[Dunandan] Mes critiques en 2012

Modérateur: Dunandan

True grit - 8/10

Messagepar Dunandan » Lun 02 Juil 2012, 11:24

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True Grit, Ethan Coen et Joel Coen 2010)

Après un western urbain très concluant (No Country for Old Men), les frères Coen réitèrent ça avec True Grit en s'essayant cette fois-ci aux classiques (entre désenchantement de l'Ouest et valorisation de la bravoure). Une nouvelle réussite du genre, et certainement l'un de leurs tous meilleurs films des années 2000, après une série de comédies très moyennes.

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Le titre dévoile déjà un peu le fond du film : ceux qui ont un cran au-dessus de la norme. Or, la grande originalité est le personnage principal, incarné par une jeune fille (l'étonnante Hailee Steinfeld) qui traque le meurtrier de son père. Elle évolue dans un monde sans pitié, et gère sa place comme une grande, en jouant avec ses talents de marchandeuse, ou en imposant par sa détermination. Finalement, c'est elle la vraie True Grit, entourée de deux chasseurs de primes (incarnant la vieille et la nouvelle génération, thème classique du western) qui auront à prouver leur bravoure qui est plus ou moins remise en question (ce qui se produira au cours de quelques scènes d'action un peu courtes, mais intenses et épiques), car ils ont la gueule de l'emploi, mais n'en mènent pas toujours large.

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Les trente premières minutes sont un petit bonheur d'écriture, le vrai talent des frères Coen. Un petit mélange d'humour noir et de réalisme (j'ai beaucoup aimé par exemple la scène de la pendaison, où chacun a droit à la parole, sauf l'indien, après quoi l'exécution subit une accélération). Les deux accompagnateurs sont bien introduits, de manière efficace, surtout celui qui est incarné par Jeff Bridges, dont la personnalité ambivalente est exhibée au cours d'un tribunal, parfait lieu des contradictions (puis le coup des chiottes, je me demande si ce n'est pas un clin d'oeil à The Big Lebowski ...).

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Par contre, j'ai trouvé que la qualité du film, son écriture, était parfois aussi son défaut, dans la seconde partie du moins. Les péripéties censées approfondir la personnalité des chasseurs de prime me semblaient parfois un peu trop décrochées du fil du récit (mais qui apportent un plus en humour comme Cogburn qui raconte ses histoires d'amour tombées à l'eau), et les dialogues, trop récités et manquant de naturel avec un problème de rythme. Ensuite il n'y a rien de bien surprenant dans cette histoire à part le postulat de base inclut dans le titre, mais j'ai beaucoup apprécié la noirceur qui se dégage parfois des situations (surtout celles tournant autour de Bridges, vraiment LE personnage le plus passionnant du film, qui écrase la prestation de Matt Damon, qui est pas mal sans plus), non par cynisme, mais plutôt par réalisme/survie (exemple : lorsqu'il revient sur sa parole de donner à un mourant une bonne tombe car la terre est dure en hiver), ou par honneur (lorsqu'il affronte plusieurs hommes à lui tout seul alors qu'il pourrait se faire aider, nous rappelant de pures scènes de western).

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Bien que la fille soit le pilier du groupe, à la toute fin cette dernière subit la dure loi de l'Ouest, et ce sont ces deux hommes qui brandissent leur courage, à travers une toute dernière scène très émouvante, la seule d'ailleurs qui enchaîne autant de plans magnifiques (alors que le reste de la réalisation demeure assez académique - bien qu'animée par une superbe photographie - essentiellement tournée autour des dialogues). Enfin, si le bad-guy manque d'applomb par rapport au trio principal, il est loin d'être mal écrit : il participe à la logique du désenchantement (un pauvre diable qui n'a pas eu de chance), et répond ironiquement à la citation biblique du début (Le méchant prend la fuite sans qu’on le poursuive).

Un film qui ne marque pas le genre (dans le sens d'une évolution), bien qu'assez rafraîchissant par le point de vue qu'il offre, et compte sans aucun doute parmi les valeurs sûres de ces dernières années. Un bon casting et des personnages bien (trop ?) écrits.
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Re: [Dunandan] Mes critiques en 2012

Messagepar Hannibal » Lun 02 Juil 2012, 12:33

et VLAN :

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Mark Chopper a écrit:La mode des années 2010 consiste à faire des suites de merde qui permettent de réévaluer des purges.
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Re: [Dunandan] Mes critiques en 2012

Messagepar Dunandan » Mar 03 Juil 2012, 01:31

Thanks dude :super:
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Yojimbo - 8/10

Messagepar Dunandan » Mar 03 Juil 2012, 05:31



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Yojimbo, Akira Kurosawa (1961)

Yojimbo est surtout connu pour le remake (non officiel) qu'a fait Sergio Leone avec Pour une poignée de dollars. Une influence majeure pour le western spaghetti (et aussi pour toute une génération de films de samouraïs). Mais il puise lui-même dans le western classique, Le train sifflera trois fois. Une véritable transition cinématographique, puisqu'en reprenant le principe de ce dernier (nettoyer une ville de toute sa vermine), il réinvente la figure du héros en lui instillant, au lieu d'un idéal de justice morale, une forme de cynisme amoral apparemment dénué de tout idéal.

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Ainsi, la force du film revient d'abord à la naissance d'un personnage iconique, Sanjuro, que Toshiro Mifune incarnera encore deux fois, notamment dans la séquelle Sanjuro, qui avec Yojimbo forme un véritable diptyque dans la gestion des conflits et de la violence. Son introduction est mythologique. Deux artefacts ainsi qu'un bref historique de sa situation suffisent à en faire le tour : un samouraï sans maître dont l'unique objectif est de survivre, sa fonction étant rappelée par une tunique et un sabre. Il pénètre dans une ville balayée par le vent, désertique, terrain d'un affrontement sans pitié entre deux gangs, symbolisant la dureté de la société japonaise. Quelles sont ses intentions profondes ? Nul ne le sait, et l'intérêt du film consiste justement de les découvrir. Il n'a même pas de véritable nom.

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Pour mettre en perspective cette lutte à mort, la mise en scène est particulièrement travaillée. L'espace est arrangé de telle manière qu'on visualise parfaitement cet affrontement visant la domination totale de la ville, tous aussi forts et mauvais les uns que les autres comme en témoignent leurs gueules patibulaires. Or, l'arrivée de Sanjuro vient déséquilibrer cette fragile dynamique, et s'amuse à faire monter la pression, après une brève mais intense démonstration de ses talents au sabre pour faire monter sa côte, jusqu'à une ironique scène d'affrontement où il se retire pour admirer le spectacle de loin. A l'image de cette séquence distrayante et symbolique de la lutte absurde pour le pouvoir, tout peut basculer d'un côté comme de l'autre, le samouraï étant le grain de sable visant à accélérer la machine de cette violence auto-destructrice. A leur insu, il distribue les cartes, ils en subissent les conséquences.

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Sa stratégie est d'abord d'offrir son support alternativement à l'un et l'autre groupe pour faire monter une tension qui existe déjà dans leurs rapports jusqu'à son paroxysme, afin qu'ils s'entre-tuent sans qu'il intervienne trop physiquement. Mais après la visite impromptue d'un officiel, il est obligé d'agir plus subtilement, de l'intérieur, en tant qu'espion dans l'un des deux groupes pour épier leurs faits et gestes et donc anticiper ou détourner leurs plans. Apparemment attiré par l'appât du gain (ce qui l'était peut-être véritablement avant qu'on essaie de l'éliminer prématurément), les motivations idéales et profondes de Sanjuro ne sont dévoilées qu'après qu'une femme soit l'objet d'un marchandage éhonté. Sa véritable nature se révèle alors en partie : sans maître, il lui reste les qualités intrinsèques de sa fonction de samouraï consistant à protéger la veuve et l'orphelin. C'est ce qui le distingue de ces brigands, mais aussi ce qui constitue sa faiblesse dans un plan bien huilé. En d'autres termes, derrière son apparent cynisme amoral, se cache une sorte de chevalier-servant qui agit à son initiative, guidé par un code d'honneur, tout comme les 7 samouraïs défendant les villageois contre les sanguinaires voleurs. Ni bon ni mauvais, il fait usage de la violence avec parcimonie pour servir ses plans. Un personnage typique de Kurosawa, pacifiste convaincu, qui fait face ici à une société totalement gangrenée par le pouvoir, la corruption, et l'appât du gain : l'unique inspecteur de police oriente les potentiels guerriers vers les gangs en échange d'une pièce de récompense, et l'officiel est couvert de cadeaux des deux côtés pour qu'il ne regarde pas dans leurs affaires.

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J'ai découvert Akira Kurosawa et Toshiro Mifune avec ce film, qui signèrent bien d'autres collaborations. Une excellente entrée en matière pour aborder ce cinéaste fondateur, également très bon divertissement intelligent qui renouvelle les bases du genre. Il n'y a que des petits défauts. D'abord un problème récurrent, à mon avis, du japonais : son sens du rythme, avec des séquences parfois trop longues. Puis les adversaires de Sanjuro sont peu développés psychologiquement, contrairement à ceux de la séquelle. Ce qui s'explique pour deux raisons : le ton du film est celui de la farce des rapports humains (qui sera reprise dans les westerns spaghettis), d'ailleurs très bien mise en valeur par la musique de Masaru Sato. Et alors que dans la suite de Yojimbo, la conquête de l'espace est aussi celle de l'esprit humain, ici le conflit est plus abstrait, incarné avant tout par la ville-personnage. Donc ce qui compte avant tout, c'est leur représentation physique, leur faciès, dont se distingue Tatsuya Nakadai, le plus cruel de tous et le seul à porter un pistolet, signe crépusculaire de l'honneur des samouraïs.

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Malgré quelques problèmes de rythme, il s'agit d'un chambara très divertissant, dont la réussite revient avant tout à sa mise en scène (avec une excellente gestion de l'espace dans laquelle se tient la lente auto-destruction des deux gangs dont les rapports sont uniquement mus par la violence), et le personnage de Sanjuro, anti-héros au grand coeur, souvent repris dans le cinéma populaire.
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Messagepar Dunandan » Mar 03 Juil 2012, 22:45

UPDATE de Vivre. Val, va le voir, c'est un ordre :mrgreen:
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Re: [Dunandan] Mes critiques en 2012

Messagepar Mark Chopper » Mar 03 Juil 2012, 22:47

Je me suis bien fait chier devant celui-là :mrgreen:
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Re: [Dunandan] Mes critiques en 2012

Messagepar Dunandan » Mar 03 Juil 2012, 22:52

C'est un film plus cérébral-sensitif celui-là, mais c'est vraiment l'un des films les plus riches de Kurosawa (c'est vrai que la dernière partie est très longue). D'habitude ça me fait chier d'être sur un mode analytique, mais là je fais une exception :mrgreen: :wink:
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Re: [Dunandan] Mes critiques en 2012

Messagepar Alegas » Mar 03 Juil 2012, 23:30

Juste pour info, c'est Coen, pas Cohen.
"Our films were never intended for a passive audience. There are enough of those kinds of films being made. We wanted our audience to have to work, to have to think, to have to actually participate in order to enjoy them."

The Wachowskis


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Re: [Dunandan] Mes critiques en 2012

Messagepar Dunandan » Mer 04 Juil 2012, 01:57

Corrigé :wink:
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3 Royaumes (Les) - 9,5/10

Messagepar Dunandan » Ven 06 Juil 2012, 08:44

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Les 3 royaumes, John Woo (2009)

Après une période cinématographique franchement inégale au Etats-Unis et cinq ans d'absence, John Woo nous revient avec son projet le plus ambitieux depuis sa période HK en renouant avec le genre du WXP par lequel il a commencé : l'adaptation de la fameuse histoire des Trois royaumes, une littérature dépeignant la fin de la dynastie Han, aussi connue et épique pour les chinois que le sont pour nous L'Iliade et L'odyssée de Homère, portant également sur la désunion nécessaire pour que l'harmonie règne entre les peuples. Un film d'une longueur elle-même épique (4h30), qui passe vraiment bien, sans aucune scène de trop, ce qui est déjà un exploit en soi. Cette version longue a été distribuée en deux parties, mais la coupe est parfaite puisque la première partie représente tout ce qui précède la grande bataille de la "Falaise rouge", alors que la deuxième décrit l'escalade progressive vers l'explosion de la bataille finale.

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Le sentiment qui ressort de la première partie, c'est le fait que John Woo inscrit ici ses lettres d'or dans l'histoire du cinéma épique moderne, au moins aussi bon en comparaison que Kingdom of Heaven ou Alexandre dans leur version remontée. Après une brève introduction, le film nous projette immédiatement dans l'action guerrière : une histoire qui demeure simple malgré sa richesse apparente, privilégiant l'épopée et l'action aux détails historiques, le symbolisme simple et efficace (oui, il y a des colombes) aux explications longuettes. Durant les scènes de combat, le réalisateur applique sa science du montage et du ralenti (que j'ai rarement vu aussi bien utilisé) pour rendre ces dernières dynamiques, au carrefour du WXP et du film de guerre : ainsi nous passons facilement à des séquences impliquant les armées avec des stratégies diverses et variées, à d'autres introduisant des personnages emblématiques du style Seven swords, des héros quasiment invincibles capables d'affronter par leur technique une centaine de soldats à eux tout seuls (l'un deux se bat même en portant un bébé, un joli clin d'oeil jouissif aux oeuvres cultes du réalisateur). Or, loin d'être des batailles désincarnées, l'esprit héroïque plane en arrière-plan, comme ce choix cornélien de laisser les paysans sans défense ou de remporter la victoire (probablement une allusion aux 7 samouraïs), et le fait de laisser vivre des guerriers ennemis qui se sont battus comme des lions malgré leur défaite (en jetant un oeil au roman original, j'ai vu que l'éthique est l'un des axes principaux de l'histoire, ce que le film reproduit très bien).

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Entre deux batailles franchement brillantes et lisibles dans leurs enjeux stratégiques et leurs chorégraphies, le film se pose et se révèle autant à l'aise dans la présentation des personnages et de leurs relations, qui s'accomplissent essentiellement de manière dynamique, à l'image des combats. Par exemple, une amitié et alliance militaire s'éprouvent par un morceau de musique joué à deux, et l'un des chefs retrouve son courage par une chasse au tigre, symbole du clan ennemi. Sans avoir vu la version courte, probablement que c'est toute cette partie qui a été supprimée, alors que sans toutes ces scènes j'imagine que le film pourrait être réduit à un pur film de guerre épique sans âme, tout comme Les 7 samouraïs a d'abord été projeté sans les passages tournant autour du village des paysans. Or, c'est un passage obligé pour y découvrir autre chose chez ces guerriers, non seulement pour les humaniser mais aussi pour découvrir quelles vertu(s) font d'eux des guerriers exceptionnels (Confucius, calligraphie, ...), et ainsi pour s'attacher à eux plus tard. Les trois personnages qui font l'affiche sont particulièrement développés, mais chacun a droit à sa petite séquence, avec en prime une touche très légère de lyrisme, de romantisme, et d'humour : on apprend par exemple que cette guerre a été motivée principalement par une femme à conquérir (Homère avait raison : la passion est le meilleur instrument pour décrire la nature conflictuelle des humains). Malgré un nombre incalculable de personnages, ce qui m'a impressionné, c'est que le spectateur ne se sent jamais perdu, tant au niveau de l'action que des relations inter-personnelles, un fait suffisamment rare, d'autant plus dans un film asiatique, pour être signalé.

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Alors que les batailles "physiques" constituaient le nerf de la première partie, la deuxième s'attarde davantage sur la bataille psychologique et la stratégie. Les deux armées y mettent vraiment du leur, avec notamment l'envoi de soldats malades pour contaminer tout le camp. Cette fois-ci, l'intrigue met à l'honneur les personnages féminins, d'une part une jeune princesse, véritable garçon manqué, qui s'infiltre contre les ordres en tant que soldat entre les lignes ennemies pour recueillir des informations secrètes et ainsi prouver son utilité. Sa relation avec un soldat ennemi, malgré son incongruité, est rendue crédible car ce dernier a l'air vraiment innocent et brave, et jouera même un rôle nécessaire pour verser un peu d'émotion lors de la bataille finale et alléger son caractère légèrement manichéen. Puis d'autre part, il y a la femme du vice-roi qui s'affirme magnifiquement par son don de soi, véritable contre-valeur des valeurs guerrières. Cette teinte féminine, qui s'accompagne par une forte accentuation sur les tacticiens, a un revers important sur le développement des Seigneurs de la guerre, personnages principaux de la première partie, ce qui est normal au vu de la tendance plus psychologique des conflits : la connaissance des éléments naturels (vent, feu, brouillard, ...), de l'art du thé, et de l'art de la guerre deviennent aussi importants que magner une arme, et sont la clé pour renverser l'équilibre entre deux armées disproportionnées. Ensuite, le symbolisme est de nouveau présent, toujours simple et bienvenu pour expliquer les stratégies et les états d'esprit (le plus bel exemple selon moi, représentant le combat de toute cette seconde partie : la capacité à faire rentrer une flèche dans un pot, à savoir un coup précis et fatal, difficile mais possible). Enfin, le premier ministre, badguy du film, est montré de manière plus nuancée, avec une belle petite scène qui montre l'enjeu de sa victoire : la fin des Seigneurs de guerre, et la paix avec le développement de l'agriculture (on sent d'ailleurs que l'alliance adverse tient à un cheveu malgré leur détermination, et repose parfois plus sur l'émulation réciproque que sur un accord de principe).

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La dernière bataille finale ne dure que vingt minutes environ, mais elle est douée d'un climax incroyable, faisant la part belle aux stratégies et un peu moins aux combats iconiques, aux sacrifices individuels pour le bien de tous alors que les Seigneurs de la guerre semblaient invincibles dans la première partie. Enfin, une conclusion franchement émouvante nous attend, qui laisse peu de temps aux dialogues : en un plan iconique, le futur de la Chine est résumé.

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Bref, il serait presque impossible de décrire en détail chaque aspect du film tant il regorge de richesse, à la fois épique et lyrique, grave et léger, ample et compréhensible. Peut-être le film chinois qui m'a fait le plus vibrer depuis Tigre et Dragon par son lyrisme et ses séquences d'action. Les acteurs sont tous bons, justes, au charisme indéniable. La musique apporte un souffle important à l'histoire, comme tout grand film d'aventures. Un must to see, qui devrait rallier autant les détracteurs de John Woo que ses fans, car sa patte est bien présente, tout en évitant le too much qui pouvait marquer ses anciens films.

Peut-être le plus grand film épique chinois, qui marque le grand retour de John Woo, à travers une histoire à la fois romantique et guerrière, révélant une richesse inouïe.
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Messagepar Scalp » Ven 06 Juil 2012, 08:48

Pour être pointilleux Tigre & Dragon et Red Cliff c'est pas pareil, c'est comme comparé Conan à Kingdom of Heaven, l'un des récits est une histoire s'inscrivant dans la fantasy et l'autre a une approche historique.
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Re: [Dunandan] Mes critiques en 2012

Messagepar Dunandan » Ven 06 Juil 2012, 08:50

Je parlais en termes d'importance et par rapport au genre épique :wink: Bon je vais préciser ça je suis maniaque pour la précision.

En fait je sens que je vais monter d'un demi-point, parce que cette fois-ci j'ai trouvé TOUS les acteurs bons :mrgreen:
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Re: [Dunandan] Mes critiques en 2012

Messagepar Mark Chopper » Ven 06 Juil 2012, 08:54

Tigre et Dragon c'est important pour les noobs.
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Re: [Dunandan] Mes critiques en 2012

Messagepar Scalp » Ven 06 Juil 2012, 08:54

Bon je t'embête encore un peu alors :mrgreen: Tigre & Dragon c'est pas spécialement épique :mrgreen:
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Re: [Dunandan] Mes critiques en 2012

Messagepar Dunandan » Ven 06 Juil 2012, 08:57

:cry: :cry: :cry:

Cinéma d'aventures :mrgreen: ? Mais bon je vais chercher loin peut-être, puis c'est une remarque d'ordre général.
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