[Olrik] (`0´)ノ  映画 2025 !

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Irresponsible fool (The) - 6/10

Messagepar Olrik » Mar 23 Déc 2025, 17:35

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The Irresponsible Fool
Yôji Yamada - 1964


Je crois que mes gosses commencent un peu à être à l'agonie d'entendre à chaque repas la B.O. de Tora-san, mais rien à fout', je continue l'exploration de la galaxie Yôji Yamada...

Deuxième volet de la trilogie « baka ». On ne suit pas l’évolution d’un même personnage, mais plutôt d’un même type de personnage, à chaque fois avec une identité différente et un autre lieu (déjà ce besoin de Yamada de poser sa caméra aux quatre coins du Japon). Le film a eu un peu moins de succès que le précédent et pourtant, je le trouve plus intéressant par sa manière d’esquisser de nouveau une histoire et une atmosphère annonçant Tora-san.
D’abord par son personnage principal joué par Hana Hajime (leader du groupe The Crazy Cats). Massif, gaffeur et attachant, il ne lui manque que des accès de mauvaise humeur pour vraiment faire penser à Torajirô Kuruma. Lors des dernières scènes, le personnage principale féminin (jouée par Shima Iwashita, fort jolie donzelle :love: ) tombe par hasard sur lui dans une rue, en train de faire… le camelot.
Mais dans ce film Yamada met aussi fortement l’accent sur la notion de « furusato ». Avec son générique et sa comptine enfantine se terminant avec ce mot, Yamada fait comprendre (surtout si on a vu auparavant The Sunshine Girl) tout le prix qu’il accorde à l’idée d’un « village natal », lui qui, par sa jeunesse nomade l’ayant amené à suivre ses parents en Mandchourie, n’en a pas vraiment eu. On se trouve plongé dans une petite humanité sympathique et grouillante de vie, avec ses joies et ses psychodrames, bien entendu le fruit du canard boiteux de la communauté, le « baka » en question. Avec en filigrane (là aussi un aspect que l’on retrouvera dans la saga Tora-san) une capacité à pointer certains travers de monde moderne, ici le tourisme de masse.
Bref un épisode à mon sens supérieur au premier, notamment parce qu’il m’a semblé mieux dosé dans ses effets comiques. Ajoutons que Yamada a pu engager pour le deuxième fois consécutive Tetsuo Takaha pour la photographie (et ça s’en ressent, visuellement le film est agréable à suivre). Petit à petit, Yamada place ses pions, tisse des liens avec ceux qui seront de l’aventure Tora-san (petite surprise aussi de tomber sur Tatsuo Matsumura dans le rôle d’un écrivain). Mais il faudra attendre encore dix films avant d’avoir le premier opus. De quoi permettre à Yamada d’encore parfaire son art.
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Donkey comes on a tank (The) - 6/10

Messagepar Olrik » Mer 24 Déc 2025, 16:55

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The Donkey Comes on a Tank
Yôji Yamada - 1964


Suite au succès des deux premiers volets estampillés « baka », Yamada rempile pour un troisième film, toujours avec Hajime Hana et Shima Iwashita dans les rôles principaux. L’histoire s’attache une nouvelle fois sur une brutasse maladroite et ostracisée (Saburô), qui vit avec sa vieille mère à demi-sourde et un frère simple d’esprit. Seule la jolie Noriko apprécie le jeune homme et n’hésite pas à le défendre face aux mauvaises langues. Malheureuesment, un jour, Saburô, excédé par une escroquerie dont sa mère est victime, sort de sa grange un petit tank (Saburô est un ancien soldat qui, on ne sait comment, a pu garder ce vestige de la guerre) pour se venger en semant le chaos dans le village…

Petit à petit, Yamada affirme cette capacité à mélanger humour, tendresse et une certaine gravité. Si le premier volet de cette trilogie ne m’avait pas convaincu, je trouve qu’à chaque fois l’ensemble gagne en qualité. Plus tard, Yamada apprendra d’ailleurs de Kenzaburô Ôe qu’il avait vu Baka ga tanku sur les conseils de Kôbô Abe, ce qui est plutôt flatteur.

Cela fait sinon plusieurs films de Yamada que je vois avec Hajime Hana dans le rôle principal. S’il n’y a bien sûr aucune comparaison possible avec Atsumi, il faut reconnaître que l’acteur parvient à chaque fois à être plaisant à l’écran. Lui manque juste cette finesse d’Atsumi le rendant irrésistible.

En-dehors de l’ostracisme (vécu par Yamada lui-même quand il est revenu au Japon avec sa famille après plusieurs années en Mandchourie), autre motif pouvant faire sourire l’amateur de Tora-san : le fait qu’au personnage d’Hajime soit associé celui de ce frère simple d’esprit. On songe à toutes les scènes où l’on voit Torajirô flanqué de Gen. On est un peu face au duo à la Steinbeck, le duo George et Lennie ou, dans sa version Tex Avery, George et Junior. La différence est que chez Yamada, c’est le plus corpulent qui est aussi le plus vif. Ajoutons aussi le motif de la dispute au sein du village, dispute que l'on aura à foison dans Tora-san entre l'oncle Ryuzo et son neveu, ou encore entre ce dernier et Tako. Bon, après, ça ne va pas non plus jusqu'à l'utilisation d'un tank, c'est vrai. Cela dit la scène finale est précédée d'un esclandre à base de colère froide et de vin mauvais qui n'aurait pas fait tache dans la célèbre saga.

Pour celui qui serait tenté d’essayer cette trilogie, ce troisième volet serait peut-être le plus recommandable.
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Lovable tramp (The) - 7/10

Messagepar Olrik » Ven 26 Déc 2025, 16:49

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The Lovable Tramp
Yôji Yamada - 1966


Encore une sympathique porte d’entrée pour celui qui aimerait découvrir la filmo du Yôji Yamada avant la saga Tora-san. On y suit la rencontre entre Saotome, salary man au bord du burn out (et sujet à de douloureuses hémorroïdes), et Gen, vagabond rustre mais attachant.

De nouveau, il y a la tentation de suivre le film par le prisme de ce que le réalisateur mettra plus tard en place dans Tora-san. Ainsi, si Gen n’est pas totalement Torajirô (ne srait-ce parce que lui, aura gagné sa madone à la fin), il lui ressemble par ses éruptions de colère et sa capacité à s’attirer la sympathie des personnes, quels que soient leur sexe ou leur âge. À cela s’ajoute ce microcosme familial, base à la fois rassurante et pleine d’imprévus. Outre la venue dans le quotidien de la famille Saotome de ce vagabond plein de ressources, il y a aussi celle d’Aiko (Chieko Baisho), jeune femme ayant quitté un domicile familiale bien moins douillet que celui des Saotome, et que Gen aura sauvée in extremis du suicide.

Ajoutons que dans ce quotidien à son « Tako », c’est-à-dire ce voisin un peu parasite qui fait quasiment partie de la famille. Bon, le parasite en question est plus accort puisqu’il s’agit d’une jolie voisine jouée par Chiharu Kuri. N’empêche, quand on entend un Saotome imbibé d’alcool lui dire « mais que faites-vous donc toujours chez nous ? », on croirait entendre Tora s’en prendre au Poulpe.

Et que serait un film de Yamada sans une scène dans un train ou une station ferroviaire ? On a ici deux rencontres, une inaugurale et une autre conclusive, se passant dans un train. Sans dévoiler la teneur de la deuxième, disons qu’on y retrouve ce sentiment de bienfaisant renouveau que l’on a à la fin de chaque opus de Tora-san.

Sinon je commence à bien m’habituer à Hajime Hana. Encore une fois moins subtil et complet que Kiyoshi Atsumi, mais plutôt agréable dans sa manière de jouer ce brouillon précruseur de Tora-san. Quant à Baisho, comme d’habitude, elle montre que, malgré son jeune âge, elle est capable de tout jouer. Le contraste qu’elle forme avec ce vagabond braillard, dans ce rôle de fille traumatisée et quasi mutique, est très réussi.
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Locataire (Le) - 8,5/10

Messagepar Olrik » Sam 27 Déc 2025, 10:43

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Le Locataire
Roman Polanski - 1976


Brillante conclusion à la trilogie dite « de l’appartement », brillant film fantastique, brillant film semi-autobiographique et enfin, bien avant Le Pianiste, brillant film sur la Shoah. Quatre ans avant la sortie de Shining, Polanski adapte un roman de Topor de manière très fidèle (pour l’avoir lu, j’avais l’impression d’avoir le story-board du film entre les mains) mais en saupoudrant l’ensemble d’ingrédients permettant de s’approprier l’histoire et de la présenter au spectateur de manière à présenter plusieurs angles interprétatifs, le plus captivant étant celui rattaché à la propre histoire de Polanski, ce Juif polonais qui a dans son enfance connu le ghetto de Cracovie.

Car quelle autre situation connait son personnage dans ce hideux appartement d’un immeuble parisien dans lequel il n’est pas vraiment le bienvenu ? Certes, il est libre de sortir, d’aller où bon lui semble, de draguer une jolie fille comme Stella, de se rendre avec elle au cinoche pour la peloter, etc. Mais à y regarder de plus près, cette liberté a tout de la liberté de façade. Assez vite, les occupants de l’immeuble lui font comprendre une chose : il a intérêt à filer doux, à ne pas faire de bruit… voire à s’effacer.

Ainsi voilà Trelkovsky qui, après pas mal de courbettes et de compromissions pour mettre la main sur cet appartement qui a tout du taudis insalubre, va aller jusqu’à ne plus recevoir chez lui pour ne pas faire de bruit. Personnaliser son appartement, bouger les meubles pour un meilleur aménagement ? À ses risques et périls, aussitôt le voisin du dessus, au moindre crissement sur le parquet, va donner des coups au plafond pour faire comprendre que c’en est trop. Avec à la clé la menace, notamment par Monsieur Zy, le propriétaire, de « prendre des mesures ». Habilement, Polanski ne fait pas dire au vieil homme en quoi consisteraient ces mesures. Le spectateur comprend qu’il s’agit de se plaindre pour tapage auprès du commissariat. Mais contextualisé avec ce Juif cherchant à se fondre dans la masse, on pourrait y voir une hideuse dénonciation.

En tout cas la situation devient de plus en plus compliquée pour Trelkovsky. Accusé sans raison, rejeté, il n’a de cesse d’essayer de se faire accepter en prouvant qu’il ne fait pas de vagues. De manière plus insidieuse, on essaye de lui faire perdre son identité, en lui faisant prendre celle de la précédente occupante de l’appartement, Simone Choule, occupante qui est morte suite à une défénestration (motif qui réapparaîtra d’ailleurs dans Le Pianiste, avec les nazis balançant par la fenêtre un vieux Juif). Toutefois un doute subsiste : « on » lui fait perdre son identité ou est-ce lui qui, un début de folie aidant, s’imagine qu’il vaut mieux être une autre pour se faire accepter ? Et quand le patron du petit bar en face de son immeuble lui propose à chaque fois une tasse de chocolat et un paquet de Marlboro (à la place de Gauloises) qui correspondaient aux goûts de Simone Choule, est-ce un malencontreux hasard ou Trelkovsky a-t-il bien raison d’imaginer qu’il s’agit d’un complot délirant pour le forcer à effacer son identité pour se plier à de nouvelles normes ? Rarement le cinéma a illustré avec autant de brio le doute fantastique tel que Todorov l’a défini dans son fameux essai sur le genre.

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Dans tous les cas, sa liberté devient de plus en plus fragile, et le sentiment d’être surveillé plus intense. Dans la rue, on aperçoit plusieurs fois ces affiches publicitaires avec ce slogan, « La Peinture Lure », où l’on voit trois hommes de face, grossièrement peints et semblant épier les passants façon Big Brother (on songe aussi à des affiches de propagandes de la Seconde Guerre Mondiale). Même dans la rue, Trelkovsky est (/se sent) surveillé. Fricoter avec une belle française de souche comme Stella, la peloter au cinéma ? Aussitôt il sent le poids du regard des autres, comme si cela lui était désormais interdit. La dépossession et la réclusion deviennent si intenses que l’on n’est pas surpris de le voir chez lui affublé d’un pyjama rayé qui évoque fortement la tenue des prisonniers juifs dans les camps. Quant aux toilettes de son immeuble située tout au bout d’un couloir, avec les kyrielles d’inscriptions gravées aux murs (parmi lesquelles on remarque une étoile qui qui n’est pas exactement l’étoile de David, mais difficile de ne pas y penser), elles ont tout du dérisoire échappatoire carcéral (Trelkovsky est surpris de voir de sa fenêtre que, la nuit, des personnes s’y rendent pour y rester immobiles des heures durant) où l’on peut y crier tranquillement sa détresse.

Lors d’une brillante scène hallucinatoire où le personnage, pris de fièvre, s’y rend, on le voit revenir ensuite chez lui. Dans sa chambre, les meubles ont l’avoir d’avoir triplé de volume, comme s’ils étaient devenus trop lourds, trop importants pour lui, l’insignifiant, le néfaste Trelkosvsky que tout le monde cherche à pousser au suicide. Un peu plus tard, on le voit au jardin du Luxembourg assis sur une chaise, au milieu d’autres, vides par contre, près du bassin où des gosses ont l’habitude de faire flotter des navires. On songe ici aux chaises commémoratives de la place Bohaterów, à Cracovie (monument d’ailleurs attribué à tort sur certains sites à Polanski). Certes, le monument a été créé bien après Le Locataire, mais il n’est pas farfelu de voir en Trelkovsky assis dehors, en plein hiver, sur une modeste chaise, en train de regarder un insupportable garçon français petit bourgeois, une réminiscence de ces juifs dépossédés de tout. Et les chaises vides autour de lui seraient comme le signe que, loin d’être le seul, il serait au contraire une énième victime de ce complot aux accents kafkaïens.

À la fin, la boucle est bouclée. Prise seulement au niveau du genre du fantastique, elle présente un vertigineux effet de poupée gigogne. Sur le plan symbolique et historique, elle rappelle juste que, pour les Juifs, il n’y a aucun échappatoire, l’histoire est souvent un éternel recommencement.
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Re: [Olrik] (`0´)ノ  映画 2025 !

Messagepar Val » Sam 27 Déc 2025, 10:48

:super:
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Let's have a dream - 4/10

Messagepar Olrik » Sam 27 Déc 2025, 17:29

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Let's have a dream
Yôji Yamada - 1967


Bon, très dispensable celui-ci. Film de commande à placer pour les fêtes de fin d’année, Let’s have a dream est proposé à Yamada qui se voit allouer douze jours de tournage seulement pour le boucler. L’histoire est burlesque, prétexte à permettre à Kyu Sukamoto de montrer ses talents de chanteur, de danseur et d’imitateur. J’avoue, voir dans un film l’homme de Ue o muite arukō, unique n°1 japonais au Billboard US, a piqué ma curiosité. Mais je n’ai hélas été impressionné ni par les numéros, ni par le brio du chanteur auquel il manquait une bonne dose de charisme pour susciter l'adhésion. En revanche, la nouvelle coiffure de Chieko Baisho m’a beaucoup plu et m’a aidé à terminer un film qui a sans doute amusé le public en son temps, mais qui m’a paru lourd et daté.

À voir en se disant que le tournage en mode commando d’un film burlesque a au moins permis à Yamada de s’aguerrir.
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Re: [Olrik] (`0´)ノ  映画 2025 !

Messagepar osorojo » Sam 27 Déc 2025, 18:19

Bien cool ta rétro Yamada, j'ai aps souvent grand chose à dire donc je réagis pas beaucoup mais j'apprécie te suivre :super: T'es un pit bull toi, une fois que t'as mordu tu lâches pas :mrgreen:
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Re: [Olrik] (`0´)ノ  映画 2025 !

Messagepar Mark Chopper » Sam 27 Déc 2025, 18:29

91 films en tout. Finira t-il par tout voir ?

C'est ta première note en dessous de la moyenne, non ? Je me rends que j'ai mis la moyenne à la quarantaine de Yamada que j'ai vus (sacrée moyenne donc).
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Re: [Olrik] (`0´)ノ  映画 2025 !

Messagepar Olrik » Sam 27 Déc 2025, 22:30

osorojo a écrit:T'es un pit bull toi, une fois que t'as mordu tu lâches pas

Habituellement je finis par me lasser mais là, j'avoue, j'ai un peu du molosse monomaniaque. :mrgreen:

Mark Chopper a écrit:91 films en tout. Finira t-il par tout voir ?

Ça devrait le faire. J'ai l'impression qu'on trouve toute l'oeuvre de Yamada en Albanie... à l'exception de la série TV Tora-san.

Mark Chopper a écrit:C'est ta première note en dessous de la moyenne, non ? Je me rends que j'ai mis la moyenne à la quarantaine de Yamada que j'ai vus (sacrée moyenne donc).

Oui, je crois. J'ai une notation plutôt bienveillante pour Yamada mais là, non, c'était trop ficelé à la va-vite et Sakamoto n'a quand même rien d'un Fred Astaire. Ah ! On entend sinon Baisho pousser la chansonnette. Jolie voix... (hum ! et si je montais la note à 5 après tout ?)
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C'est dur d'être un homme : Il était une fois Tora-san - 8/10

Messagepar Olrik » Dim 28 Déc 2025, 17:20

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Tora-san 39
C'est dur d'être un homme : Il était une fois Tora-san
Yoji Yamada - 1987


Après un brillant épisode mettant côte à côte Kiyoshi Atsumi et Toshiro Mifune, je pouvais m’attendre à une baisse de niveau. Eh bien non, car l’opus 39, présentant Tora flanqué d’un petit orphelin, fils d’un ami décédé, est aussi une réussite, réussite qui a probablement tapé dans l’œil de Takeshi Kitano quand elle est sortie sur les écrans. Car difficile de ne pas penser à l’Eté de Kikujiro, avec ce marginal voyageant dans le Japon avec un orphelin afin de retrouver sa mère.

En chemin, ils vont bien sûr croiser la route de la madone de l’histoire, Takako (Akiyoshi Kumiko), VRP en cosmétique qui pense qu’elle a raté sa vie. Alors que le petit Hideyoshi tombe malade, elle et Tora vont redoubler d’efforts et de petits soins pour cet enfant qui n’est pas le leur, mais qui leur permet pourtant de faire l’expérience d’une douce parentalité en s’appelant mutuellement otosan ou okasan. À la fois doux et touchant, et on tombe dans le bouleversant quand Tora, après avoir confié Hideyoshi à sa véritable mère, fait des adieux particuliers sur le quai d’un petit port.

Et comme si cela ne suffisait pas, on a, une fois Tora revenu à Shibamata, de nouveau le départ et les adieux, cette fois-ci à un presque jeune homme, Mitsuo. Mitsuo dépassant dorénavant par la taille sa mère, et pour lequel il est étrange de voir Hiroshi s’emporter rudement quand il s’agit de parler de son avenir (le neveu ne semblant guère attiré par l’idée d’entrer dans l’enfer des études). Hiroshi a toujours été le parfait honnête homme mais – et c’est tout l’intérêt de cette fresque qui ménage parfois des zones grises chez ses personnages – il faut reconnaître qu’il n’est pas toujours sympathique dans ses relations avec son fils.

En tout cas il y a chez Mitsuo davantage de présence et il devient maintenant très intéressant de suivre son évolution. Lors d’une scène, il tombe dans une rue sur Gen qui lui montre une VHS de porno, lui demandant si ça l’intéresse de la voir. Demande qui aurait été encore impensable il y a quelques épisodes. Eh bien Mitsuo passe sans répondre, tout à sa mélancolie (ajoutons qu’on n’imagine pas non plus Tora avoir une once d’intérêt pour ce genre de vidéo, lui dont les rêves semblent prendre racine dans l’imaginaire d’un fin cinéphile). Plus tard, Sakura et la tante Tsune discutent de son avenir, se disant qu’il n’est peut-être pas fait pour les études. Sakura acquiesce mais, d’un autre côté, craint qu’il devienne comme son oncle. Mais lors d’une des dernières scènes, elle a une discussion particulière avec Gozensama. Touché par le périple entrepris par Tora pour retrouver la mère de l’enfant, ce dernier avoue à Sakura qu’il se demande si, finalement, Bouddha n’aurait pas davantage d’amour pour Tora que pour un prêtre imparfait comme lui. Et du coup, que Mitsuo soit sur les traces de son oncle ne serait pas nécessairement une malédiction. « Dans quel but les hommes-vivent-ils ? » demandera le neveu à l’oncle devant la gare de Shibamata. Grande question à laquelle Tora-Bouddha saura répondre avec cette simplicité et cette justesse qui n’appartiennent qu’à lui.

Encore neuf épisodes avant le décès d’Atsumi. La filiation Tora/Mitsuo est en germe, hâte de voir comment elle va évoluer.
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Song of love - 6/10

Messagepar Olrik » Lun 29 Déc 2025, 10:21

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Ai no Sanka (Song of Love)
Yôji Yamada - 1967


Une chose que j’ignorais et qui prend son sens quand on voit les films de Yamada, et encore plus ce Song of Love, c’est qu’il adore Marcel Pagnol. Loin d’une réserve toute japonaise, les personnages de l’auteur marseillais sont des condensés d’humanité parfois tapageuse et bagarreuse, chose que l’on retrouve dans la saga Tora-san, ainsi que ce goût pour un certain régionalisme.

Dans Song of Love, Yamada avait pour objectif d’adapter à sa sauce le Marius (ainsi que Fanny, deuxième volet de la trilogie marseillaise) de Pagnol :

Haruko/Fanny (Chieko Baisho) est inquiète car son petit ami, Ryûta/Marius (Jin Nakayama) est obsédé à l’idée de traverser l’océan pour travailler au Brésil. Il finit par s’y rendre, laissant sans le savoir derrière lui une Haruko enceinte. Cette dernière s’occupera de Senzô/César, le père de Ryûta, tombé malade. Surtout, elle accepte de vivre sous le toit d’Isaku/Panisse qui s’est pris d’affection pour la jeune femme.

Je n’aurais pas lu dans le bouquin de Claude Leblanc cette histoire d’influence pagnolisante, je n’y aurais vu que du feu, je me serais dit : « C’est du Yamada pur jus ! » Mais une fois l’information en tête, impossible de voir le film autrement que par le prisme de Pagnol. Et ça donne limite envie de lire sa trilogie autobiographique afin d’y repérer des motifs propres à une certaine saga…

En tout cas, Ai no sanka n’est pas mon préféré de cette copieuse période pré Tora-san. Le film n’est ni burlesque, ni totalement réaliste. On est dans un entre-deux, comme beaucoup de films de Yamada en fait, mais quelque chose a fait que j’ai été moins emporté par le dosage choisi. Outre la découverte de cette thématique pagnolienne, l’intérêt réside sinon en ce qu’on assiste à la la première participation à un film de Yamada d’Hisao « Tako » Dazai. Petit plaisir d’entendre d’abord sa voix hors champ. J’ai sursauté dans mon fauteuil. Hein ? Quoi ? Le Shachô est là ? Cool ! C’est alors que Dazai apparaît et là, deuxième surprise : l’acteur était alors bien plus enrobé et avait tous ses cheveux sur le caillou ! Il faudra attendre encore quelques années pour que le surnom de « Poulpe » soit dignement porté.
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Kigeki : ippatsu shôbu - 6/10

Messagepar Olrik » Mar 30 Déc 2025, 11:07

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kigeki: ippatsu shôbu
Yôji Yamada - 1967


La trilogie du « baka » se mue finalement, trois ans plus tard, en tétralogie, avec ce kigeki: ippatsu shôbu. La différence est qu’entretemps, Yamada semble avoir trouvé sa muse et que l’on a donc Baisho à la place de Shima Iwashita.
La formule avec Hajime Hana est éprouvée, la comédie est efficace dans sa manière de mettre en scène le baka de l’histoire, un fils inconséquent qui s’est un jour disputer avec son père, qui a quitté le domicile familial et qui, bien des années plus tard, revient autant pour se rabibocher que pour mettre en place un projet (faire un forage afin de mettre la main sur une source d’eau chaude qui permettrait de bâtir un grand complexe thermal) qui achève de donner de nouveaux cheveux blancs au paternel.
On le voit, Yamada tourne encore un peu du pot mais, petit à petit, se rapproche de Tora-san. D’autant que le baka a une sœur, et que cette sœur est bien sûr jouée par Baisho. Ce n’est pas encore totalement Sakura, son personnage étant ici légèrement plus malicieux, mais là aussi, on s’en rapproche.
La comédie est plaisante, plus que ce que l’affiche (un peu hors sujet, je trouve) laissait supposer. Mais si Hana est amusant, il est sans doute trop uniforme dans son approche comique. Manque encore la poésie de Tora-san pour compléter le puzzle.
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Hana hajime no ippatsu daibōken - 7/10

Messagepar Olrik » Mar 30 Déc 2025, 18:00

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Hana Hajime no Ippatsu Daibōken
Yôji Yamada - 1968


Yamada a-t-il vu Le Corniaud d’Oury quand il a décidé de faire ce Ippatsu Daiboken ? Pas impossible tant cette histoire de voyage en voiture à travers le Japon pour transporter des diamants (attirant bien sûr la convoitise de quelques gangsters d’opérette) peut y faire penser. Avec dans le rôle de Bourvil, le corniaud homme du peuple, Hana Hajime qui est ici moins exubérant, moins « baka » que dans les précédents films. Quant à celui qui fournit les diamants, c’est-à-dire le personnage de de Funès, on a… Chieko Baisho. Vous comprendrez donc qu’on ne peut pas pousser trop loin le bouchon de la comparaison.

Cela dit, on n’y perd pas au change car c’est le film où Baisho apparaît le plus en mode « bijin à croquer ». La garde-robe de son personnage est très variée et ses expressions absolument craquantes. On comprend dès lors aisément pourquoi ce père de famille, boucher charcutier de son état, ait accepté de suivre la bijin aux quatre coins du Japon pour protéger ses diams.

Sans être frénétique, l’aventure se laisse suivre et, pour le curieux comme moi qui tente de repérer certains motifs annonçant Tora-san, il y a de quoi se mettre sous la dent. Il y a bien sûr le côté « rencontre avec une madone », même si le personnage de Hana est déjà marié. Mais il y a surtout sa petite boucherie dans un quartier populaire, qui annonce un certain magasin de Shibamata. On y trouve le microcosme familial plus au moins en contact direct avec les employés, les voisins. S’y ajoutent l’inquiétude pour le membre gaffeur de la famille, gaffeur qui, comme Tora-san, sera gêné quand il lui faudra rentrer aux bercailles et affronter ses proches. Le coup de bigophone qu’il donne pour annoncer son retour, alors qu’il utilise un téléphone public à moins de cent mètres, c’est du Tora-san tout craché.

Bref un petit film d’aventure plaisant, sans prétention, très recommandable. Quant à Baisho, si l’on peut comprendre pourquoi ses racines populaires (fille d’un conducteur de tramway et d’une contrôleuse) aient pu jouer chez Yamada pour en faire son actrice fétiche, il faut reconnaître aussi que son physique d’alors avait de quoi en remontrer aux autres jeunes stars féminines de l’époque.
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Re: [Olrik] (`0´)ノ  映画 2025 !

Messagepar Mark Chopper » Mar 30 Déc 2025, 19:13

Allez, plus qu'un ou deux et ça sent la reprise de Tora-san pour le 31 ou le 1er.

Si tu as un lien pour Downtown Heroes, je suis preneur.
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Re: [Olrik] (`0´)ノ  映画 2025 !

Messagepar Olrik » Mar 30 Déc 2025, 23:19

Comme ce soir je viens de voir Voyage au bout de l'enfer avec Olrik jr, ouais, un p'tit Tora-san ne sera pas de refus (pour le 1er je pense).
Ces vacances avec un Yamada par jour conjugué au bouquin de Leblanc ont du bon.
Mark Chopper a écrit:Si tu as un lien pour Downtown Heroes, je suis preneur.

Tu ne fais pas dans les torrent, je crois ? Parce que là, c'est facile de trouver.
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