par Scalp » Mer 24 Nov 2010, 20:27
6/10
The Stool Pigeon de Dante Lam - 2010
A la fin des 00's et au début des 10's, le polar HK était pas encore totalement mort et Dante Lam s'était imposé comme une des dernières valeur sûre, et c'était pas gagné avec son début de carrière, ici après le sympathique Beast Stalkers, il réunissait à nouveau Nicolas Tsé et Nick Cheung. Et franchement à l'époque je le voyais comme un digne héritier de Kirk Wong et Ringo Lam (même penchant pour la violence très sèche) bon alors il a aucune film qui atteint le niveau des meilleurs Lam et même des meilleurs Wong mais le mec est quand même un bon réal.
Ici on suit donc Nicolas Tse (le meilleur acteur de la génération mèche du début des 00's) petit malfrat devenu indic rémunéré par la police (le fameux Stool Pigeon du titre) qui bosse pour pouvoir sauver sa soeur de la prostitution (oui à HK on fait toujours dans le misérable), il va donc infiltrer un gang de braqueurs qui est sur un gros coup, Nick Cheung c'est le flic qui s'occupe de lui et il est un peu perturbé par le sort de son précédent indic ( handicapé mental par sa faute, allez hop encore un peu de misérabilisme) mais en plus on lui rajoute un trauma bien glauque comme on en trouve seulement à HK : sa femme a perdu la mémoire et moitié infirme par sa faute et quand on apprend cette info vlà pas que la pauvre femme se fait écrabouiller par un camion, et oue c'est ça Hong Kong baby.
Le script est correct et mélange habilement suspens ( le suspens dans les films avec infiltration c'est toujours efficace quand on a un mec un tant soi peu doué ) et drame ( bon la psychologie des perso c'est clairement pas le point fort du film mais c'est loin d'être mauvais), Lam ne tombe pas dans la surenchère d'action et livre un vrai polar tendu qui sait prendre son temps pour poser son intrigue et ses persos. Bon après c'est quand même un peu trop long et ça pouvait durer 10 minutes de moins. Car le problème du film reste l'équipe de bad guy clairement pas très intéressante (à part le perso féminin mais il est un peu à part).
Niveau action ça y va vraiment crescendo ( et les premières scènes on sent bien qu'elles sont là parce qu'il faut de l'action ce qui n'est pas gênant ) : petite course de voiture puis course poursuite avec les flics en voiture puis à pied dans les rues bombées de HK ( magnifiquement réalisé ) puis braquage en centre ville plein de surprises attendues comme le gros climax du film, bein non pas du tout y dure 5 minutes et on enchaine sur 2 autres climax avec un climax bien violent à base de coup de machette ( back to 90's baby !! ) dans une école abandonnée où le destin de chaque perso sera plein de noirceur.
Lam comme d'habitude colle des petits effets de mise en scène à la cool notamment un arrêt sur image en pleine course de voiture, un montage habile ( voir la scène où on comprend que Tse a accepté le job) et il fait un film très léché à la mélancolie ambiante ( magnifique photo ), mais dès que la violence arrive il délaisse toute futilité pour livrer une mise en scène très sèche ( et il ne tombe pas dans le piège de tout montrer du coup c'est violent mais ça s'attarde jamais sur les coups de machette).
Nick Cheung est très bon ( une fois de plus ) dans un rôle très sobre ( par moment ici y me fait penser à Simon Yam, il dégage presque la même classe que Yam ), Nicolas Tse par contre en général je l'aime bien mais ici il est en dessous de d'habitude et se contente de faire une tête de chien battu ( mais il fait bien le chien battu ), pas aidé il est vrai par un personnage pas spécialement bien écrit, Kwai Lun Mei en touche féminine très mimi se montre très convaincante et sa love story qui nait dans l'action on y croit, dans les seconds on a des têtes connues comme Liu Kai Chi par contre au niveau des bads guy on est dans la 3 ème division HK rien de bien emballant, dommage.
La BO est bien fichu.
Du bon petit polar pour les fans de la période dorée et des polars no limit des 90's, bon par contre c'est clair que c'est du déjà vu mais ça fait plaisir quand c'est bien torché et bien joué.
Lam pendant un petit run a fait honneur à son nom de famille, bon depuis 10 ans c'est clairement moins glorieux.
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