♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦LES COUSINSFilm de Claude Chabrol · 1 h 50 min · 1959 (France)
♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦J'ai beau avoir un peu subi la péloche, principalement parce que son rythme est bancal et sa durée à mon sens excessive pour ce qu'elle a à dire, je n'en reste pas moins touché par ce qu'y dit Chabrol. Cette thèse sur les classes sociales et l'inégalité des chances est intemporelle et parfaitement valable, malheureusement, encore aujourd'hui dans nos années 2020's.
Cette opposition de considération pour la vie et ce qu'elle peut réserver quand le compte en banque n'est pas très garni et les relations limitées à être d'une modestie sans avantage social, ou à l'inverse quand l'oseille et le piston permettent même aux plus paresseux de se placer confortablement lorsque le temps de faire la fête H24 touchera à sa fin, est une réalité de nos sociétés modernes qui fait toujours grincer des dents (surtout si t'es du côté du larfeuille modeste, bien entendu).
Le trio Gérard Blain, Jean-Claude Brialy et Juliette Mayniel (

) fonctionne très bien. Les agissements des deux derniers foutent la rage, l'identification avec le jeune Charles fait naître un sacré sentiment de révolte. Cette scène dégueulasse lors de laquelle Florence se fait retourner le cerveau par deux enflures est d'un malaise assez dingue, d'autant plus parce que cette image de la femme qu'elle véhicule est, heureusement, aujourd'hui très lointaine (sans doute pas encore suffisamment pour certain(e)s, mais il semble tout de même qu'il y a eu une belle évolution à ce niveau là, au cinéma et ailleurs). Toutefois, son personnage est ambigüe, parce qu'il ne fait pas que subir, mais à son tour torture également : cet autre passage, où le coeur brisé de Charles fait son maximum, tête dans les bouquins, pour ne pas entendre ce qui se passe à 1 mètre de lui dans les vapeurs d'une salle de bain habitée par deux esprits particulièrement pervers, ne joue pas en sa faveur. De là à penser que Chabrol n'avait pas une très grande considération pour la gente féminine à ce moment-là, il n'y a qu'un pas que je ne ferais pas.
Je trouve le film, à hauteur de personnages, particulièrement réussi, néanmoins sa fin, que je n'ai pas vraiment vu venir je l'admets, m'a semblé un poil cavalière, un brin provoc' facile. Enfin, rien de bien gênant, l'étude de moeurs est, elle, particulièrement habile, en tout cas, elle m'a emporté.
De quoi me donner envie de tenter
A double tour, l'autre Chabrol sorti la même année
