[Alegas] Mes Critiques en 2022

Vos critiques de longs-métrages

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Re: Don't look up : Déni cosmique - 4/10

Messagepar Hannibal » Mar 25 Jan 2022, 18:47

Alegas a écrit: McKay veut à la fois faire une satire absolue, où quasiment chaque personnage, hormis les deux leads, peut être moqué, comme une sorte de Dr. Strangelove moderne,


Je ne suis pas d'accord avec ça, je trouve au contraire qu'il se moque aussi des deux leads avec leurs obsessions parfois complètement délirantes. La fille qui passe tout le film à se demander pourquoi le général lui a tiré 10 balles (ce qui parait dérisoire vu le contexte) et Leo qui part complètement en cacahuètes à la moitié du film avant de se ressaisir.
Mark Chopper a écrit:La mode des années 2010 consiste à faire des suites de merde qui permettent de réévaluer des purges.
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar Alegas » Mar 25 Jan 2022, 19:17

Oui mais comme tu le dis toi-même, à chaque fois qu'on rigole d'eux c'est soit parce qu'il y a conséquence d'une interaction avec un autre personnage (le général) soit parce que l'un sombre dans la folie ambiante (DiCaprio qui couche avec Blanchett et qui apprécie sa couverture médiatique).
Sinon, ça reste des personnages intègres, qui sortent du moule dont sont faits les autres.

Dans Dr Strangelove aussi on rigole parfois un peu du rôle de Sellers face à Sterling Hayden, mais ça n'empêche pas le fait qu'il est le seul dans la scène à avoir la tête sur les épaules et donc le point de repère du spectateur.
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar Mark Chopper » Mar 25 Jan 2022, 19:18

Le seul personnage qui semble premier degré pour moi, c'est celui de Chalamet.
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar Alegas » Mar 25 Jan 2022, 19:20

Indeed, et résultat il dénote complètement avec le reste du film.
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar Mr Jack » Mar 25 Jan 2022, 20:21

Au contraire, il est au centre du véritable propos du film. McKay pointe le doigt vers le ciel et tout le monde regarde le doigt. Ce film, comme The Big Short, parle de la solitude, de la peur profonde de mourir seul. La super-satire meta n'est qu'un leurre, à mon sens. Et c'est ce qui en fait un film beaucoup plus intelligent qu'il n'en a l'air.
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar Mark Chopper » Mar 25 Jan 2022, 20:29

Le même message passerait mieux au premier degré je pense. Les scènes avec Chalamet sont les seules réussies à mon sens.

Le film critique l'époque, mais épouse complètement son cynisme. C'est son échec.
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar Mr Jack » Mar 25 Jan 2022, 20:32

Le film est meta-cynique, il se moque méchamment autant des gens qui se moquent que des gens qui sont moqués. :eheh:
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar Mark Chopper » Mar 25 Jan 2022, 20:34

Trop de coups de coude pour moi, ça me fait mal.
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Pot-Bouille - 4,5/10

Messagepar Alegas » Mer 26 Jan 2022, 15:28

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Pot-Bouille de Julien Duvivier
(1957)


Critique rapide pour celui-là, vu que je l’ai découvert il y a seulement quelques jours mais dont j’ai quasiment tout oublié. Pour le coup, parmi la quinzaine de films de Duvivier que j’ai vu jusque là, c’est clairement l’un des moins bons, et pourtant je partais confiant avec notamment un casting plutôt aguicheur (Gérard Philipe, Danielle Darrieux, Anouk Aimée et surtout la toujours très mimi Dany Carrel :love: ) mais malheureusement ça ne fait pas tout. J’ignorais complètement que c’était une adaptation d’un roman de Zola, et donc j’ai été plus que surpris de déceler une vraie filiation avec un précédent film de Duvivier, Au bonheur des dames (dont Pot-Bouille est, au final, un préquel). Vu que Au bonheur des dames avait été fait au temps du muet, et que celui-là est plutôt une oeuvre de fin de carrière, ça donne un peu l’impression que Duvivier vient boucler un cycle commencé des années auparavant, et en cela le film est plutôt intéressant. Malheureusement, toutes les qualités que je pouvais trouver dans sa précédente adaptation sont ici généralement absentes, notamment en termes de mise en scène où Duvivier semble bien moins inspiré, livrant un film avec certes quelques jolis mouvements de caméra, mais globalement assez plan-plan.

Pour le reste, j’ignore si ça vient à la base du roman de Zola, mais autant Au bonheur des dames intéressait parce qu’il mettait en scène la transformation d’un monde à travers la naissance des grands magasins parisiens, autant là c’est quasiment que de la petite comédie de moeurs dans des grands appartements, avec un provincial qui va se taper plusieurs femmes pour profiter de leur beauté, de leur fortune, ou des deux. En plus, je n'ai pas spécialement l’impression qu’il y ait de vrais enjeux : quasiment tout ce que fait le personnage de Gérard Philipe fonctionne comme il l’espérait, et du coup il y a vraiment peu d’intérêt à suivre une histoire avec aussi peu de rebondissements. Reste donc des dialogues qui font souvent mouche, créant des joutes verbales où le casting semble y prendre beaucoup de plaisir (Philipe excelle en plus dans ce genre de rôle, ça lui va comme un gant) et une Dany Carrel toujours aussi hypnotisante à contempler :love: , mais pour le reste c’est quand même un film que j’aurais du mal à recommander, que ce soit à ceux qui cherchent un bon Duvivier ou ceux en quête d’une bonne adaptation de Zola.


4,5/10
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar Mark Chopper » Mer 26 Jan 2022, 16:15

Au bonheur des dames (dont Pot-Bouille est, au final, un préquel)


Curieux cet ordre d'adaptation... Le roman Pot-Bouille a été publié avant Au Bonheur des Dames (qui reprend donc le personnage d'Octave Mouret).

j’ignore si ça vient à la base du roman de Zola, mais autant Au bonheur des dames intéressait parce qu’il mettait en scène la transformation d’un monde à travers la naissance des grands magasins parisiens, autant là c’est quasiment que de la petite comédie de moeurs dans des grands appartements, avec un provincial qui va se taper plusieurs femmes pour profiter de leur beauté, de leur fortune, ou des deux.


C'est donc fidèle au roman. L'intérêt, c'était d'utiliser un immeuble comme microcosme : derrière les belles apparences, ça ne pense surtout qu'à baisouiller dans tous les coins, du grenier jusqu'à la cave. Assez savoureux en fait, j'aime bien ce diptyque zolien.
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Harder they fall (The) - 3/10

Messagepar Alegas » Jeu 27 Jan 2022, 11:05

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The harder they fall de Jeymes Samuel
(2021)


J’aurais dû écouter mon intuition après avoir vu le trailer il y a plusieurs semaines, ça avait l’air complètement naze et ça se confirme à la vision du film. Ceci dit, j’avoue que la nullité du métrage n’est pas forcément là où je l’attendais : le trailer vendait un délire pro-black complètement opportuniste, et même si c’est bien un peu le cas c’est loin d’être le point le plus gênant du projet, loin de là. On a donc ici un western complètement dans la mouvance de notre époque en cochant toutes les cases appropriées, à tel point que ça élimine tout naturel du film qui devient finalement un gros truc boursouflé et prévisible.

Déjà, ça essaye de reproduire le feeling à la cool de Tarantino, et notamment de Django Unchained, mais en le faisant de façon complètement artificielle. Les personnages sont juste des fonctions qui vont chacun avoir droit à leur petite scène pour bien les mettre en valeur alors qu’en dehors de ça ils n’existent tout simplement pas, on te met de la musique contemporaine dès que possible même si ça ne colle pas du tout avec la scène, on essaye de faire dire des trucs cools alors que c’est écrit sans inspiration, bref c’est une catastrophe. Le pire dans tout ça, c’est que ça ne raconte pas grand chose alors que ça dure quasiment 2H30, juste une pauvre histoire de vengeance vue mille fois, et autant le film est divertissant lorsqu’il se permet des scènes d’action étirées (le braquage du train), autant tout ce qui est censé épaissir les personnages est un calvaire à suivre vu que ça ne débouche sur rien de concret. La cerise sur le gâteau étant que le film se termine sur un cliffhanger style "un méchant a survécu, suite au prochain épisode", genre le film a besoin d'une suite :lol: . Le fait que quasiment chacun des personnages soient des blacks ne sert pas à grand chose, je pourrais crier au révisionnisme mais clairement le film ne cherche pas une direction réaliste, c’est une évidence, mais à côté de ça, ça ne sert à rien si ce n’est pouvoir humilier, au détour d’une scène honteuse, les quelques blancs qui, évidemment, sont soit des connards soit des lâches (toute la partie dans la ville blanche, avec le délire visuel qui l’accompagne, c’est vraiment pathétique, même Spike Lee n’aurait pas osé :evil: ).

Après, le fait de n’avoir que des blacks permet au film d’aligner un sacré casting, et sur ce point c’est bien simple : on a quasiment chacun des acteurs noirs talentueux découverts ces dernières années, de Jonathan Majors à Lakeith Stanfield (meilleur perso du film) en passant par Zazie Beetz, et avec quelques noms plus vieux comme Regina King et Idris Elba. Dommage seulement que ces acteurs n’aient pas vraiment quelque chose à défendre vu l’écriture de leur personnage, au mieux ils leur donnent un minimum de charisme mais en l’état ça fait vraiment l’effet d’un gros gâchis. Visuellement, le film représente à peu près tout ce que je déteste voir dans un western, avec une approche visuelle et une direction artistique qui font complètement fake. J’ignore si c’est voulu de la part de l’équipe créative, mais tout fait fake, tout est trop propre, le meilleur exemple étant la ville d’Idris Elba qui donne l’impression d’avoir été construite quelques jours auparavant.

Et puis formellement parlant j’ai trouvé ça particulièrement générique dans le registre “j’affiche des plans cools et de la violence autant que possible pour essayer de me mettre au niveau d’un Tarantino”, et quand ça ose un plan qui sort de l’ordinaire ça fait plus petit malin qu’autre chose (le plan avec la caméra qui traverse la ville pour aller d’un personnage à l’autre avant le climax, c'est sympa dans l'idée mais ça ne sert à rien). Il y avait sûrement bien mieux à faire sur le sujet (si le film a une histoire fictive, il se base en partie sur des personnages réels), mais en l’état The harder they fall est l’image même qu’on peut se faire d’un western made by Netflix en 2021 : faussement cool, qui essaye de se donner une légitimité avec des choix de casting dans l’air du temps alors qu'il est plus qu'inoffensif, et qui est très vite oublié après le visionnage.


3/10
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Card counter (The) - 6/10

Messagepar Alegas » Jeu 27 Jan 2022, 19:07

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The card counter de Paul Schrader
(2021)


Un Schrader dans la continuité de son film précédent, avec qui il partage finalement plus ou moins le même principe : un personnage principal solitaire qui, au contact d’autres personnes, va remettre en question son train de vie et ses convictions, jusqu’à l’auto-destruction (mais bon au final c’est un paquet de scripts de Shrader qu’on peut résumer ainsi :mrgreen: ). Alors clairement, ce n’est pas un film à mettre entre toutes les mains tant ça se veut assez spécial côté ambiance. C’est très épuré, très lent, avec peu de rebondissements (on va être honnête : il ne se passe pas grand chose durant le récit), et il faut vraiment aimer les errances d’un personnage, et ça ce n’est pas forcément gagné. Sauf qu’ici, le personnage est vraiment intéressant, énigmatique serait même plutôt le mot juste tant on arrive jamais vraiment à le cerner autant dans son caractère que dans son vécu ou ses choix. Du coup, c’est plus une analyse de personnage qu’un film sur le milieu du blackjack comme pouvait le laisser la promo qui ne savait pas comment vendre le film, et si on accepte ce postulat ça devient assez plaisant à suivre, même si ça manque clairement d’implication pour être plus prenant ou engageant.

The Card Counter a deux gros atouts : une ambiance qui doit beaucoup aux choix visuels et rythmiques de Schrader, et son acteur principal en la personne d’Oscar Isaac, qui semble, comme souvent hors franchises, habité par son rôle. Dommage que les personnages secondaires ne soient pas aussi passionnants (il manque clairement quelque chose à celui de Sheridan notamment), mais heureusement leurs interactions avec Isaac marchent tout de même bien. Le film a quelques sursauts formels bienvenus : le plan final évidemment, mais aussi les séquences à Abu Ghraib qui sont bien malaisantes, mention spéciale au plan-séquence en fisheye circulaire qui donne l’impression de vivre un cauchemar (et ça tombe bien, c’est tout le principe même de la scène). Bref, c’est pas mal, et même si c’est inégal c’est clairement un film avec des qualités indéniables.


6/10
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Ne vous retournez pas - 6/10

Messagepar Alegas » Ven 28 Jan 2022, 13:03

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Don't look now (Ne vous retournez pas) de Nicolas Roeg
(1973)


Second film de Roeg que je découvre, et le moins qu’on puisse dire c’est que c’est pas du tout la même came que The Witches. Dans le genre film difficile à décrire, ça se pose là : c’est à la fois un film sur le deuil d’un couple qui a perdu son enfant, un labyrinthe mental et visuel, un film psychologique, un film d’horreur par moment, à la limite du fantastique, et sur beaucoup de points j’ai eu l’impression de voir une sorte d’ancêtre du The Box de Richard Kelly, en plus posé et moins extravagant. C’est aussi un film particulièrement déstabilisant car difficile à appréhender, tant j’ai l’impression qu’il nécessite une attention de chaque instants pour le cerner, et de mon côté j’avoue ne pas avoir tout compris vu que je trouve que le récit alterne moments passionnants et d’autres nettement moins engageants.

Ainsi, le film fait constamment le yoyo entre scènes fascinantes et ventres mous un peu chiants, et c’est bien dommage car au final ça donne un métrage inégal mais qui ne laisse clairement pas indifférent. La scène d’introduction est un peu un couteau à double tranchant : d’un côté c’est le meilleure scène du film, une merveille d’ambiance et de montage avec des idées dingues qui finissent de rendre la séquence particulièrement malaisante (le crescendo, le ralenti sur Sutherland qui sort de l’eau, le photogramme avec la goutte de sang qui se répand :shock: , etc…), mais de l’autre c’est une scène tellement réussie que le film n’arrivera finalement jamais à retrouver ce niveau d’excellence. Alors attention : Don’t look now a d’autres super scènes à proposer, entre l’accident de Sutherland sur les échafaudages, les errances nocturnes dans Venise ou le final, il y a de quoi faire, mais le fait est que je n’ai pas retrouvé la puissance et la promesse de ce que les premières minutes du métrage proposaient.

Dommage que le film soit aussi inégal d’un point de vue rythmique, il y a pas mal de passages que j’aurais aimé écourter pour aller plus vite à l’essentiel (mention spéciale à la scène de sexe qui s’étire et dont je ne saisis pas l’utilité au sein du récit). Formellement, j’ai trouvé ça pas mal du tout. C’est pas ce qu’il y a de plus dingue en termes de mise en scène visuelle mais il y a une vraie proposition niveau ambiance, et puis paye ton montage complètement fou, transcendent les règles géographiques et temporelles (d’un cut à l’autre, on ne sait pas sur quoi on va tomber) qui est pour beaucoup dans l’expérience labyrinthique du métrage. Au final, même si c’est un film qui ne m’a pas complètement convaincu, c’est clairement une expérience singulière, que je serais curieux de revoir un jour pour l’aborder en connaissance de cause.


6/10
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Licorice Pizza - 8/10

Messagepar Alegas » Sam 29 Jan 2022, 19:45

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Licorice Pizza de Paul Thomas Anderson
(2021)


Depuis le chef-d’œuvre qu’était There will be blood, j’avoue avoir été déçu par la direction de la carrière de Paul Thomas Anderson. Si un film comme The Master trouvait encore grâce à mes yeux, ce n’était clairement pas le cas de Inherent Vice et Phantom Thread, deux films où j’avais l’impression que PTA tentait des choses qui ne lui allaient pas du tout, comme s’il souhaitait prouver à la critique qu’il pouvait livrer l’opposé absolu de ses premiers films. Autant dire donc que Licorice Pizza restaure ma foi en ce cinéaste : avec ce film, j’ai eu enfin l’impression de revoir l’énergie du mec qui m’avait mis sur le cul avec Magnolia et Boogie Nights, et c’était vraiment pas gagné car autant le trailer m’avait vendu du rêve, autant je me méfiais d’un film bien lourdingue et longuet façon Inherent Vice.

Dès le début du film, il y a une énergie communicative que je ne m’explique pas, qui vient probablement à la fois de la mise en scène, de la direction des acteurs, et de l’époque traitée, et cette énergie semblable à celle d’un American Graffiti va rester pendant quasiment tout le film, au service d’une histoire d’amour dont le mot d’ordre va être de prendre son temps. De cela découle d’ailleurs le seul point que je reproche à ce nouveau PTA : le film dure quasiment 2H15 et j’ai envie de dire que ça se ressent bien sur le dernier quart du métrage. Pourtant, le récit ne tourne pas spécialement en rond, mais il y a un petit côté scénettes qui se fait ressentir au bout d’un moment, avec des storylines lancées sans prévenir (tout le délire du camion avec Bradley Cooper :eheh: ) alors que tout laisse à penser qu’on approche du final. Rien de bien méchant car le film n’est pas ennuyeux pour autant, mais ça donne tout de même un coup à un rythme qui, jusqu’ici, était impeccable.

Pour le reste, le film ne mérite que mes louanges : PTA retrouve la niaque de ses débuts, en moins tape à l’œil, et on a le droit à des scènes vraiment magnifiques, sublimées par des mouvements de caméra élégants (peu de réals savent aussi bien filmer des héros en pleine course) et une photographie travaillée (contrairement à son précédent, PTA se fait aider sur ce point, et on voit tout de suite la différence). Côté casting, les acteurs les plus connus sont ici pour faire du guest de luxe (on a même John C. Reilly dans un caméo improbable :mrgreen: ), et c’est donc clairement les petits nouveaux qui intéressent avec notamment les deux leads dont l’alchimie est juste évidente (les dialogues finement écrits aidant beaucoup). Que ce soit Cooper Hoffman (fils de Philip Seymour Hoffman, autant dire que c’est symboliquement fort vu la relation qu’avait PTA avec cet acteur) ou Alana Haim, les deux sont des révélations totales, faisant toujours preuve d’une justesse incroyable, ils portent clairement le film sur leurs épaules.

Pour le reste de la distribution, le générique final permet de voir un paquet de noms étonnants au casting : on a le père de DiCaprio :shock: , le fils de Giacchino, la fille de Spielberg, j’ignore si ça vient d’une volonté de PTA mais c’est assez marrant à remarquer :mrgreen: . La BO est très sympa, j’ai pas trouvé le score de Jonny Greenwood particulièrement marquant mais la soundtrack est terrible (peut-il en être autrement à partir du moment où il y a le Life on Mars de Bowie ? :love: ). C’est à la fois une belle histoire d’amour, un récit profondément nostalgique d’une époque révolue et une comédie efficace (c’est facilement le film le plus drôle de PTA avec Punch-Drunk Love), et ça fait plaisir de voir Anderson revenir avec un film loin, très loin, de la froideur de ses derniers opus.


8/10
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Planète sauvage (La) - 6,5/10

Messagepar Alegas » Dim 30 Jan 2022, 12:30

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La planète sauvage de René Laloux
(1973)


Curieux film que voilà, et pourtant étrangement envoûtant. Dans le genre projet particulier, ça se pose là : un film d’animation français qui n’est pas à destination d’un public enfantin c’est déjà une exception, mais si on rajoute en plus le fait que ça a été produit dans les années 70 et qu’on navigue en plein dans la science-fiction, ça en fait même un cas quasiment unique. Jusqu’ici, j’avais évité le cinéma de René Laloux, notamment parce que la direction artistique de ses films n’est pas ce qu’il y a de plus joli au premier abord (j’y reviendrais plus loin), mais pour le coup j’avoue qu’il suffit de regarder ce film pour comprendre l’impact qu’il a pu avoir sur l’animation mondiale, car même encore aujourd’hui ça reste un projet à l’ambition peu égalée.

On va donc avoir une fable de science-fiction qui se veut à la fois philosophique et cruelle : alors que la Terre a été ravagée (on ne donne jamais les raisons, mais une guerre nucléaire est clairement envisageable), des aliens géants, les Draags, récupèrent certains humains survivants pour les ramener sur leur propre planète. Des années plus tard, les humains sont traités soit comme de curieux animaux domestiques, soit comme des parasites se reproduisant trop rapidement et méritant l’extermination. Sur ce point de départ, on va suivre un humain domestiqué qui, par chance, va recevoir l’éducation des Draags, et va chercher à aider ses semblables à retrouver une place digne de ce nom. Dès le début du film, le ton est posé : on est très loin d’être devant un divertissement pour enfant, vu qu’on commence directement par la chasse d’une humaine que des enfants Draags vont cruellement écraser par pur plaisir, comme des enfants jouant avec une fourmi. En changeant drastiquement la place de l’humain dans l’univers, en inversant les rôles, un peu comme le faisait Pierre Boulle avec La Planète des Singes, Laloux livre un film assez sévère sur la condition humaine, invitant à la réflexion sur notre comportement (finalement pas si éloigné de celui des Draags) mais aussi sur notre mode de pensée. En cela, le film pourrait être considéré assez facilement comme une œuvre écologique, poussant à une reconsidération de la relation entre l’humanité et son environnement, et c’est, à mon sens, ce qui fait clairement la force du métrage.

Visuellement, c’est très particulier, et nul doute que beaucoup de spectateurs aujourd’hui considèreront le film comme plutôt laid, mais le fait est que cette direction artistique low budget, à base de papier découpé et redessiné au crayon, sert le côté malaisant du métrage, aidé par une direction artistique qui ne cherche pas quelque chose de conventionnel. Côté script, le film est assez inégal car autant la première heure est très intéressante (mention spéciale au long passage dans le parc, avec les humains qui vont s’organiser peu à peu), autant j’avoue que le dernier acte ne m’a pas convaincu plus que ça, et m’a même paru trop facile dès qu’on arrive sur la fameuse planète sauvage (en l’espace de deux minutes, les enjeux du film sont bouclés, c’est beaucoup trop rapide). Reste que ça reste un métrage particulièrement marquant, et même si j’aurais du mal à le considérer comme un grand film, ça mérite amplement sa place parmi les grands classiques de l’animation mondiale.


6,5/10
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