst, sorti un an plus tard, il n’y a pas une volonté de romancer pour contrebalancer, et ça donne un film assez froid, qui crée un recul avec le spectateur. Forcément, le choix des lieux de tournage (la banlieue suédoise) et la mise en scène (très posée et millimétrée) viennent renforcer ce sentiment et c’est peut-être là où le film me convainc moins, moi qui préfère généralement quand l’émotion est mise en avant. Après, ça reste clairement un film admirable à bien des égards, toujours filmé de façon intelligente (on privilégie le hors-champ pour éviter les contraintes de budget et pour créer des images fortes : la découverte du visage à l’hôpital, la femme en feu sur des courtes secondes, la scène de la piscine, etc…, d’ailleurs dès que le film est trop démonstratif ça marche moins bien, cf la séquence des chats) et surtout particulièrement bien interprété avec deux jeunes acteurs impeccables. Clairement un des meilleurs films de vampire en ce qui me concerne.


7,5/10
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Jean de Florette - 8/10

Messagepar Alegas » Mar 02 Oct 2018, 17:28

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Jean de Florette de Claude Berri
(1986)


J’avais peur de le revoir à la baisse et d’y voir une adaptation très planplan et littéraire comme sait si bien le faire le cinéma français, mais finalement c’est exactement comme dans mes souvenirs : une grande tragédie familiale comme il en existe peu dans notre cinéma, et qui témoigne d’un véritable amour des écrits de Pagnol. Le projet reste encore aujourd’hui bien ambitieux : un doublé de films produits et tournés au même moment, projeté à quelques mois d’intervalle, et qui racontent chacun le début et la fin d’une grande histoire tragique, l’un racontant les tourments d’un père, l’autre la vengeance de sa fille. Il est difficile encore aujourd’hui de trouver un tel équivalent chez nous, d’autant que la portée tragique est vraiment réussie, et de ce côté là, toutes proportions gardées, s’il y avait un film français à rapprocher des Parrain de Coppola ça serait clairement celui là.

L’histoire est relativement simple, avec un duo de personnages qui va chercher à obtenir un terrain fertile et qui vont faire tout leur possible pour ruiner le propriétaire, un bossu qui ne demande pourtant que paix et tranquillité, mais derrière ces apparences simplistes se cache un récit triste sur les faux-semblants et les jeux du destin. Alors forcément, le film est difficilement évocable sans sa suite, qui le complète et le densifie dans ses résolutions tragiques, mais Jean de Florette fonctionne quand même très bien en one-shot pour peu qu’on soit d’accord de finir sur un dernier acte particulièrement cruel. Des deux films, à peu de choses près, c’est celui qui se tient le mieux dans sa construction scénaristique, avec un lent crescendo des misères du bossu. Très vite on se doute de la finalité du récit, mais l’attachement aux personnages, et notamment celui de Depardieu fait qu’on reste captivé par ce piège qui se referme sur lui pendant qu’il ne se doute de rien. Mais à mon sens, la grande force du film réside aussi dans l’écriture des deux antagonistes, qui sont loin d’être des êtres qui font le mal pour le mal. Il y a une réelle nuance dans ces deux personnages, l’un dans le doute, l’autre dans sa fierté, et c’est clairement ces aspects qui les rendront d’autant plus intéressants dans le second volet.

Et puis l’attraction du film, c’est évidemment le casting : Depardieu était alors au top de sa carrière dans un rôle pourtant vraiment pas facile (on part de la naïveté pour aller peu à peu dans la folie), Auteuil c’est clairement un acteur qui a eu plus de bas que de hauts sur l’acting, mais là c’est à mes yeux sa meilleure prestation et de loin, la preuve ultime qu’il peut être bon quand il le souhaite. Et puis il y a Montand dans un de ses derniers rôles, le mec a toujours été impérial mais là, en patriarche cruel mais dont on se doute que c’est la vie qui l’a rendu comme ça, il est juste magistral. La mise en scène de Berri, j’irais pas crier au génie, mais c’est très efficace, et surtout il a bien compris que dans un décor et une ambiance pareille il suffisait de poser judicieusement sa caméra pour faire l’affaire. Sur ce point, impossible de dénigrer le film : on a rarement vu la Provence aussi bien représentée à l’écran, et souvent un seul plan suffit pour donner l’impression d’y être et de ressentir la chaleur pesante. Même la BO est très bien, avec notamment la réutilisation d’un thème de Verdi qui sied à merveille aux propos du métrage, d’ailleurs ça m’a souvent fait penser au thème de Nino Rota dans Le Parrain dans la façon dont la musique est utilisée. Une grande tragédie française, ni plus ni moins, et qui vieillit admirablement bien.


8/10
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

Messagepar Val » Mar 02 Oct 2018, 18:05

Dans les bonus de la dernière édition du diptyque, on peut voir les essais de Coluche pour le rôle d'Ugolin... Et bien on l'a échappé belle car c'est une catastrophe ! Auteuil est vraiment bon dans ce rôle, c'est suffisamment rare pour être souligné.
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

Messagepar Alegas » Mar 02 Oct 2018, 18:06

Coluche j'aime bien mais ça aurait pas collé physiquement je pense, Auteuil a vraiment la gueule de l'emploi pour le coup, difficile d'imaginer quelqu'un d'autre.
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

Messagepar Val » Mar 02 Oct 2018, 18:08

C'est surtout l'accent qui est horrible dans la "prestation" de Coluche. :eheh:
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

Messagepar Alegas » Mar 02 Oct 2018, 18:10

C'est d'ailleurs une des grandes qualités du diptyque : l'accent du sud aussi prononcé, ça peut être facilement ridicule, et là ça passe nickel.
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2018

Messagepar Dunandan » Mer 03 Oct 2018, 01:34

Pour ma part je ne l'ai pas toujours trouvé très bien fait, mais faut dire que je viens du sud :mrgreen:. Et puis sinon les écrits de Pagnol lui sont infiniment supérieurs hein, même si cette adaptation est pas mal.
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Climax - 7/10

Messagepar Alegas » Ven 05 Oct 2018, 15:00

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Climax de Gaspar Noé
(2018)


Après Enter the Void et Love, qui étaient des projets pensés de longue date par Gaspar Noé, la perspective de le retrouver sur un film plus récréatif et ouvert à l’improvisation scénaristique avait de quoi réjouir un fan d’Irréversible comme moi. Dès les premières minutes de Climax, on constate que ce côté plus pris sur le vif, avec un tournage court et un script de base réduit au strict minimum (un concept : une bande de danseurs se font droguer à leur insu lors d’une soirée qui va déraper) permet à Noé de retrouver une fraîcheur qu’il n’avait pas eu depuis un moment. Le générique à l’envers qui renvoie à Irréversible, les interviews en plan fixe suivies d’un plan-séquence ultra rythmé où s’enchaînent les chorégraphies : on sent que Noé a pris du plaisir à tourner ce film, et on y retrouve à peu près les mêmes qualités qu’Irréversible, ou comment d’un script à page unique et de quelques jours de tournage on peut aboutir sur une oeuvre qui donne l’impression d’avoir été pensée telle quelle depuis le début.

Le côté récréatif du projet a bien évidemment ses défauts, on pourra ainsi parler de l’amateurisme de certains membres du casting (il est évident que Noé a caster d’abord des danseurs avant des acteurs) ou de certaines longueurs sur la partie bad-trip (le passage avec la caméra à l’envers ça aurait clairement pu être réduit de moitié) mais à côté de ça, Climax donne tellement l’impression d’être une oeuvre de jeunesse que ça fait du bien. On sent une volonté de faire du cinéma singulièrement différent, quitte à repousser une partie du public, on sent un véritable attachement à ces formes de danses magnifiés par une BO dynamique et des mouvements de caméra amples ou des plans fixes en plongée zénithale, et puis comme souvent chez Noé il y a une véritable obsession du corps, qui donne parfois certains des meilleurs passages du métrage (le passage où Boutella pète un câble et hurle tout en dansant).

Néanmoins, la partie bad-trip me donne souvent l’impression de ne pas aller aussi loin qu’elle aurait pu aller : oui il y a un lot de séquences proprement terrifiantes (la femme brûlée, le gamin enfermé, les scarifications en plan-séquence) mais pour le coup je trouve que c’est un Noé assez sage et je m’attendais à des trucs encore bien plus poussés (le coup du danseur qui se démonte les bras ça aurait pu donner quelque chose de graphique, là où ça reste en l’état quelque chose de plus lié au sound-design). Reste que ça fait du bien de voir un film pareil en 2018 : bien qu’inégal en tant qu’exercice de style pur, il y a derrière une envie de différence qui force le respect. Dommage donc que le public réponde toujours peu aussi présent.


7/10
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