[Olrik] Mes critiques en 2015

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[Olrik] Mes critiques en 2015

Messagepar Olrik » Lun 06 Avr 2015, 10:50

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Stepford Wives : 7/10
Sentinelle des Maudits, la : 7,5/10
Génie du mal, le : 8/10
Allô... brigade spéciale : 8/10
Trois Mousquetaires, les (1961) : 4/10
Poil de Carotte (1932) : 8,5/10
Contes Immoraux : 6,5/10
Étalon Italien, l' : 2,5/10
Vallée, la : 7/10
Meilleure Façon de marcher, la : 9/10
Ne vous retournez pas : 8/10
West Side Story : 9/10
Maximum Overdrive : 2/10
Fantômas (1913) : 8/10
Fille de d'Artagnan, La : 6/10
Une Femme disparaît : 7,5/10
Juve contre Fantômas : 8/10
Le Mort qui tue : 5/10
Fantômas contre Fantômas : 8/10
Le Faux Magistrat : 7,5/10
La Grande Menace : 7/10
Les Risques du Métier : 7,5/10
Ni vu, ni connu : 8/10
Le Septième Juré : 9/10
Pas de problème ! : 4/10
Le Pion : 6,5/10
Les Dragueurs : 7/10
L'Homme au Complet Blanc : 7,5/10
Moebius : 6,5/10
Black Coal, Thin Ice : 9/10
La Petite Fille de la Terre Noire : 8/10
Un Idiot à Paris : 5/10
La Discrète : 8/10
El Condor pasa : 7/10
Roxy : The Movie : 9/10
Pink : 8/10
Tartuffe : 7,5/10
Malicia : 7,5/10
Snoopy et les Peanuts : 6,5/10
The Walk : 7,5/10
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Femmes de Stepford (Les) - 7/10

Messagepar Olrik » Lun 06 Avr 2015, 10:52

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Stepford Wives (Bryan Forbes – 1975)

Les épouses de la petite ville de Stepford ont ceci de particulier qu’elles sont parfaites. Féminines, toujours souriantes et occupées à ce qui, convenons-en, devrait être leur unique préoccupation : récurer la maison pour que leurs maris puissent pleinement s’y épanouir au retour du boulot. Seulement, voilà, Johanna Ebehart, fraîchement arrivée de New York en compagnie de son mari et ses deux filles, trouve tout de même un peu flippante cette ambiance. Pire, lorsqu’elle s’aperçoit que son amie Bobbie, elle aussi nouvelle arrivante, se met tout à coup à se maquiller, à porter un tablier et à arborer un sourire artificiel (alors que c’était le genre mini short et tétons qui pointent sous le t-shirt), rien ne va plus : elle commence à prendre peur, à devenir agressive envers un mari qui l’invite à rester calmement à la maison, et à soupçonner une sorte de complot délirant. A moins que ce soit elle qui se mette à perdre les pédales...

La tentation de comparer the Stepford Wives à Rosemary’s Baby est grande : même auteur (Ira Levin) et même histoire : une femme ne sait pas si elle devient folle (Johanna sentira le besoin d’aller consulter) ou si elle est entourée de personnes qui la manipulent. Et finalement même type de fantastique vénéneux tout en suggestions. Après, à ce petit jeu des comparaisons inutile d’aller plus loin car on se doute que le film de Forbes se fera écrabouiller par celui de Polanski, plus achevé et bien plus oppressant. Stepford Wives n’en demeure pas moins un curieux film avec sa photo évaporée à la David Hamilton et sa galerie d’actrices au regard vide. Quelques longueurs mais la dernière demi-heure, riche en scènes réussies, donnerait presque envie d’enchaîner avec un deuxième visionnage pour repérer les détails qui ont contribué à instaurer ce climat doucereux.
Bref un film fantastique (ou S-F, c’est selon, on est à la frontière entre les deux genres, je n’en dis pas plus) 70’s qui vaut le coup d’œil et qui devrait vous dispenser de zyeuter le remake de 2004 avec Nicole Kidman.


7/10


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- Une histoire quand même bien WTF ?!
- Une photo à la David Hamilton datée mais pertinente par rapport au sujet.
- Le jeu sur les détails pour faire monter le doute dans l’esprit du spectateur.
- Le mini short et les jambes de Paula Prentiss.
- Quels que soient les vêtements que porte Katharine Ross, elle a les tétons qui pointent.

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- Parfois un peu long jusqu’à la scène du psychiatre après laquelle tout bascule. Mais on peut apprécier ce type de lenteur dans un film fantastique.
- Inquiétant mais jamais oppressant.
- Mia Farrow avait au moins eu le bon goût de montrer ses tétons, elle.
- L’absence de Marie-Pierre Casey.
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Re: [Olrik] Mes critiques en 2015

Messagepar Mark Chopper » Lun 06 Avr 2015, 11:56

L'absence de Marie-Pierre Casey est d'ailleurs l'une des raisons qui me poussent à retarder ma découverte de Mommy.
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Re: [Olrik] Mes critiques en 2015

Messagepar Olrik » Lun 06 Avr 2015, 12:28

Pour Mommy, je m'en suis plutôt bien tiré. Je l'ai regardé une après-midi, poliment, sans m'énerver, sachant que le Solitaire de Mann m'attendait le soir. Utilise peut-être cette tactique, garde un chef d'oeuvre sous le coude à voir dans la foulée, ça peut servir, une sorte d'antidote contre les méfaits du joual sous-titré n'importe comment.
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Re: [Olrik] Mes critiques en 2015

Messagepar Dunandan » Lun 06 Avr 2015, 16:34

(alors que c’était le genre mini short et tétons qui pointent sous le t-shirt)

Le détail qui tue, à sa place je me serais méfié :mrgreen:. J'ai vu le remake, je m'en serais bien passé... (j'ai d'ailleurs presque tout oublié à part le brushing de Christopher Walken)
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Re: [Olrik] Mes critiques en 2015

Messagepar Olrik » Lun 06 Avr 2015, 19:07

Le détail qui tue, à sa place je me serais méfié :mrgreen:


J'en connais un qui ne s'est pas méfié non plus et on le comprend ! :love:

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Sentinelle des maudits (La) - 7,5/10

Messagepar Olrik » Mer 08 Avr 2015, 15:52

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The Sentinel (Michael Winner - 1977)


Tout va bien pour Allison Parker : sa vie de top model bat son plein, elle est fiancée à un avocat prometteur et, en attendant de construire sa vie avec lui, elle prend possession d'un spacieux appartement à New York. Tout va bien donc, même si l'immeuble où se trouve l'appartement renferme de curieux personnages, à commencer par un vieux prêtre aveugle qui semble passer ses journées à faire la sentinelle à sa fenêtre. Et puis, il y a ces migraines de plus en plus violentes qui contribuent à pourrir le quotidien d'Allison, ces cauchemars et surtout de curieux bruits qu'elle entend la nuit à l'appartement du dessus, supposé être inoccupé...

Chier dans son froc n'est jamais agréable mais toujours un gage de réussite pour un film fantastique. Aussi vous conseillerais-je de mater the Sentinel tout seul pour ne pas connaître une expérience humiliante, surtout si vous êtes du genre impressionnable et réceptif aux bonnes vieilles ficelles de la caméra subjective, celle qui vous fait vous accrocher aux accoudoirs de votre fauteuil tout en pestant intérieurement contre cette fille qui ressent le besoin d'aller voir en pleine nuit ce qui se passe à l'appartement du dessus. On est sensible au moindre son, on aimerait exploser le cadre pour voir ce qu'il y a à droite ou à gauche du champ de vision de l'héroïne, on anticipe à mort sur ce qui va se passer bref, on se sent piégé tout en ressentant le plaisir de l'être. Vieilles ficelles donc, mais ficelles bien nouées par Winner qui va par exemple rendre marquante, inoubliable, la silhouette de… quelqu’un, qui traverse simplement une pièce sous les yeux d’Allison.

Et puis, il y a le poisseux. C'est bon ça, le poisseux, et on peut dire que le père Winner nous en offre de généreuses rasades. On pense ici au Locataire (mais aussi Rosemary's Baby) de Polanski avec son immeuble glauque et ses occupants bien atroces. C’est le même topo ici avec une galerie de gueules antipathiques dont celle de ce bon vieux Burgess Meredith qui n'est manifestement pas ici pour faire frapper la frêle Allison dans des sacs de sable.


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Et on remplace la poule de Rocky II par un canari à qui il va arriver malheur.


Cet immeuble, c’est un peu la petite boutique des horreurs et le contraste est accentué avec le choix de Christina Raines dans le rôle principal, sur les traces de Mia Farrow dans Rosemary’s baby dans le genre grande beauté qui s’étiole peu à peu pour devenir maladive. L’humanité cloaqueuse qu’elle côtoie ne fait pas envie, tout comme le traitement du sexe et de la violence. Une scène d’orgie, normalement, c’est y’a bon ! Mais là, comment dire ?... un vieux, une grosse, une maigre et un gâteau dégueulasse, à moins d’être un amateur de porno allemand, difficile d’apprécier. Il faudrait évoquer aussi d’autres scènes marquantes, notamment lors des dix dernières minutes mais on va éviter. Ce serait déflorer le plaisir, plaisir de se coltiner des images qui vous attirent au fond du bois pour faire un gang bang avec votre santé mentale. A ce charmant petit jeu, notez que les inconditionnels de Jérome Bosch et de Francis Bacon seront peut-être davantage protégés que les autres...


7,5/10


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Ça tue complètement la gueule.
Un plaisir de revoir le beau minois de Christina Raines après son rôle la même année dans The Duellists.
Martin Balsam, Christopher Walken, Eli Wallach, Ava Gardner, Burgess Meredith... merde quoi !
100% déviants approved.

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Ça tue quand même un peu trop la gueule.
On fantasme sur les plaisirs saphiques ? Ça va débander sec !
Une fin un peu cousue de fil blanc surtout si l'on a en tête
le Locataire.
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Re: [Olrik] Mes critiques en 2015

Messagepar angel.heart » Mer 08 Avr 2015, 16:43

J'en garde un très bon souvenir. C'est certainement le Winner que je préfère avec Un justicier dan la ville.

Sinon, pour le référencement, pense à mettre le titre français. :wink:
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Re: [Olrik] Mes critiques en 2015

Messagepar Dunandan » Mer 08 Avr 2015, 16:48

Qui est... ? :mrgreen: (pour que je gagne du temps)
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Re: [Olrik] Mes critiques en 2015

Messagepar Olrik » Mer 08 Avr 2015, 16:54

Désolé pour l'oubli, c'est la Sentinelle des Maudits, titre qui en dit déjà un peu trop, tout comme les affiches de l'époque.

@angel.heart : me souviens d'avoir entendu le sieur Thoret sur Mauvais Genres à propos du film. Pour lui c'était l'aboutissement de sa carrière.
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Re: [Olrik] Mes critiques en 2015

Messagepar Jed_Trigado » Mer 08 Avr 2015, 17:11

On sait tous que son aboutissement, c'est le Justicier de New York voyons. :chut:
"Je mets les pieds où je veux Littlejohn et c'est souvent dans la gueule." Chuck Norris

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Re: [Olrik] Mes critiques en 2015

Messagepar Olrik » Mer 08 Avr 2015, 17:33

le Justicier de New York est hors concours, il y a Bronson dedans, l'homme qui par sa seule présence est capable de tout magnifier, y compris une pub japonaise pour du Mandom (j'en possède un flacon, ça sent un peu la pisse de cheval mais je m'en fous, c'est pour faire comme Charlie).
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Génie du mal (Le) - 8/10

Messagepar Olrik » Sam 11 Avr 2015, 13:03

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Compulsion (aka le Génie du Mal)
Richard Fleischer - 1959


Judd Steiner et Artie Straus sont deux fils de bonnes familles à la fois brillants et passablement abrutis. Gavés de lectures nietzchéennes mal assimilées, ils pensent sérieusement que des êtres supérieurs auraient parfaitement le droit de se donner leurs propres lois et d’éliminer sans soucis des êtres inférieurs. Ils passent de la théorie à la pratique, bien courageusement, en éliminant un jeune garçon. Leur ivresse d’avoir goûté au crime cependant ne dure pas : l’un deux a laissé sa paire de lunettes sur les lieux du crime (c’est ballot) et le procureur Harold Horn chargé de l’enquête à tôt fait de prouver leur culpabilité. La peine de mort devrait être leur châtiment, au grand soulagement de l’opinion publique à moins que Jonathan Wilk, avocat de haute volée et connu pour être un farouche opposant à la peine de mort, ne vienne mettre son grain de sel…

***


Difficile de ne pas penser à la Corde d’Hitchcock en voyant Compulsion : mêmes petites ordures et même mentalité, ce goût du défi criminel pour se prouver une supériorité en toc. Même contraste aussi dans les caractères, l’un est tout en arrogance, l’autre plus fragile, et même relation ambiguë, assez homoérotique.

Après, le propos est tout autre. Si dans la Corde il s’agissait juste de savoir comment le personnage joué par Stewart allait coincer les criminels, il s’agit ici de savoir à quelle sauce ils vont être mangés lors du procès. Et l’on se doute que l’on aura droit à un véritable morceau de bravoure, un long discours édifiant contre la peine de mort qui ne sera peut-être pas couronné de succès mais qui sera l’occasion d’une scène saisissante. En cela, le film est réussi dans sa structure et dans son couronnement.

Il faut dire qu’avoir Welles pour le rôle de Jonathan Wilk, ça aide. Dès sa première apparition, massive, avec ce visage à la fois granitique et lessivé par la vie, le film bascule. Si l’on avait de la sympathie pour le procureur Horn qui réussit assez rapidement à confondre les deux criminels (Horn est interprété par l’excellent E. G. Marshall qui jouait déjà deux années plus tôt dans un film de procès (et pas des moindres), 12 Hommes en colère : il était le n°4, le jury banquier qui, chose amusante, se faisait à un moment piéger pour… une histoire de lunettes), on est tout de suite derrière cet homme qui va devoir lutter contre une opinion publique ivre de colère envers ces criminels qui ont en plus le culot d’être riches, ainsi que le Ku Klux Klan qui ne voit pas d’un bon œil une remise en cause de la peine de mort. Son discours sera brillant mais sans envolée lyrique non plus. A la haine exprimée par l’opinion publique il opposera une voix humaniste fatiguée par son époque mais sûre de la voie qu’elle propose de suivre. On pourra trouver le contenu cliché, il n’en demeure pas moins que la scène a de la gueule. Finalement tout comme le film qui, à la manière de 12 Hommes en colère même s'il ne s'agit pas ici d'un huis clos, propose une histoire passionnante sur le thème de la recherche de la vérité, et portée par un casting sans faille. Mention spéciale à Dean Stockwell avec sa tronche de dandy premier de la classe et son amoralité glaçante.


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8/10


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Orson Welles période mammouth.
Dean Stockwell et et Bradford Dillman parfaits dans leur rôle de petites ordures
Les amoureux de 12 Hommes en colère apprécieront aussi la présence d'Ed Binns.
Une bonne scène de procès.

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Obi Wan Kenobi.
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Allô ... Brigade Spéciale - 8/10

Messagepar Olrik » Lun 13 Avr 2015, 20:26

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Experiment in Terror (aka Allô... brigade spéciale)
Blake Edwards - 1962


Caissière dans une banque de San Francisco, Kelly Sherwood reçoit un soir chez elle la visite d’un individu qui menace de lui faire la peau si elle ne barbote pas à son travail 100000 dollars. Impossible de voir son visage, elle n’a pu entendre que le son de sa voix et sa respiration d’asthmatique. Contrevenant à sa recommandation de ne pas alerter la police, elle contacte l’inspecteur John Ripley qui va déployer les grands moyens pour identifier et capturer le criminel qui va assez rapidement commettre son premier meurtre…

Si pour beaucoup Blake Edwards = comédie, il ne faut pas oublier que le réalisateur n’a eu de cesse non plus de passer d’un genre à l’autre avec parfois une grande facilité. C’est le cas ici avec une histoire dont l’ambiance et la mise en scène ont de quoi séduire les amateurs d’Hitchcock. Sans que le film ne se réduise non plus à une collection de citations ou à un maniérisme façon de Palma, difficile de ne pas avoir des réminiscence de Psychose, de l’Inconnu du Nord Express et d’autres œuvres du maître.

Si l’on peut ressentir parfois des longueurs, il faut reconnaître que la structure narrative est tout de même habilement tissée et maintient l’intérêt du spectateur par des scènes chocs bien disséminées, notamment la saisissante scène d’ouverture qui donne d'emblée le ton et qui fait comprendre que le méchant du film, eh bien, il est vraiment méchant. Durant une heure, impossible de voir son visage, la mise en scène se contentant de le montrer de dos ou dans des gros plans sur sa bouche alors qu’il dicte ses ordres à sa victime au téléphone. Une bouche, une silhouette, une voix, cela suffit à donner une incroyable présence à ce criminel fantôme qui fait bientôt soupçonner au spectateur le moindre personnage secondaire. Et quand on connait enfin son identité, la surprise est totale puisqu’il s’agit de
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Ross "Artemus" Martin. Son nom est d'ailleurs habilement omis des affiches et du générique de début, il n'apparaît qu'à la fin.

... acteur que notre culture TV associe d’ordinaire à un personnage bien plus sympathique. Sa prestation est magistrale et éclipse celles de Glenn Ford (à l’aise dans son rôle d’inspecteur) et de Lee Remick, à tel point qu'on en vient à regretter que l'acteur n'ait pas eu une carrière au cinéma plus prolixe.

Bons acteurs, intrigue globalement solide, il ne manquait plus qu'un final réussi pour couronner le tout. Sans non plus atteindre des sommets d'intensité hitchcockienne, les dix dernièremes minutes m'ont paru convaincantes et achèvent de manière plutôt satisfaisante une incursion réussie d'Edwards dans le thriller.


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8/10


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Mr. M dans le rôle inattendu du méchant.
Une scène finale réussie.
Une photographie soignée en général, qui sent son amateur d'Hitchcock.
L'amateur de bijins ne saurait rester insensible aux beaux yeux bridés d'Anita Loo.
Excellent score de Mancini.


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Quelques baisses de régime.
Une tentative au milieu du film d'humaniser le criminel qui tombe un peu à plat.
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Trois mousquetaires (1961) (Les) - 4/10

Messagepar Olrik » Mer 15 Avr 2015, 19:08

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les Trois Mousquetaires
Bernard Borderie - 1961


Énième adaptation approximative du roman de Dumas, avec des acteurs approximatifs, des combats approximatifs et, devinez quoi ? un intérêt approximatif.

Peut-être serait-il temps que j’abandonne cette quête d’une adaptation enfin fidèle des Trois mousquetaires. A chaque fois c’est le même topo : j’espère, je m’enthousiasme durant les premières minutes et puis je m’aperçois que ça ne tient pas les promesses, que l’on tombe dans une énième resucée qui va jouer la carte du cape et d’épées familial. Pas forcément un mal non plus, j’imagine que des générations de mômes ont eu les mirettes pétillantes de joie à découvrir ces films et que plus tard, devenus adultes, ils ont su retrouver avec plaisir ces pelloches colorées et délicieusement surannées. Bref peu importe la fidélité à une œuvre tant qu’on a l’ivresse. Après, le problème, c’est que le roman devient limité à une vision stéréotypée qui passe à côté de tout ce qui fait sa profondeur. Et c’est bien dommage. Les Trois Mousquetaires fait partie de ces œuvres que tout le monde connait mais que personne n’a lu. Mylène Demongeot, elle, l’a lu, et ce qu’elle a écrit dans ses mémoires sur sa participation à la version de Borderie résume bien l’étendue du désastre de ces adaptations :

« J’apprends par les journaux que les frères Borderie, Charles et Raymond, les producteurs des Sorcières de Salem, vont mettre en chantier avec le metteur en scène Bernard Borderie, fils du second, Les Trois Mousquetaires, d’Alexandre Dumas. Un de mes livres bien-aimés et un rôle dont je rêve, celui de la fameuse Milady de Winter.
Là, je ne perds pas une seconde et je fonce les voir. Je leur dois encore par contrat deux films avec un salaire extrêmement bas mais je m’en fous complètement. Ce rôle, je le veux. Je leur fais une guerre obstinée. Ils me trouvent trop jeune ? Je leur prouve par A + B que les héros de Dumas sont jeunes… Je les supplie de me faire confiance et j’obtiens le rôle à l’arrachée. Épuisée mais ravie. […] Mais je vais, encore une fois, être déçue. Par le scénario. Pourquoi s’obstiner à faire autre chose que ce qui a été écrit par un merveilleux feuilletoniste ? Personne ou presque ne peut rien faire mieux que lui. Toutes les adaptations seront toujours moins fortes, moins visuelles, moins impétueuses, moins érotiques que l’original… Je me souviens d’une scène dans le lit de Milady la nuit, où, profitant de l’obscurité, D’Artagnan remplace en douce le comte de Wardes… Personne, à ma connaissance, ne l’a encore jamais portée à l’écran. »


Il est vrai qu'adapter un roman de 600 pages en un film impose quelques coupures. Mais Demongeot parle ici du ton, de l'esprit de l'oeuvre. Et c'est vrai que le jour où l’on verra une version dans laquelle d’Artagnan se tapera Milady n’est manifestement pas encore arrivé. C'est bien dommage car on s'apercevrait :

- que l’amour de d’Artagnan pour Constance n’est pas toujours solide, loin s’en faut.
- que Richelieu n’est pas un ennemi démoniaque, limite une ordure. Chez Dumas il est le grand homme politique magnanime devant lequel d’Artagnan tombera à genoux de respect.
- que d’Artagnan n’est pas tout le temps en train de combattre en bondissant dans tous les sens et en envoyant trente six mille vannes. Qu’il est aussi parfois un petit pantin sans saveur et quelqu’un de vulnérable dans la deuxième partie.
- qu’Athos est justement le big boss dans cette deuxième partie. Et chacun de ses gestes, chacune de ses paroles suscite l’admiration du lecteur.
- que le même Athos est dans la première partie un médiocre alcoolique et qu’il a autrefois commis un crime odieux.
- que les dialogues de Dumas sont tout simplement géniaux, à des années lumière du saucissonnage indigent que les dialoguistes nous livrent (Demongeot a ici entièrement raison).
- que Rochefort n’est pas un bouffon d’escrimeur destiné à être tué par d’Artagnan.
- que Milady meurt d’une manière terrifiante.
- qu’elle use de tous ses charmes dans cinq chapitres hallucinants durant lesquels elle manipule et transforme son geôlier en criminel.

Etc etc. Les Trois Mousquetaires, pour résumer, ce n’est pas qu’une histoire pour les mouflets. C’est avant tout une histoire sombre, avec un érotisme discret mais réel, une noirceur qui aurait été du meilleur effet si la Hammer s’était lancée dans une adaptation, et une profondeur que l’on ne voit jamais (je précise que je n’ai pas tout vu non plus). La version de Borderie n’échappe pas à la règle. On peut l’apprécier avec un regard d’enfant. C’est un regard que je peux avoir lorsque je regarde le Capitan mais là, en digne hard fan de Dumas, je suis resté de marbre. On peux trouver Jean Carmet en Planchet rigolo, je l’ai trouvé gênant et agaçant. On peut trouver Demongeot séduisante en Milady, et elle l’est certainement, je l’ai trouvée à demi convaincante avec sa voix qui casse l’image d’ange doucereux mais dangereux que peut avoir Milady (dans les chapitres avec Felton on précise assez combien sa voix est une arme aussi dangereuse que sa beauté).

Le seul point positif, en dehors des costumes et des décors qui dénote un certain savoir faire et qui, la patine du temps aidant, ne sont pas sans charme, c’est le fait que cette version s'étend sur deux films d’une heure quarante et du coup, on entre un peu plus dans les détails du texte. Mais seulement un peu plus. Si la scène avec le conseiller Séguier s’appretant à fouiller les nichons de la reine est une bonne surprise, quid du mythique épisode bastion Saint Gervais (hallucinant que ce passage soit systématiquement omis ) ? quid de l’assassinat de Buckingham ? et, comme l’a évoqué la Demongeot, quid du vit de d’Artagnan dans le conet d’amour de Milady ? Devant tant d’oublis scandaleux il n’y a qu’une chose à dire : « À MOI MOUSQUETAIRES ! »

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4/10


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les costumes et les décors.
le décolleté de Mylène.


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Pas le courage de tout énumérer. Je préfère vous donner un conseil : lisez le livre bordel !
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