
Ça dit quoi le dernier Nichols? Un peu trop sage pour du cuir et de la gomme... De Shotgun Stories à Midnight Special (dans une moindre mesure pour ce dernier), j'ai tout aimé de sa filmo et c'est même un de mes réalisateurs préférés apparus ces 20 dernières années.Sur le papier, j'espérais vraiment passer un très bon moment, surtout avec un tel sujet. Mais bon, Nichols choisit une approche finalement très classique.
Pourtant, ça démarre plutôt bien ! Au début, on sent une petite vibe à la Scorsese, on pense direct à Mean Streets ou aux Affranchis. Le problème, c’est que ce feeling ne dure qu'un petit quart d'heure. On comprend vite que ce qui intéresse Nichols, ce ne sont pas les événements, mais les personnages.
Sous couvert de nous raconter l'ascension d'un gang de bikers, le film parle surtout de la fin d'une certaine Amérique, celle qui était éprise de liberté et attachée à ses traditions. Pour casser le côté trop "testostérone" et masculiniste des motards, il a choisi une narration via une voix off féminine. Pourquoi pas, le bât ne blesse pas forcément là.
Le vrai souci, c’est qu’il faut vite se rendre à l’évidence : côté péripéties, c’est le calme plat. Il ne se passe au final pas grand-chose... On se raccroche alors au casting. On a un Tom Hardy fidèle à lui-même en mode "gros bougon", et le petit minet qui monte, Austin Butler, qu’on voit absolument partout en ce moment. Il a un bon look, de loin on se dit que son perso va être super cool, mais tout ce qui lui arrive reste un peu trop "gentillet".
On se contentera de discussions de comptoir entre couilles, de deux ou trois échauffourées avec des gangs adverses et de la montée des petits jeunes qui rêvent de porter les couleurs du club. Sympa, mais ça manque un peu de cambouis et de tripes! Reste de belles images et du bon son, mais c'est un peu mince de la part du bonhomme.