[maltese] Mes avis en 2020

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[maltese] Mes avis en 2020

Messagepar maltese » Mer 08 Jan 2020, 09:15

On relance la machine, pour le temps que ça durera :mrgreen:
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Brigand bien-aimé (Le) - 6/10

Messagepar maltese » Mer 08 Jan 2020, 09:23

Jesse James

(Le brigand bien-aimé)

Henry King, 1939


Je suis dans une période vieux films actuellement, et surtout les westerns. Retour aux « sources » du western d’ailleurs avec celui-ci : en 1939, ce Jesse James et le Stagecoach de John Ford donnent un nouveau souffle et une nouvelle dimension au genre. Malgré son beau technicolor, Jesse James a cependant moins bien vieilli que le classique absolu de Ford.

Avec le temps, on en a eu beaucoup des versions de la vie du fameux « brigand bien-aimé », on est donc en terrain connu. Et pour qui est ne serait-ce qu’un peu familier du personnage, le fait qu’on évite totalement de parler de ses actions durant la Guerre de Sécession dans la bande sauvage de Quantrill est un indicateur déjà marquant : le film se présente comme un biopic, mais édulcore pas mal la réalité historique. Néanmoins, la dimension psychologique attachée à cette histoire, quoique légère, est bien présente. Jesse James et son frère Frank sont présentés comme étant dans un premier temps des héros du peuple, victimes des agissements criminels des compagnies du chemin de fer et qui se rebellent contre l’autorité, avant que Jesse devienne fasciné par ce mode de vie d’outlaw et qu’il devienne réellement un bandit, provoquant le malheur de son entourage. Un parcours qui rappelle un peu ce qu’on voit dans certaines productions de films de gangsters à la même époque, mais avec une dimension morale moins appuyée, sans doute due au fait que l’histoire appartienne au passé. Le discours final du journaliste appuie bien cette thématique : Jesse James était-il bon, était-il mauvais ? Peut-on le défendre, le célébrer ? On ne sait pas très bien, mais déjà, Jesse James appartient à la légende, et comme toujours, quand la légende est plus belle que la réalité…

Ca se laisse bien regarder, mais l’ensemble manque un peu d’envergure, la faute à un script pas toujours très fin ; hormis le personnage intéressant du marshall amoureux de la femme de Jesse James (très bon Randolph Scott), les personnages secondaires ont du mal à vraiment exister, notamment Frank James, assez effacé et qu’on remarque surtout grâce à la présence toujours très forte d’Henry Fonda. Tyrone Power est vraiment bien dans le rôle-titre, mais, bien que ce soit plutôt la faute du script à mon sens, la dimension plus dangereuse et ambiguë du personnage aurait pu être mieux retranscrite. Et question dialogues, c’est un peu lourd, notamment les traits d’humour (le personnage du journaliste…). La mise en scène de King réserve par contre quelques très beaux moments (la première attaque de train, avec ce travelling suivant l’avancée de Jesse sur les wagons, c’est superbe).

Bref, on ne s’ennuie pas, loin de là, mais au vu des moyens mis à disposition, de l’histoire du personnage et des thèmes qu’on abordait, on sent qu’on est passé à côté d’un grand film. Reste qu’il aura indéniablement marqué son époque et l’histoire du western.

6/10
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Film: Brigand bien-aimé (Le)
Note: 4/10
Auteur: Scalp

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Autant en emporte le vent - 9/10

Messagepar maltese » Jeu 09 Jan 2020, 23:08

Gone With The Wind

(Autant en emporte le vent)

Victor Fleming, 1939


Qui viendra à bout d’Autant en emporte le vent ? Voilà déjà 80 ans que le film est sorti, et il continue encore aujourd’hui d’incarner de la plus fabuleuse manière l’âge d’or des studios hollywoodiens et l’idée la plus absolue du grand spectacle lyrique et rêvé – un condensé de ce que le cinéma a peut-être de plus beau et de plus fort à nous offrir.

Tout a été dit sur ce chef-d’œuvre, mais je trouve qu’on a trop tendance à insister sur l’aspect mélodrame du film. Alors, la romance est là et bien là, mais avant toute chose, on a un formidable portrait d’une femme au destin marqué par les remous de l’histoire. Le temps d’une guerre fratricide et de ses lendemains peu glorieux, Scarlett O’Hara passera du statut d’enfant gâtée et capricieuse choyée par son entourage, à celui d’une femme d’affaires manipulatrice dictant la destinée de tout son entourage mais courant à sa propre perte, ayant connu la pauvreté après la richesse, la remise à flot de son domaine familial, le développement de son propre business, trois mariages, un enfant, et nombre de désillusions provoquées la plupart du temps par son propre orgueil et ses erreurs de jugement. Un personnage à la fois fascinant, détestable et attachant qui doit beaucoup à l’interprétation parfaite d’une Vivien Leigh qui joue des côtés les plus méprisables de Scarlett tout en faisant ressortir son aspect éminemment fragile – au fond, elle se veut indépendante et forte mais a toujours besoin des autres pour s’en sortir.

Le couple que Leigh forme avec Clark Gable fait partie de la légende du cinéma, et à juste titre ; rarement un couple à l’écran aura fait autant d’étincelles, chaque dialogue entre Scarlett et Rhett Butler est une véritable passe d’armes pleine d’humour et de cynisme ou de brutalité, et on y croit à cet amour malade et destructeur pour les deux personnages.

Et au-delà de tout ça, quelle fougue, quelle épopée ! C’est à la fin d’un monde qu’on assiste. Un monde sans conteste idéalisé - je ne vais pas m’attarder sur l’édulcoration de la vie dans le vieux Sud et la vision de l’esclavage qui peut au mieux faire « sourire » devant une telle naïveté ou au pire scandaliser ; il y a clairement beaucoup de choses à dire, mais c’est le parti pris du film que d’épouser le point de vue des gens du Sud (et leur « cause »), en laissant de côté quasi totalement l’horreur du système en place. En tout cas, la manière de représenter comment ce monde court à sa perte avec joie et entrain est saisissante (formidable scène de la réception où l’annonce du début de la guerre provoque un engouement total des gens sur place pendant que seule Scarlett déprime, aux prises avec ses petits tracas), avant de voir l’effondrement total d’une civilisation que Fleming (et les autres réalisateurs, et les 50 scénaristes, et David O. Selznick bien sûr – tellement de monde a travaillé sur cette œuvre) filme de façon grandiose et inoubliable. La vie dans les grandes plantations, l’incendie d’Atlanta, la scène des innombrables blessés à la gare, la fuite dans un monde en ruine et aux couleurs de feu, la reconstruction pénible et humiliante devant des Nordistes triomphants et arrogants… Autant de tableaux magnifiés par un technicolor incroyable de beauté, des décors impressionnants et une mise en scène spectaculaire – je ne me prétends pas du tout un spécialiste de films anciens, mais pour avoir vu pas mal de films des années 1930 (et de 1939 plus précisément) ces dernières semaines, je trouve que le contraste avec le reste de la production est vraiment fort. Sans qu’il soit forcément meilleur que tout le reste, on a l’impression de voir un film qui a 100 fois plus de moyens que la concurrence, rarement du fric aura été aussi bien utilisé à l’écran :mrgreen: D’ailleurs ça me fait penser que 1939 est vraiment l’une des années les plus importantes de l’histoire du cinéma américain : Autant en emporte le vent, Le Magicien d’Oz, Les fantastiques années vingt, Stagecoach, Vers sa destinée, Mr. Smith goes to Washington, Les anges aux figures sales… Une année de naissance de mythes.

La deuxième partie du film traine peut-être un peu sur la fin, car on est plus du côté de la grande histoire dans les 2 ou 3 premières heures, mais on a affaire à une telle galerie de personnages que ça se suit parfaitement jusqu’au bout. Et puis la musique de Max Steiner qui accompagne tout ça… Vraiment une grande saga épique indémodable.

9/10
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Corps de mon Ennemi (Le) - 7,5/10

Messagepar maltese » Dim 12 Jan 2020, 18:01

Le Corps de mon Ennemi

Henri Verneuil, 1976


Un Verneuil que j’aime vraiment bien, polar en forme de règlements de compte qui doit beaucoup à sa structure narrative à flash-backs. Au fond, tout ça est sans grande surprise, mais c’est tellement bien conté qu’on se laisse prendre au jeu, et qu’on suit avec attention le déroulé de la chute aux enfers programmée du héros incarné par un Belmondo déjà un peu vieillissant. Point amusant d’ailleurs, à l’heure du de-aging et de la communication qui y va à fond sur les technologies utilisées pour rajeunir des acteurs, il est intéressant de voir comment Verneuil évitait complètement le problème de montrer son héros à plusieurs moments de sa vie : une réflexion du personnage de Belmondo pendant qu’il raconte ses souvenirs (« J’avais sûrement une autre tête à l’époque, mais quand on repense à sa vie d’avant, on se voit toujours avec la tête qu’on a aujourd’hui »), et le tour est joué :eheh:

La structure narrative ne fait pas tout : il y aussi (et surtout ?) les dialogues aux petits oignons d’un Michel Audiard en grande forme, qui se fait plaisir avec les confrontations du personnage relativement « populaire » de Belmondo avec cette bourgeoisie arrogante incarnée notamment par les très bons Bernard Blier et Marie-France Pisier. C’est plein de petits bons mots et surtout de réflexions cyniques de Belmondo en voix-off, et ça, ça fait déjà un film :mrgreen:

On ne peut pas parler d’un grand polar, mais un polar français tout de même au-dessus de la moyenne pour moi, qui se démarque par sa représentation du fonctionnement d'une ville, de ses différents milieux sociaux et des inévitables tensions qui surgissent quand un individu cherche à s'opposer à l'ordre établi. Verneuil n'est pas dans le film politique, mais il utilise très bien ce contexte pour donner corps à ce qui tient finalement plus du drame cynique que du mystère criminel.

7,5/10
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Re: [maltese] Mes avis en 2020

Messagepar pabelbaba » Dim 12 Jan 2020, 19:06

maltese a écrit: Point amusant d’ailleurs, à l’heure du de-aging et de la communication qui y va à fond sur les technologies utilisées pour rajeunir des acteurs, il est intéressant de voir comment Verneuil évitait complètement le problème de montrer son héros à plusieurs moments de sa vie : une réflexion du personnage de Belmondo pendant qu’il raconte ses souvenirs (« J’avais sûrement une autre tête à l’époque, mais quand on repense à sa vie d’avant, on se voit toujours avec la tête qu’on a aujourd’hui »), et le tour est joué :eheh:

J'avais même pas fait gaffe. :chut: Mais c'est pas facile de s'y retrouver et à plusieurs reprises j'ai galéré pour savoir quand on était. :vieux:
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Re: [maltese] Mes avis en 2020

Messagepar maltese » Lun 13 Jan 2020, 09:44

Oh t'abuses un peu là, la frontière temps réel/flash-backs est tout de même claire. A la limite, c'est vrai qu'on ne se rend pas forcément bien compte de la durée du temps qui passe dans les flash-backs (ça pourrait durer 6 mois comme 6 ans). Mais bon, c'était aussi clair que dans The Irishman quoi :mrgreen:
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Re: [maltese] Mes avis en 2020

Messagepar pabelbaba » Lun 13 Jan 2020, 10:01

Au début, j'ai galéré, ensuite je me suis raccroché aux fringues qu'il porte.
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Poursuite Infernale (La) - 7,5/10

Messagepar maltese » Mer 15 Jan 2020, 19:20

My Darling Clementine

(La Poursuite Infernale)

John Ford, 1946


Ah, les titres français des westerns de John Ford, toute une histoire. Entre La chevauchée fantastique qui loupe le cœur du film, La charge héroïque dans lequel il n’y a qu’une charge anecdotique et absolument pas héroïque, ou La prisonnière du désert qui aurait encore mieux fait d’être appelé Le prisonnier du désert, on peut dire que ce n’est pas la joie – la plupart du temps un simple attrape-spectateurs. Mais je crois que la palme revient à La poursuite infernale, dans lequel il n’y a pas de poursuite et dont le rythme est bien loin d’être infernal :eheh: On va en rester à My Darling Clementine.

Non pas infernale, c’est donc plutôt une vision relativement tranquille du célèbre duel à O.K. Corral entre le clan Earp et le clan Clanton que nous propose Ford. Ce dernier, qui tenait le récit du duel de la bouche-même de Wyatt Earp, choisit de surtout mettre en scène la vie d’une communauté qui passe de l’anarchie de l’Ouest à l’ordre de la civilisation, née finalement grâce à ce « duel » sanglant qui ne laissera que peu de survivants – le vieil Ouest a déjà vécu. Le Wyatt Earp de Ford est un homme droit et calme, qui ne prend les armes que contre son gré, afin de venger la mort de son frère. Ce faisant, il va incarner la justice et préparer l’Amérique de demain, avant de s’enfoncer dans le désert, et vers une légende que Ford désacralise pas mal l’air de rien – Earp n’est pas une machine de guerre, et le duel est relativement vite expédié à la fin (même si la « rivalité » Earp-Clanton traverse bien tout le film, et ce dès la première scène).

En parlant de légende, c’est marrant, j’ai découvert récemment Vers sa destinée, le film de Ford consacré à Abraham Lincoln, et il est étonnant de voir les multiples rapprochements entre les deux œuvres. Le héros, légende de l’Amérique, est à chaque fois incarné par Henry Fonda, qui joue un peu de la même manière ce personnage à la force tranquille qui s’oppose à l’anarchie dans une petite communauté. Chacun part « vers sa destinée » suite à la mort d’un proche (l’amour de jeunesse de Lincoln, le frère de Earp) et vient lui parler sur sa tombe (motif récurrent chez Ford d’ailleurs), chacun est un peu empoté avec les femmes – on a même la même scène de danse un peu gênante. Petite différence, Lincoln règle les problèmes à coups de rhétorique alors que Earp utilise son six-coups :mrgreen: Mais au fond, l’idée est similaire.

Qui dit John Ford dit évidemment classe absolue de la mise en scène et de la photo ; que ce soit dans ces extérieurs vastes et spectaculaires de Monument Valley ou dans les intérieurs des saloons et chambres d’hôtels, le film est un régal pour les yeux. Ce n’est pas une vision spectaculaire de l’Ouest (enfin, quoique, avec des décors pareils…), ou une version dure et sanglante ; même si la violence est bien là, Ford filme avant tout la vie de cette communauté et de ces personnages, le temps de quelques journées, avec tendresse et humour parfois, et il prend son temps pour ça – et on prend ce temps avec lui avec plaisir. Je crois que je pourrais passer deux heures à regarder Henry Fonda s’asseoir sur une chaise, voilà ce que c’est que d’avoir la classe.

Les personnages sont vite et bien caractérisés. Walter Brennan endosse immédiatement la posture du vieux salaud impitoyable, du genre qui n’hésite pas à tirer dans le dos. Victor Mature campe un Doc Holliday vraiment intéressant, homme visiblement cultivé de l’Est qui est venu se perdre dans l’Ouest pour fuir ses démons. Les deux personnages féminins principaux sont plus en retrait mais font véritablement vivre l’action et le scénario joue bien de leur opposition qui semble presque totale, bien que chacune amène un peu plus d’humanité à cet univers dur et sale.

Il manque peut-être un soupçon de lyrisme, de passion, ou a contrario, d’un côté un peu plus brut, pour que le film m’emporte complètement. Mais en l’état, c’est l’univers fordien typique, dans lequel on se plait à retrouver ces figures emblématiques de l’Amérique. Un très beau western.

7,5/10
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Auteur: Scalp

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