[Alegas] Mes Critiques en 2022

Vos critiques de longs-métrages

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Jardin des Finzi-Contini (Le) - 5/10

Messagepar Alegas » Mer 03 Aoû 2022, 14:52

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Il giardino dei Finzi Contini (Le jardin des Finzi-Contini) de Vittorio De Sica
(1970)


De la filmographie de De Sica, je n’avais vu jusqu’ici que des films de sa première moitié de carrière, et du coup pour explorer un peu sa seconde partie je me suis dirigé vers ce film qui a quand même grosse réputation (Ours d’or et Oscar du meilleur film étranger à l’époque, y’a pire comme situation). A l’arrivée, je dois avouer ne pas être spécialement emballé, il y a un bon potentiel avec cette adaptation de roman, mais globalement j’ai souvent eu l’impression de voir le réalisateur passer à côté du cœur du récit, et de ne le traiter que de façon très théorique. On va avoir un film se déroulant dans l’Italie des années 30, avec une jeunesse insouciante qui va vivre les changements politiques de l’époque : plus le récit avance, et plus le fascisme et les mesures antisémites va prendre de la place, et les personnages vont complètement subir tout ça jusqu’à un final qu’on peut aisément deviner. Au milieu de ça, on va avoir une histoire d’amour impossible entre un jeune juif et une aristocrate du même âge qui va devenir son amie, mais malheureusement le tout a beaucoup de mal à marcher, la faute à un manque flagrant d’émotion.

J’ignore si la faute revient au bouquin adapté, mais le fait est qu’il y a l’impression de voir De Sica traiter son sujet de la façon la plus terne possible, et ça donne un film avec des personnages intéressants sur le papier, mais qui ne dégagent absolument rien. C’est globalement le gros problème du métrage à tous les niveaux : malgré un sujet de base intéressant (les réactions différentes des classes sociales italiennes, le père juif qui se dit que tout ira bien au final, qui ne mesure pas la perte progressive de ses libertés, et qui ne veut pas admettre la dangereuse direction que prend la politique du pays), il n’y a rien qui se dégage émotionnellement du récit, le must étant l’histoire d’amour à laquelle on croit difficilement. C’est quelque chose qui doit sûrement autant à l’écriture (les protagonistes pas toujours bien caractérisés, qui disparaissent d’une scène à l’autre sans que rien ne l’annonce) qu’à l’interprétation, où les acteurs ne donnent jamais l’impression de comprendre la gravité de ce qu’ils jouent. C’est peut-être un effet voulu de la part de De Sica, mais de mon côté ça a vraiment porté préjudice au métrage dans sa globalité, vu que j’ai seulement cru au personnage du père du héros, et le final censé être un peu déchirant m’est complètement passé au-dessus. Du coup, j’ai suivi le film avec un ennui poli : ce n’est pas assez écrit pour être un vrai portrait adolescent, et l’aspect historique n’est pas assez mis en avant pour rattraper ce manque. Même formellement, j’ai pas trouvé ça dingue : De Sica m’avait habitué à une mise en scène assez classique, mais carrée, et là j’ai eu un peu l’impression de voir quelqu’un qui veut être dans le mouvement de son époque, et qui accumule les clichés formels du film art et essai de la fin des années 60, et c’est clairement quelque chose qui ne va pas avec ce réalisateur. Au final, ça donne un film pas vraiment mauvais en soi, mais qui laisse beaucoup trop indifférent pour marquer les esprits, autant dire qu'on est loin du Voleur de bicyclette.


5/10
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar pabelbaba » Mer 03 Aoû 2022, 15:26

J'avais aussi été un peu déçu par celui-ci. Dans le même genre, mais pas la même ambiance (la fin de la guerre et les fascistes qui ont chaud au cul) Eté Violent de Zurlini était plus réussi.

D'ailleurs je me demande si on a ce genre de film chez nous?
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar Mark Chopper » Mer 03 Aoû 2022, 15:27

la fin de la guerre et les fascistes qui ont chaud au cul


Fucking Fernand :chut:
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar pabelbaba » Mer 03 Aoû 2022, 15:31

Y a de l'idée, mais... c'est moins... feutré. :eheh:
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar Alegas » Mer 03 Aoû 2022, 15:35

pabelbaba a écrit:D'ailleurs je me demande si on a ce genre de film chez nous?


Là comme ça le seul titre qui me vienne à l'esprit, c'est Le Train de Granier-Deferre, avec son ambiance d'exode massif de la population française qui contraste avec le très bel été et le fait que tu ne vois jamais les allemands sur la majorité du film.

Et je note pour le Zurlini. De lui je n'avais pas aimé Le Professeur, mais j'avais trouvé La fille à la valise sympathique.
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar Mark Chopper » Mer 03 Aoû 2022, 15:47

Il y a Fish Story aussi.
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar Alegas » Mer 03 Aoû 2022, 15:58

:eheh:

Je sais que c'est pas la première fois que je le dis, mais promis j'essaye de me le faire prochainement.
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Tous les autres s'appellent Ali - 7/10

Messagepar Alegas » Lun 08 Aoû 2022, 16:11

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Angst essen Seele auf (Tous les autres s'appellent Ali) de Rainer Werner Fassbinder
(1974)


Second film de Fassbinder que je découvre, et hasard des choses, c’est encore un remake d’un classique du cinéma. Pour le coup, de toute la filmo de ce réalisateur, c’est clairement celui-ci qui me donnait le plus envie, d’une part parce qu’il transpose un film de Douglas Sirk dans l’Allemagne des années 70, mais aussi parce qu’il est réputé pour avoir le plus beau récit de la carrière de Fassbinder, et vu le résultat j’aurais facilement tendance à y croire. On va donc avoir un film qui se concentre sur une histoire d’amour atypique : une vieille allemande solitaire et un immigré marocain se trouvent attiré l’un par l’autre, une romance qui va être très mal vue par la totalité de l’entourage du couple. Car au-delà de l’histoire d’amour en elle-même, c’est surtout des réactions qu’elle suscite que souhaite aborder Fassbinder, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’y va pas avec le dos de la cuillère.

Une fois les deux héros ensemble, Fassbinder s’amuse à démontrer que plusieurs années après la chute du nazisme (Hitler est même mentionné à quelques reprises très rapidement au cours du récit), son pays est toujours aussi enclin à faire preuve du racisme le plus primaire envers la moindre personne à la peau basanée. Un racisme qui est donc réellement le cœur même du métrage, et que Fassbinder va analyser non seulement à travers les différentes strates dans lesquelles il intervient, mais aussi la façon dont la discrimination de l’immigré (et de la vieille femme, puisqu’elle se fait complètement ignorer par son entourage du jour au lendemain) va évoluer au fil du temps. Si le film est déjà sympathique dans ses deux premiers tiers, voire carrément touchant (on croit à cette histoire d’amour malgré le fait que tout oppose ces deux personnages) c’est clairement dans son troisième qu’il débouche sur quelque chose de vraiment fascinant, avec notamment une inversion des rôles qui change complètement la vision du spectateur et questionne la limite floue entre discrimination passive ordinaire et racisme énoncé.

Fassbinder se révèle être un formidable directeur d’acteurs sur ce film, tout le monde est bon, mention spéciale à l’héroïne dans un rôle pourtant pas facile (cette scène où elle craque devant son mari, c’est fort). Formellement, c’est moins léché que l’autre film de Fassbinder que j’ai vu, mais j’ai justement trouvé que l’absence d’effet tape à l’œil, sans extravagances photographiques, sied plutôt bien au film, dont l’austérité aussi bien en termes d’ambiance (rien que le début dans le bar, ça pose le ton, on se croirait presque dans un western fantastique) que de cadrages sert clairement le propos du métrage. Au final, ça donne un film à la fois beau et cruel à la fois, et qui traite selon moi avec beaucoup de justesse un sujet pas forcément évident au cinéma sans tomber dans quelque chose de lourdingue.


7/10
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Étreintes brisées - 5/10

Messagepar Alegas » Mar 09 Aoû 2022, 11:08

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Los abrazos rotos (Étreintes brisées) de Pedro Almodóvar
(2009)


Critique rapide pour celui-là vu que je n’ai pas grand chose à en dire. Almodóvar n’a jamais caché un certain amour pour le cinéma d’Hitchcock, et de tous les films que j’ai pu voir du réalisateur espagnol, c’est probablement dans celui-ci que l’influence est la plus évidente. Sur une double storyline en montage alterné (une à notre époque, l’autre en flashbacks), Almodóvar va raconter l’histoire d’un metteur en scène/scénariste, dont la vie va être durablement marquée par la rencontre avec une actrice dont il tombe amoureux. Une rencontre qui va déchaîner toute une intrigue à base de mari jaloux, d’une passion amoureuse qui doit s’effectuer en secret, puis d’un drame qui va complètement changer la vie des protagonistes.

Une histoire plutôt intéressante en soi, mais qui souffre clairement d’un manque d’épure : c’est beaucoup trop long pour ce que ça raconte, au point que les quelques révélations du film tombent à plat car trop attendues, et surtout le script donne l’impression que Almodóvar cherche à placer artificiellement plusieurs caractéristiques de son cinéma (est-ce qu’on avait vraiment besoin de la révélation du jeune qui découvre que le réalisateur est son père ? J’ai l’impression que ça n’apporte absolument rien de concret à ce stade du métrage). Du coup, si le film se laisse suivre, c’est sans doute plus grâce aux comédiens (Penelope Cruz en particulier, sublime et lumineuse), à la photographie de Rodrigo Prieto, et à quelques moments de grâce (l’aveu de Cruz à son mari, en se doublant elle-même, ou l’aveugle tentant de retrouver sa compagne en touchant un écran) qu’à l’histoire elle-même, trop inégale et étirée pour pas grand chose (on pourrait facilement enlever une demi-heure sans que ça ne porte préjudice au récit). Un film duquel je ressors mitigé donc, alors qu’il y avait clairement le potentiel pour prétendre à mieux.


5/10
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Film: Étreintes brisées
Note: 9/10
Auteur: Niko06

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Géronimo - 6/10

Messagepar Alegas » Mar 09 Aoû 2022, 16:25

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Geronimo : An American Legend (Géronimo) de Walter Hill
(1993)


Un film plutôt séduisant lorsqu’on regarde les noms rattachés à ce dernier : Walter Hill à la réalisation, John Milius au script, Wes Studi, Jason Patric, Robert Duvall, Gene Hackman et un jeune Matt Damon au casting, bref il y avait de quoi attendre quelque chose de plutôt cool. A l’arrivée, c’est loin d’être mauvais, mais je ne peux pas m’empêcher d’être déçu tant le film se contente d’être juste sympathique alors qu’il y avait moyen d’avoir une grosse fresque bien dense. Nul doute que les nombreux changements de directions en cours de production y sont pour quelque chose : alors que le film devait se concentrer sur les hommes ayant traqué Geronimo pendant des années jusqu’à sa capture, le script de Milius a complètement été revu par Hill et les producteurs pour en faire quelque chose de plus grand public, et résultat on se retrouve avec un film bien trop sage et le cul entre deux chaises. C’est vraiment un métrage partagé entre l’écriture initiale de Milius et la volonté de faire un biopic plus classique sur le célèbre personnage, mais malheureusement ça ne marche pas vraiment.

On passe d’un camp à l’autre sans transition, on résume des années de traque à quelques minutes de film (gros problème de gestion de la temporalité du début jusqu'à la fin), on ne sent jamais les militaires galérer à retrouver la trace de celui qu’ils veulent capturer, bref il y a un gros loupé sur ce que le film veut raconter globalement. Même si le film se suit bien, sans ennui, il y a un vrai manque de densité : aucune scène ne ressort du film, et aussi bien l’écriture que la mise en scène peine à rendre passionnant une histoire pourtant pleine de potentiel. Sans surprise, c’est finalement ce qui vient du script initial de Milius qui marche le mieux à l’écran, et autant on se fout un peu de la storyline autour de Geronimo (un comble vu le titre du film), autant les séquences avec Jason Patric (excellent acteur qui n’a pas eu la carrière qu’il méritait) ou Gene Hackman sont vraiment bien. Par contre, on aurait pu se passer du personnage de Matt Damon, qui semble être là juste pour permettre au grand public d’avoir une porte d’entrée sur cette histoire, avec notamment une voix-off qui, de toute évidence, a été rajoutée pour surexpliquer les évènements. Au final, ça donne un film pas complètement déplaisant sur le moment, mais qui reste difficilement en mémoire tant il n’y a rien qui se démarque.


6/10
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Film: Géronimo
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Auteur: Heatmann

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Party (The) - 7,5/10

Messagepar Alegas » Mer 10 Aoû 2022, 12:02

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The Party de Blake Edwards
(1968)


Second film de Blake Edwards que je découvre, et ça confirme tout le bien que je pensais du bonhomme, et ça va même plus loin que Pink Panther pour le coup avec des influences auxquelles je ne m’attendais pas. Alors déjà, j’avoue être chagriné par le fait de voir que, depuis quelques années, le statut de classique du film se fait écorner par la tendance d’aujourd’hui à faire des polémiques inutiles sur des choses passées, car dans ce film le héros va être un Peter Sellers grimé en acteur hindou maladroit, et forcément la bien-pensance d’aujourd’hui voudrait qu’on condamne ce film sur ce simple critère. Sauf que, en réalité, ce n’est jamais gênant une fois qu’on accepte que ce curieux choix soit fait pour apporter encore plus d’humour farfelu, et la vérité est que le film ne se permet jamais de rabaisser la culture hindoue par l’intermédiaire du personnage de Sellers, et c’est même le contraire qui se produit puisque le héros va même pousser les autres personnages vers un certain respect de cette culture (la scène de l’éléphant, où il convainc les jeunes hippies de le laver de ses graffitis).

Bref, une énième polémique à la con qui n’empêche jamais The Party d’être ce qu’il est, à savoir un vrai classique de la comédie américaine, et qu’il l’est d’autant plus qu’il s’avère très éloigné des métrages habituels du genre, avec notamment un sens de la mise en scène de l’absurde qui va être au centre du film. Très rapidement, on sent qu’Edwards fait dans l’économie de mots, qu’il privilégie les silences, et qu’il fait durer les situations pour mieux surprendre son spectateur ensuite. Un sens de l’humour qu’on sent particulièrement inspiré de Jacques Tati, une influence que digère particulièrement bien Edwards pour arriver à un juste milieu qui fonctionne vraiment très bien.

Le film enchaîne les séquences mémorables, qui ne reposent pourtant sur pas grand chose, genre Sellers perd sa chaussure :eheh: , Sellers nourrit un oiseau (birdy num num :eheh: ), Sellers touche à un panneau de contrôle, etc… mais chaque concept est tellement bien exploité que ça suffit pour que le métrage tienne la route du début jusqu’à la fin. Sellers est en plus on fire dans celui-là, maîtrisant son personnage à la perfection, et nul doute qu’il a inspiré un paquet d’acteurs par la suite avec son protagoniste maladroit au possible. J’aime beaucoup aussi toute la représentation en sous-texte, puisqu’au final on assiste ni plus ni moins qu’à l’implosion d’un certain mode de vie à Hollywood par quelqu’un qui est le plus naturel du lot, et nul doute qu’Edward évoque à travers ce film tout un regard qu’il porte sur la société hollywoodienne qu’il fréquente depuis plusieurs années. Au final, on a un film particulièrement ludique, avec ce qu’il faut d’humour efficace, un acteur au sommet de sa forme, et une mise en scène inspirée qui comprend que la comédie, ce n’est pas forcément du plan fixe sur les comédiens.


7,5/10
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar elpingos » Mer 10 Aoû 2022, 13:15

:super: (film en plus qui supporte super bien le revisionnage)
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Re: [Alegas] Mes Critiques en 2022

Messagepar pabelbaba » Mer 10 Aoû 2022, 14:45

Vu y a belle lurette, ça m’était passé à 50 miles au dessus de la tête. Faudrait que je retente maintenant que je suis plus... "mûr”.
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Agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E. - 3/10

Messagepar Alegas » Lun 15 Aoû 2022, 12:03

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The man from U.N.C.L.E. (Agents très spéciaux - Code U.N.C.L.E) de Guy Ritchie
(2015)


Même avec Guy Ritchie à la barre, j’avais au moins espoir d’un truc un minimum sympathique, notamment grâce à l’ambiance film d’espionnage 60’s et la présence de la belle Alicia Vikander :love: , mais malheureusement ça reste un blockbuster typique de la décennie 2010, et donc les défauts rattrapent le peu de qualités qu’il y a. C’est typiquement le genre de film qui, avec les années, trouve de moins en moins grâce à mes yeux : c’est fade au possible, rien ne ressort, les tics gratuits de mise en scène m’exaspèrent, tout est oublié quelques minutes après le générique de fin, et puis surtout je ne me sens jamais diverti alors que c’est quand même le minimum syndical de la part de ce genre de production. Je ne connais pas la série d’origine donc je ne pourrais pas juger le travail d’adaptation (mais que j’imagine très libre, pour être gentil), mais j’ai trouvé ça assez dingue de constater que le métrage s’articule seulement autour de quelques séquences d’action clés, et n’a absolument rien à proposer à côté.

On nous sort un trio qui devrait être le moteur du récit, mais qui paraît complètement éculé avec cet agent américain face à un agent allemand, et une belle jeune femme entre les deux, et le moins qu’on puisse dire c’est que l’alchimie ne marche jamais, malgré quelques bonnes idées (Cavill est à son aise en simili James Bond, et Vikander est parfaite en atout charme). Bref, côté écriture c’est particulièrement peu inspiré, et malheureusement ce n’est pas les quelques scènes d’action qui vont réhausser le niveau : c’est soit moche et peu lisible (la course poursuite automobile dans Berlin), soit cheap (la scène d’action finale où le pinacle est censé être un plan de buggy roulant sur l’eau, ça pose le niveau :eheh: ), soit ça tire en longueur des idées au point d’en retirer leur qualité initiale (la séquence avec Cavill qui mange pendant que son collègue se fait poursuivre en bateau, ça dure des plombes pour rien :evil: , idem pour la fin avec Debicki). Et si on ajoute à cela un Ritchie toujours en manque de gimmicks inutiles et moches, et qui peine à trouver une saveur 60’s dans la fabrication de son film (à voir le film, on se demande si c’est vraiment l’intention), ça commence à faire beaucoup. En bref, je ne retiens quasiment rien de ce film qui aura réussi à m’ennuyer plus qu’autre chose, alors que mes attentes étaient très basses avant de le lancer (je préfère de loin les Sherlock Holmes du même réal), j’aurais mieux fait de me remater un vieux James Bond.


3/10
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Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon - 7/10

Messagepar Alegas » Lun 15 Aoû 2022, 16:06

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Indagine su un cittadino al di sopra di ogni sospetto (Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon) de Elio Petri
(1970)


Pas déçu de la découverte sur grand écran, c’est peut-être pas aussi ultime que ce qu’on me l’avait vendu, mais c'est assurément un film qui confirme son statut de classique parmi les films italiens à tendance politique de l’époque. Rien que le pitch pose le niveau : un commissaire de police décide de tuer sa maîtresse le jour de sa promotion, s’amuse à laisser plein d’indices, et va suivre l’enquête pour vérifier s’il va être découvert, ou s’il peut échapper complètement à la justice grâce à son influence. Si ce début d’histoire laisse penser qu’on va avoir quelque chose d’assez ludique, Elio Petri décide de prendre un virage à la fois très sérieux et énigmatique, et on va donc avoir un film où l’enquête n’est pas spécialement le cœur du métrage (pas comme chez certains films de Corneau qui ont un pitch à peu près similaire). Ce qui intéresse Petri, c’est d’une part les répercussions politiques que va avoir l’histoire (je pense notamment à toute la storyline autour du seul témoin capable de dénoncer le personnage principal) mais aussi et surtout la psychologie de l’assassin, psychologique qui restera trouble jusqu’au bout puisqu’on ne saura jamais vraiment ce qui l’a poussé à faire ça (même si on nous laisse plusieurs hypothèses).

Pour cela, Petri va donner l’impression au spectateur d’être dans l’esprit du personnage, ce qui va donner un film assez dense en termes de construction narrative : on passe d’une scène à l’autre avec peu de transition, on enchaîne les flashbacks pour explorer la relation ambiguë entre le héros et sa future victime, et on va même avoir une séquence rêvée sur la fin et qui va brouiller la perception de la réalité. Le tout donne un film qui, malgré quelques faiblesses (en termes de rythme notamment, j’aurais pas craché sur un récit qui va plus à l’essentiel), se révèle assez fascinant à suivre. Les deux heures passent rapidement, le personnage principal est tellement ambigu qu’on arrivera jamais à le cerner complètement (gros boulot de composition de Gian Maria Volontè, clairement la meilleure prestation que j’ai pu voir du bonhomme, et pour une fois le double post-synchro ne m’a pas gêné), et puis il y a un beau boulot de mise en scène avec un style qui se refuse à tomber dans la réalisation plan-plan sans pour autant tomber dans quelque chose de tape à l’œil. La musique de Morricone apporte juste ce qu’il faut au film, à savoir une atmosphère étrange doublée d’un petit côté comique/satirique qui colle parfaitement au personnage, ça fait bizarre de voir enfin ce thème sur des images après l’avoir entendu des centaines de fois en CD. Un film fascinant et mémorable qui, je pense, sera encore plus appréciable à la revision.


7/10
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