[Jack Spret] Mes critiques en 2012

Modérateur: Dunandan

Rio Bravo - 8,5/10

Messagepar Jack Spret » Lun 28 Oct 2013, 19:38

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Rio Bravo - Howard Hawks


J’avoue que le début m’a fait très peur. j’avais l’impression d’assister a un western muet. Les mouvements sont surjoués, les coups sont accompagnés d’un piano et je détestais John Wayne (déjà bien avant ce film, je vous rassure). Et là, je me suis dit ô combien je comprenais les détracteurs d’Howard Hawks au profit de John Ford. Mais il m’a fait mentir en me proposant un faux huis-clos poussiéreux et tendu qui, même s’il aurait mérité d’être un peu plus court (les allées et venues dans la chambre d’Angie Dickinson commençait à m’emmerder) gagne à étaler sa tension au maximum afin de profiter pleinement de l’explosion de violence finale.

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Je vois à présent parfaitement la filiation qu’on a pu faire entre Rio Bravo et Assaut de John Carpenter. les deux thèmes traitent du même thème avec plus ou moins de noirceur. Et même si on ressent l’influence d’Hawks dans le film de Big John, on peut également reconnaître qu’il se l’est largement approprié pour en faire son matériau à part entière. La lenteur des scènes semble être une pièce maîtresse dans le style du cinéaste tant il aime à sublimer le personnage de John Wayne au détour de dialogues peu intéressants pour l’intrigue, mais permettant de s’identifier au personnage et de comprendre dans quel état de tension permanente il se retrouve.

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Durant 6 jours, le shérif et ses adjoints attendront impatiemment l’arrivée du shérif fédéral, afin de se débarrasser de la détention de Joe Burdette. Et durant ses six jours, le frère de Joe, Nathan, enverra ses sbires donner du fil à retordre à John T. Chance afin de le récupérer. Une guerre des nerfs qui n’a d’autre écho que celui du carnage final. Réutilisé à outrance par d’autres réalisateurs dès qu’il s’agit de faire interagir prisonniers et assaillants (les zombies de Romero, les voyous d’Assaut, les locataires de Rec,…), les pauses sont généralement entrecoupés de réflexions sur soi-même et sur sa capacité à résister à l’oppresseur, attitude purement estampillé américaine et porté fièrement à l’écran par John Wayne, le héros de toute une génération. Un western aussi moralisateur que divertissant, avec ses hauts et ses bas (la longueur me gênera toujours) mais qui est sans contexte comme l’un des meilleurs du genre.

8,5/10
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Re: [Jack Spret] Mes critiques en 2012

Messagepar Jack Spret » Lun 28 Oct 2013, 19:40

Logan a écrit:Bien tes critiques et notes pour Pilgrim, Ruby et Skyfall :super:


Ça faisait un moment que je les avaient promises :mrgreen:


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Ted - 8/10

Messagepar Jack Spret » Lun 28 Oct 2013, 19:43

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Ted - Seth McFarlane


Tout le monde a déjà plus ou moins imaginé une vie à ses jouets. Et la majeure partie des enfants parlent fréquemment à leurs peluches. Et si celle-ci était vivante ? Partagerait-elle votre personnalité ? Ou pire: sa personnalité influerait-elle votre comportement et votre vie toute entière ? Il faut voir ce film avec un regard qui va au delà de la comédie potache. Certes, on n’échappe pas à quelques blagues scatos et machistes (la scène de la merde dans le salon est hilarante) mais elles sont tellement bien écrites et s’infiltrent si bien dans l’intrigue qu’on se retrouve gêné de se surprendre à en rire grassement.

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Le film commence à la manière d’une production Amblin, mettant en avant un enfant pas très dégourdi pour se faire des amis et plongé dans son monde intérieur. Ça ne nous est pas clairement expliqué mais on perçoit l’enfant ainsi tellement notre inconscient collectif le catalogue de cette façon et que notre mémoire, ravivée par la vision des posters d’Indiana Jones dans sa chambre et d’une musique à la John Williams, nous incite à y voir une représentation de la jeunesse du cinéaste en personne, nourri aux péloches de Spielberg et de Dante. Mais le film s’en détache bien vite, se contentant de rappeler cette nostalgie au détour de quelques clins d’oeils habilement distillés tout au long de la bobine (la sonnerie Star Wars, une variation de la récupération du chapeau d’Indy sous la porte dans le premier épisode, Flash Gordon). Toute cette culture populaire contamine le film pour le meilleur et pour le rire.

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Et ce running gag autour de Flash Gordon aurait pu être ennuyeux s’il n’avait pas été traité de façon aussi frontale. Ici, on ne prend pas de gants et on consacre toute une scène (la meilleure du film) à la rencontre entre la muse de John Bennett (Mark Wahlberg a un excellent potentiel comique) et ses deux fans incontestés. Mais le film est loin de ne proposer qu’une profusion de gags plus ou moins lourds. Il interroge également sur l’amour, la place qu’on lui porte et la manière dont on peut se reconstruire lorsqu’on se rend compte qu’on a tout le temps vécu dans le passé. Mila Kunis joue beaucoup à apporter une touche dramatique à l’intérieur de la comédie, même si elle n’est pas en reste en termes de blagues. Mais c’est ce jonglage permanent entre joie et tristesse qui va permettre de garder le spectateur attentif et ému.

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McFarlane utilise le thème de la différence pour atteindre le public le plus large public, tout en poussant son sujet à outrance. Ainsi, Ted représente le petit gros avec qui vous étiez pote à l’école, le cancre qui vous poussez à vous rebeller contre l’autorité, l’intello qui vous servait de némésis pour canaliser vos pulsions. Mais surtout, plus qu’un simple ours en peluche, Ted se révèle être la conscience de John, ainsi que la représentation personnifiée de son côté le plus régressif, et donc de son lien avec son jeune âge. Vous l’aurez compris, Ted n’a pas volé son excellente réputation et se hisse au rang des meilleures comédies sans jamais péter plus haut que son cul.

8/10
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Echine du diable (L') - 8/10

Messagepar Jack Spret » Lun 28 Oct 2013, 19:44

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L'échine du diable - Guillermo Del Toro


Structurant son récit sur une base historique profondément ancrée dans la culture espagnole et chère au cinéma ibérique (la dictature franquiste), Guillermo Del Toro annonçait déjà son amour des enfants et de leur vision dégagée de tout tiraillement politique. Grâce à l’utilisation de jeunes acteurs, les scénarios de ses films s’inscrivent donc davantage dans le conte fantastique que dans la satire sociale à portée romanesque, laissant la place à une grande part d’émerveillement et permettant au réalisateur d’exprimer sa vision du monde à travers des yeux innocents.

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La tendresse adoucit certaines scènes, faisant oublier la douleur de l’affrontement entre civils et militaires.

Mais innocents, il ne le resteront pas longtemps car dans cette guerre, ils auront un rôle à jouer, toutes proportions gardées. Leur destin est tout tracé (le dernier plan est lourd de sens) et leur jeunesse perdue au profit de l’avarice de pouvoir et d’argent de gens sans morale et sans scrupules (flippant Eduardo Noriega). A l’instar du Labyrinthe de Pan, le film se transforme en découverte de soi-même par l’intermédiaire d’un élément fantastique que seuls les enfants semblent pouvoir voir. Mais leur faculté à imaginer un monde meilleur s’envole au gré des jours qu’il passe, confronté à la triste réalité du monde extérieur (le petit dont les dessins de son carnet deviennent de plus en plus réalistes et cruels), malgré leur éloignement visible (le village à un jour de marche).

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Le franquisme s’incarne toujours dans un seul et même personnage chez Del Toro, donnant un visage au démon de la dictature.

Mais la bombe présente au centre de la cour du pensionnat rappelle sans cesse à l’esprit que tout n’est pas rose dehors et que si l’on veut s’en sortir, il faut se blinder et être capable de refuser la dictature (la scène finale près du ruisseau n’est ni plus ni moins qu’un passage à l’âge adulte). Le traitement est magnifique, les plans sont jolis et les musiques inquiétantes. Del Toro prouvait avec ce film qu’il allait falloir compter sur lui à l’avenir. Et 11 ans après, il n’a jamais fait démentir personne.

8/10
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Taken 2 - 3/10

Messagepar Jack Spret » Lun 28 Oct 2013, 19:46

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Taken 3: For their final revenge, they took the wrong grandmother !


Taken 2 - Olivier Megaton


Alerte enlèvement: hier vers 22h30, à Istanbul, un groupe de turcs armés a kidnappé Luc Besson. Après un lavage de cerveau, il a réussi à s’échapper mais les Turcs sont toujours à sa recherche. Pour retrouver son chemin parmi les ruelles stambouliotes, il aurait habilement semé les pages d’un scénario pourri qui sent le rance afin de revenir sur ses pas avec facilité. Mais les pages auraient été retrouvées par Olivier Megaton qui en aurait fait un film. Luc Besson, quand à lui, reste introuvable.

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Pour l’équipe qui a un tant soit peu de jugeote, quitte à faire un remake du premier film, autant changer l’acteur principal. Cependant, ils ont au moins la franchise de se foutre ouvertement de notre gueule. Taken 2 n’est ni plus ni moins la preuve en images qu’un bon film ne mérite pas forcément de suites et qu’il faut savoir s’en contenter. Liam Neeson (un aigle impérial sur un tas de bouse) porte ce fardeau avec élégance, même si on ne le sent pas du tout à sa place. Les scènes d’action sont illisibles au possible (il faut 8 plans à Megaton pour montrer un bras armé d’une matraque qui tombe sur une tête) et file la gerbe à n’importe quel réticent au grand huit visuel.

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– « Ecoute moi très attentivement: ta mère et moi, on a oublié de nous donner des scénarios Surtout, n’aie pas peur ! Ils vont essayer de te prendre le tien aussi. »


Le scénario est téléphoné (elle était facile), les clins d’oeils au premier épisode sont aussi voyants qu’un éléphant dans un couloir et les idées piquées à droite et à gauche sont légions (deux musiques de Drive sont réutilisées !). Et les seules idées originales sont à mourir de rire. Neeson se repère dans Istanbul, une cagoule sur la tête, avec des aboiements de chien, des bruits de bateau et des chants de muezzin ! Mais y’a que ça toute la sainte journée à Istanbul, quelque soit l’endroit où vous êtes ! Arrêtez de nous faire croire qu’on peut également lancer des grenades et tirer à tout va alors que les habitants continuent tranquillement à prendre leur thé ! Y’a un minimum de précautions anti-terrorisme quand même !

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N’allez pas croire que je crache sur ce film parce que 5 putains d’Américains sortis tout droit de leur cambrousse du Kentucky m’ont gâché la séance en commentant tout le film haut et fort, en répétant les répliques les plus clichés avec un accent de merde et en foutant des coups de pieds dans les dossiers de ma rangée. C’est sûr que ça aide à avoir les nerfs mais je pense que, tout comme moi, ils se sont juste autant emmerdés que des gardes royaux devant l’entrée de Buckingham Palace un jour de canicule.

3/10
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Re: [Jack Spret] Mes critiques en 2012

Messagepar Scalp » Lun 28 Oct 2013, 19:47

Surpris de ta critique de Rio Bravo.
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Affaire de goût (Une) - 8/10

Messagepar Jack Spret » Lun 28 Oct 2013, 19:50

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Une affaire de goût - Bernard Rapp


Apprécier le cinéma français n’est pas qu’affaire de goût. C’est aussi un choix de tous les instants. Et il faut compulser entre le nombre incommensurable de comédies qu’on nous pond chaque année et les drames sociaux tires-larmes à deux francs six sous avant de tomber sur quelques perles. Mais plus on s’éloigne dans le temps et plus il est facile de se rendre compte que le cinéma français a perdu quelque chose. Le goût du danger.

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A vouloir trop copier sur nos voisins outre Atlantique (des polars nerveux en veux-tu, en voila), on en oublierait presque qu’il suffit juste d’un casting impeccable pour tenir en haleine le spectateur le temps d’un film. L’idée du thriller de Bernard Rapp est simpliste mais ça marche ! Critique sociale acerbe en plus d’être un thriller habilement mené et machiavélique dans son traitement (j’ai pensé à Cronenberg pour la part psychologique), Une affaire de goût redéfinie notre conception de la folie et intègre cette nouvelle forme dans le quotidien d’un quidam qui voit s’offrir la chance de sa vie.

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Entre opportunisme carriériste et volonté de rester soi même, le personnage de Nicolas Rivière (auquel Jean-Pierre Lorit apporte une épaisseur et une sensibilité) est tiraillé dans un affrontement psychologique intense, dans lequel l’emportera le plus mesquin des deux. La proximité aidant, la connaissance parfaite de son ennemi est essentielle afin d’en venir à bout. Gratiné de bout en bout, la bobine est une petite perle frenchie du film noir. Des films comme ça, j’en veux en entrée, plat et dessert !

8/10


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Speed Racer - 7,5/10

Messagepar Jack Spret » Lun 28 Oct 2013, 19:52

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Speed Racer - Andy & Lana Wachowski


Par respect pour vos rétines (et parce que le troisième âge a également le droit de lire mes critiques), je n’agrémenterai pas l’article de photos trop vives où les couleurs pétantes noient les courses pétaradantes d’un prisme exacerbé et funky. Vous n’avez rien compris à cette phrase ? Alors vous devriez faire un effort de lecture tant Speed Racer largue quiconque n’entre pas dans le jeu. Car il s’agit bel et bien de ça. Un grand huit de folie où les fantômes de Mario Kart et Wipeout se tiennent par la main pour accoucher d’un divertissement pour enfants tout droit sorti de l’espace.

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Les frères Wachowski n’ont plus rien à prouver. La trilogie Matrix derrière eux, ils auraient pu. Mais ça serait sans compter sur leur amour du travestissement (ouais elle était facile celle là) pour faire d’Hollywood leur bitch et lui passer dessus sans payer. Leur idée du divertissement est si élaborée, si puissante que les scènes qui bouillonnent allègrement dans le film sont une bouillie de couleurs flashys pour d’uns et un total respect de tout un pan de souvenirs bariolés pour d’autres. L’époque révolue où les mangas et les jeux avaient encore le sens du spectacle et n’avait pas peur d’être contre-indiqué pour les grandes personnes.

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Hors du temps, de toutes contraintes esthétiques et de tout cahier des charges (Joel Silver leur aurait donné les pleins pouvoirs), les Wachowski se lâchent et peignent une fresque familiale à 200 à l’heure, où les bons sentiments dégoulinent autant que l’argent coule à flots dans le portefeuille des actionnaires de constructeurs automobiles. Plus qu’un simple film estampillé « pour jeunes », le second degré de lecture permet d’y voir une critique constructive dans laquelle les indépendantistes seraient confrontés aux magnats d’Hollywood (Speed Racer contre le monde entier en somme).

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Cependant, même si les courses font preuve d’une maturité extraordinaire dans leur traitement, on peut regretter la niaiserie de certaines scènes qui font clairement rentrer l’OVNI dans la catégorie des films jeunesse. Mais qui a dit qu’un divertissement familial ne devait s’adresser qu’aux familles ? Les réalisateurs parlent avant tout aux souvenirs enfouis des trentenaires abasourdis de voir une telle aisance visuelle devenir réalité.

7,5/10
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Chucky : Jeu d'enfant - 8,5/10

Messagepar Jack Spret » Lun 28 Oct 2013, 19:54

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Jeu d'enfant - Tim Holland


Le public des années 80 semblait être friand de film d’horreurs de qualité. Films qui, par leurs excellentes recettes et leur capacité à accoucher de possibles suites, se voyait élever au rang de saga. Mais ce qu’on a tendance à oublier quand on parle d’une saga, c’est le film original. Celui là même où tout a commencé et qui a permis de voir naître tout un pan de films plus ou moins réussis. Celle de Chucky fait partie du haut du panier, au même titre que Vendredi 13, Halloween et Les griffes de la nuit. Et tout comme ces autres franchises, les films originels sont quasiment exempts de cadavres.

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La qualité de l’écriture et de la mise en scène suffisent à nous dresser les cheveux sur la tête. Tel que Christine, la Plymouth Fury de John Carpenter, Chucky est un bien matériel qui se verra possédé par une force occulte. Mais cette fois, le scénario s’attarde sur la provenance de cette possession avec un début qui ferait pâlir bon nombre de polars d’aujourd’hui (les eighties sont formidables !). Cette personnification d’un objet inanimé incarne à elle seule l’originalité du projet et l’angoisse de voir n’importe quelle chose prendre vie par la suite (je pense notamment au frigo dans Requiem for a dream qui m’a vraiment marqué étant jeune). Doigt d’honneur appuyé aux créateurs de jouets pour enfants, qui manipulent leurs esprit pour leur faire croire qu’acheter est pur et éducatif, Jeu d’enfant prend à bras le corps le sujet et sort de la mièvrerie une poupée star, principal phare aveuglant la candeur de mioches nourris aux publicités.

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Piochant allègrement dans la culture mystique étrangère (pour les incantations) et les légendes urbaines américaines (pour le portrait psychologique du serial killer), Jeu d’enfant n’est pas qu’un simple film d’horreur infanticide de bas étage. Le réalisateur Tom Holland (également co-scénariste) prend son temps pour développer le personnage de la poupée, le premier meurtre n’intervenant qu’en suggestion et au bout d’un certain temps. Il préfère distiller les moments de tension afin d’alimenter notre peur panique de voir surgir à l’écran le visage poupin et diabolique de Chucky. Élevé au rang de mythe par des réapparitions sans cesse plus incroyables (le final est grandiose), la poupée de sang assis son statut de tueur magnifique aussi bien chez les producteurs que chez le public, cramponné à l’accoudoir de son canapé.

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Dernier porte-parole d’un genre depuis longtemps perdu (Souviens-toi l’été dernier et Destination finale n’ont jamais réussis à garder un public fidèle), Jeu d’enfant annonçait déjà son entrée dans le 7ème art de manière fracassante, déstabilisante et horriblement flippante. Du caviar !

8,5/10
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Paprika (2005) - 7,5/10

Messagepar Jack Spret » Lun 28 Oct 2013, 19:57

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Paprika - Satoshi Kon


Le fantasme et le rêve sont toujours étroitement liés jusqu’à ce que l’un ou l’autre décide de s’ancrer définitivement dans notre perception de la réalité. C’est ce que Satoshi Kon, le créateur de ce petit bijou onirique et mélancolique qu’est Paprika, est cherché à mettre en images. Et quelles images ! Les dessins sont fabuleux et le niveau de détail est ahurissant. C’est une explosion de couleurs et de formes à chaque plan (notamment durant les scènes où l’on aperçoit la fanfare).

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A l’instar d’Inception quelques années plus tard, les êtres humains ont réussis à mettre la main sur les rêves. Plus précisément, une poignée de scientifiques est en mesure de les enregistrer pour analyse futures, voire même de les contrôler et d’entrer dans certains d’entre eux. Paprika est l’une de ces guides oniriques et se contente de dresser un bilan psychologique grâce à ce qu’elle voit et ce que le sujet ressent. Mais une telle technologie n’est pas sans laisser planer une nouvelle forme de menace si elle tombe entre de mauvaises mains.

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Mature aussi bien dans son propos que dans le développement de ses personnages, le manga est un vrai shaker d’idées farfelues. Richement illustré (le début est une vraie claque d’animation), on en revient toujours au même chez les meilleurs mangakas, soit la destruction du monde connu et la création d’un nouvel ordre mondial (Akira, 20th Century Boys,…). Le méchant ressemble étrangement au Dr. Manhattan présent dans Watchmen, autant par son physique que par sa classe sociale.

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Thriller fantastique teinté d’humour et de déclarations passionnés au 7ème art en général (Kon s’identifiant au personnage du commissaire), il est flippant de constater qu’un tel jardin secret puisse être violé d’une manière aussi brutale et cruelle, les rêves n’étant ni plus ni moins que le refuge ultime de notre imaginaire face à la fatalité de la vie. Aussi coloré qu’il soit, Paprika broie du noir.

7,5/10
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Giallo - 1,5/10

Messagepar Jack Spret » Lun 28 Oct 2013, 19:59

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Giallo - Dario Argento


Ma démarche est plutôt noble. Avant de m’attaquer aux chefs d’oeuvres du maître (déjà entamé le visionnage par Trauma et Suspiria), je commence par sa fin de carrière. Et fin de carrière est bien le mot tant ce Giallo ne mérite pas son titre. Tout ce qu’il y a de giallesque dans ce film, c’est le titre. Je n’ai jamais vu un tueur en série aussi pitoyable. On ne croit pas une seule seconde qu’il ait réussi à dessouder autant de femmes sans se faire attraper tellement il ne passe pas inaperçu et il est abruti. Mais c’est sans compter sur l’incapable inspecteur incarné par Adrian Brody (un mélange entre Droopy et Calimero) qui passe son temps à regarder méticuleusement des photos de femme en attendant que la soeur (Emmanuelle Seigner dans le rôle de la potiche) de l’une d’entre elles vienne boucler l’enquête pour lui.

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– » Je ne vous permet pas ! C’est Horst Tappert qui m’a appris les ficelles du métier. »


D’ailleurs, c’est plutôt Emmanuelle qu’il aurait du saigner tant elle nous emmerde à faire sa victime alors que sa soeur pourra plus jouer de la guitare comme avant depuis sa rencontre avec le frère du Yellow Bastard. C’est aussi lent qu’un épisode de Derrick, aussi intéressant qu’un épisode de Thalassa et moins sanglant qu’un épisode de Happy Tree Friends. A bon entendeur…

1,5/10


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Looper - 8,5/10

Messagepar Jack Spret » Lun 28 Oct 2013, 20:02

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Looper - Rian Johnson


Rian Johnson est vraisemblablement l’un des meilleurs porte-étendard d’un cinéma couillu, dans le sens noble du terme (s’il en est). Il faut comprendre par là qu’il n’a pas peur de s’aventurer sur un chemin tortueux, quitte à perdre son public en route par son scénario chaotique. Vu les commentaires torturés de certains spectateurs qui avaient lâché tout espoir de compréhension après trois ou quatre paradoxes temporels, il faut croire que ça n’est pas donné à tout le monde de s’octroyer la sensation d’avoir vu quelque chose de nouveau et de sincère, bien que piochant allègrement dans tout ce qui a déjà été vu en terme de schizophrénie futuriste (Total Recall en tête auquel il fait un léger clin d’oeil au détour d’une scène de fusillade).

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A y regarder de plus près, ça n’est ni plus ni moins que la mise en fiction de l’expression « la boucle est bouclée » qui est représentée dans ce film. Mais on sait de source sûre que les concepts les plus simples font les meilleurs films car en offrant un champ large de perception, il est plus facile d’en délivrer une explication rationnelle qui se tient. Et même si tout n’est pas très clair, un bouclage est toujours entrepris par le personnage de Joe âgé (Bruce Willis en ersatz de John McClane vengeur) qui se perd en explication, désépaississant le brouillard scénaristique et livrant quelques ficelles qui, bien que tendues à la perfection, sonnaient faux pour celui n’ayant pas l’oreille musicale.

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Car Johnson cherche à livrer un film tout public alors qu’il aurait gagné en profondeur à chercher à perdre son spectateur, qui n’en demandait pas tant et qui, pour le coup, se voit frustré de ne pas pouvoir se faire sa propre idée du voyage dans le temps et de ses conséquences dramatiques, perdant ainsi son aspect romanesque pour aspirer à une radicalité scientifique et froide. Rigueur scientifique et langueur scénaristique s’attirent et se repoussent alors sans cesse, donnant ainsi un rythme particulier à l’oeuvre, tout autant charmante par sa vision lyrique et romantique de l’égoïsme que déstabilisante par ses tribulations superflues (pourquoi Joe âgé retourne-t-il voir la danseuse et n’agit pas en conséquence ?).

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Mais la prouesse de Looper est de nous présenter deux acteurs distincts incarnant pourtant le même personnage mais avec des points de vues très divergents sur la vie et ce qu’elle nous en coûte. L’un est impulsif et égoïste mais loyal et droit dans ses bottes tandis que l’autre est fidèle et lavé de ses péchés mais trop fier et…égoïste. La boucle est bouclée par leur trait de caractère qui leur permettra de rendre une conversation, qui aurait pu être bénéfique pour l’un comme pour l’autre (la rencontre du snack-bar), en un dialogue de sourd, confrontant les opinions et cherchant à savoir lequel mérite de vivre ou non. Une idée géniale révélant toute l’inventivité et le talent encore prometteur du créateur de Brick, ce thriller théâtral méconnu qui permettait déjà de nourrir de grands espoirs envers Johnson.

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On fera mine d’oublier l’outrage capillaire infligé à Bruce Willis durant un flashback de quelques secondes ainsi que la facilité avec laquelle il dessoude ses ennemis. Cela étant, ça n’en reste pas moins un étonnant exercice, qui demande un excellent montage et un sens du rythme. Une chose est sûre, c’est qu’en allant voir Looper, vous ne perdrez pas votre temps.

8,5/10
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Heartless - 8,5/10

Messagepar Jack Spret » Lun 28 Oct 2013, 20:04

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Heartless - Phillip Ridley


Dans une toile de fond sociale où la violence de certains quartiers transforment une partie d’une ville et confinent une minorité d’habitants dans une zone de non-droit (ça n’est pas sans rappeler Marseille aujourd’hui), Philip Ridley cherche à nous raconter l’histoire d’un jeune homme qui cherche un sens à sa vie. Et c’est poussé par la religion qu’il trouvera un écho à son existence physique et à son inexistence vis à vis de ses contemporains. Le personnage, légèrement défiguré par une tache de naissance difficile à porter, reçoit de façon journalière les moqueries de ses voisins et des gens du quartier dans lequel il habite. Une situation qui devient de plus en plus dure à vivre au quotidien pour Jamie (Jim Sturgess impérial).

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Ce que l’on remarque tout de suite, c’est que c’est beau. Malgré la crasse et la violence urbaine qui nous est présenté sans fioritures (le meurtre du père et de son fils, horrible fait-divers), il se dégage une poésie dans les plans sublimant l’obscurité et les musiques aux notes lumineuses. D’ailleurs, les chansons interprétées par l’acteur lui même pouvant être considérées comme des appels à l’aide, on se dit que tout est fait pour mêler plusieurs arts en un seul et même film (la photographie, la musique, la littérature et le cinéma). Philip Ridley maîtrise le sien et ça se voit.

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Loin de jouer sur la fibre horrifique pour s’attirer l’attention du spectateur (même si quelques jumps scares sont placés un peu trop facilement), Heartless joue avant tout la carte de la proximité, collant aux basques de son personnage principal pour mieux sonder l’intérieur de son esprit et, plus particulièrement, de son âme. Se révélant tour à tour monstrueux et angélique, Jamie s’engouffrera dans une quête à la recherche de soi-même, tâtonnant entre le bien et le mal avant de trouver la voie de la rédemption et du salut. Parsemé de symboles et de figures christiques, le film ne prétend pas être religieusement engagé. Juste une manière d’appuyer la violence et le chaos provoqués par de pauvres hères en lui donnant une justification morale.

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En tout cas, ce conte social à l’aspect onirique m’a donné envie de découvrir l’oeuvre du cinéaste qui, à l’instar de Richard Stanley, reste trop longtemps dans l’ombre entre chaque passage à l’acte. Comme s’ils mettaient sur pellicule une partie d’eux. Mais ne vaut-il pas mieux prendre la caméra lorsque l’on a véritablement quelque chose à faire partager ?

8,5/10
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Hobo with a shotgun - 8,5/10

Messagepar Jack Spret » Lun 28 Oct 2013, 20:06

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Hobo with a shotgun - Jason Eisener


On sent dès les premières minutes que ces petits jeunes plein d’énergie ont été nourris aux bonnes péloches avant même de savoir marcher. Rendant un vibrant hommage à tout un pan du cinéma de genre (du minimalisme musical de Carpenter aux couleurs saturées d’Argento), Hobo with a shotgun est un véritable cri du coeur: violent et sincère. Sincère dans sa démarche de nous en mettre plein les mirettes, violent dans la façon de le faire. J’ai rarement vu autant de scènes aussi incroyables, choquantes, dégueulasses et noires (le bus scolaire est le point d’orgue de la brutalité qu’on puisse atteindre).

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Partant d’une idée simple mais efficace (un sans-abri se charge de nettoyer les rues de la vermine qui y rôde) et d’une tentative d’en remontrer, par le biais d’un faux trailer, à ceux qui ont initié la relancée de la mode grindhouse (Tarantino et Rodriguez pour ne pas les nommer), les trois compères canadiens s’en sont donnés à coeur joie et ce, à tous les niveaux. De l’écriture pleine de symboles (le discours de la prostituée face aux hordes de civils enragés) aux plans léchés à l’esthétique expérimental (les premiers meurtres du clochard), des thèmes inspirés et légèrement mélancoliques au virage fantastique en pleine seconde moitié du métrage, tout est une question de rythme dosé au millimètre.

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La violence outrancière de certaines scènes ne fait qu’appuyer le côté cartoon et apporte un charme ineffable à la bobine. La portée dramatique qu’inspire les deux personnages est loin d’être factice. Le clochard et la pute, c’est un peu l’image de la belle et la bête (Rutger Hauer se comparant à un ours à un moment donné) remis au goût du jour, dans une ville à l’aspect post-apocalyptique. La rue étant leur gagne-pain, leur domicile et leur seul compagnie, les deux personnages étaient faits pour se rencontrer, s’aimer et s’entraider (amour qui explose juste avant le générique, dans le cri de la prostituée qui n’est pas sans rappeler celui de Nancy Allen dans Blow Out).

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Flamboyant, Howo with a shotgun est un feu d’artifices d’inventivité, de clins d’oeils, de gore, d’immoralité, de beauté, de violence et de digestion cinéphilique. Rutger Hauer, rappelant étrangement son personnage de l’auto-stoppeur sadique dans The Hitcher (le fusil à pompe doit y être pour quelque chose), bouffe littéralement l’écran, livrant une prestation d’homme désenchanté et éreinté par le poids des années et d’une vie sans perspective de lendemain. Le seul clochard capable de vous rendre la monnaie de votre pièce. Vivement que ces lascars nous trouvent une autre idée de ce genre.

8,5/10
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Narc - 7/10

Messagepar Jack Spret » Lun 28 Oct 2013, 20:09

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Narc - Joe Carnahan


Joe Carnahan m’avait impressionné par sa faculté à dépeindre l’âme humaine (Le territoire des loups reste l’un de mes films préférés vu cette année). Il avait l’air encore plus à l’aise lorsque celle ci était torturée par un passé. Du coup, j’ai eu l’envie de découvrir son premier film qui trifouillait les faiblesses et les failles de l’être humain. (Blood & Bullets n’étant qu’une récréation, à l’instar de L’agence tous risques). Sec, nerveux, brutal et froid, Narc fleure bon la corruption, les coups bas et les méthodes expéditives. Mais ce que le cinéaste cherche avant tout à mettre en évidence, c’est que chacun a des cordes sensibles qu’il est parfois dangereux de faire vibrer.

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Profondément humaniste sous ses airs de polar rural violent (la poursuite d’ouverture en shakycam fout la gerbe), le film n’oublie jamais de développer la psychologie de ses personnages, détournant l’aspect cliché du film à enquêtes par des procédés astucieux (le split-screen montrant 4 interrogatoires différents en même temps est génial et nous fait économiser 20 minutes de films). Derrière l’aspect bourru et cro-magnon du personnage de Harry Oak (Ray Liotta physiquement imposant !), Carnahan souligne qu’à mains froides, coeur chaud et qu’un flic de terrain voit tellement de choses qui le dépasse que sa conscience et sa raison sont obligés de choisir un endroit douillet où aller se pelotonner en cas de crise.

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C’est cette même conscience qui refait surface à la mort du coéquipier de Oak qui, épaulé par Nick Tellis, un inspecteur sur la pente descendante après une bavure sous couverture, va chercher à réparer sa faute en cherchant à sauvegarder l’image intègre du policier mort dans l’exercice de ses fonctions. L’enquête, en plus d’en apprendre de bonnes sur le fonctionnement du système judiciaire américain, permet la confrontation entre deux bourreaux de travail que tout oppose. L’un est dans la retenue et la force de persuasion, l’autre agit et ne laisse jamais la place à la réflexion (la scène où Oak cherche à retourner dans le hangar est symbolique).

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Malgré tout ces bons éléments, Narc sombre légèrement dans le pathos facile (la scène où Harry parle de sa femme à Nick), malheureusement pas aidé par un twist, certes surprenant et inattendu (comme devrait l’être tous les twist d’ailleurs) mais dénué de noirceur, laissant certes apparaître une lueur d’espoir mais faisant perdre une partie de l’atmosphère qu’il avait eu tant de mal à installer. Ça reste tout de même un excellent polar et l’un des derniers à être empreint d’un tel amour pour ses personnages blessés, ses hommes affaiblis par la vie et qui trouvent dans leur boulot une manière de s’autodétruire.

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