[Dunandan] Mes critiques en 2014

Modérateur: Dunandan

Mise à prix - 7,5/10

Messagepar Dunandan » Dim 17 Aoû 2014, 02:32

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Smoking aces, Joe Carnahan (2006)

Un film qui cache bien son jeu. A première vue, un pur divertissement muni d'une intrigue un poil trop alambiquée (après plusieurs visions, plusieurs détails m'échappent encore), où un illusionniste de génie qui a voulu jouer avec la mafia de Las Vegas, se retrouve entraîné malgré lui vers une situation hors de contrôle, avec le FBI et une belle galerie de chasseurs de primes à ses trousses, pour le fric ou d'autres raisons obscures délivrées par la suite. Malgré un ensemble parfois confus (mais qui colle plutôt bien avec le chaos général dont tous sont victimes), les tenants et aboutissants demeurent clairs, et surtout c'est bien rythmé (excellente soundtrack au passage), avec certains personnages (les chasseurs/tueurs) complètement barges et amoraux qu'on se régale à suivre (comme les trois néo-nazis ou les deux jolies blacks féministes dont l'une détient un fusil gigantesque qui fait bien mal).

Si on en reste là, c'est déjà fortement réjouissant. Les situations de fou s'enchaînent sans qu'on s'ennuie (j'avais pitié pour le larron à moitié mort qui se retrouve chez des rednecks pour le moins atypiques), l'action est bien gérée avec une bonne violence graphique, et j'aime tout particulièrement le pattern de chacun des tueurs. Cependant, en ayant Le territoire des loups en tête, je m'aperçois combien ce réalisateur parvient aussi à instiller une forte dose d'émotion à travers ce qui devient un carnage généralisé, en reprenant les codes du film noir (fatalité, sens de l'absurde et de l'humour noir) avec une identité qui lui est propre (toutes les séquences où les personnages se retrouvent au pied du mur ou de la mort sont grosso modo reprises dans le film précité), ce qui permet au spectateur de s'attacher à certains personnages (comme ce mec, pourtant antipathique, autour duquel toute l'attention s'est focalisée), qui se retrouvent "juste" au mauvais moment et au mauvais endroit. Cela donne au final une jolie combinaison du fun en barre et d'une idée de la tragédie humaine.

Et ce qui contribue à la réussite du film, c'est son casting habité et bien dirigé, où on retrouve une belle brochette d'acteurs qui ont tous droit à leur petite séquence (même Kevin Reynolds et Alicia Keys sont très bons ici), icônisés à mort. Bref, une chasse à l'homme en quasi huis-clos particulièrement jouissive à suivre, dotée d'une intrigue un poil poussive, mais qui contient aussi ses moments d'émotion (contrairement par exemple à Snatch auquel je compare facilement, qui est "rigolo" mais vide humainement parlant).

Note : 7.5/10
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Re: [Dunandan] Mes critiques en 2014

Messagepar Dunandan » Dim 17 Aoû 2014, 03:10

KreepyKat a écrit:Chouette critique : mon envie de voir ce film vient de monter d'un cran. :youpla:

Merci :super:

Tous les Kubrick ont une petite ou grande place dans mon coeur ^^ (m'enfin sauf Spartacus :chut:)
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Re: [Dunandan] Mes critiques en 2014

Messagepar KreepyKat » Dim 17 Aoû 2014, 14:38

Ah, j'aime bien Spartacus pour ma part. Plus pour le scénario de Trumbo que pour la réal (pas très Kubrickienne pour le coup), il est vrai.
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Re: [Dunandan] Mes critiques en 2014

Messagepar Dunandan » Dim 17 Aoû 2014, 21:29

Exactement, je ne le déteste pas du tout, mais voilà comme film de Kubrick , je ne le place pas du tout parmi mes préférés, bien au contraire.
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Universal Soldier : Le jour du jugement - 8/10

Messagepar Dunandan » Lun 18 Aoû 2014, 02:05

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Universal Soldier : Le jour du jugement, John Hyams (2012)

Je n'ai jamais été vraiment fan de la franchise de Universal Soldier, et donc l'idée d'en faire table rase à presque tous les niveaux (en gardant surtout le concept du surhomme presque invincible qui pète des tronches), pour nous livrer un pur film de genre, avait réellement attiré ma curiosité. Et le plaisir est au rendez-vous. Doté d'un scénario et d'une psychologie minimalistes (un revenge movie qui glisse vers une complexité toute relative), la force de ce métrage est d'avoir mis le paquet sur l'ambiance sensorielle (glauque et poisseuse à souhait) ains que sur la mise en scène, remplie de clins d'oeil référentiels au cinéma d'action et d'horreur vu ces 20 dernières années, globalement bien digérés (de Terminator 2 à A toute épreuve, en passant par plein de films de castagne et aussi du Bis).

A ce titre, je n'ai rien à dire sur les quarante premières minutes, qui tiennent en haleine le spectateur sur cette simple idée d'alterner le point de vue du personnage principal entre la première et la troisième personne, pour travailler l'immersion du spectateur à la manière d'un jeu-vidéo comme Far Cry. Dans le fond, c'est un gros mixte de History of violence (pour cette idée de la remontée identitaire vers le passé), Apocalypse now (le côté métaphysique et contagieux de la violence, un film clairement cité dans l'une des scènes de fin), et de 1984 (tout le tra-la-la avec Big Brother). Malheureusement, on sent les limites du métrage lorsqu'il essaie de trop développer ses intentions (tandis que j'ai trouvé l'idée du frère et la fin un peu limites et maladroites, l'entrée de JCVD comme sorte de soldat-gourou fonctionne justement en mettant l'accent sur la mise en scène).

Donc oui, le fond paraît bien souvent bien léger mais sans jamais tomber complètement dans le ridicule (même le casting me semble bien impliqué, je pense surtout au trio JCVD/Lundgreen/Adkins, mais les rôles secondaires s'en sortent bien aussi), et hormis un petit ventre léger au milieu, ce n'est pas gênant outre-mesure, tant les séquences d'action sont nombreuses, parfaitement montées, brutes de décoffrage, assez variées, généreuses en violence graphique, et dotées d'une atmosphère réussie malgré le manque de moyens (la descente à l'hôtel de passe au shotgun, et celle dans le bunker tout en plan-séquence avec une profusion d'armes, font certainement parti des séquences les plus jouissives et radicales).

Bref, clairement l'une de mes meilleures expériences en la matière (au dessus de The Raid et Expendables pour ma part), et lorsqu'on voit le maigre pédigrée du réalisateur, on ne pouvait pas raisonnablement prédire une telle petite claque dans le genre, malgré quelques carences dans le scénario (ce n'est pas toujours à la hauteur des ambitions visées) et la finition (le manque de sous se voit de temps à autre) qui n'ont finalement pas pesé trop lourd dans la balance, vu que j'attendais surtout un film qui envoie du lourd dans l'action, et de ce côté là je n'ai pas été déçu, avec en prime des qualités formelles et atmosphériques qui font toute la différence.

Note : 8/10
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Seigneur de la guerre (Le) - 8/10

Messagepar Dunandan » Mar 19 Aoû 2014, 00:14

CHALLENGE ETE 2K14

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Le seigneur de guerre, Franklin Schaffner (1965)

Un chouette film historique sur le moyen-âge breton (une période peu traitée au cinéma pour elle-même), dont le principal intérêt repose sur sa recherche de fidélité dans la retranscription des valeurs et coutumes de l'époque. En reprenant un canevas assez classique (exposition du cadre, un Seigneur qui prend pour femme celle qu'il ne devrait pas, un siège de guerre et une lutte de pouvoir fatricide), Schaffner sait insuffler dans la pellicule un assez grand nombre de détails fortement intéressants à suivre, tant graphiques (superbes décors naturels criant d'authenticité, et bien mis en valeur par la caméra du réalisateur), atmosphériques (un climat de superstitions locales qui plane du début à la fin, préfigurant La chair et le sang ou Black Death), que thématiques (on a droit à un condensé des activités d'un domaine de Seigneur avec la chasse, les doléances, ou les bonnes ripailles de vigueur).

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Le ton du film fait aussi bien plaisir, violent et barbare à souhait, reflétant la mentalité ignorante de ces gens qui n'hésiteraient pas à étriper quiconque d'inférieur élèverait trop la voix, ou à qui ils reprocheraient un acte pas très catholique, ce qui offre en filigrane une bonne petite réflexion et illustration graphique de l'abus de pouvoir d'un Seigneur par rapport à ses pauvres ouailles. Du côté des interprétations, le phrasé fiévreux et théâtral peut gêner au début, mais au final ça passe assez bien, et surtout ce jeu offre une impression d'imprévisibilité bienvenue, à l'image de Charlton Heston pris entre son bouillonnement hormonal, et sa volonté de tout contrôler/posséder qui menace de lui monter à la tête, ce qui demeure l'un des grands fils directeurs du film.

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A cause de son scénario assez simple et tournant exclusivement autour d'un domaine, j'avais craint que le film pèche par manque d'enjeux, en se limitant aux petits conflits entre seigneurs, paysans, et peuples inféodés, mais ça devient finalement sa force en épuisant entièrement son sujet. Quant à la romance qui occupe le centre du récit, elle est loin d'être niaise et a ceci de particulier qu'elle n'a rien de vraiment romantique, avec l'évocation d'éléments aussi pragmatiques que les croyances, la loi, et surtout la puissance du désir qui vient tout basculer et remettre en question, je parle bien sûr du système féodal qui n'a rien d'humain et ne sert l'intérêt que de ceux qui sont à la tête de la pyramide. Un thème souvent exploité dans les grands films d'aventures, et qui ici n'a rien de gratuit dans la place qu'elle prend, en plus de nous faire découvrir le joli minois de son interprète. Enfin, j'ai beaucoup aimé la dernière phase du film, le siège, qui offre un climax de haute tenue, bien rythmé et surprenant dans la façon dont les défenseurs se démerdent avec ce qu'ils ont sous la main, pour défaire les machines de guerre généreusement distribuées contre eux.

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Bref, un film plus historique que d'aventures qui mériterait d'être un peu plus connu, dont je retiens avant tout ses qualités formelles (ambiance, travail du cadre), le ton assez sec (on s'y croirait) mais sans que ça cède pour autant au manichéisme, et la musique absolument fabuleuse qui confère au tout un aspect vraiment épique, qui compensent ainsi l'aspect parfois vieillot de certaines scènes (dialogues pas toujours très élaborés, inserts parfois voyants, ennemi qui manque de classe). Donc de la bonne pioche.

Note : 8/10
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Re: [Dunandan] Mes critiques en 2014

Messagepar osorojo » Mar 19 Aoû 2014, 00:28

Vraiment cool ce seigneur de la guerre, un défilé de vraies sales tronches et une histoire qui sait aller à l'essentiel ! Bonne critique :super:
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Re: [Dunandan] Mes critiques en 2014

Messagepar Dunandan » Mar 19 Aoû 2014, 00:34

Merci Oso' ! Oui, c'est vrai que je n'ai pas parlé de ce défilé de sales gueules, une erreur à rectifier ... :mrgreen: (edit : finalement non j'ai la flemme ^^). Puis voilà, c'est beau.
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Re: [Dunandan] Mes critiques en 2014

Messagepar osorojo » Mar 19 Aoû 2014, 07:53

On peut pas tout évoquer dans un avis :mrgreen: Du moment qu'on dit ce qu'on a sur le coeur au moment où on l'écrit, le contrat est rempli ^^
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Re: [Dunandan] Mes critiques en 2014

Messagepar Dunandan » Mar 19 Aoû 2014, 13:02

Exactement, et puis c'est aussi à ça que sert les critiques des autres, à donner un avis complémentaire, qui ne va pas forcément se focaliser sur les mêmes aspects ^^.
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Mémoires de nos pères - 7/10

Messagepar Dunandan » Mer 20 Aoû 2014, 00:22

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Mémoires de nos pères, Clint Eastwood (2006)

Clint Eastwood s'empare d'un sujet historique (le fameux plantage du drapeau américain durant la deuxième guerre au Japon), contrairement à ce que le titre du film peut dire, de façon à nous présenter ces hommes juste comme des hommes, et non comme des héros. Et la première partie fonctionne très bien. L'exposition va droit au but, on sait où on va, et bien que le traitement soit académique, la forme est travaillée, avec notamment une bataille qui rappelle presque Sauvez le soldat Ryan en nous épargnant peu de détails, et une introduction qui retourne déjà une vérité peu glorieuse sur le soit-disant patriotisme américain (le mec qui tombe à la flotte mais qu'on ne repêche pas), mais nuancée (un supérieur qui écoute le conseil de l'une de ses recrues). On y trouve même une dédicace aux films de guerre d'époque où l'emphase était portée également sur l'humain (la chanson et la speakerine qui rappellent Les Forçats de la gloire).

Mais là où le bât blesse, c'est que justement les personnages ne sont pas très intéressants à suivre. Les moments intimistes tombent donc un peu à plat, et entre le doc, l'estafette, et l'indien, seul ce dernier est assez développé, tout un symbole en fait de l'absurdité de cette guerre et du laissé-pour-compte (héros d'un jour, oublié le suivant), bien qu'il manque clairement de subtilité dans l'écriture (le cliché de l'alcoolique pour figurer son mal-être). Et ça se voit encore plus durant la seconde heure, avec un rythme qui tombe à plat, une intrigue qui tourne en rond, et un ton de plus en plus sentencieux (la voix-off et les témoignages plombent un peu le truc). J'ai l'impression que trente minutes en moins aurait fait du bien au film, car l'idée de suivre la médiatisation de ce drapeau symbolisant la victoire qui était finalement un énorme coup de pub, une pure mascarade pour amasser du fric et terminer la guerre, était peut-être intéressante sur la papier (bien que ça coupe le film en deux et entame ainsi l'immersion du spectateur), mais ça ne tient pas sur la durée. Pourtant le contraste proposé avec le malaise des soldats qui ont mauvaise conscience d'être à la place de "véritables héros", est bien pensé, mais ça finit juste par être ronflant, répétitif, voire caricatural à force d'insister là dessus. C'est dommage, car j'aime beaucoup la façon dont Clint effeuille les différentes couches de vérité autour de cet évènement unique, mais encore une fois, ça traine en longueurs.

Heureusement que la fin apaisante avec la plage, répondant à l'introduction chaotique et presque apocalyptique qui mettait en avant la réalité du combat et la perte de repères qui prend le pas sur l'humain (on aurait dit du Kurosawa), est bien sympa, et ramène mon appréciation vers le haut (on retrouve ici la quête d'équilibre du réalisateur, de pondérer les choses). De même que pour la réalisation et la reconstitution historique, surtout dans la première partie du métrage, qui sont quand même de haute volée, avec un travail sur la couleur et les contrastes, et un joli effort sur la mise en scène durant la bataille où la montagne devient littéralement animée par ses occupants et arrosée de mille feux par les tirs de canon et de fusils.

Malgré mes griefs (différence de rythme et d'intérêt entre les deux parties, et le manque de caractérisation des personnages, ratant ainsi en partie l'émotion visée), ça reste un film de guerre tout à fait recommandable, assez original par le sujet choisi, et il faut féliciter l'initiative de papy Clint de réaliser un diptyque (le suivant portera sur le point de vue japonais) qui rappelle, si besoin est, la sincérité de sa démarche à essayer de témoigner d'un évènement de cette taille de manière équilibrée et nuancée. Considérant son public principal, il faut avoir des balls pour faire ça.

Note : 7/10
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Lettres d'Iwo Jima - 9/10

Messagepar Dunandan » Jeu 21 Aoû 2014, 19:08

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Lettres d'Iwo Jima, Clint Eastwood (2006)

Après avoir enchaîné les deux films du diptyque de Clint Eastwood sur le conflit nippo-américain, je préfère clairement Lettres d'Iwo Jima à Mémoires de nos pères. Pour commencer, Clint laisse la narration éclatée (exercice de style qui s'y prêtait assez bien dans l'opus précédent pour montrer à quel point la vérité n'est pas évidente à saisir, mais coupait trop l'histoire en deux) pour nous livrer un récit bien plus linéaire et prenant. Et surtout, il parvient à rendre tous ses personnages intéressants, incarnés par des acteurs exceptionnels et incroyables de justesse. Quant à la réalisation, elle a toujours autant de classe (encore ce travail sur les contrastes et la couleur qui nous donne l'impression de suivre un film en noir et blanc), mais cette fois-ci, les séquences intimistes sont plus impliquantes, percutantes, et réussies.

Dans le fond, l'objectif de Clint est le même que pour Mémoires de nos Pères. Ainsi, il montre la réalité autour de cet évènement de manière humble, nuancée, en grattant la couche d'humanité qui réside derrière ces grands idéaux d'une patrie contaminée par la propagande. Et rares sont les cinéastes américains à avoir apporté autant de soin à la reconstitution historique d'un fait de guerre, d'autant plus du côté japonais (en témoigne son respect de la langue). Le script fait donc coup double en proposant une véritable leçon d'histoire et d'humanisme à la fois, où chaque protagoniste apporte quelque chose pour tenter de comprendre ce sens de l'honneur et du sacrifice à la japonaise (avec parfois des séquences terribles comme ce suicide à la grenade). Ainsi, on part avec une mauvaise opinion à ce sujet (cet officier utilisant l'énergie des autres, et suivant les ordres jusqu'au bout, de la façon la plus bête possible), puis on suit avec intérêt les réactions de chacun en fonction de ses convictions, jusqu'à une certaine empathie pour certains (les flash-backs sont un plus, bien intégrés au fil du récit). Bien sûr, Clint ne fait pas l'éloge de la guerre, mais en suivant jusqu'au bout le conflit en mettant l'emphase sur l'humain, sans aucune complaisance mais non sans de pudeur, il réussit à dresser un véritable portrait de la nature humaine, dans ses moments de cruauté, de peur, et de compassion, arc-boutés autour de ce sentiment de patriotisme, créant ainsi des séquences vraiment fortes.

Et il n'y a pas que cela. Nous suivons l'enchaînement des péripéties, à savoir les préparatifs de la résistance japonaise contre la marine américaine, leur sentiment de dépassement et d'isolement par rapport à une situation qui leur échappe progressivement (notamment celui du général, sabordé par ses propres hommes qui ne partagent pas tous son ouverture pour l'Ouest, alors qu'il avait la situation en main au départ, en bon stratège réaliste), et la débandade qui suit, avec le même intérêt que pour ces séquences intimistes, avec en prime un petit côté ironique concernant certains protagonistes pour montrer aussi quelque part l'instabilité de la situation, et que ces soldats ont beau être des humains, il y a de beaux salauds des deux côtés. Et que dire de cette magnifique phrase que lâche l'un des officiers les plus braves, qui synthétise totalement l'intention humaniste du film (tout ce qui compte au fond, c'est de suivre ce qui paraît bon, et non les ordres d'une quelconque autorité extérieure).

De tous les films sur le sujet, ce diptyque fait sûrement parti des plus riches et complexes sur cette guerre, bien qu'il traduise au fond une idée toute simple, à savoir de faire l'effort de comprendre les faits et deux mentalités qui n'ont apparemment rien à voir, tout en apportant un regard contrasté sur le patriotisme qui anime les deux camps. Un pari globalement réussi (exposer les deux facettes de la même médaille), de ce qui est sûrement le projet le plus ambitieux de Clint jamais réalisé.

Note : 9/10
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Re: [Dunandan] Mes critiques en 2014

Messagepar Mark Chopper » Jeu 21 Aoû 2014, 19:11

le conflit sino-américain,


?
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Re: [Dunandan] Mes critiques en 2014

Messagepar Dunandan » Jeu 21 Aoû 2014, 19:13

Oups, j'ai écris trop vite, bon je rectifie :chut:
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Re: [Dunandan] Mes critiques en 2014

Messagepar lvri » Jeu 21 Aoû 2014, 19:15

Je n'ai pas de bons souvenirs de Mémoire de nos Pères, et du coup, Lettre d'Iwo Jima trône toujours dans ma bluraytheque sous son cello !
Je pense qu'après cette critique il va être temps de le déballer et de le regarder ! Du coup, me refaire Mémoire de nos Pères est il nécessaire ? (Peu de souvenirs).
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