[Alegas] Mes Critiques en 2022

Vos critiques de longs-métrages

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Petit Nicolas - Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? (Le) - 7/10

Messagepar Alegas » Mer 29 Juin 2022, 17:20

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Le Petit Nicolas - Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? de Amandine Fredon & Benjamin Massoubre
(2022)


Lorsque j’avais entendu parler d’un projet de film d’animation Le Petit Nicolas il y a quelques années, j’avais l’impression que ça tombait sous le sens : ayant grandi avec les livres de Goscinny/Sempé, ça me paraissait évident que l’animation était le meilleur moyen de donner vie à ce petit héros, avis que ne partage apparemment pas les producteurs français qui ont osé, à trois reprises, de faire des films live de qualité plus que douteuse :| . Ce premier film animé sonne donc comme une douce revanche, et particulièrement réussie de surcroît puisque, de toute évidence, les scénaristes et réalisateurs ont parfaitement compris le matériau de base pour le transposer de très belle manière sur grand écran. Ceci dit, il y a une surprise, et de taille : le film n’est pas juste une bête adaptation d’histoires existantes, mais bel et bien un hommage à Goscinny et Sempé à travers leur propre création.

On va donc avoir un film qui revient sur la genèse du Petit Nicolas, des discussions des deux créateurs pour mettre son univers en place, puis un montage alterné avec d’un côté certaines histoires emblématiques du Petit Nicolas, de l’autre un arc où le héros de papier va discuter frontalement avec ses créateurs, ces derniers se livrant sur leurs rapports autobiographiques avec leur œuvre. Plus qu’un film estampillé Petit Nicolas, c’est donc avant tout un hommage au duo Goscinny/Sempé, leurs motivations, leur enfance respective, et c’est vraiment original de voir une telle orientation dans un film pour enfants. Surtout que c’est fait intelligemment, sans jamais tomber dans quelque chose de trop adulte, et du coup ça arrive à trouver un très bon équilibre entre le divertissement pour enfant (les quelques gosses dans la salle riaient de bon cœur) et une storyline dans lesquels les plus grands pourront se retrouver, puisque ça évoque forcément l’enfance à travers des yeux d’adultes. Si en plus on ajoute à ça une forme assez inventive, avec un style visuel qui permet beaucoup de libertés graphiques et de narration (montage très efficace notamment, où on passe d’une scène à l’autre en toute fluidité), et un doublage de qualité (Chabat et Lafitte dans les rôles de Goscinny et Sempé) ça donne un film vraiment recommandable et qui fait du bien avec sa positivité et simplicité de chaque instants.


7/10
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Jurassic World : Le monde d'après - 1,5/10

Messagepar Alegas » Jeu 30 Juin 2022, 18:17

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Jurassic World : Dominion (Jurassic World : Le monde d'après) de Colin Trevorrow
(2022)


J’ignore si les producteurs d’Universal en avaient conscience à la création de ce film, mais la trilogie Jurassic World aura suivi exactement la même ligne directrice que celle de la postlogie Star Wars :eheh: . Du coup, après un premier volet qui était la copie conforme d’un film culte, après le second opus avec son réalisateur nettement plus doué et qui cherchait à aller dans d’autres directions, quitte à ce que ça ne passe pas pour une partie du public, voici le troisième film, équivalent de Rise of the Skywalker, qui est non seulement le pire film de la saga auquel il appartient, mais aussi un affreux best-of indigeste fait par un fanboy n’ayant aucun recul sur ce qu’il fait. A la vue des trailers, je me doutais que ça allait être naze, mais je n’étais pas préparé à un désastre de cet ampleur, au point que ce que je sauve du film se compte sur les doigts d’une main.

Déjà, je suis abasourdi par le script complètement con, qui décide d’écarter d’une main la promesse même du métrage depuis la fin du second film (à savoir le fait de vivre dans un monde où humains et dinosaures doivent apprendre à cohabiter), pour partir sur complètement autre chose. Du coup, oubliez l’idée de voir des dinos lâchés en pleine civilisation : le film préfère se concentrer sur une storyline complètement pétée à base d’invasion de sauterelles :lol: , le tout en mode réunion des protagonistes des six films. Autant le dire tout de suite : le scénario est d’une connerie abyssale, il suffit de voir comment on téléporte des personnages pour les besoins de l’histoire, où encore comment on fait revenir de vieux personnages dans l’action (Malcolm étant le pire, genre il est là juste parce qu’il donne des conférences chez le bad-guy :eheh: ). Même les nouveaux personnages sont introduits n’importe comment, genre la black qui rend service parce que… bah non en fait on le dit pas, il fallait juste remplir le quota. Cerise sur le gâteau, on nous met comme bad-guy un troisième rôle du premier film : l’espion qui filait à Nedry la bombe pour ranger les échantillons est devenu PDG de la société dans laquelle il bossait :lol: , ça pose le niveau du film dans son ensemble, en plus d’être un choix complètement con sur d’autres aspects (le mec était bien pour quelques dialogues chez Spielberg, mais là, en guise de menace de tout un film, il fait juste pitié en plus de mal jouer).

Sur une histoire jamais captivante et capillotractée, on se retrouve avec un paquet de séquences déjà vues dans les autres films, mais en moins bien. Et ça ne se limite pas à Jurassic Park, en témoigne la première heure du métrage qui emprunte dès que possible à James Bond, Jason Bourne ou Mission:Impossible, c’est bien simple : on enlève les dinos et on est devant le blockbuster hollywoodien moyen habituel. Trevorrow filme ça de façon hyper plate, et le fait de passer après Bayona qui, lui, avait vraiment des idées de mise en scène, joue forcément en sa défaveur. Une seule scène fonctionne : celle avec Bryce Dallas Howard qui, pour échapper à un prédateur, doit se faufiler en silence dans une mare, mais là encore c’est une scène pompée sur le King Kong de Peter Jackson donc y’a vraiment pas de quoi applaudir. Le casting, beaucoup trop gros pour traiter correctement la totalité des personnages, donne l’impression d’être là sans y croire (mentions spéciales à Sam Neil et Laura Dern qui sont là juste pour toucher un gros chèque, leur arc autour de leur love-story à recréer c'est chaud de nullité), mais pour le coup même le spectateur va avoir du mal à y croire tant du côté des CGI il y a eu une vraie régression dans le réalisme des créatures, on y croit jamais, ça manque de vie, bref même ce qui faisait le sel de la saga dans ses plus mauvais opus s’évapore.

Et le dernier point qui m’a achevé : le film est un pur produit de fanboy qui ne remet pas un seul instant en question ses idées. Du coup, le film est une succession de coups de coudes incessants pour rappeler au spectateur des moments des précédents films (même les mauvais, cf le final avec le T-Rex qui fait une alliance avec d’autres dinosaures pour combattre le méchant prédateur alpha, chose qu’on avait déjà dans le précédent épisode de Trevorrow :evil: ), le tout avec la subtilité d’un brachiosaure dans un magasin de porcelaine. Exemple parmi tant d’autres : lors du climax final se trouve une grande structure décorative en forme de cercle, structure qui ne sert à rien, si ce n’est permettre, au détour d’un plan insistant, de placer le T-Rex qui gueule et ainsi recréer le logo iconique de la saga :evil: . Un passage qui aura provoqué chez moi un facepalm immédiat, et qui m’a donné envie d’insulter l’écran en quittant la salle. Bref, c’est le pire film de la saga, haut la main, c’est moche, mal joué, mal réalisé (il faut interdire à Trevorrow de toucher à une caméra, c’est plus possible), écrit avec les pieds d’un fanboy de six ans, et j’espère que ça va rester le pire film que j’aurais vu cette année.


1,5/10
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar Jed_Trigado » Jeu 30 Juin 2022, 21:52

Alegas a écrit:Cerise sur le gâteau, on nous met comme bad-guy un troisième rôle du premier film : l’espion qui filait à Nedry la bombe pour ranger les échantillons est devenu PDG de la société dans laquelle il bossait :lol:

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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar Alegas » Ven 01 Juil 2022, 11:12

BILAN JUIN 2022


Films vus :

203 : The Lighthouse, Robert Eggers, 2019, Blu-Ray VOST : 7/10
204 : Todo sobre mi madre, Pedro Almodóvar, 1999, DVD VOST : 6,5/10
205 : Les évadés, Jean-Paul Le Chanois, 1955, Truc VF : 6/10
206 : Disobedience, Sebastián Lelio, 2018, TV VOST : 5,5/10
207 : Non-stop, Jaume Collet-Serra, 2014, TV VOST : 5/10
208 : Die Blechtrommel, Volker Schlöndorff, 1979, TV VOST : 4/10
209 : Peggy Sue got married, 1986, Francis Ford Coppola, Truc VOST : 6,5/10
210 : Crimes of the future, David Cronenberg, 2022, Ciné VOST : 4,5/10
211 : The Apartment, Billy Wilder, 1960, Blu-Ray VOST : 8/10
212 : Le Pacte des Loups, Christophe Gans, 2001, Ciné VF : 8/10
213 : The Founder, John Lee Hancock, 2016, TV VOST : 5,5/10
214 : Men, Alex Garland, 2022, Ciné VOST : 6,5/10
215 : La maman et la putain, Jean Eustache, 1973, Ciné VF : 1/10
216 : Midnight Run, Martin Brest, 1988, TV VOST : 5,5/10
217 : La Strada, Federico Fellini, 1954, TV VOST : 7,5/10
218 : L'appartement, Gilles Mimouni, 1996, TV VF : 3/10
219 : La grande bellezza, Paolo Sorrentino, 2013, TV VOST : 2/10
220 : Novembre, Cédric Jimenez, 2022, Ciné VF : 7,5/10
221 : Manhattan, Woody Allen, 1979, Ciné VOST : 5,5/10
222 : Desperado, Robert Rodriguez, 1995, TV VOST : 4/10
223 : Fences, Denzel Washington, 2016, TV VOST : 6,5/10
224 : Le petit Nicolas - Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?, Amandine Fredon & Benjamin Massoubre, 2022, Ciné VF : 7/10
225 : Jurassic World Dominion, Colin Trevorrow, 2022, Ciné VOST : 1,5/10
226 : The old dark house, James Whale, 1932, Ciné VOST : 4,5/10
227 : Leaving Las Vegas, Mike Figgis, 1995, Truc VOST : 7/10
228 : Le train, Pierre Granier-Deferre, 1973, TV VF : 6,5/10
229 : Alexandre Nevsky, Sergueï Eisenstein & Dmitri Vassiliev, 1938, DVD VOST : 5/10
230 : Horror of Dracula, Terence Fisher, 1958, Ciné VOST : 5/10
231 : Incroyable mais vrai, Quentin Dupieux, 2022, Ciné VF : 6/10
232 : The adventurer, Charles Chaplin, 1917, Ciné VO : 7/10
233 : The Rink, Charles Chaplin, 1916, Ciné VO : 5,5/10
234 : Lightyear, Angus MacLane, 2022, Ciné VOST : 5/10
235 : Ascenseur pour l'échafaud, Louis Malle, 1958, DVD VF : 6,5/10
236 : Road to Perdition, Sam Mendes, 2002, Blu-Ray VOST : 8,5/10
237 : Martin Roumagnac, Georges Lacombe, 1946, TV VF : 7/10
238 : Everything everywhere all at once, Daniel Scheinert & Daniel Kwan, 2022, Ciné VOST : 8,5/10


Découverte du mois :

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Autres découvertes marquantes :

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Maison de la mort (La) - 4,5/10

Messagepar Alegas » Sam 02 Juil 2022, 10:35

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The old dark house (La maison de la mort) de James Whale
(1932)


Entre deux films de monstre pour Universal, James Whale réalisa ce petit film qui dispose aujourd’hui d’une réputation plutôt élogieuse, puisqu’il est souvent cité lorsqu’il s’agit d’évoquer les films qui ont créé le film de maison hanté moderne. Sur ce point, on peut difficilement enlever du crédit au film de Whale : on y trouve un paquet d’éléments qui sont aujourd’hui des clichés du film d’horreur moderne, qu’on ne trouvait que peu ou pas du tout auparavant, et que The old dark house a popularisé mondialement. Le souci, c’est que malgré cet aspect novateur, cela n’empêche pas le film de mal vieillir, et autant je suis le premier à voir en ce film une curiosité intéressante pour quiconque s’intéresse à l’histoire du film d’horreur, autant je dois avouer qu’en tant que spectateur lambda, c’est aujourd’hui difficile d’y trouver son compte.

Oubliez donc le moindre frisson : je pense sincèrement qu’aujourd’hui le métrage ne ferait même pas peur à un enfant en bas âge. Il y a bien certaines idées qui fonctionne, comme ce mystère autour de l’occupant d’une chambre condamnée, occupant dont on ne voit qu’un avant-bras pendant une partie du récit, mais le problème est qu’à chaque fois que le film possède une idée, elle est forcément contrebalancée soit par un élément comique (grosse surprise pour le coup, je ne m’attendais pas à autant d’humour), soit par une romance inutile (c’est un film d’horreur où on s’intéresse plus à un couple qui se crée qu’à l’épouvante), soit par une déception (le fameux occupant de la chambre, qui se révèle être juste un pyromane complètement timbré). Pire encore : le film a beau durer moins d’une heure et demie, le temps semble tout de même bien long, et sur ce point il faut avouer que le rythme en dent de scie et la réalisation sans réel éclat n’aident pas. A noter, au sein du casting du film, la présence de Boris Karloff qui joue encore un personnage imposant et muet, celle d’un jeune Charles Laughton, mais aussi celle d’une actrice du nom de Gloria Stuart, qui connaîtra une renommée mondiale en jouant la version âgée de Rose dans Titanic plus de soixante ans plus tard. Du coup, comme dit plus haut, c’est vraiment une curiosité plus qu’un réel film d’horreur à mon sens, et j’aurais bien du mal à le conseiller à qui que ce soit en dehors de son aspect historique.


4,5/10
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Film: Maison de la mort (La)
Note: 5/10
Auteur: puta madre

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Train (Le) (1973) - 6,5/10

Messagepar Alegas » Sam 02 Juil 2022, 14:18

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Le train de Pierre Granier-Deferre
(1973)


Sympa ce petit film qui prend comme contexte un moment de la Seconde Guerre Mondiale malheureusement peu exploité au cinéma, à savoir l’exode de la population française alors que les forces allemandes envahissaient rapidement le pays. De ce point de départ, on va suivre Trintignant, homme séparé de sa famille, qui va rencontrer Romy Schneider alors qu’il voyage dans le même train de réfugiés qu’elle. A partir de là, il va y avoir une histoire d’amour naissante, dans des conditions qui ne sont pourtant pas propices à ça, et ça permet d’avoir une ambiance assez unique, avec d’un côté l’été flamboyant de 1940 et ces gens qui veulent profiter de la vie avant une guerre qui arrive, et de l’autre un exode massif où tout le monde fuit un ennemi qu’on ne verra finalement qu’à la fin du métrage. Globalement, c’est un film qui se suit gentiment, mais auquel il manque un réel plus pour être vraiment passionnant. Pendant la majorité du film, on suit le récit plus pour le contexte rarement vu sur grand écran (avec plein de petits détails qui font véridiques, par exemple les mecs qui font croire que leur wagon est plein pour pouvoir continuer le voyage avec leur confort personnel, mais aussi un montage alterné qui permet d’avoir, sur la musique réussie de Sarde, des images d’archive pour saisir l’état d’esprit du pays) que pour les personnages, la faute notamment à une écriture qui se contente du minimum.

Du début jusqu’à la fin, on ne sait quasiment rien des protagonistes, et le fait d’avoir Trintignant en premier rôle n’aide pas vraiment : le mec a toujours été selon moi plus une gueule qu’un réel acteur, et c’est quelque chose qu’il prouve à nouveau ici. Du coup, malgré la présence de Schneider qui vient rehausser le niveau, on ne croit pas vraiment à la romance qui prend vie devant nos yeux, et là encore ça montre les limites du métrage : il y a bien une histoire, mais qui ne dégage aucune émotion. Mais ça, c’est avant les ultimes minutes du métrage, et là pour le coup c’est vraiment à double tranchant car d’un côté on a la meilleure scène du film (autant en termes d’interprétations que de mise en scène), mais de l’autre ça ne fait que renforcer l’idée que le film aurait pu être nettement meilleur avec l’émotion en plus. Une dernière scène qui vient donc finir sur une note positive un film qui était jusque là juste sympathique.


6,5/10
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Film: Train (Le) (1973)
Note: 5/10
Auteur: Scalp

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Alexandre Nevski - 5/10

Messagepar Alegas » Dim 03 Juil 2022, 10:35

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Alexandre Nevski de Sergueï M. Eisenstein & Dmitri Vassiliev
(1938)


Si Eisenstein a été plutôt prolifique dans les années 20, imposant au monde sa science visionnaire du montage, le réalisateur a eu nettement moins de chance la décennie suivante. La faute, notamment, à deux projets difficiles qui resteront finalement inachevés (Que viva Mexico est bien visible, mais dans une version work in progress que je trouve difficilement regardable) et à une incursion aux États-Unis qui lui vaudra la méfiance des autorités de son propre pays. Dans ce contexte, Eisenstein est forcé d’accepter ce Alexandre Nevski, pure œuvre de commande propagandiste. Si le réalisateur avait déjà travaillé sur des films vantant les mérites du communisme et la grandeur de la Russie soviétique, c’était jusqu’ici selon ses propres termes, dans une certaine liberté artistique, liberté qui n’existe plus sur ce projet : Eisenstein est surveillé de près, un acteur principal lui est imposé, un co-réalisateur lui est assigné, et des superviseurs du gouvernement sont autour de lui à chaque moment de la production.

Des changements qui vont se faire sacrément sentir sur le résultat final, car autant Le Cuirassé Potemkine et La Grève étaient transcendées par une forme éblouissante qui faisait passer la pilule propagandiste, autant ici c’est loin d’être le cas, tant on sent Eisenstein bridé, forcé de faire un film dont le fond l’emporte sur la forme. Un fond tout sauf subtil, puisqu’on évoque ici un personnage historique qui a repoussé plusieurs invasions sur le sol russe, et notamment une invasion teutonique qui est le sujet du métrage. L’idée est évidemment de faire un parallèle avec le contexte historique de 1938, Hitler a des vues sur la Russie, et le pacte de non-agression n’est pas encore signé, et du coup le message du film est plus que clair : si les allemands veulent tenter une invasion, qu’ils se préparent à perdre face à la toute-puissance du peuple soviétique. Autant dire qu’avoir ce message rabâché pendant toute la durée du film, et largement explicité avec des cartons grandiloquents, est loin d’être quelque chose de réellement plaisant, surtout qu’au-delà de ça le film n’a vraiment pas grand chose à dire (malgré quelques tentatives comme l’arc de la jeune femme courtisée, arc traité avec un désintérêt évident) et se tape des grosses longueurs.

Si Alexandre Nevski a toujours une certaine réputation aujourd’hui, c’est pour ce qui sont, à mon sens, les deux meilleurs éléments du film : une énorme séquence de bataille dans le dernier tiers du récit, ainsi qu’une bande-son composée par Sergueï Prokofiev lui-même (excusez du peu). La bataille est encore assez impressionnante aujourd’hui, pas spécialement pour la forme où le montage use de répétitions, ni pour les combats en eux-mêmes où la quasi-totalité des coups ne portent pas, mais la qualité de la séquence vient surtout d’un certain sens de la démesure exceptionnel pour l’époque : on a des centaines de figurants à l’écran, des mouvements de foule impressionnants, des bad-guys aux designs réussis (ces casques ! :love: ), des morts graphiques (les noyades à la fin des combats), bref c’est une scène qui a pas mal de défauts que l’ambition de l’ensemble fait oublier. Malheureusement, c’est bien la seule scène à retenir de ce métrage trop long pour ce qu’il a à dire, souvent mal interprété (l’acteur incarnant Nevski est une horreur, le mec sait juste prendre la pose en récitant son texte), et filmé de façon beaucoup trop classique pour du Eisenstein. La moyenne tout de même pour la démesure de ce blockbuster avant l’heure, mais c’est clairement un film à l'intérêt limité, que je ne reverrais probablement jamais.


5/10
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Cauchemar de Dracula (Le) - 5/10

Messagepar Alegas » Lun 04 Juil 2022, 12:03

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Horror of Dracula (Le cauchemar de Dracula) de Terence Fisher
(1958)


Ça faisait belle lurette que j’avais envie de découvrir un des films Dracula où ce dernier est incarné par Christopher Lee, et vu que le premier passait dans une copie 35mm dans un cinéma que je fréquente régulièrement, je n’ai pas hésité très longtemps. Ceci dit, c’est tout de même une déception à l’arrivée : j’espérais un film qui assume son côté film de genre, et qui ne cherche pas forcément à adapter coûte que coûte la trame du bouquin de Stoker, et malheureusement c’est tout le contraire qui se produit. Alors déjà, côté adaptation, c’est vraiment pas ça, on est plus proche de la version de Tod Browning que celles de Coppola ou Murnau :| , et on a donc un film beaucoup trop lent, beaucoup trop bavard, et qui charcute le matériau d’origine sans forcément en retenir le meilleur.

Car pour le coup, comme chez Browning, ça ne garde que le squelette du livre de Stoker, avec le début dans le château, le milieu en ville, puis retour dans le repaire pour le climax, et quelques personnages, pour le reste on est vraiment dans de l’adaptation très très libre pour avoir un récit qui tient sur moins d’une heure et demie. Le souci, c’est que comme la version avec Bela Lugosi, ça ne marche vraiment pas, et on a au final un film très mou, où il ne se passe pas grand chose et qui donne l’impression de durer bien plus longtemps que sa durée réelle (la partie en ville notamment est vraiment pénible à suivre). Le film va se rattraper un peu sur son côté graphique, mais là aussi c’est très inégal : le film pue le manque de budget, à commencer avec ce château un peu ridicule et les décors en ville qui se limitent majoritairement à quelques pièces d’une maison :? . La mise en scène en fait aussi les frais, c’est très mou et quelconque, et autant Fisher arrive à marquer son spectateur lorsqu’il use d’inserts bien foutus (ce premier plan de Christopher Lee avec les yeux rouges et le sang qui s’écoule de sa bouche, c’est mortel :love: ) autant pour le reste on a souvent l’impression de voir le version de Bela Lugosi légèrement modernisée, ce qui implique la vision très théâtrale/maniérée du vampire avec mouvements lents et surjeu évident. On sent globalement le film un peu tourné à la va-vite, et ça crée des trous dans le script genre Dracula qui se déplace en plein soleil au début du film sur un plan, mais qui est détruit par ses rayons à la fin :eheh: .

Quand il y a de l’action, et c’est rare, ça se limite souvent à des courses-poursuites et combats peu trépidants (le premier dans le château pose le niveau de ce qui arrivera ensuite) et puis quand moment le plus trépidant du film est le passage où Peter Cushing saute sur des rideaux, ça pose le niveau d’excitation que procure le métrage :mrgreen: . Du coup, de ce film, je ne retiens réellement que quelques ambiances réussies, des effets visuels kitschs mais qui participent au charme de l'ensemble (le crâne à la fin :mrgreen: ) mais aussi et surtout le fait d’avoir Christopher Lee et Peter Cushing en têtes d’affiches :love: . Si le premier est un peu trop enfermé dans le cliché hérité de Lugosi, il arrive tout de même à donner une grosse classe au personnage, quand à Cushing il est clairement le meilleur Van Helsing que j’ai vu jusqu’ici, même si l’écriture de son personnage laisse à désirer (il subit trop les évènements, au point que ça en devient un running-gag car quasiment toutes ses décisions pour protéger du vampire provoquent la mort de quelqu’un :eheh: ). Ça donne quand même envie de voir les suites par pure curiosité (comment faire revenir Dracula après cette fin ? :eheh: ) et pour Lee/Cushing, mais désormais je sais à quoi m’en tenir pour ce qui est de l’aspect formel ou scénaristique.


5/10
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar Jed_Trigado » Lun 04 Juil 2022, 16:41

Les Dracula réalisés par Fisher sont pour la plupart très bons, Dracula, Prince des Ténèbres surtout.

Et pour Lee, Les Cicatrices de Dracula a une bonne réputation.
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar Alegas » Lun 04 Juil 2022, 17:27

Je note !
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Incroyable mais vrai - 6/10

Messagepar Alegas » Lun 04 Juil 2022, 17:32

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Incroyable mais vrai de Quentin Dupieux
(2022)


Un film qui vient confirmer la bonne impression que j’avais de Dupieux après la vision de Au Poste : à partir du moment où Dupieux ne fait pas un film qui n’existe que pour son concept (coucou Rubber), ça tient plutôt bien la route. Alors clairement, ce n’est toujours pas du film que je reverrais spécialement, mais ça fait très bien le job en tant que petite comédie absurde de courte durée. Sur celui-là, Dupieux joue pas mal avec les attentes du spectateur, et en ce sens la bande-annonce du film est très représentative de ce qu’est le métrage, à savoir une attente repoussée au maximum concernant les mystères d’une baraque ou d’un personnage, attente poussée tellement loin que chaque nouvelle raison pour repousser la chose en devient drôle (la discussion avec l'agent immobilier est bien représentative de ça, et après Dupieux en rajoute une couche en faisant une ellipse :eheh: ). Certains pourront alors trouver que le film tombe à plat lorsqu’on sait tout ce qu’il y a à savoir, mais de mon côté j’ai trouvé que le script développait des choses intéressantes sur la société d’aujourd’hui, notamment ce besoin de vouloir repousser les limites du corps, que ce soit à travers la performance (l’arc de Magimel complètement gogol :eheh: ) ou la recherche de la jeunesse éternelle à travers une situation complètement absurde.

Comme souvent avec Dupieux, c’est inégal, et on a notamment un final qui donne l’impression que le réalisateur avait une super idée de départ, mais qu’il ne savait pas comment la conclure, mais à côté le ça le film arrive vraiment à convaincre, entre sa durée resserrée, des surprises toujours bienvenues (je ne m’attendais pas au montage final qui vient accélérer les choses d'un coup) et surtout un casting globalement inspiré (pas encore vu Réalité, mais Chabat se glisse à merveille dans l’univers et le ton humoristique de Dupieux). Formellement, c’est comme toujours avec Dupieux, c’est fonctionnel et assez pauvre visuellement (ça ne recherche pas le beau plan avec notamment une photographie très terne) mais j’ai l’impression que c’est vraiment une volonté stylistique de sa part, comme s’il assumait complètement le fait d’être plus un scénariste/directeur d’acteurs qu’un véritable metteur en scène. Au final, ça donne une comédie sympathique sur le moment pour peu qu’on adhère à cet humour, mais faut pas en attendre vraiment plus.


6/10
"Our films were never intended for a passive audience. There are enough of those kinds of films being made. We wanted our audience to have to work, to have to think, to have to actually participate in order to enjoy them."

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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar Jed_Trigado » Lun 04 Juil 2022, 17:41

Tente Le Daim sur Netflix si tu ne l'a pas vu, première fois qu'un film de Dupieux m'a convaincu, c'est bien perché niveau ambiance et Dujardin assure dans un rôle borderline.
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar Alegas » Lun 04 Juil 2022, 17:42

Ouais j'ai vu l'ajout récemment, c'est dans ma watchlist. :super:
"Our films were never intended for a passive audience. There are enough of those kinds of films being made. We wanted our audience to have to work, to have to think, to have to actually participate in order to enjoy them."

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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar angel.heart » Lun 04 Juil 2022, 20:26

Jed_Trigado a écrit:Les Dracula réalisés par Fisher sont pour la plupart très bons, Dracula, Prince des Ténèbres surtout.


Mon préféré.

Je pense que tu peux zapper les autres (femmes, messes, cicatrices, 73), Alegas. Je mets moi-même tout juste la moyenne dans le meilleur des cas.

En revanche, j'avais aimé Les maîtresses de Dracula. Toujours de Fisher, mais sans Christopher Lee.
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Buzz l'Éclair - 5/10

Messagepar Alegas » Mer 06 Juil 2022, 11:01

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Lightyear (Buzz l'Éclair) de Angus MacLane
(2022)


Sacrée déception pour le coup, j’en attendais pourtant pas énormément à la base, car je me doutais bien que ça ne se hisserait pas au niveau des meilleurs films du studio, mais je me disais que Pixar saisirait l’occasion pour délivrer un pur film d’aventure, et malheureusement le résultat est loin d’être convaincant. Le carton en début de film a confirmé exactement ce que j’espérais de la note d’intention du métrage, à savoir que c’est censé être le film sorti en 1995 que Andy a vu au cinéma, qu’il a adoré, et qui lui a donné envie d’avoir le jouet Buzz l’éclair dans Toy Story. A partir de là, il y a clairement deux soucis à mon sens. Le premier est qu’on a jamais l’impression de voir un film qui serait sorti dans les années 90. Ça n’en a pas le mood, l’écriture décomplexée, les personnages un peu caricaturaux, la musique qui ressort, bref sur ce point c’est quand même bien raté car c’est vraiment un blockbuster SF des années 2020, et du coup je pige vraiment pas la volonté de Pixar d’avoir précisé que le film serait sorti en 1995 alors que, concrètement, ils auraient pu partir du principe que la timeline de Toy Story est intemporelle.

L’autre problème, et non des moindres, c’est qu’à aucun moment on ne se dit que c’est un film qui pourrait donner des étoiles dans les yeux à un gamin de dix ans. Les quelques enfants dans ma salle ne donnaient pas l’impression d’être spécialement émerveillé par le spectacle, et du coup ça confirme un peu le ressenti que j’ai : le film est tellement quelconque dans son déroulement, sa vision du space-opera et dans sa forme qu’on a vraiment pas l’impression de regarder un film qui a lancé un mythe devenu jouet. Côté script, ça pompe Star Trek comme pas possible avec un récit à base de bond dans le temps puis de timelines différentes, et à la limite pourquoi pas même ça débouche sur pas grand chose. La meilleure utilisation du concept est au début avec le montage montrant Buzz répétant sa mission inlassablement alors que ses amis autour de lui vieillissent puis disparaissent, mais passé ce passage prometteur ça tombe dans quelque chose d’hyper classique, voire même d’idiot avec le twist autour de Zurg (twist qui vient complètement contredire un passage de Toy Story 2, je ne pige vraiment pas le choix des scénaristes pour le coup).

Mais globalement, le scénario est vraiment pas enthousiasmant et donne l’impression d’avoir été validé à la va-vite : les personnages ne sont jamais marquants, ça développe plein de choses qui ne servent à rien (le robot avec le harpon dans la tête, qu’on nous vend comme une menace à venir pendant tout le film alors qu’au final c’est jamais vraiment utilisé) et surtout ça se répète comme pas possible, tant au niveau des péripéties que dans l’écriture des personnages, genre tout le chemin intérieur de Buzz est construit sur le mode un pas en avant-un pas en arrière, ce qui rend la finalité du métrage d’autant plus prévisible. Puis bon, quand le meilleur personnage du film s’avère être le chat-robot sidekick, c’est qu’il y a un léger problème d’ensemble. Formellement, c’est déjà mieux, déjà au niveau technique c’est très joli comme toujours chez Pixar, c’est juste dommage que la DA n’ait rien de remarquable, c’est que de la SF qu’on a l’impression d’avoir vu ailleurs, que ce soit au cinéma ou dans les jeux vidéo. Niveau mise en scène, Angus MacLane confirme qu’il sait mettre en boîte de bonnes séquences (le mec avait déjà fait quelques courts efficaces pour le studio, notamment Burn-E), et les séquences d’action s’avèrent lisibles, mais ça manque singulièrement de personnalité pour être autre chose que fonctionnel. Au final, c’est un film qui avait le potentiel de bien surprendre, mais ça préfère jouer la sécurité à tous les niveaux en faisant du métrage un sous-film d’aventure des années 2020, l’opposé total de Turning Red donc, qui est nettement plus recommandable.


5/10
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