Le second opus avait beau partir dans tous les sens, on avait encore à fond l’ADN du premier film, ici c’est clairement le film de trop qui fait plus opportuniste qu’autre chose (en gros, on enlève le titre et le fait que le héros s’appelle Mark, et ça n’a rien à voir avec ce qui a précédé). Après les divergences artistiques du second film, il est bien question d’un troisième film, une préquelle qui se déroulerait en pleine guerre de Vietnam, et que John Woo commence à écrire (base qui donnera donc
Une balle dans la tête), mais le réal et producteur n’arrivent pas à se mettre d’accord, et pendant que John Woo finit de faire exploser son style avec
The Killer, Tsui Hark passe derrière la caméra pour livrer ce dernier volet.
Le changement de réalisateur se ressent énormément, et autant c’est quelque chose qui pourrait aisément être acceptable si Tsui Hark imposait son propre style, autant là il semble bien gêné par l’absence de Woo, au point de le singer constamment, notamment dans l’action. Problème : malgré toutes ses qualités, Tsui n’est pas Woo, et quand on le voit tenter des fusillades avec des gros ralentis, sans qu’il ne comprenne que ce qui fait la force de l’action chez Woo, c’est le montage, ça devient vraiment gênant

. Côté action donc, c’est d’une mollesse absolue

, aucune scène ne ressort, il n’y a aucun rythme maîtrisé, aucun souffle, et ça devient encore plus embarrassant sur des scènes qui se veulent assez ambitieuses sur le papier, en témoigne le climax final avec le tank. Le film se paye même la honte d’être beaucoup moins violent que les deux autres : quasiment aucune goutte de sang, pas d’impacts de balles même quand on tire à bout portant, ça amoindrit considérablement le peu de style qu’a le film

.
Même côté script c’est pas fou : on se plaint aujourd’hui des préquelles comme si c’était un concept relativement récent, mais déjà à l’époque Tsui Hark cherchait à faire un film entier pour expliquer comment Mark est devenu le personnage du premier film, avec love story à l’appui, remise des lunettes et du manteau pour faire style “t’as vu en fait y’a un symbole derrière ces objets”. Le problème étant qu’à part ça, ça n’a rien à raconter, les nombreux nouveaux personnages sont introduits n’importe comment, on se tape un sacré ventre mou lorsqu’on retourne à Hong Kong, et puis ça manque désespérément d’enjeux, j’ai vraiment suivi l’ensemble avec très peu d’intérêt, dans l’attente d’une storyline qui m’accroche enfin. Reste du coup le casting qui fait le taf, une BO avec des thèmes pas trop mal, quelques plans par-ci par là, la séquence finale, et une scène vers la fin qui m’a fait marrer car il y a un gros plagiat d’une musique de Star Wars, et pas du tout dissimulé

. Pas honteux, mais clairement anecdotique, et pas du tout indispensable pour quiconque aime les deux précédents.